Simenon, Georges - L'écluse n°1

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Quand on observe des poissons à travers une couche d’eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis d’un frémissement de nageoires aller un peu plus loin pour n’y rien faire qu’attendre à nouveau.
C’est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier « Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d’une rue, près d’un bec de gaz vert, il fit mine de s’arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton. Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l’eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour.
Un filet d’eau se faufilait par une vanne mal fermée de l’écluse, et c’était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu’un lac.
[http://www.amazon.fr/LEcluse-numéro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154](http://www.amazon.fr/LEcluse-num%C3%A9ro-1-Georges-Simenon/dp/2253143154)

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L’autre haussa les épaules.

— On pourra vous demander de préciser où vous avez passé la nuit.

Cette fois, un sourire flotta sur les lèvres de l’armateur, qui faillit parler. Mais il se ravisa à la dernière seconde et haussa à nouveau les épaules.

— Vous êtes sûr que vous n’avez rien à me dire ?

— Nous sommes quel jour ?

— Jeudi.

— Quel jour de la semaine prochaine quittez-vous le service ?

— Mercredi.

— Encore une question : en supposant qu’à ce moment-là votre enquête ne soit pas terminée, qu’arrivera-t-il ?

— Je passerai le dossier à un collègue qui prendra la suite…

Le sourire s’accentua sur les lèvres de Ducrau, qui souffla avec une joie presque enfantine :

— Un crabe ?

Maigret ne put s’empêcher de sourire aussi.

— Il n’y a pas que des crabes.

Ils devaient rester sur cette note de gaieté inattendue. Ducrau se levait, sa grosse patte offerte.

— Au revoir, commissaire. Je vous verrai sans doute encore d’ici là.

Maigret, qui lui serrait la main, plongea son regard dans les yeux clairs de son compagnon, mais il ne parvint pas à faire fondre son sourire, à peine à le rendre – peut-être ? – un peu moins consistant.

— Au revoir.

Ducrau le reconduisit jusqu’au palier, se pencha même sur la rampe. Quand Maigret se trouva plongé dans l’éblouissement tiède des quais, il sentit que, de la fenêtre, on le suivait encore des yeux.

Et ce fut son propre sourire qui se dilua tandis qu’il attendait un tramway.

C’était une idée de la concierge, qui avait cru bien faire : tous les locataires de la maison avaient fermé leurs persiennes en signe de deuil. Quant aux bateaux amarrés dans le port, ils avaient leur pavillon en berne, ce qui donnait un aspect morbide au canal.

Le mouvement lui-même était équivoque. Des curieux traînaient un peu partout, surtout sur les murs de l’écluse, et, gênés, finissaient par demander à quelqu’un en montrant un des crochets :

— C’était là ?

Le corps était déjà à l’Institut médico-légal, un long corps osseux que les familiers de la Marne connaissaient depuis longtemps.

Bébert, venu on ne savait d’où et qui n’avait pas de famille, s’était arrangé un coin à lui sur une drague des Ponts et Chaussées qui, depuis dix ans, rouillait dans un coin du port.

Il attrapait au vol l’amarre des bateaux ; il tournait les vannes et les portes ; il rendait de menus services et ramassait des pourboires. C’était tout.

L’éclusier circulait dans son domaine avec un air important, car trois journalistes l’avaient interrogé le matin même, et l’un d’eux l’avait photographié.

Quant à Maigret, dès sa descente de tramway, il entra dans le bistrot de Fernand, où il y avait plus de monde que d’habitude. On chuchota. Ceux qui le connaissaient apprenaient aux autres sa qualité. Le patron s’approcha, familier.

— Un demi bien tiré ?

D’un coup d’œil, il désigna le coin opposé de la pièce. Le vieux Gassin était là, tout seul, hargneux comme un chien malade, les yeux plus bordés de rouge que jamais. Il regardait Maigret et il ne détourna pas les yeux, mais, au contraire, il esquissa une grimace qui voulait exprimer son dégoût.

Le commissaire, cependant, avalait une grande gorgée de bière fraîche, s’essuyait les lèvres et bourrait une nouvelle pipe. Dans le cadre de la fenêtre, derrière Gassin, il apercevait les bateaux serrés les uns contre les autres, et il était un peu déçu de ne pas voir la silhouette d’Aline.

