Robert Silverberg - La compagne secrete

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La compagne secrete: краткое содержание, описание и аннотация

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Ce jour-là, a-t-elle continué, la demande d’âmes de Cul-de-Sac avait atteint Kansas Quatre. Mille corps inoccupés étaient disponibles là-bas et on avait besoin de matrices spirituelles pour en prendre possession. Sans la moindre hésitation Vox avait mis son nom sur la liste.

Il y a une constante migration d’âmes entre les mondes. À chacun de mes voyages j’en ai transporté des milliers, parties pleines d’espoir vers de nouveaux corps sur d’étranges planètes.

Chaque monde possède une réserve de corps en attente d’âmes de remplacement. La plupart ont été victimes d’une soudaine manifestation de violence. La vie est risquée à terre, et la mort rôde partout.

Récupérer et réparer un corps ne pose pas de problème, mais une fois l’âme envolée plus question d’en retrouver la jouissance. Aussi les corps vacants de ceux qui se noient, sont piqués par des insectes mortels, éjectés de véhicules, assommés par des branches leur ayant dégringolé sur la tête au cours de leur travail, sont recueillis et examinés. S’ils ne sont pas réparables, ils sont désassemblés et les parties utilisables mises de côté pour être logées dans d’autres corps. Mais s’ils peuvent retrouver leur intégrité, ils la retrouvent, et sont placés dans des chambres de conservation jusqu’à ce que de nouvelles âmes soient disponibles pour eux.

Et puis il y a ceux qui quittent leur corps volontairement, peut-être parce qu’ils en sont las, ou las de leur monde, et veulent bouger. Ceux-là s’engagent à occuper les corps en attente sur des mondes lointains, tandis que d’autres arrivent derrière eux pour occuper les corps qu’ils ont abandonnés. La façon la moins coûteuse de voyager entre les mondes est de renoncer à son corps et de passer à l’état de matrice, ce qui permet d’échanger une vie démoralisante contre une autre, inconnue. C’était ce que Vox avait fait. La souffrance et le désespoir l’avaient poussée à autoriser que l’essence de sa personne, tout ce qu’elle avait vu, senti, pensé ou rêvé, soit transformé en un entrelacs d’impulsions électriques que l ’Épée-d’Orion transporterait au cours de son voyage de Kansas Quatre à Cul-de-Sac. Un nouveau corps l’attendait là-bas. Son propre corps déserté restait en animation suspendue sur Kansas Quatre. Un jour il logerait peut-être quelque âme errante venue d’un autre monde ; ou bien, s’il n’était l’objet d’aucune demande, peut-être serait-il finalement désassemblé par les récupérateurs et ses différentes parties salutairement utilisées. Vox n’en saurait jamais rien ; Vox ne s’en soucierait jamais.

« Je peux comprendre que l’on ait envie d’échanger une vie malheureuse contre la possibilité d’en connaître une heureuse, j’ai dit. Mais pourquoi prendre le large à bord du vaisseau ? À quoi bon ? Pourquoi ne pas avoir attendu d’atteindre Cul-de-Sac ?

— Parce que c’était un supplice.

— Un supplice ? Quoi donc ?

— De vivre sous la forme d’une matrice. » Petit rire amer. « Vivre ? C’est pire que ce que pourra jamais être la mort !

— C’est-à-dire ?

— Vous n’avez jamais été réduit à l’état de matrice, hein ?

— Non. J’ai choisi une autre façon de m’évader.

— Alors vous ne savez pas. Vous ne pouvez pas savoir. Vous avez un vaisseau plein de matrices entreposées sur circuits mais vous n’y comprenez rien. Imaginez que votre nuque vous démange, capitaine. Mais vous n’avez pas de bras pour vous gratter. Vous avez la cuisse qui se met à vous démanger. La poitrine. Vous êtes là avec des démangeaisons partout. Et vous ne pouvez pas vous gratter. Vous me comprenez ?

