Amélie Nothomb - Mercure

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C'est l'histoire d'une infirmière à qui est confiée la mission d'aller soigner une jeune femme qui habite sur une île déserte avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle. L'infirmière se lie d'amitié avec la jeune fille ce qui ne fait qu'envenimer les choses qui étaient déjà assez étranges dans la demeure de l'homme…
C'est excellent, un suspense, une intensité d'émotions… tout est merveilleusement lié et décrit. C'est du Nothomb à son meilleur!

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– Pourquoi seulement quinze ans? Que s'est-il passé au bout de quinze années pour que cela cesse?

– Vous devriez le savoir: j'ai rencontré Hazel.

– Voilà qui est extraordinaire! Recommencer le même crime vous absout! Expliquez-moi comment une telle aberration est possible.

– Je reconnais qu'il y a là un mystère. Je vais essayer de vous raconter ce miracle. C'était en janvier 1918. Le hasard, à moins que ce ne fût le destin, m'avait amené à passer ce jour-là chez mon notaire qui habite Tanches, non loin de Nœud. A ma grande stupeur, cette bourgade avait été transformée en hôpital de campagne ou plutôt en mouroir: Tanches était jonchée de corps mutilés et de presque cadavres après une série de bombardements aériens particulièrement meurtriers. J'étais sidéré: à Mortes-Frontières, je vivais enclos sur ma douleur. Aucun soldat n'avait mis le pied sur mon île et j'avais pour ainsi dire ignoré la guerre, dont j'entendais parfois la lointaine rumeur. Je n'avais pas pris conscience de l'ampleur et de l'horreur de ce conflit qui, soudain, m'apparaissait dans son ignoble réalité. Arrivèrent des brancardiers qui déposèrent sur le sol, à côté de moi qui contemplais ahuri ce carnage, un corps recouvert d'un linge – un nouveau parmi tant d'autres.

– Hazel?

– A votre avis? Je pensais que c'était un mort de plus quand un brancardier avertit les infirmiers: «Elle vit encore. Ses parents ont été tués sur le coup.» J'appris ainsi qu'il s'agissait d'une jeune fille et qu'elle était orpheline.

– Vous aimez les orphelines, n'est-ce pas?

– L'avantage, avec les orphelines, c'est qu'il n'y a pas de beaux-parents. Une curiosité foudroyante s'empara de moi: à quoi pouvait-elle ressembler? Quel âge avait-elle? Je m'agenouillai près du corps et soulevai le linge: ce fut un choc. Vous savez ce que c'est de découvrir un tel visage. Pour être différent de celui d'Adèle, il n'en était pas moins semblable par cette forme supérieure de grâce dont il portait la marque.

– C'est vrai: la même expression – pour autant que je puisse en juger d'après une photo.

– Je me trouvais dans un tableau de Jérôme Bosch: de toute part la laideur, la monstruosité, la souffrance, la déchéance – et là, soudain, un îlot de pureté intacte. La beauté au cœur de l'immonde. Hazel regardait autour d'elle avec perplexité, l'air de se demander si c'était ça, l'enfer. Puis elle posa sur moi des yeux inquisiteurs. «Etes-vous mort ou vivant?» m'interrogea une voix d'eau de source. Excellente question, la plus pertinente que l'on puisse me poser. Je n'ai pas réfléchi un instant: je l'ai emportée dans mes bras et j'ai disparu dans mon automobile. La Mort en personne n'eût pas agi autrement. Et je suis parti avec mon trésor.

– Comme ça?

– Oui. Personne ne l'a remarqué. Vous savez, un blessé de plus ou de moins, les infirmiers n'en étaient pas à cela près. C'était d'ailleurs leur rendre service car ils n'étaient pas assez nombreux pour tant d'agonisants.

– Pourquoi ce linge qui la recouvrait? On le réserve aux morts et aux grands blessés, en principe.

– Je ne sais pas. Peut-être pour qu'elle ne voie pas les cadavres de ses parents. Ce qui est certain, c'est que celui qui l'a cachée sous ce drap m'a rendu un sacré service. Car si les infirmiers avaient vu son visage, ils ne l'auraient pas oublié.

– Et à Nœud, personne ne vous a vu l'embarquer sur le rafiot?

– Non. J'ai garé mon automobile près du débarcadère vide, et j'ai transporté son corps comme un cageot de pommes sur le bateau. La mer reste le meilleur rempart quand il s'agit de cacher quelqu'un.

