S’il vous arrive parfois de vous sentir un peu bizarre, si vous avez un pincement au cœur ou une impression de déjà-vu – ou si, levant les yeux au ciel, vous êtes surpris par le spectacle de Jupiter brillant entre les nuages, et que soudain tout vous paraît chargé d’une profonde signification –, dites-vous bien qu’une autre personne, quelque part, est intriquée avec vous dans le temps, et qu’elle essaie de changer la situation en lui donnant une impulsion, afin d’aider un peu à améliorer les choses. Alors, quoi que vous fassiez, appuyez votre épaule sur la roue et mettez-vous, vous aussi, à pousser ! Poussez comme Galilée poussait ! Il se pourrait qu’ensemble nous avancions, cahin-caha, vers le bien.
Mais vraiment, trouver un moyen d’adapter les sens physiques, métaphysiques et théologiques à des mots qui n’étaient peut-être qu’un simple fantasme, pour ne pas dire une chimère de votre porte-parole, redouble l’émerveillement que m’inspirent des esprits tellement affûtés et spéculatifs.
Galilée,
Lettre à Liceti (1640)
Merci pour leur aide dans cette entreprise à :
Charlene Anderson, Terry Bisson, Roland Boer, Linda Burbank, Sam Burbank, Joy Chamberlain, Ron Drummond, Joe Dumit, Karen Fowler, Louis Friedman, Dana Gioia, Jane Johnson, Chris McKay, Colin Milburn, Lisa Nowell, Katharine Park, David Robinson, Don Robinson, Carter Scholz, Ralph Vicinanza et Joëlle Wintrebert.
Des remerciements tout particuliers à Mario Biagioli.
Ce que je voudrais que l’on vît dans mon livre, c’est qu’il est sorti tout entier de l’application d’un sens spécial […] qu’il m’est bien difficile de décrire. […]
L’image qui me paraît la meilleure pour faire comprendre ce qu’est ce sens spécial c’est peut-être celle d’un télescope qui serait braqué sur le temps.
Marcel Proust
Les passages en italique de ce roman sont pour l’essentiel de la main de Galilée ou de ses contemporains, voire de quelques visiteurs venus d’autres époques. J’ai effectué quelques changements dans ces textes, ainsi que de nombreuses élisions que je n’ai pas mentionnées, mais je me suis toujours appuyé sur des traducteurs partis du matériau d’origine, qu’il provienne de l’italien, du latin ou du français. Je voudrais en particulier rendre hommage à Mary Allan-Olney, Mario Biagioli, Henry Crew et Alfonso deSalvio, Giorgio de Santillana, Stillman Drake, John Joseph Fahie, Ludovico Geymonat, Maurice A. Finocchiaro, Pietro Redondi, James Reston Jr., Rinaldina Russell, Dava Sobel et Albert van Helden. Qu’ils soient ici remerciés.
Malgré les efforts de ces gens, et de bien d’autres, tous les écrits de Galilée n’ont pas encore été traduits en anglais. C’est vraiment dommage, non seulement pour les romanciers qui écrivent des romans sur lui, mais pour tous les anglophones qui ne parlent pas l’italien et qui voudraient en savoir davantage sur l’histoire des sciences, ou sur l’un de ses plus grands personnages. Ses œuvres complètes ont d’abord été éditées par Antonio Favaro, au tournant du siècle dernier, avant d’être récemment revues et réactualisées grâce à un travail en collaboration. Indubitablement, un programme d’histoire des sciences en anglais, un département d’italien ou une édition universitaire pourraient rendre le grand service de publier une traduction complète en anglais des Opere. Le projet pourrait même être entrepris sous la forme d’un Wiki, un effort commun en ligne. J’espère que cela se fera. Ce serait si bien de pouvoir continuer à lire Galilée, de découvrir d’autres paroles de lui, même après que j’aurai mis le point final de cette phrase et qu’il se glissera dans ces pages.
Au revoir, maestro ! Merci !
Kim Stanley Robinson
Le rêve de Galilée
Roman
Traduit de l’anglais (États-Unis) par David Camus et Dominique Haas
PRESSES DE LA CITÉ
Titre original : Galileo’s Dream.
© Kim Stanley Robinson, 2009
Publié pour la première fois en 2009 par les éditions Spectra, un département de Random House, New York
© Presses de la Cité, pour la traduction française
ISBN 978-2-258-08480-3
Allusion au mythe du juif errant, censé à l’origine être un cordonnier qui aurait craché sur le Christ portant sa croix et aurait été condamné à errer éternellement. (N.d.T.)
Traduction de Marc Scialorn, Le Livre de Poche, 1996.
Traduction de M. Moreau (1864).
Traduction de Péronne et Ecalle, remaniée par P. Pellerin (Nathan, 1998).