— Comment une matrice peut-elle éprouver une démangeaison ? Une matrice n’est qu’une structure d’impuls…

— Oh ! vous êtes impossible ! Vous êtes stupide ! Je ne parle pas de démangeaisons au sens littéral du terme. Je vous donne une approximation, un exemple. Parce que vous ne seriez jamais capable de comprendre la situation réelle. Voilà : vous êtes dans le circuit de stockage. Vous n’êtes qu’électricité. Telle est d’ailleurs la véritable nature de l’esprit : de l’électricité. Mais vous aviez autrefois un corps. Ce corps était doué de sensibilité. Il éprouvait des sensations. Vous vous en souvenez. Vous êtes prisonnier. Un prisonnier se souvient de toutes sortes de choses qui étaient pour lui naturelles. Vous donneriez n’importe quoi pour sentir de nouveau le vent dans vos cheveux, le goût du lait rafraîchi, ou le parfum des fleurs. Ou même la douleur d’une coupure au doigt. La salinité de votre sang quand vous léchez la coupure. N’importe quoi. Je détestais mon corps. Voyez-vous ? Je ne songeais qu’à m’en débarrasser. Mais une fois celui-ci disparu, voilà que je regrettais les sensations qu’il me procurait. Je regrettais le poids de cette chair qui s’exerçait sur moi, me clouait au sol, cette chair pleine de nerfs, cette chair à même d’éprouver du plaisir. Ou de la douleur.

— Je comprends », j’ai dit, et je crois que j’étais sincère. « Mais le voyage jusqu’à Cul-de-Sac est court. Quelques semaines virtuelles et vous voilà arrivée, retirée des circuits de stockage et placée dans votre nouveau corps, et…

— Quelques semaines ? Pensez à cette démangeaison sur votre nuque, capitaine. Et à l’incapacité de vous gratter dans laquelle vous vous trouvez. Combien de temps pourriez-vous supporter ça, à votre avis, cette démangeaison constante ? Cinq minutes ? Une heure ? Des semaines ? »

Il me semblait qu’une démangeaison laissée sans remède devait disparaître d’elle-même, probablement au bout de quelques minutes. Mais ce n’était là qu’une impression personnelle. Je n’étais pas Vox ; je n’avais jamais été une matrice dans un circuit de stockage.

« Vous vous êtes donc échappée, j’ai dit. Comment ?

— Cela n’a pas été si difficile à trouver. Je n’avais rien d’autre à faire qu’à penser à ça. Vous vous alignez sur la polarité du circuit. C’est aussi une matrice, un réseau électrique qui vous retient dans un entrecroisement d’ondes. Vous changez l’alignement. C’est comme d’être ligoté et de faire glisser les cordes autour de vous jusqu’à ce que vous puissiez vous en extirper. Et alors vous pouvez aller où vous voulez. Vous vous connectez sur n’importe quel bioprocesseur à bord du vaisseau et vous y puisez l’énergie que ne vous fournit plus le circuit de stockage pour vous alimenter. Je peux me déplacer n’importe où dans ce vaisseau à la vitesse de la lumière. N’importe où. Le temps d’un clin d’œil pour vous, je suis allée partout. Jusqu’à la pointe et sur le mât dehors, et en bas, dans les ponts inférieurs, dans les quartiers d’équipage, dans les endroits réservés à la cargaison, et même un peu plus loin, dans quelque chose qui est juste à l’extérieur du vaisseau mais n’est pas tout à fait réel, si vous voyez ce que je veux dire. Quelque chose qui a simplement l’air d’une charmille d’ondes de probabilité tissée autour de nous. C’est comme d’être un fantôme. Mais ça ne résout rien. Vous comprenez ? Le supplice continue. Vous voulez éprouver des sensations, mais c’est impossible. Vous voulez que le contact soit rétabli, vous réclamez vos sens, vos sources de données. C’est pourquoi j’ai essayé de m’introduire dans ce passager, vous comprenez ? Mais il n’a pas voulu se laisser faire. »

Je commençais enfin à comprendre.

Quand on est en route pour les mondes des cieux à titre de colon, ce n’est pas systématiquement sous forme de matrice. En général, quiconque a les moyens d’emmener son corps avec lui ne s’en prive pas ; mais relativement rares sont ceux qui ont les moyens. Ils voyagent en animation suspendue, le plus profond des sommeils. Nous ne transportons pas de passagers éveillés dans le Service, à aucun prix. Ils ne feraient que nous gêner, à fureter ici et là, à poser des questions, à exiger d’être servis et dorlotés. Ils briseraient la paix du voyage. Alors ils s’enfoncent dans leurs cercueils, leurs compartiments, et ils dorment tout le long du voyage, tous leurs processus vitaux interrompus, morts qui ne seront rendus à la vie que lorsque nous les aurons menés à destination.

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