Paul Bourget - Cruelle Énigme

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– «Tu as donc à me parler d'affaires bien graves, dit le général, allant droit au fait. Je m'en doutais, ajouta-t-il; j'ai laissé ta mère et ta grand'mère plus tristes que je ne les avais vues depuis la guerre d'Italie. Pourquoi n'étais-tu pas auprès d'elles ce soir?.. Si tu ne rends pas ces deux femmes heureuses, Hubert, tu es cruellement ingrat, car elles donneraient leur vie pour ton bonheur. – Enfin, que se passe-t-il?..»

Le général avait prononcé cette phrase en continuant à voix haute les pensées qui l'avaient tourmenté durant le trajet de la rue Vaneau à son logis. Il put voir, à mesure qu'il parlait, les traits du jeune homme s'altérer visiblement. C'était une des fatalités héréditaires du tempérament de cet enfant trop aimé, qu'un son de voix dure lui donnât toujours un petit spasme douloureux au cœur. Mais, sans doute, à la dureté de l'accent du comte Scilly s'ajoutait la dureté de la signification de ses paroles. Elles mettaient à nu, brutalement, une plaie trop vive. Hubert s'assit comme brisé; puis il répondit, d'une voix qui, un peu voilée par nature, s'assourdissait encore à cette minute. Il n'essaya même pas de nier qu'il fût la cause du chagrin des deux femmes.

– «Ne m'interrogez pas, mon parrain; je vous donne ma parole d'honneur que je ne suis pas coupable; seulement, je ne peux pas vous expliquer le malentendu qui fait que je leur suis un objet de peine. Je ne le peux pas… Je suis sorti plus souvent que d'habitude, et c'est là mon seul crime…

– «Tu ne me dis pas toute la vérité, répliqua Scilly, adouci, bien qu'il en eût, par l'évidente douleur du jeune homme. Ta mère et ta grand'mère te veulent par trop dans leurs jupons, cela, je l'ai toujours pensé. On t'aurait élevé plus durement si j'avais été ton père. Les femmes ne s'y entendent pas à former un homme. Mais depuis deux ans, est-ce qu'elles ne te poussent pas à aller dans le monde? Ce ne sont donc pas tes sorties qui leur font de la peine, c'est leur motif…»

En prononçant cette phrase, qu'il considérait comme très habile, le comte regardait son filleul à travers la fumée d'une petite pipe de bois de bruyère qu'il venait d'allumer, – machinale habitude qui expliquait suffisamment l'âcre atmosphère dont la chambre était saturée. Il vit les joues d'Hubert se colorer d'un soudain afflux de sang qui eût été, pour un observateur plus perspicace, un indéniable aveu. Il n'y a qu'une allusion, ou la crainte d'une allusion sur une femme aimée, qui ait le pouvoir de troubler ainsi un jeune homme aussi évidemment pur que l'était celui-ci. Après quelques instants de cette émotion soudaine, il reprit:

– «Je vous affirme, mon parrain, qu'il n'y a dans ma conduite rien dont je doive avoir honte. C'est la première fois que ni ma mère ni ma grand'mère ne me comprennent… mais je ne leur céderai pas sur le point où nous sommes en lutte. Elles y sont injustes, affreusement injustes,» continua-t-il en se levant et faisant quelques pas. Cette fois son visage exprimait non plus la souffrance, mais l'orgueil indomptable que l'hérédité militaire avait mis dans son sang. Il ne laissa pas au général le temps de relever ces paroles qui, dans sa bouche de fils ordinairement trop soumis, décelaient une extraordinaire intensité de passion. Il contracta son sourcil, secoua la tête comme pour chasser une obsédante idée, et, redevenu maître de lui:

– «Je ne suis pas venu ici pour me plaindre à vous, mon parrain, dit-il; vous me recevriez mal, et vous n'auriez pas tort… J'ai à vous demander un service, un grand service. Mais je voudrais que tout restât entre nous de ce que je vais vous confier.

– «Je ne prends pas de ces engagements-là, fit le comte. On n'a pas toujours le droit de se taire, ajouta-t-il. Tout ce que je peux te promettre, c'est de garder ton secret, si mon affection pour qui tu sais ne me fait pas un devoir de parler. Va, maintenant, et décide toi-même…

– «Soit, repartit le jeune homme après un silence durant lequel il avait, sans doute, jugé la situation où il se trouvait; vous agirez comme vous voudrez… Ce que j'ai à vous dire tient dans une courte phrase. Mon parrain, pouvez-vous me prêter trois mille francs?»

