Amélie Nothomb - Mercure

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C'est l'histoire d'une infirmière à qui est confiée la mission d'aller soigner une jeune femme qui habite sur une île déserte avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle. L'infirmière se lie d'amitié avec la jeune fille ce qui ne fait qu'envenimer les choses qui étaient déjà assez étranges dans la demeure de l'homme…
C'est excellent, un suspense, une intensité d'émotions… tout est merveilleusement lié et décrit. C'est du Nothomb à son meilleur!

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Elle en prit une qui lui paraissait très belle: elle eut quelques difficultés à la mettre sans l'aide de personne, car elle avait l'habitude de sa blouse de travail qu'elle enfilait en deux secondes. Quand elle fut parée, elle voulut voir à quoi elle ressemblait en ses atours; ce fut alors qu'elle se rappela l'absence de miroirs.

Elle pesta: «A quoi sert-il de porter des vêtements somptueux si l'on ne peut pas se regarder?» Elle se déshabilla et résolut d'aller faire sa toilette à côté. Mais il n'y avait ni baignoire ni lavabo dans la salle d'eau. «Toujours cette phobie des reflets! Cette maison va me rendre folle!»

Elle resta sous la douche pendant une heure en élaborant des plans qui n'aboutissaient à rien. Ensuite, propre comme du matériel chirurgical, elle se recoucha. «Je n'arrête pas d'avoir envie de dormir, ici!» Elle se souvint d'une notion qu'on lui avait apprise lors de sa formation: certaines personnes qui, pour diverses raisons, ne sont pas satisfaites de leur sort présent s'en sortent par une solution inconsciente que l'on appelle la fuite dans le sommeil. Selon leur degré de mécontentement, cela peut aller de la somnolence intempestive à la léthargie pathologique.

«C'est ce qui est en train de m'arriver», diagnostiqua-t-elle avec rage. Une minute plus tard, elle pensa que ce n'était pas si mal: «Pourquoi lutter? Je n'ai rien de mieux à faire, après tout. Ce livre m'ennuie, il n'y a pas de miroir pour mes essayages, et réfléchir ne me mène nulle part. Dormir est une occupation merveilleuse et sage.» Elle prit le large.

Le vieil homme se tenait à son chevet.

– Seriez-vous malade, mademoiselle?

– Je profite de mon incarcération pour m'administrer une cure de sommeil.

– Voici votre déjeuner. Je viendrai vous chercher dans deux heures pour aller chez ma pupille. Soyez prête.

A moitié assoupie, elle mangea. Puis elle retomba sur le lit et sentit que Morphée l'assaillait à nouveau. Elle finit par se traîner jusqu'à la salle d'eau où elle prit une douche glacée qui l'éveilla. Elle revêtit la robe surannée qu'elle avait déjà essayée. Ensuite, elle se coiffa avec autant de soin que le lui permettait l'absence de miroirs.

Quand Loncours entra dans ses appartements, il tomba en arrêt.

– Que vous êtes belle! dit-il avec un regard flatteur.

– Ravie de l'apprendre. Si je disposais d'une glace, j'aurais peut-être pu m'en réjouir moi aussi.

– J'avais raison: vous êtes aussi mince qu'elle. Cependant, vous ne lui ressemblez pas.

– En effet, je n'aurai jamais l'air d'un oiseau pour le chat.

Il sourit et l'emmena à l'autre bout du manoir. Il la laissa entrer seule dans la chambre de Hazel qui poussa un cri:

– Françoise, est-ce vous? Où est votre blouse d'infirmière?

– La regrettez-vous?

– Vous êtes magnifique. Tournez-vous. Ah, c'est superbe. Que se passe-t-il?

– J'ai pensé que, pour vous masser, je n'avais pas besoin d'une tenue particulière. Cette robe me vient de ma mère: j'ai trouvé absurde de ne jamais la porter.

– J'applaudis à cette décision: vous êtes d'une majesté inégalable.

– N'avez-vous pas de beaux vêtements, vous aussi?

– J'ai vite renoncé à les porter. Comme je passe mon temps au lit, je n'en ai pas l'occasion.

– Le Capitaine serait peut-être heureux de vous voir bien habillée.

– Je ne sais pas si j'ai tellement envie de le rendre heureux.

– Quelle est cette ingratitude? demanda la masseuse qui jubilait à l'idée que le vieillard entendît cela.

