René Bazin - Le Blé qui lève

Здесь есть возможность читать онлайн «René Bazin - Le Blé qui lève» — ознакомительный отрывок электронной книги совершенно бесплатно, а после прочтения отрывка купить полную версию. В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: foreign_antique, foreign_prose, foreign_language, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le Blé qui lève: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le Blé qui lève»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Le Blé qui lève — читать онлайн ознакомительный отрывок

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le Blé qui lève», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Quand elle eut dix ans, elle fit, avec les autres enfants de son âge, la première communion. Ce fut une grande fête, et une grande dépense pour les Cloquet. Gilbert avait voulu que Marie fût la mieux habillée du bourg, et la Cloquette avait fait travailler les lingères de Corbigny.

Le matin de la fête, au premier son qui partit du clocher de Fonteneilles et déferla sur la forêt, les quatre voisins des Cloquet, leurs femmes et leurs enfants, c'est-à-dire les Justamond, le père Dixneuf, les Lappe et les Ravoux, sortirent dans le chemin pour contempler Marie en blanc. Ils dirent tous: «Elle est mignonne», mais il n'y eut que la mère Justamond qui l'embrassa avec l'émotion que donne l'intelligence de la religion. Elle murmura quelque chose à l'oreille de l'enfant, qui répondit oui, discrètement. Marie était tout occupée à relever son voile et sa robe, et à marcher bien droit, pour ne pas mettre dans les ornières ses pieds chaussés de souliers blancs. La mère, tous les dix pas, recommandait: «Va pas te salir, Marie!» Il avait plu pendant la nuit. Des gouttes en retard tombaient, de grosses gouttes paresseuses, sur le voile et sur les cheveux ondulés avec peine. Entre les deux falaises de futaies, Marie marchait devant; le père et la mère suivaient, l'un à droite, l'autre à gauche, endimanchés. Gilbert avait même pris le haut de forme qu'on ne met que dans les solennités. Et on aurait dit des chrétiens, dans l'église, un peu plus tard, à les voir silencieux, graves, émus même et regardant souvent la petite, qui était à la seconde place du premier rang, derrière son cierge; mais l'émotion était toute paternelle, maternelle, humaine, et pareille à celle des parents qui conduisent leur fille à son premier bal. Après la messe, et quand le curé, un vieillard courtois et timide, gagné à l'inertie par le désespoir de la vaincre, rentra au presbytère, il trouva dans l'allée sablée la famille Cloquet, qui venait lui offrir ses hommages et des brioches commandées au boulanger du pays. Les brioches lui parurent si grosses qu'il s'en réjouit d'abord, comme d'une preuve de dévotion. Il remercia.

– C'est que, voyez-vous, monsieur le curé, dit Cloquet en caressant sa barbe blonde, nous n'avons jamais eu à nous plaindre de vous; et j'ai voulu vous le marquer. C'est mon habitude de ne point être en retard avec ceux qui sont de nos amis.

– Je n'en suis pas assez, de vos amis, Gilbert Cloquet, mais la pensée est bonne quand même. Merci!

– Au plaisir, monsieur le curé.

– Ramenez la petite pour les vêpres, bien exactement, à deux heures et demie.

Et ce fut tout. La mère et la fille revinrent à deux heures et demie. Elles étaient rouges. On avait beaucoup mangé. Cloquet s'était mis à affiler sa faux, car la saison des foins était venue, et la veille, le garde du château de Fonteneilles avait embauché les faucheurs.

Deux ans plus tard, la Cloquette mourut. Sa fille n'avait pas douze ans. Ce fut un chagrin et une cause de longue inquiétude pour le journalier. Si peu ordonnée, si médiocre ménagère que fut la Cloquette, elle l'était plus encore que sa fille. «Ma petite n'a pas l'âge de se donner tant de mal», disait-elle. L'enfant n'avait pas même appris le peu de cuisine et de couture que la mère aurait pu lui enseigner. Quand la mère fut partie, le père resta huit jours chez lui sans rien faire, comme cela se doit, entre la messe de mort et la messe de service, près de Marie, tâchant de la connaître, de la conseiller, de lui commander quelque travail. Car la fille eût été de force à faire le ménage, si elle avait voulu: elle paraissait avoir quatorze ans, et d'autres disaient seize, tant elle était grande et déjà femme de corps et de manières. Il ne réussit pas. Il se heurta à des caresses, puis à un refus, puis, comme il insistait, à une colère boudeuse, sombre, persévérante comme l'ingratitude. Comme le huitième jour finissait, Cloquet, qui était en train d'enlever les nœuds de crêpe attachés, selon l'usage, à la paille de ses ruches, vit s'approcher la grosse mère Justamond, sa voisine.