Cette question était tellement inattendue pour le comte qu'elle changea, du coup, la suite de ses idées. Depuis le début de l'entretien, il cherchait à deviner le secret du jeune homme, qui était aussi le secret de ses deux amies, et il avait nécessairement pensé qu'il s'agissait de quelque aventure de femme. A vrai dire, cela n'était point pour le choquer. Bien que très dévot, Scilly était demeuré trop essentiellement soldat pour n'avoir pas sur l'amour des théories d'une entière indulgence. La vie militaire conduit ceux qui la mènent à une simplification de pensée qui leur fait admettre tous les faits, quels qu'ils soient, dans leur vérité. Une «gueuse», aux yeux de Scilly, c'était pour un jeune homme la maladie nécessaire. Il suffisait que cette maladie ne se prolongeât point, et que le jeune homme n'y laissât pas trop de lui-même. Il eut soudain un doute, pour lui plus affreux, car il considérait, sur son expérience de régiment, les cartes comme plus dangereuses de beaucoup que les femmes.

– «Tu as joué? fit-il brusquement.

– «Non, mon parrain, répondit le jeune homme. J'ai tout simplement dépensé ces mois-ci plus que ma pension; j'ai des dettes à régler, et, ajouta-t-il, je pars après-demain pour l'Angleterre.

– «Et ta mère sait ce voyage?

– «Sans doute; je vais passer quinze jours à Londres chez mon ami de l'ambassade, Emmanuel Deroy, que vous connaissez.

– «Si ta mère te laisse partir, reprit le vieillard qui continuait de poursuivre son enquête avec logique, c'est que ta conduite à Paris la fait cruellement souffrir. Réponds-moi avec franchise. Tu as une maîtresse?

– «Non, répondit Hubert avec un nouveau passage de pourpre sur ses joues; je n'ai pas de maîtresse.

– «Si ce n'est ni la dame de pique ni celle de cœur, fit le général, qui ne douta pas une minute de la véracité de son filleul, – il le savait incapable d'un mensonge, – me feras-tu l'honneur de me dire où s'en sont allés les cinq cents francs par mois que ta mère te donne, une paye de colonel, et pour ton argent de poche?

– «Ah! mon parrain, reprit le jeune homme visiblement soulagé, vous ne connaissez pas les exigences de la vie du monde. Tenez, hier, j'ai rendu à dîner au café Anglais à trois amis; c'est tout près de six louis. J'ai envoyé plusieurs bouquets, pris des voitures pour aller à la campagne, donné quelques souvenirs. On est si vite à bout de ces cinq billets de banque! Bref, je vous le répète, j'ai des dettes que je veux payer, j'ai à suffire aux frais de mon voyage, et je ne veux pas m'adresser à ma mère en ce moment, ni à ma grand'mère. Elles ne savent pas ce que c'est que l'existence d'un jeune homme à Paris. A un premier malentendu, je ne veux pas en ajouter un second. Dans les rapports que nous avons aujourd'hui ensemble, elles verraient des fautes où il n'y a eu que des nécessités inévitables. Et puis, une scène avec ma mère, je ne peux pas la supporter physiquement.

– «Et si je refuse?.. interrogea Scilly.

– «Je m'adresserai ailleurs, fit Alexandre-Hubert; cela me sera terriblement pénible, mais je le ferai.»

Il y eut un silence entre les deux hommes. Toute l'histoire s'obscurcissait encore au regard du général, comme la fumée qu'il envoyait de sa pipe par bouffées méthodiques. Mais ce qu'il voyait nettement, c'était le caractère définitif de la résolution d'Hubert, quelle qu'en fût la cause secrète. Lui répondre non, c'était l'envoyer à un usurier peut-être, ou tout au moins le contraindre à quelque démarche cruelle pour son amour-propre. Avancer cette somme à son filleul, c'était acquérir, au contraire, un droit à suivre de plus près le mystère qui se cachait au fond de son exaltation comme derrière la mélancolie des deux femmes. Et puis, pour tout dire, le comte aimait Hubert d'une affection bien voisine de la faiblesse. S'il avait été remué profondément par le désespoir morne de M meLiauran et de M meCastel, il était maintenant tout bouleversé par la visible angoisse écrite sur le visage de cet enfant, qui était dans sa pensée un fils adoptif aussi cher que l'eût été un fils véritable.

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