– Comme au château d'If?

– Ce n'est pas une prison. Hazel peut partir, si elle veut.

– C'est plus fort qu'une prison. Votre mensonge a enfermé Hazel à l'intérieur d'elle-même. Elle crèverait plutôt que de partir. Savez-vous ce qui me frappe? C'est que vous trouvez l'amour comme le vautour sa nourriture: vous êtes là au moment le plus funeste, à observer et à guetter. Vous repérez les meilleurs morceaux, vous fondez dessus et vous vous envolez au loin en emportant votre butin.

– Ainsi procèdent les fins connaisseurs, tandis que les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.

– Ridicule. Avez-vous l'impression que Hazel s'est dépréciée depuis notre rencontre? Au contraire: elle est devenue plus heureuse et elle rayonne au lieu de dépérir comme avant.

– C'est que, Dieu merci, vous n'êtes pas la multitude.

– Il y aurait donc un moyen terme entre montrer votre pupille à tout le monde et ne la montrer à personne?

– Savez-vous ce qu'il y a de plus déplaisant en vous? C'est votre côté donneur de leçons. Attendez d'être amoureuse pour de bon et vous verrez si vous vous conduisez d'une manière si exemplaire. Mais il faudrait que vous soyez capable d'aimer, ce dont je doute, vu votre mentalité étriquée d'infirmière.

– C'est probablement à cause de ma mentalité étriquée que je ne comprends toujours pas pourquoi le second crime annule la culpabilité du premier.

– Vous savez à présent comment j'ai découvert Hazel: il est clair que c'est le destin qui me l'a envoyée. On ne peut pas attribuer une pareille rencontre au hasard. Et si c'est la destinée qui m'a envoyé cette nouvelle jeune fille, ce ne peut être que pour me racheter. Adèle fut mon péché, Hazel est ma rédemption.

– Vous délirez! Vous reproduisez avec Hazel les mêmes forfaits qu'avec Adèle! Où est la rédemption là-dedans?

– La rédemption, c'est que Hazel m'aime.

– Vous croyez ça?

– J'en suis sûr.

– Et pourquoi vous aimerait-elle? Que peut-on aimer en vous?

– Sait-on ces choses-là?

– Je vais vous dire, moi, ce qui a changé. Il y a trente ans, vous étiez un homme mûr et lucide, capable de voir qu'Adèle ne vous aimait pas. A présent vous êtes un vieillard gâteux, persuadé, comme tous les vieux dégoûtants, d'être plébiscité par les jeunes filles. Ce que vous nommez rédemption s'appelle sénilité.

– Ce que j'aime, chez vous, c'est votre délicatesse.

– Parce qu'il faudrait vous ménager? Vous êtes grotesque. Adèle avait déjà de bonnes raisons de ne pas vous aimer; Hazel en a plus encore car vous ne vous êtes pas amélioré en vieillissant, vous savez. Le manque de miroirs a eu sur vous une incidence comique: vous vous croyez irrésistible. Puisse mon visage vous servir de reflet et puissiez-vous y lire combien vous êtes décati, chenu, combien vous inspirez la répulsion et non l'amour.

– Détrompez-vous. J'ai conservé et caché dans ma chambre un grand miroir pour pouvoir juger de ma détérioration physique.

– Et vous n'y avez pas vu combien vous êtes détérioré, pour reprendre votre vocabulaire très approprié? Vous n'y avez pas vu combien vous avez dépassé l'âge où l'on est aimé d'une jeune fille en fleur?

– Si.

– Vous me rassurez.

– Un homme qui serait sûr de lui et de sa séduction n'aurait pas mis en œuvre un stratagème tel que le mien.

– Si vous êtes si clairvoyant, comment pouvez-vous penser que Hazel est amoureuse de vous?

– Demandez-lui à elle, puisque vous ne croyez pas un mot de ce que je vous dis.

– Je vous signale que vous m'avez interdit de lui poser des questions autres que pratiques, sous peine de mort.

– Vous êtes fine, vous trouverez bien un moyen de le lui demander sans l'interroger. Je vous écoute tous les jours depuis des semaines, je commence à connaître vos techniques langagières.

– Si vous nous écoutez, vous avez dû entendre les propos écœurés qu'elle m'a tenus au sujet des nuits où vous la rejoignez dans sa chambre.

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