François Mauriac - Le Nœud de vipères

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Dans sa propriété de Calèse, en Gironde, Louis, un vieil avocat avare et anticlérical, attend la mort. Il espère vivre asse longtemps pour achever de rédiger la confession qu'il destine à sa femme, Isa. Isa, avec qui il a vécu plus de quarante ans. Quatre décennies d'indifférence, de brouilles, de rancunes, de haine. Trois enfants sont nés de cette union. Un rêve maintient le vieil homme en vie : frustrer les siens de l'héritage qu'ils attendent, telle une meute au moment de la curée. La mort d'Isa va bouleverser tous ses plans. Entre l'affaire Dreyfus et le krach de 1929, c'est « l'histoire d'un homme aveuglé par ses passions, qui croit haïr sa femme et ses enfants et n'aimer que l'argent, alors que sa nature, s'il l'avait suivie, l'aurait conduit à l'amour de Dieu », disait François Mauriac de son chef-d'œuvre.

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La nuit était calme et chaude. Dans les intervalles de silence, j’entendais la respiration un peu courte d’Isa, un craquement d’allumette. Pas un souffle n’émouvait les ormeaux noirs. Je n’osais me pencher, mais je reconnaissais chaque ennemi à sa voix, à son rire. Ils ne discutaient pas. Une réflexion d’Isa ou de Geneviève était suivie d’un long silence. Puis soudain, sur un mot d’Hubert, Phili prenait feu, et ils parlaient tous à la fois.

— Es-tu bien sûre, maman, que le coffre-fort de son cabinet ne renferme que des papiers sans valeur ? Un avare est toujours imprudent. Rappelle-toi cet or qu’il voulait donner au petit Luc… Où le cachait-il ?

— Non, il sait que je connais le mot du coffre qui est : Marie. Il ne l’ouvre que lorsqu’il doit consulter une police d’assurance, une feuille d’impôt.

— Mais, ma mère, elle pourrait être révélatrice des sommes qu’il dissimule.

— Il n’y a là que des papiers qui concernent les immeubles, je m’en suis assurée.

— Et c’est terriblement significatif, vous ne trouvez pas ? On sent qu’il a pris toutes ses précautions.

Phili, dans un bâillement, murmura : « Non ! mais quel crocodile ! Voilà bien ma veine d’être tombé sur un crocodile pareil. »

— Et si vous voulez avoir mon avis, prononça Geneviève, vous ne trouverez rien non plus dans le coffre du Lyonnais… Que dis-tu, Janine ?

— Mais enfin, maman, on dirait, parfois, qu’il t’aime un peu. Quand vous étiez petits, il ne se montrait pas gentil quelquefois ? Non ? vous n’avez pas su le prendre, vous n’avez pas été adroits. Il fallait tâcher de l’entourer, de faire sa conquête. Moi, j’y serais arrivée, j’en suis sûre, s’il n’avait une telle horreur de Phili.

Hubert interrompit aigrement sa nièce :

— Il est certain que l’impertinence de ton mari nous aura coûté cher…

J’entendis rire Phili. Je me penchai un peu. La flamme d’un briquet éclaira un instant ses mains unies, son menton mou, sa bouche épaisse.

— Allons donc ! il ne m’a pas attendu pour avoir horreur de vous.

— Non, autrefois il nous détestait moins…

— Rappelez-vous ce que raconte bonne-maman, reprit Phili. Son attitude lorsqu’il a perdu une petite fille… Il avait l’air de s’en fiche… Il n’a jamais mis les pieds au cimetière…

— Non, Phili, vous allez trop loin. S’il a aimé quelqu’un au monde, c’est Marie.

Sans cette protestation d’Isa, faite d’une voix faible et tremblante, je n’aurais pu me contenir. Je m’assis sur une chaise basse, le corps penché en avant, la tête contre l’appui de la fenêtre, Geneviève dit :

— Si Marie avait vécu, rien de tout cela ne serait arrivé. Il n’aurait pu que l’avantager…

— Allons donc ! il l’aurait prise en grippe comme les autres. C’est un monstre. Il n’a pas de sentiments humains…

Isa a encore protesté :

— Je vous prie, Phili, de ne pas traiter ainsi mon mari devant moi et devant ses enfants. Vous lui devez le respect.

— Le respect ? le respect ?

Je crus comprendre qu’il marmonnait : « Si vous croyez que c’est amusant pour moi d’être entré dans une pareille famille… » Sa belle-mère lui dit sèchement :

— Personne ne vous y a forcé.

— Mais on a fait luire à mes yeux des espérances… Allons, bon ! voilà Janine qui pleure. Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit d’extraordinaire ?

Il grognait : « Oh ! la ! la ! » d’un ton excédé. Je n’entendis plus rien que Janine qui se mouchait. Une voix que je ne pus identifier murmura : « Que d’étoiles ! » L’horloge de Saint-Vincent sonna deux heures.

— Mes enfants, il faut aller dormir.