– Je suis sans doute méchante, soupira la pupille. Hier soir, il m'a énervée, je l'ai trouvé tendu, plus bizarre que jamais. J'ai toujours l'impression qu'il me cache quelque chose – ou plus exactement qu'il cache quelque chose au monde entier. Pas vous?

– Non.

– N'est-il pas étrange, ce marin qui, malgré sa haine de la mer, vit sur une île à l'écart du genre humain?

– Non, continua l'infirmière qui se dit que la mer lui rendait bien la haine qu'il lui vouait.

– Comment expliquez-vous ça, alors?

– Je ne l'explique pas. Cela ne me regarde pas.

– Si même vous, vous ne me comprenez pas…

Sentant le terrain miné, Françoise s'empressa de changer de sujet:

– Hier, suite à notre conversation, je me suis procuré La Chartreuse de Parme que je ne connaissais pas.

– Quelle bonne idée! s'exclama Hazel en grande excitation. Où en êtes-vous?

– Pas très loin. Pour être sincère, cela m'ennuie.

– Comment est-ce possible?

– Ces histoires d'armée milanaise et de soldats français…

– Ça ne vous plaît pas?

– Non.

– C'est beau, pourtant. Peu importe: ce passage n'est pas long. Après, vous arriverez dans tout autre chose. Si c'est de l'amour que vous voulez, il y en aura.

– Ce n'est pas tellement ça qui m'intéresse dans la lecture.

– Et qu'aimez-vous lire?

– Des histoires de prison, répondit l'infirmière avec un drôle de sourire.

– Vous avez frappé à la bonne porte: les héros stendhaliens vont souvent en prison. C'est le cas de Fabrice del Dongo. Je suis comme vous, j'adore les histoires de prison.

– C'est peut-être parce que vous avez vous-même l'impression d'y être, dit l'aînée qui jouait avec le feu.

– Est-ce nécessaire? Vous n'avez pas cette impression et cependant ces récits vous passionnent C'est qu'il y a dans l'incarcération un mystère formidable: quand un être humain ne dispose plus d'autres ressources que sa propre personne, comment va-t-il continuer à vivre?

– Selon moi, ce qui rend la prison intéressante, ce sont les efforts que déploie le détenu pour s'en évader.

– Mais l'évasion n'est pas toujours possible.

– Si, elle l'est toujours!

– Il peut arriver aussi que l'on prenne goût à sa geôle. C'est ce qu'il advient au héros de La Chartreuse , qui ne veut plus en être libéré. Françoise, jurez-moi que vous continuerez à lire ce livre

– Bon.

– Et faites-moi un autre plaisir: coiffez-moi.

– Pardon?

– Est-il indispensable que vous me massiez sans cesse? Je demande une récréation: coiffez-moi, j'adore ça.

– Chignon, natte?

– Aucune importance. Ce que j'aime, c'est que l'on s'occupe de mes cheveux. Il y a des années que l'on ne m'a plus peignée, brossée…

– Il fallait le demander au Capitaine.

– Les hommes sont incapables de toucher une chevelure avec douceur. Il y faut des mains de femme – et encore, pas de n'importe quelle femme. Des mains aimantes, fines, caressantes et habiles: les vôtres.

– Asseyez-vous sur cette chaise.

Hazel s'exécuta, ravie. La jeune femme prit la brosse et la passa dans les longs cheveux de la pupille qui ferma les yeux de volupté.

– Que c'est bon!

L'infirmière fronça les sourcils.

– Voyons, Hazel, imaginez que quelqu'un nous entende, il se poserait des questions…

La jeune fille éclata de rire.

– Personne ne nous entend. Et puis, quel mal y a-t-il à coiffer son amie? Continuez, je vous prie.

Françoise brossa a nouveau la chevelure noisette.

– C'est un délice. J'ai toujours adoré ça. Quand j'étais petite, les filles de l'école glissaient leurs mains dans mes cheveux: je crois que je les portais longs dans cette intention. C'était terriblement agréable mais je serais morte plutôt que de l'avouer et, lorsque mes amies venaient me coiffer avec leurs doigts, je prenais un air lassé et incommodé qui les provoquait: plus je soupirais avec désapprobation, plus les filles jouaient avec mes cheveux. Je taisais mon plaisir. Un jour, un garçon a voulu s'en mêler: il a tiré si fort que j'ai hurlé de douleur. Moralité: il faut laisser les hommes à leur place.

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