Amélie Nothomb - Le Robert des noms propres

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Les tueurs ont des fragilités plus ou moins incompréhensibles. Et l'on n'imagine pas l'influence du hoquet d'un fœtus sur une fillette de dix-neuf ans enceinte, à fleur de peau! A fortiori après huit heures d'insomnie. Ajoutez à cela une petite querelle sur le choix du prénom… et hop, voilà Lucette qui vide le chargeur d'un revolver sur la tempe de son mari endormi! Rien de tel pour faire disparaître le hoquet! Vite fait, bien fait… D'ailleurs, tout file sur les chapeaux de roue dans ce nouvel opus d'Amélie Nothomb. Robert des noms propres est l'histoire de cette enfant née en prison, dont la mère a flingué sèchement le père avant de baptiser sa fille Plectrude et de se suicider dans sa cellule. Il y a mieux comme géniteurs! Surtout quand par la suite on est recueilli par un oncle et une tante qui vous élèvent comme une princesse, à tort et à travers, avec qui tous les coups sont permis, les plus excentriques, les plus capricieux. C'est là l'itinéraire d'une gamine hors norme, belle et farouche, rebelle et prodigieusement intelligente, cancre et douée à la fois, qui se voit danseuse et petit rat à l'Opéra, se nourrit des pages du dictionnaire Le Robert, sombre dans l'anorexie avant de connaître les révélations de sa naissance, de vivre avec "l'homme de sa vie" et de rencontrer… l'auteur! Conduisant son récit avec légèreté et une distance ironique, Amélie Nothomb démontre bien encore (à raison d'un roman par an!) qu'elle possède le feu de l'écriture. Le feu de Dieu et des démons à en croire la touche finale de ce Robert des noms propres, au titre aussi subtil que Cosmétique de l'ennemi ou Hygiène de l'assassin…

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Elle regarda le sang sur le mur. Ensuite, très calme, elle téléphona à la police:

– Je viens de tuer mon mari. Venez.

Quand les policiers arrivèrent, ils furent accueillis par une enfant enceinte jusqu'aux yeux qui tenait un revolver dans sa main droite.

– Posez cette arme! dirent-ils en la menaçant.

– Oh, elle n'est plus chargée, répondit-elle en obéissant.

Elle conduisit les policiers jusqu'au lit conjugal pour montrer son œuvre.

– On l'emmène au commissariat ou à l'hôpital?

– Pourquoi à l'hôpital? Je ne suis pas malade.

– Nous ne savons pas. Mais vous êtes enceinte.

– Je ne suis pas sur le point d'accoucher. Emmenez-moi au commissariat, exigea-t-elle, comme si c'était un droit.

Quand ce fut chose faite, on lui dit qu'elle pouvait appeler un avocat. Elle dit que ce n'était pas nécessaire. Un homme dans un bureau lui posa des questions à n'en plus finir, au nombre desquelles figurait:

– Pourquoi avez-vous tué votre mari?

– Dans mon ventre, le petit avait le hoquet.

– Oui, et ensuite?

– Rien. J'ai tué Fabien.

– Vous l'avez tué parce que le petit avait le hoquet?

Elle parut interloquée avant de répondre:

– Non. Ce n'est pas si simple. Cela dit, le petit n'a plus le hoquet.

– Vous avez tué votre mari pour faire passer le hoquet du petit?

Elle eut un rire déplacé:

– Non, enfin, c'est ridicule!

– Pourquoi avez-vous tué votre mari?

– Pour protéger mon bébé, affirma-t-elle, cette fois avec un sérieux tragique.

– Ah. Votre mari l'avait menacé?

– Oui.

– II fallait le dire tout de suite.

– Oui.

– Et de quoi le menaçait-il?

– Il voulait l'appeler Tanguy si c'était un garçon et Joëlle si c'était une fille.

– Et puis?

– Rien.

– Vous avez tué votre mari parce que vous n'aimiez pas son choix de prénoms?

Elle fronça les sourcils. Elle sentait bien qu'il manquait quelque chose à son argumentation et, pourtant, elle était sûre d'avoir raison. Elle comprenait très bien son geste et trouvait d'autant plus frustrant de ne pas parvenir à l'expliquer. Elle décida alors de se taire.

– Vous êtes sûre que vous ne voulez pas un avocat?

Elle en était sûre. Comment eût-elle expliqué cela à un avocat? Il l'eût prise pour une folle, comme les autres. Plus elle parlait, plus on la prenait pour une folle. Donc, elle la bouclerait.

Elle fut incarcérée. Une infirmière venait la voir chaque jour.

Quand on lui annonçait une visite de sa mère ou de sa grande sœur, elle refusait.

Elle ne répondait qu'aux questions concernant sa grossesse. Sinon, elle restait muette.

