Max Gallo - 1942-Le jour se lève
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Et c’est au maréchal Pétain que, le 20 janvier 1942, la police prête serment !
C’est cela le visage « officiel » de la France !
Et parfois de Gaulle a le sentiment que tel Sisyphe il pousse un rocher qui retombera et tout sera à recommencer !
Alors, chaque signe de Jean Moulin, chaque Français qui se rallie à la France Libre lui apportent un réconfort, raffermissent sa volonté.
Ainsi de Gaulle a-t-il été ému par la lettre que lui adresse de New York, où il s’est réfugié, le philosophe Jacques Maritain. Le général a lu et relu ces lignes :
« Je pense, écrit Maritain, que la mission immense que la Providence a dévolue au mouvement dont vous êtes le chef est de donner au peuple français… une chance de réconcilier enfin dans sa vie elle-même, le christianisme et la liberté. »
Le 7 janvier 1942, de Gaulle répond à Maritain :
« Mon cher Maître,
« Il est doux d’être aidé, il est réconfortant de l’être par un homme de votre qualité…
« Si, jusqu’à présent, j’ai dû m’appliquer… à dire que notre désastre n’avait été que militaire et à faire qu’il soit réparé, je crois comme vous qu’au fond de tout il y avait dans notre peuple une sorte d’affaissement moral…
« J’ai pensé que, pour remonter la pente de l’abîme, il fallait d’abord empêcher que l’on se résignât à l’infamie de l’esclavage.
« Nous devrons ensuite profiter du rassemblement national dans la fierté et la résistance pour entraîner la nation vers un nouvel idéal intérieur… »
Selon de Gaulle, cette guerre dans sa cruauté doit être le moyen d’un redressement moral. Et en ces premiers jours de janvier 1942, dans le salon du petit appartement de l’hôtel Connaught qu’il occupe chaque soir de la semaine, de Gaulle médite à cet après-guerre.
Il écrit à Jacques Maritain :
« Il n’y aura qu’une base de salut : le désintéressement, et pour le faire acclamer, les âmes sont maintenant préparées par le dégoût et la sainte misère… Chacun ne trouve sa part que dans le renoncement de chacun. Il nous fait un peuple en vareuse, travaillant dans la lumière et jouant en plein soleil.
« Tâchons de tirer cela de cette guerre-révolution.
« Je sais que tout ce qui est jeune le désire.
« N’attendons plus rien des académies.
« Je ne suis pas inquiet pour la démocratie. Elle n’a d’ennemis chez nous que des fantoches.
« Je ne crains rien pour la religion. Des évêques ont joué le mauvais jeu, mais de bons curés, de simples prêtres sont en train de tout sauver.
« Écrivez-moi quelquefois. Cela est utile. J’aimerais mieux encore vous voir.
« Ma lettre est longue mais rapide. Prenez-la dans sa sincérité.
« Croyez-moi, mon cher Maître, votre bien dévoué
« Charles de Gaulle. »
Mais Maritain qui, il y a un an, en janvier 1941, a publié un livre – À travers le désastre – pétri de l’esprit de résistance, ne rejoindra pas de Gaulle à Londres, préférant comme d’autres Français illustres (Alexis Leger/Saint-John Perse) rester à New York.
Maritain n’éprouve aucune hostilité envers de Gaulle, mais il craint le climat d’intrigues politiques qui sévit à Londres, et le glissement du Général vers l’autoritarisme qui le séparera du peuple.
De Gaulle souffre de ces réticences, de ces soupçons. Ce qu’il apprend de l’état d’esprit des « élites » restées en France et qui s’accommodent de la présence de l’occupant nazi, collaborent et se vautrent dans l’antisémitisme, le révolte.
L’attitude des écrivains – Céline, Brasillach, Rebatet, Drieu la Rochelle – l’indigne.
