Paul Bourget - Cruelle Énigme

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Les jours avaient passé; leur enfant atteignait sa vingt-deuxième année, et les deux veuves continuaient à l'enlacer, à l'étreindre de ces mille prévenances par lesquelles, ou mères, ou épouses, ou amantes, les femmes passionnées savent retenir auprès d'elles l'être qui fait l'objet de leur passion. Avec une minutie de soin féconde en intimes délices, elles s'étaient complu à ménager pour Hubert le plus adorable appartement de garçon qui se pût rêver. Elles avaient fait agrandir un pavillon qui se trouvait par derrière l'hôtel, en retour sur un petit jardin contigu lui-même au jardin immense de la rue de Varenne. Des fenêtres de sa chambre à coucher, M meLiauran pouvait voir les fenêtres de son fils, qui avait ainsi à lui un petit univers indépendant. Les deux femmes avaient eu l'esprit de comprendre qu'elles ne retiendraient Hubert tout à fait auprès d'elles qu'en allant au-devant du désir d'une existence personnelle, inévitable chez un homme de vingt ans. Au rez-de-chaussée de ce pavillon, deux vastes salles, de plain pied avec le jardin, renfermaient, l'une un billard, l'autre tout l'appareil nécessaire à l'escrime. C'est là qu'Hubert recevait ses amis, lesquels se composaient de quelques gens du faubourg Saint-Germain, car M meCastel et M meLiauran, quoiqu'elles ne fissent pas de visites, avaient conservé des relations suivies avec toutes les personnes du faubourg qui s'occupent d'œuvres de charité. Cela fait une société à part, très différente du clan mondain et unie d'une manière d'autant plus étroite que les rapports y sont très fréquents, très sérieux et très personnels. Mais certes aucun des jeunes amis d'Hubert ne se mouvait dans une installation comparable à celle que les deux femmes avaient organisée au premier étage du pavillon. Elles qui vivaient dans une simplicité de veuves sans espérance, et qui n'auraient pour rien au monde modifié quoi que ce fût à l'antique mobilier de l'hôtel, leur sentiment pour Hubert leur avait soudain révélé le luxe et le confort moderne. La chambre à coucher du jeune homme était tendue d'étoffe du Japon, d'une jolie et coquette fantaisie, et tous les meubles venaient d'Angleterre. M meCastel et M meLiauran avaient vu chez un de leurs parents éloignés, anglomane forcené, quelques modèles qui les avaient séduites, et elles s'étaient offert, comme un caprice d'amour, le plaisir de donner à leur enfant cette élégance originale. Il y avait ainsi dans cette pièce, située au midi et toujours ensoleillée, une charmante armoire à triple panneau, un revêtement de bois et une glace à étagère au-dessus de la cheminée, deux gracieuses encoignures, un lit bas et carré, des fauteuils à ne jamais pouvoir s'en relever; – enfin c'était bien réellement ce home d'une commodité raffinée que tout Anglais riche aime à se procurer. Une salle de bain attenait à cette chambre et un fumoir. Bien qu'Hubert ne fût pas encore adonné au tabac, les deux femmes avaient prévu jusqu'à cette habitude, et ce leur avait été un prétexte pour disposer une petite pièce tout orientale, avec une profusion de tapis de Perse, un large divan drapé d'étoffes algériennes que le général avait rapportées de ses campagnes; des étoffes pareilles garnissaient le plafond et les murs, sur lesquels se voyaient toutes les armes laissées par trois générations d'officiers. Des sabres égyptiens rappelaient la première campagne faite par Hubert Castel à la suite de Bonaparte. Le capitaine de l'armée d'Afrique avait possédé ces armes arabes, et ces souvenirs de Crimée témoignaient de la présence du sous-lieutenant Liauran sous les murs de Sébastopol. En sortant du fumoir, on entrait dans le cabinet de travail, dont les croisées étaient doubles, et celles du dedans en vitraux coloriés, si bien que, par les journées tristes, on pouvait ne pas s'apercevoir de la nuance de l'heure. Les deux femmes avaient subi de si affreuses récurrences de leurs mélancolies par des après-midi brouillées et sous des cieux cruels! Un grand bureau posé au milieu de la pièce avait devant lui un de ces fauteuils à pivot qui permettent au travailleur de se retourner vers la cheminée sans même se lever. Une petite table Tronchin offrait son pupitre dressé, si la fantaisie prenait le jeune homme d'écrire debout, comme une chaise longue attendait ses paresses. Un piano droit était posé dans l'angle, et tout au fond de la pièce régnait une bibliothèque longue et basse.