Dans sa tête, elle se parlait: «J'ai eu raison de tuer Fabien. Il n'était pas mauvais, il était médiocre. La seule chose qui n'était pas médiocre en lui, c'était son revolver, mais il n'en aurait jamais fait qu'un usage médiocre, contre les petits voyous du voisinage, ou alors il aurait laissé le bébé jouer avec. J'ai eu raison de le retourner contre lui. Vouloir appeler son enfant Tanguy ou Joëlle, c'est vouloir lui offrir un monde médiocre, un horizon déjà fermé. Moi, je veux que mon bébé ait l'infini à sa portée. Je veux que mon enfant ne se sente limité par rien, je veux que son prénom lui suggère un destin hors norme.»

Lucette accoucha en prison d'une petite fille. Elle la prit dans ses bras et la regarda avec tout l'amour du monde. Jamais on ne vit jeune mère plus émerveillée.

– Tu es trop belle! répétait-elle au bébé.

– Comment l'appellerez-vous?

– Plectrude.

Une délégation de matonnes, de psychologues, de vagues juristes et de médecins plus vagues encore défila auprès de Lucette pour protester: elle ne pouvait pas appeler sa fille comme ça.

– Je le peux. Il y a eu une sainte Plectrude. Je ne sais plus ce qu'elle a fait mais elle a existé. On consulta un spécialiste qui confirma.

– Pensez à l'enfant, Lucette.

– Je ne pense qu'à elle.

– Ça ne lui posera que des problèmes.

– Ça préviendra les gens qu'elle est exceptionnelle.

– On peut s'appeler Marie et être exceptionnelle.

– Marie, ça ne protège pas. Plectrude, ça protège: cette fin rude, ça sonne comme un bouclier.

– Appelez-la Gertrude, alors. C'est plus facile à porter.

– Non. Ce début de Plectrude, ça fait penser à un pectoral: ce prénom est un talisman.

– Ce prénom est grotesque et votre enfant sera la risée des gens.

– Non: il la rendra assez forte pour qu'elle se défende.

– Pourquoi lui donner d'emblée une raison de se défendre? Elle aura assez d'obstacles comme ça!

– Vous dites ça pour moi?

– Entre autres.

– Rassurez-vous, je ne la gênerai pas longtemps. Et maintenant, écoutez-moi: je suis en prison, je suis privée de mes droits. La seule liberté qui me reste consiste à appeler mon enfant comme je veux.

– C'est égoïste, Lucette.

– Au contraire. Et puis, ça ne vous regarde pas.

Elle fit baptiser le bébé en prison pour être sûre de contrôler l'affaire.

La nuit même, elle confectionna une corde avec ses draps déchirés et se pendit dans sa cellule. Au matin, on retrouva son cadavre léger. Elle n'avait laissé aucune lettre, aucune explication. Le prénom de sa fille, sur lequel elle avait tant insisté, lui tint lieu de testament.

Clémence, la grande sœur de Lucette, vint chercher le bébé à la prison. On ne fut que trop content de se débarrasser de cette petite née sous d'aussi effroyables auspices. Clémence et son mari Denis avaient deux enfants de quatre et deux ans, Nicole et Béatrice. Ils décidèrent que Plectrude serait leur troisième.

Nicole et Béatrice vinrent regarder leur nouvelle sœur. Elles n'avaient aucune raison de penser qu'elle était la fille de Lucette, dont elles n'avaient d'ailleurs jamais vraiment enregistré l'existence.

Elles étaient trop petites pour se rendre compte qu'elle portait un prénom à coucher dehors et l'adoptèrent, malgré quelques problèmes de prononciation. Longtemps, elles l'appelèrent «Plecrude».

Jamais on ne vit bébé plus doué pour se faire aimer. Sentait-elle que les circonstances de sa naissance avaient été tragiques? Elle conjurait son entourage, à force de regards déchirants, de n'en tenir aucun compte. Il faut préciser qu'elle avait pour cela un atout: des yeux d'une beauté invraisemblable.

Cette nouvelle-née petite et maigre plantait sur sa cible un regard énorme – énorme de dimension et de signification. Ses yeux immenses et magnifiques disaient à Clémence et à Denis: «Aimez-moi! Votre destin est de m'aimer! Je n'ai que huit semaines, mais je n'en suis pas moins un être grandiose! Si vous saviez, si seulement vous saviez…»

Denis et Clémence avaient l'air de savoir. D'emblée, ils eurent pour Plectrude une sorte d'admiration. Elle était étrange jusque dans sa façon de boire son biberon à une lenteur insoutenable, de ne jamais pleurer, de dormir peu la nuit et beaucoup le jour, de montrer d'un doigt décidé les objets qu'elle convoitait.

Elle regardait gravement, profondément, quiconque la prenait dans ses bras, comme pour exprimer que c'était là le début d'une grande histoire d'amour et qu'il y avait de quoi être bouleversé.

Clémence, qui avait follement aimé sa sœur défunte, reporta sur Plectrude cette passion. Elle ne l'aima pas plus que ses deux enfants: elle l'aima différemment. Nicole et Béatrice lui inspiraient une tendresse débordante; Plec-trude lui inspirait de la vénération.

Ses deux aînées étaient mignonnes, gentilles, intelligentes, agréables; la petite dernière était hors norme – splendide, intense, énigmatique, loufoque.

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