Le patron se pencha encore, fit mine d’essuyer la table pour se donner le temps de murmurer :

— Vous devriez bien faire quelque chose pour lui. Il ne reprend même plus conscience. Les bouts de papier que vous voyez par terre, c’est l’ordre d’aller charger quai de la Tournelle. Vous voyez ce qu’il en fait !

Le vieux savait fort bien qu’on parlait de lui et il se leva, mal d’aplomb sur ses jambes, s’approcha de Maigret, qu’il regarda dans les yeux d’un air de défi, s’en alla enfin en bousculant le patron du coude.

On le vit hésiter sur le seuil. Un instant on put croire qu’il allait s’élancer sur la chaussée sans voir un autocar qui arrivait. Mais il oscilla et piqua sur le bistrot d’en face, tandis que tous les consommateurs se regardaient.

— Qu’en dites-vous, monsieur le commissaire ?

La conversation devenait générale. On s’adressait à Maigret comme à une vieille connaissance.

— Avec ça, remarquez que le vieux Gassin est le plus honnête homme de la terre. Mais on dirait qu’il lui reste quelque chose de l’histoire de l’autre nuit, et je finis par me demander s’il s’en remettra. Que pensez-vous de Bébert ? C’est la série, quoi ?

Ils étaient cordiaux et familiers, ils ne prenaient pas trop l’événement au tragique, mais ils riaient quand même avec une pointe de nervosité.

Maigret hochait la tête, répondait par des sourires, par des grognements.

— C’est vrai que le patron ne veut pas venir à l’enterrement ?

Ainsi, la nouvelle en était déjà parvenue au bistrot ! Il n’y avait pas une heure que la conversation téléphonique avait eu lieu !

— Il a pourtant la tête solide, lui ! Et une fameuse tête ! Quant à Bébert, vous savez qu’on l’a vu hier au Cinéma Gallia ? Ça doit être après qu’on l’a attaqué, au moment où il remontait sur sa drague.

— J’étais au cinéma aussi, intervint quelqu’un.

— Tu l’as vu ?

— Je ne l’ai pas vu, mais j’y étais.

— Alors, qu’est-ce que cela peut nous faire ?

— Cela veut dire que j’y étais !

Maigret se leva en souriant, paya et adressa à la ronde un signe de la main. Il avait chargé deux inspecteurs de prendre toutes les indications précises et, de l’autre côté de l’eau, il pouvait apercevoir l’un d’eux, Lucas, qui arpentait la drague des Ponts et Chaussées.

Il passa devant la maison de Ducrau. Depuis le matin et peut-être la veille au soir, l’auto des Decharme était au bord du trottoir. Il aurait pu entrer, mais à quoi bon ? Il imaginait si bien ce que Ducrau avait appelé « leur carnaval » !

Il flânait. Il ne savait rien. Il ne réfléchissait pas, mais il sentait que quelque chose prenait corps qu’il ne fallait pas s’obstiner à préciser trop vite.

Il se retourna en entendant héler un taxi. C’était la concierge, et quelques instants plus tard une grosse fille vêtue de soie noire, les yeux rouges, s’y jeta nerveusement tandis que la concierge entassait des bagages sur la banquette.

C’était Rose, évidemment ! Comment ne pas sourire ? Et ne pas sourire encore quand la concierge, à l’approche de Maigret, prit un air pincé.

— C’est la dame du second ?

— Et vous, qui êtes-vous ?

— Le commissaire de la Police judiciaire.

— Dans ce cas, vous le savez aussi bien que moi.

— C’est le beau-fils qui lui a demandé de partir ?

— En tout cas, ce n’est pas moi, et ça les regarde !

C’était si clair ! La famille en deuil, là-haut, chuchotant pendant des heures pour savoir s’il était décent ou non de laisser cette créature dans la maison en des circonstances aussi solennelles. Et le capitaine, sans doute, envoyé en délégation auprès d’elle pour lui signifier la décision du conseil de famille !

C’est par hasard que Maigret s’arrêta devant le mot Bal écrit en blanc sur une grande tôle bleue. Devant la porte en retrait, il y avait des plantes grimpantes qui mettaient une note fraîche de guinguette. À l’intérieur, il faisait sombre et frais, par contraste avec le trottoir éblouissant, et les enjolivures en métal du piano mécanique scintillaient comme des bijoux véritables.

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