Gene Wolfe - La cinquième tête de Cerbère

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Bien loin de la Terre, deux planètes soeurs, Sainte-Anne et Sainte-Croix, ont été colonisées par des Français qui ont détruit la population indigène de la seconde.
Bien des décennies plus tard — après que les colons français ont été eux-mêmes vaincus et dispersés —, un ethnologue, le Dr Marsh, consacre sa vie à retrouver des traces de cette culture effacée, oubliée, passée au rang des mythes et qu'une culpabilité ancienne tend à refouler dans l'imaginaire.
En trois contes d'une écriture à chaque fois renouvelée, Gene Wolfe retrace les aspects contradictoires mais complémentaires de cette quête de l'identité d'un peuple, d'une pureté originelle dont un génocide a voilé jusqu'au souvenir.
Voici un livre étrange, subtil et attachant, sans pareil dans le domaine de la science-fiction et qui imprègne longtemps le souvenir du lecteur comme d'un parfum, comme d'une vibration, comme du souvenir d'un songe.

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Comme je l’ai dit, je n’ai pas encore tué de gros animaux, bien qu’à un moment j’aie été tenté de le faire. Mais le fusil fait beaucoup de bruit — et la carabine encore plus — et je suis sûr que cela ferait fuir ceux que je veux trouver.

3 juin. (C’est la vraie date.) Toujours plus haut dans les collines — les deux mules et moi. Un peu plus de rochers et moins d’herbe. Ici, les daims sauvages ne ressemblent plus au bétail.

4 juin. Pas de feu ce soir. J’en ai allumé un chaque nuit depuis qu’il est mort. Ce soir, j’ai commencé à ramasser des brindilles, comme d’habitude, puis je me suis demandé à quoi bon. Le gosse le faisait parce qu’il y avait de la viande à faire cuire et du thé à préparer, mais il n’en reste plus, et je n’ai rien à faire cuire. Bientôt, le soleil va se coucher ; et ensuite, jusqu’à ce que Monde-sœur brille au-dessus des collines, je ne pourrai plus écrire. Parfois, je me demande qui lira jamais ces lignes, et la réponse est personne, aussi je peux y mettre mes pensées les plus secrètes ; mais je me rappelle que je suis censé tenir un journal scientifique, et que même si personne ne le lit, ce sera un bon entraînement.

Mais qu’y a-t-il à dire ? J’ai cessé de me raser. Je suis là, assis, ce journal sur les genoux, et j’essaye d’imaginer la vie du Peuple libre ici avant l’arrivée des hommes de la Terre. Ces collines sont dures et nues, personne n’y vivrait s’il y avait de meilleurs endroits. Peut-être que les montagnes du Tempus — comme on les appelle — sont plus hospitalières, mais pour l’instant je n’ai aucun moyen de le savoir. Il est certain que les basses collines par où nous sommes passés en venant, et même les prairies marécageuses, étaient plus riches. Pourquoi, alors, le Peuple libre vivait-il dans les montagnes, si les anciens récits sont dignes de foi, et ils le sont sûrement ? Sont-ils venus jusqu’ici ? Viennent-ils encore ? Je ne doute pas qu’ils le fassent, mais ça, c’est un autre sujet.

S’ils venaient jusqu’ici, ce ne devait pas être souvent, car les récits parlent toujours du peuple des montagnes (le Peuple libre) et des Pieds mouillés (les hommes des marais). Il est vrai que quand ce sont les Pieds mouillés qui parlent, ils désignent souvent le Peuple libre sous le nom d’« hommes des collines ». Mais ils sont les seuls à les appeler ainsi, et ces collines, j’en suis sûr, sont vides comme les marais ne l’ont jamais été. Il n’y a pas de morts ici, ou très peu.

Et les hommes des marais. Pourquoi ne sont-ils pas venus ici ?

Commençons par eux. Nous en savons plus sur eux. Nous savons qu’ils étaient avides de viande, car les récits nous disent qu’ils acclamaient celle des sacrifices, même ceux qui ne croyaient pas. Vivant dans les prairies marécageuses, ils devaient se nourrir de racines de roseaux, comme je l’ai dit, et de poisson ou de gibier de mer. Parfois, sans aucun doute, quand ils désiraient de la viande, ils allaient dans les collines basses au-dessus des marais pour chasser. Mais des pêcheurs et des poseurs de collets pour le gibier de mer ne pouvaient pas être de bons chasseurs. Ils devaient donc venir (à combien ? Dix ? Vingt ? Trente ?) dans ces collines pour trouver des victimes à immoler au fleuve. Je les vois, marchant l’un derrière l’autre, silhouettes trapues à la démarche lourde, à la peau blanche. Dix, douze, treize, quatorze, quinze. Ceux du Peuple libre sont de meilleurs chasseurs, de meilleurs guerriers aussi sans doute, aux jambes fines et souples, mais ils ne peuvent pas rester ensemble en aussi grand nombre, car ils n’auraient rien à manger. Il n’y a pas assez de gibier. Dix en tout est un maximum, avec les femmes et les enfants. Pas plus de deux ou trois guerriers adultes par groupe. Combien ont dû être ainsi ramenés prisonniers à travers ces collines arides, jusqu’au Sablier ou à l’Observatoire au bord de la rivière ? Pendant combien de temps ? Quelle fut la durée de la préhistoire humaine sur la planète mère, la Terre ? Un million d’années ?