Il apprend qu’au cours d’une réception à l’ambassade d’Allemagne à Paris, Céline a interpellé l’écrivain allemand Ernst Jünger, qui a repris l’uniforme, lui l’ancien et héroïque combattant de la Première Guerre mondiale.
« Céline, a raconté Jünger, me dit combien il est surpris, stupéfait, que nous, soldats, nous ne fusillions pas, ne pendions pas, n’exterminions pas les Juifs. Il est stupéfait que quelqu’un disposant d’une baïonnette n’en fasse pas un usage illimité. »
Céline peut passer pour un « extravagant », un délirant, un provocateur.
Mais que dire du comportement du propriétaire d’une illustre et respectée maison d’édition ?
Il a fait une offre pour acquérir la maison d’édition Calmann-Lévy, qui appartenait à des Juifs[1].
Dans une lettre recommandée adressée à l’administrateur provisoire de Calmann-Lévy, avec une copie au Commissariat général aux questions juives, l’éditeur écrit :
« Nous avons l’honneur de vous confirmer notre offre d’acquérir le fonds de commerce d’édition et de librairie connu sous le nom de Calmann-Lévy… Cette offre est faite moyennant le prix de deux millions cinq cent mille francs payables comptant. »
Il est dès à présent convenu que le nouvel éditeur n’absorbera pas la firme Calmann-Lévy « qui conservera son autonomie et qui aura un comité littéraire qui lui sera personnel, dont sans doute MM. Drieu la Rochelle et Paul Morand accepteront de faire partie ».
« Nous vous indiquons dès à présent que le nouvel éditeur est une maison aryenne à capitaux aryens. »
De Gaulle est révolté.
Cette capitulation de l’esprit, ce ralliement aux thèses les plus sinistres de l’ennemi, cet esprit de lucre qui efface toute valeur morale sont les causes majeures du succès nazi.
Comment s’étonner qu’un Goebbels puisse à Hambourg, en dépit des revers des armées allemandes, s’écrier le 16 janvier 1942 :
« Nous avons à peine besoin de faire appel à la foi dans notre destin pour prédire notre prochaine victoire comme certaine et irrévocable. »
« Maison aryenne à capitaux aryens », écrivait l’illustre éditeur, dans sa lettre recommandée datée du mardi 20 janvier 1942.
4
.
En ce mois de janvier 1942, on peut imaginer que monsieur l’éditeur, après avoir relu la lettre recommandée dans laquelle il se porte acquéreur d’un bien juif dont le propriétaire a été dépossédé, s’apprête à partir déjeuner, en toute bonne conscience. Il respecte la loi et conserve dans le patrimoine français – aryen – ce bien culturel qu’est une maison d’édition aussi ancienne et prestigieuse que Calmann-Lévy. Et s’il n’avait pas fait cette offre, peut-être les Allemands l’auraient-ils achetée.
Monsieur l’éditeur va peut-être déjeuner avec l’un de ces écrivains dont il apprécie tant la compagnie, et il sait bien que certains d’entre eux s’affichent courageusement antinazis. D’autres sont furieusement antisémites et collaborationnistes.
Mais le propre d’une maison d’édition vouée à la littérature n’est-il pas de garder en son sein Aragon et Paulhan aux côtés de Drieu la Rochelle et Paul Morand ?
Il est midi, sur les rives du lac Wannsee, une paisible banlieue de Berlin, ce même mardi 20 janvier 1942.
L’Obergruppenführer SS Reinhard Heydrich, chef de l’Office central pour la Sécurité du Reich au sein de la SS (RSHA) – par ailleurs protecteur de la Bohême-Moravie –, déclare ouverte la Conférence sur la solution finale de la question juive.
Les quatorze participants, secrétaires d’État, officiers de la SS, et notamment l’Obersturmführer SS Eichmann qui doit rédiger le Protocole rendant compte des travaux et des décisions de la conférence, sont assis autour d’une grande table, dans une vaste pièce dont les baies vitrées donnent sur le lac.
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