Ils s’acheminèrent donc tout doucement hors du salon et allèrent rejoindre sous le portique leur hôte sauvage. Ce dernier fumait toujours avec la même énergie silencieuse, et sa pipe illuminait vigoureusement son visage, à chaque aspiration qui la rendait périodiquement incandescente. Il garda un mutisme obstiné jusqu’au moment où l’oncle John l’interpella directement.
– Jim, vous paraissez tout changé ce soir. Pourquoi n’êtes-vous pas venu prendre part à la prière ? Vous ne refusez pas d’adresser vos remerciements au Grand-Esprit qui vous soutient par sa bonté.
– Moi, lui parler tout le temps. Moi, lui parler quand vous lui parlez.
– Dans d’autres occasions vous aviez toujours paru joyeux de vous joindre à nous pour ces exercices.
– Jim n’est pas content : il n’a pas besoin que les femmes s’en aperçoivent.
– Qu’y a-t-il donc d’extraordinaire ?
– Les trafiquants Blancs sont des méchants ; ils trompent le Sioux, lui prennent ses provisions, son argent, jusqu’à ses couvertures.
– Ça a toujours été ainsi.
– L’Indien est fatigué ; il trouve ça trop mauvais. Il tuera tous les Settlers.
– Que dites-vous ? s’écria l’oncle John.
– Il brûlera la cabane de l’Agency ; il tuera hommes, femmes, babys, et prendra leurs scalps.
– Comment savez-vous cela ?…
– Il a commencé hier ; ça brûle encore. Le Tomahawk. est rouge.
– Dieu nous bénisse ! Et, viendront-ils ici, Jim ?
– Je crois pas, peut-être non. C’est trop loin de l’Agency ; ils ont peur des soldats.
– Enfin, les avez-vous vus, Jim ?
– Oui j’ai vu quelques-uns. Ça contrarie Jim. Il y a trop chrétiens qui sont redevenus Indiens pour tuer les Blancs. C’est mauvais, Jim n’aime pas voir ça, il s’est en allé.
– Fasse le ciel qu’ils ne viennent pas dans cette direction. Si je savais qu’il y eût danger pour l’avenir, nous partirions instantanément.
– Ne serait-il pas convenable de nous embarquer demain, sur le Steamboat, pour Saint-Paul ? demanda Halleck, singulièrement ému par les inquiétantes révélations de l’Indien.
– Ah ! répliqua l’oncle John en réfléchissant, si nous quittons la ferme, elle sera pillée par ces larrons à peau rouge, en notre absence. Je n’aimerais pas, à mon âge, perdre ainsi tout ce que j’ai eu tant de peine à amasser.
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