Peut-être le choix des livres qui garnissaient les tablettes de ce dernier meuble traduisait-il, mieux encore que tous les autres détails, la sollicitude craintive avec laquelle M meCastel et M meLiauran avaient tout disposé pour demeurer maîtresses de leur fils pendant ces difficiles années qui vont de la vingtième à la trentième. Comme elles avaient toutes les deux, en leur qualité de veuves de soldat, conservé le culte de la vie d'action, en même temps que leur excessive tendresse pour Hubert les rendait incapables de supporter qu'il l'affrontât, elles avaient trouvé un compromis de leur conscience dans le rêve, formé pour lui, d'une existence d'études. Elles caressaient naïvement le désir qu'il entreprît un grand et long travail d'histoire militaire, comme un des Trans du XVIII esiècle en a laissé un. N'était-ce pas le plus sûr moyen qu'il restât beaucoup chez lui, c'est-à-dire beaucoup chez elles? Aussi avaient-elles, grâce aux conseils de Scilly, réuni une assez bonne collection de livres utiles à ce projet. La correspondance complète de l'Empereur, la suite des mémoires relatifs à l'histoire de France, une profusion de volumes de voyages formaient le fond de cette bibliothèque. Quelques ouvrages de religion, un petit nombre de romans, et, parmi les écrivains modernes, les œuvres du seul Lamartine achevaient de garnir les rayons. Il est juste de dire que, dans ce coin du monde où l'on ne recevait aucun journal, la littérature contemporaine était parfaitement inconnue. Les idées du général et celles des deux femmes étaient identiques sur ce point. Et il en était du monde contemporain tout entier à peu près comme de la littérature. On aurait pu entendre, dans ce salon de la rue Vaneau, des conversations étonnantes, où le comte expliquait à ses amies que la France était gouvernée par les délégués des sociétés secrètes et d'autres théories politiques de la même portée. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Comme dans les très petites villes de province, la monotonie des habitudes avait abouti chez les deux veuves à une monotonie de la pensée. Les sentiments étaient très profonds et les idées très étroites, dans ce vieil hôtel dont la porte cochère s'ouvrait rarement. Le promeneur apercevait alors au fond d'une cour un bâtiment sur le fronton duquel se lisait une devise latine, jadis gravée en l'honneur du maréchal de Créquy, premier propriétaire de la maison: Marti invicto atque indefesso – à Mars invaincu et infatigable. Les hautes fenêtres du premier étage et du rez-de-chaussée, la couleur ancienne de la pierre, le silence propre de la cour, tout s'harmonisait au caractère des deux habitantes dont les préjugés étaient infinis. M meCastel et sa fille croyaient aux pressentiments, à la double vue, aux somnambules. Elles étaient persuadées que l'empereur Napoléon III avait entrepris la guerre d'Italie pour obéir à un serment de carbonaro. Jamais ces deux femmes, si divinement bonnes, n'eussent accordé leur amitié à un protestant ou à un israélite. La seule idée qu'il y eût un libre penseur de bonne foi les eût bouleversées comme si on leur avait parlé de la sainteté d'un criminel. Enfin, même le général les jugeait naïves. Mais, comme il arrive à quelques officiers que leur vie errante et des timidités cachées sous une apparence martiale ont condamnés à des amours de passage, Scilly connaissait trop peu les femmes pour apprécier combien cette naïveté était réelle, et à quelle profondeur d'ignorance du mal vivaient les deux Marie-Alice. Il supposait que toutes les femmes honnêtes étaient ainsi, et il confondait toutes les autres sous le terme de «gueuses». Il lui arrivait de prononcer ce mot, quand son foie le faisait par trop souffrir, d'un ton qui laissait soupçonner dans son passé quelque déception amère. Mais qu'il eût été ou non trompé par quelque aventurière de garnison, qui songeait à s'en inquiéter parmi les rares personnes qu'il rencontrait chez «ses deux saintes», ainsi qu'il appelait M meCastel et sa fille?

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