Certains disent dix millions. Mânes de mes ancêtres.

Un peu plus tard. Monde-sœur est la reine du ciel maintenant, et illumine cette page de son éclat bleu, sauf à l’endroit où tombe l’ombre de mon stylo. Elle est à moitié nuit et à moitié lumière, et dans la région intermédiaire on aperçoit la Main qui s’avance dans la mer, avec ce qui doit être Port-Mimizon, un minuscule point brillant là où le pouce rejoint la paume. On dit que c’est le pire endroit des deux mondes.

Un peu plus tard. Un instant, j’ai cru voir mon chat voler comme une ombre dans l’obscurité, et je me suis demandé s’il était vraiment mort, bien que je lui aie brisé le cou. La veille du jour où je l’ai immolé dans la caverne, il avait attrapé un petit animal qu’il était venu déposer à mes pieds. Je lui ai dit qu’il était un bon chat, et qu’il pouvait le manger lui-même, mais il m’a répondu : « Mon maître, le marquis de Carabas, vous adresse ses civilités. » Et il a disparu de nouveau. Le petit animal avait un museau pointu et des oreilles arrondies, mais ses dents étaient celles d’un être humain, régulières et puissantes, et il souriait dans son agonie.

Un peu plus tard. À la lueur de Monde-sœur, j’ai cherché des vestiges — des éolithes — parmi les roches. Je n’en ai trouvé aucun.

6 juin. Nous avons fait les explorateurs, aujourd’hui. Nous avons marché toute la journée. À notre droite, le fleuve gronde entre deux murs de pierre. Devant nous, les montagnes dressent leur barrière bleutée. Je suivrai le fleuve. Je sais qu’il pénètre dans leur cœur.

7 juin. Aujourd’hui, une petite pierre a dévalé la pente devant nous. Sans doute déplacée par un animal, mais je n’ai pas réussi à l’apercevoir. Je croyais que nous n’étions plus suivis depuis que j’ai cessé de tuer du gibier. Mes collets ne sont plus jamais visités maintenant, et quand ils le sont, il y a presque toujours la trace d’un renard de feu. Comme je dois leur paraître étrange, avec les mules. Je ne porte pas de vêtements, à part les chaussures, qui me protègent des pierres, mais ce sont les mules surtout qui doivent leur faire peur.

Beaucoup plus tard. Je ne sais pas quelle heure il est. Largement minuit passé, je suppose. Monde-sœur est à la moitié de sa course à l’ouest, mais son éclat est encore plus grand, aussi loin que mon regard porte, en bas de la vallée, et les falaises plus haut resplendissent d’un éclat bleuté.

Je n’écrirai pas Un peu plus tard, car je n’ai interrompu ce journal que pendant quelques secondes, pour ramasser des brindilles et de l’herbe sèche pour faire du feu. C’est le premier feu que j’allume depuis plusieurs jours. Comme je ne suis pas dans mon sac de couchage, j’ai froid, et je n’ai pas envie de me rendormir. J’ai rêvé que des gens nus se rassemblaient autour de moi pendant que je dormais. Des enfants, des Enfants de l’ombre à la silhouette difforme, qui ne sont ni des enfants ni des hommes, et une fille grande, avec de longs cheveux pendants qui effleuraient mon visage quand elle s’est penchée sur moi.

C’était la fin du journal à la reliure de toile. L’officier le referma, le poussa de côté et pendant quelques instants pianota sur la couverture rigide. L’aube s’était levée pendant qu’il lisait ; il éteignit la faible flamme de sa lampe, repoussa son siège en arrière et s’étira. Il y avait déjà une impression d’humidité et de chaleur dans l’air du matin. Dehors, par la porte ouverte, il voyait que l’esclave avait quitté son poste sous l’arbre à fièvre. Sans doute était-il endormi dans un coin quelque part. Pendant quelques instants, l’officier envisagea d’aller le chercher et de le réveiller à coups de botte. Puis il retourna vers son bureau et, sans s’asseoir, relut la lettre qui avait accompagné le dossier. Elle était datée de plus d’un an.

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