– Père Cloquet, dit-elle, j'ai déjà cinq enfants à garder, avec votre fille, ça fera six. Ne vous faites pas de tourment.

Et Marie continua de jouer avec les petits Justamond, et de paresser, en attendant qu'elle eût l'âge d'entrer en apprentissage. Elle voulait être lingère, pour voir du monde et quitter la forêt.

Gilbert fut donc plus mal servi, plus isolé, plus malheureux chez lui qu'autrefois. Il se rejeta entièrement du côté des compagnons de travail, les uns journaliers de toute l'année qu'il rencontrait dans les fermes, les autres, rouliers, maçons, petits propriétaires, retraités, artisans qui, pendant la saison d'hiver allaient au bois avec la cognée, ou avec l'écorçoir au temps de la sève montante. L'obscure tendresse que développe le métier, le besoin d'être plusieurs qui pensent de même et qui s'entr'aident, le fit se louer souvent dans des fermes lointaines, et revenir tard parce qu'on allait boire entre amis, et quelquefois coucher hors de la maison. Ses vêtements étaient en mauvais état, sa barbe s'allongeait, les chiens aboyaient après lui, quand il réapparaissait au hameau. Les voisins disaient: «Gilbert Cloquet s'ensauvage.» Oh! non, il vivait plus complètement, d'une vie passionnée, heurtée, généreuse et inquiète; il vivait pour d'autres et avec d'autres de son métier, dans la corporation renaissante. Et sa nature généreuse s'emplissait d'illusions, de colères et de joies mêlées.

En cette année 1891, et dans les deux qui suivirent, les bûcherons de la Nièvre se liguaient pour obtenir le relèvement des salaires insuffisants. Dans les bois, aux heures de trêve, dans les cabarets, les dimanches, et dans les fermes où les machines, remplaçant les rouleaux et les fléaux, groupaient les hommes par bandes nombreuses, les ouvriers de la terre discutaient les intérêts du métier. Des mots qu'on n'avait point entendus depuis plus d'un siècle montaient sous les taillis ou entre les haies. Quelques très vieux arbres avaient frémi, jadis, au passage de mots semblables. On disait: «Les intérêts communs des ouvriers;… plus d'isolement, les individus sont faibles;… groupons-nous pour soutenir nos droits;… formons une caisse, nous abandonnerons chacun une part de nos salaires.» Les plaintes abondaient, s'exaspéraient l'une par l'autre: «On ne peut vivre! Les marchands nous exploitent! Plus de prix de misère!.. Est-ce que cela suffit, un salaire de un franc vingt à un franc cinquante! Et la femme? Et les mioches? Et les chômages?» Vivre, la vie, l'enfant, la maison, ces mots premiers et pleins gonflaient le cœur des hommes, et quand on avait parlé de la misère, on jetait la menace et le défi aux exploitants qui étaient à Nevers, ou dans les petites villes, ou parmi les campagnes, dans les maisons bâties avec la sève des bois abattus. D'autres mots étaient prononcés, et c'étaient les rêves, auxquels tous ne croyaient pas également, mais qui se mêlaient cependant au sang de tous, car ils étaient dans l'air qu'on respirait, avec l'odeur des bourgeons jeunes et des herbes neuves. On disait: «L'avenir est au peuple. La démocratie va créer un monde nouveau… Le droit au pain, le droit à la retraite, le droit de partager…» Toute la forêt s'agitait cette année-là. Les taillis toujours coupés murmuraient sous les chênes, et disaient: «Nous avons, comme les futaies, le droit au vent du large.»

Gilbert Cloquet, avec sa passion pour la justice, fut des premiers à demander le syndicat. Il parlait sans art, avec une force contenue, et, dans les commencements, avec un peu de bégaiement qui donnait une soudaineté à ses phrases. Mais il savait bien les choses de la contrée, et il avait l'autorité de la réputation parmi les camarades. Il voyagea dans tout le département, pour s'entendre avec les syndicats voisins. Il rédigea des statuts. Pendant des mois il vécut, comme il disait avec orgueil, «pour la justice de tous». L'instituteur de Fonteneilles répétait: «Ce Cloquet doit avoir eu des ancêtres parmi les communistes du Nivernais.» Et il voulait parler de ces communautés paysannes, consacrées par l'ancien droit coutumier, et qui groupaient, au XVIe siècle, les familles de laboureurs et de bûcherons, travaillant sous un chef et héritant entre elles.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le Blé qui lève»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le Blé qui lève» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Le Blé qui lève»

Обсуждение, отзывы о книге «Le Blé qui lève» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x