Hubert protesta qu’on ne pouvait se séparer sans avoir rien décidé. Il était grand temps d’agir. Phili l’approuva. Il ne croyait pas que je pusse durer encore longtemps. Après, il n’y aurait plus rien à faire. Toutes mes mesures devaient être prises…

— Mais enfin, mes pauvres enfants, qu’attendez-vous de moi ? J’ai tout essayé. Je ne puis plus rien.

— Si ! dit Hubert. Tu peux fort bien…

Que susurrait-il ? Ce que j’avais le plus d’intérêt à connaître, m’échappait. À l’accent d’Isa, je compris qu’elle était choquée, scandalisée :

— Non, non, je n’aime pas beaucoup ça.

— Il ne s’agit pas de savoir ce que tu préfères, maman, mais de sauver notre patrimoine.

Encore d’indistincts murmures, coupés par Isa :

— C’est bien dur, mon enfant.

— Vous ne pouvez pourtant pas, bonne-maman, rester plus longtemps sa complice. Il ne nous déshérite qu’avec votre permission. Votre silence l’approuve.

— Janine, ma chérie, comment oses-tu…

Pauvre Isa qui avait passé tant de nuits au chevet de cette petite hurleuse, qui l’avait prise dans sa chambre parce que ses parents voulaient dormir et qu’aucune nurse ne la supportait plus… Janine parlait sec, d’un ton qui aurait suffi à me mettre hors de moi. Elle ajouta :

— Cela me fait de la peine de vous dire ces choses, bonne-maman. Mais c’est mon devoir.

Son devoir ! Elle appelait de ce nom, l’exigence de sa chair, sa terreur d’être lâchée par cette gouape dont j’entendais le rire idiot…

Geneviève approuva sa fille : il était certain que la faiblesse pouvait devenir une complicité. Isa soupira :

— Peut-être, mes enfants, le plus facile serait-il de lui écrire.

— Ah ! non ! pas de lettre, surtout ! protesta Hubert. Ce sont toujours les lettres qui nous perdent. J’espère, maman, que tu ne lui as pas écrit déjà ?

Elle avoua que deux ou trois fois elle m’avait écrit.

— Pas de lettres de menaces ou d’injures ?

Isa hésitait à avouer. Et moi, je riais… Oui, oui elle m’avait écrit, des lettres que je gardais précieusement, deux qui contiennent des injures graves, et une troisième presque tendre, de quoi lui faire perdre tous les procès en séparation que ses imbéciles d’enfants pourraient lui persuader de m’intenter. Tous maintenant s’inquiétaient, comme lorsqu’un chien grogne et que le reste de la meute commence à gronder.

— Vous ne lui avez pas écrit, grand-mère ? Il ne détient aucune lettre dangereuse pour nous ?

— Non, je ne crois pas… C’est-à-dire qu’une seule fois, Bourru, ce petit avoué de Saint-Vincent que mon mari doit tenir d’une façon quelconque, m’a dit en larmoyant (mais c’est une canaille et un tartufe), il m’a dit : « Ah ! Madame, vous avez été bien imprudente de lui écrire… »

— Qu’est-ce que tu lui as écrit ? Pas d’insultes, j’espère ?

— Une fois, des reproches un peu trop violents après la mort de Marie. Et une autre fois, en 1909 : il s’agissait d’une liaison plus sérieuse que les autres.

Et comme Hubert grondait : « C’est très grave, c’est excessivement grave… », elle crut le rassurer en lui affirmant qu’elle avait bien arrangé les choses ensuite, qu’elle avait exprimé des regrets, reconnu ses torts.

— Ah ! ça ! par exemple, c’est le bouquet…

— Alors il n’a plus rien à craindre d’un procès en séparation…

— Mais qu’est-ce qui vous prouve, après tout, que ses intentions soient si noires ?

— Voyons ! Il faudrait être aveugle : le mystère impénétrable de ses opérations financières ; ses allusions ; le mot échappé à Bourru, devant témoin : « Ils en feront une gueule, à la mort du vieux… »

Ils discutaient maintenant comme si la vieille femme n’eût pas été présente. Elle se leva de son fauteuil en gémissant. Elle avait tort, disait-elle, avec ses rhumatismes, de rester assise dehors, la nuit. Les enfants ne lui répondirent même pas. J’entendis les vagues « bonsoirs » qu’ils lui adressèrent sans s’interrompre. C’était elle qui devait les embrasser à la ronde. Ils ne se dérangèrent pas. Je me recouchai par prudence. Son pas lourd retentissait dans l’escalier. Elle alla jusqu’à ma porte, j’entendis son essoufflement. Elle posa sa bougie sur le plancher et ouvrit. Elle était tout près de mon lit. Elle se pencha sur moi, sans doute pour s’assurer que j’étais endormi. Comme elle resta longtemps ! J’avais peur de me trahir. Elle respirait à petits coups. Enfin elle referma ma porte. Quand elle eut verrouillé la sienne, je regagnai, dans le cabinet de toilette, mon poste d’écoute.

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