Guy de Maupassant - Yvette (1884)

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Yvette (1884): краткое содержание, описание и аннотация

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Yvette est une nouvelle de Guy de Maupassant, publiée en 1884.
Yvette, nouvelle ayant pour cadre le monde des courtisanes, constitue une réécriture du récit Yveline Samoris, parue en 1882. La nouvelle paraît pour la première fois dans le recueil homonyme en 1884.
L’héroïne, jeune fille naïve, tente de se suicider quand elle prend conscience qu’elle risque de devenir une demi-mondaine comme sa mère, la pseudo-marquise Obardi. Contrairement à Yveline (dans la nouvelle Yveline Samoris), Yvette survivra pour tomber sans doute dans les bras du viveur Servigny qui la convoitait depuis longtemps.

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Alors, Servigny, s’asseyant près de la couche, prit la main d’Yvette et prononça : « Mam’zelle, écoutez-moi… »

Elle ne répondit pas. Elle se sentait si bien, si doucement, si chaudement couchée, qu’elle aurait voulu ne plus jamais remuer, ne plus jamais parler, et vivre comme ça toujours. Un bien-être infini l’avait envahie, un bien-être tel qu’elle n’en avait jamais senti de pareil.

L’air tiède de la nuit entrant par souffles légers, par souffles de velours, lui passait de temps en temps sur la face d’une façon exquise, imperceptible. C’était une caresse, quelque chose comme un baiser du vent, comme l’haleine lente et rafraîchissante d’un éventail qui aurait été fait de toutes les feuilles des bois et de toutes les ombres de la nuit, de la brume des rivières, et de toutes les fleurs aussi, car les roses jetées d’en bas dans sa chambre et sur son lit, et les roses grimpées au balcon, mêlaient leur senteur languissante à la saveur saine de la brise nocturne.

Elle buvait cet air si bon, les yeux fermés, le cœur reposé dans l’ivresse encore persistante de l’opium, elle n’avait plus du tout le désir de mourir, mais une envie forte, impérieuse, de vivre, d’être heureuse, n’importe comment, d’être aimée, oui, aimée.

Servigny répéta :

— Mam’zelle Yvette, écoutez-moi.

Et elle se décida à ouvrir les yeux. Il reprit, la voyant ranimée :

— Voyons, voyons, qu’est-ce que c’est que des folies pareilles ?

Elle murmura :

— Mon pauvre Muscade, j’avais tant de chagrin.

Il lui serrait la main paternellement :

— C’est ça qui vous avançait à grand-chose, ah oui ! Voyons, vous allez me promettre de ne pas recommencer ?

Elle ne répondit pas, mais elle fit un petit mouvement de tête qu’accentuait un sourire plutôt sensible que visible.

Il tira de sa poche la lettre trouvée sur la table :

— Est-ce qu’il faut montrer cela à votre mère ?

Elle fit « non » d’un signe du front.

Il ne savait plus que dire, car la situation lui paraissait sans issue. Il murmura :

— Ma chère petite, il faut prendre son parti des choses les plus pénibles. Je comprends bien votre douleur, et je vous promets…

Elle balbutia :

— Vous êtes bon…

Ils se turent. Il la regardait. Elle avait dans l’œil quelque chose d’attendri, de défaillant ; et, tout d’un coup, elle souleva les deux bras, comme si elle eût voulu l’attirer. Il se pencha sur elle, sentant qu’elle l’appelait ; et leurs lèvres s’unirent.

Longtemps ils restèrent ainsi, les yeux fermés. Mais lui, comprenant qu’il allait perdre la tête, se releva. Elle lui souriait maintenant d’un vrai sourire de tendresse ; et, de ses deux mains accrochées aux épaules, elle le retenait.

— Je vais chercher votre mère, dit-il.

Elle murmura :

— Encore une seconde. Je suis si bien.

Puis, après un silence, elle prononça tout bas, si bas qu’il entendit à peine :

— Vous m’aimerez bien, dites ?

Il s’agenouilla près du lit, et baisant le poignet qu’elle lui avait laissé :

— Je vous adore.

Mais on marchait près de la porte. Il se releva d’un bond et cria de sa voix ordinaire qui semblait toujours un peu ironique :

— Vous pouvez entrer. C’est fait maintenant.

La marquise s’élança sur sa fille, les deux bras ouverts, et l’étreignit frénétiquement, couvrant de larmes son visage, tandis que Servigny, l’âme radieuse, la chair émue, s’avançait sur le balcon pour respirer le grand air frais de la nuit, en fredonnant :

Souvent femme varie,
Bien fol est qui s’y fie.

29 août – 9 septembre 1884

Le retour

La mer fouette la côte de sa vague courte et monotone. De petits nuages blancs passent vite à travers le grand ciel bleu, emportés par le vent rapide, comme des oiseaux ; et le village, dans le pli du vallon qui descend vers l’océan, se chauffe au soleil.

Tout à l’entrée, la maison des Martin-Lévesque, seule, au bord de la route. C’est une petite demeure de pêcheur, aux murs d’argile, au toit de chaume empanaché d’iris bleus. Un jardin large comme un mouchoir, où poussent des oignons, quelques choux, du persil, du cerfeuil, se carre devant la porte. Une haie le clôt le long du chemin.

L’homme est à la pêche, et la femme, devant la loge, répare les mailles d’un grand filet brun, tendu sur le mur ainsi qu’une immense toile d’araignée. Une fillette de quatorze ans, à l’entrée du jardin, assise sur une chaise de paille penchée en arrière et appuyée du dos à la barrière, raccommode du linge, du linge de pauvre, rapiécé, reprisé déjà. Une autre gamine, plus jeune d’un an, berce dans ses bras un enfant tout petit, encore sans gestes et sans parole ; et deux mioches de deux et trois ans, le derrière dans la terre, nez à nez, jardinent de leurs mains maladroites et se jettent des poignées de poussière dans la figure.

Personne ne parle. Seul le moutard qu’on essaie d’endormir pleure d’une façon continue, avec une petite voix aigre et frêle. Un chat dort sur la fenêtre ; et des giroflées épanouies font, au pied du mur, un beau bourrelet de fleurs blanches sur qui bourdonne un peuple de mouches.

La fillette qui coud près de l’entrée appelle tout à coup :

— M’man !

La mère répond :

— Qué qu’t’as ?

— Le r’voilà.

Elles sont inquiètes depuis le matin, parce qu’un homme rôde autour de la maison : un vieux homme qui a l’air d’un pauvre. Elles l’ont aperçu comme elles allaient conduire le père à son bateau, pour l’embarquer. Il était assis sur le fossé, en face de leur porte. Puis, quand elles sont revenues de la plage, elles l’ont retrouvé là, qui regardait la maison.

Il semblait malade et très misérable. Il n’avait pas bougé pendant plus d’une heure ; puis, voyant qu’on le considérait comme un malfaiteur, il s’était levé et était parti en traînant la jambe.

Mais bientôt elles l’avaient vu revenir de son pas lent et fatigué ; et il s’était encore assis, un peu plus loin cette fois, comme pour les guetter.

La mère et les fillettes avaient peur. La mère surtout se tracassait parce qu’elle était d’un naturel craintif, et que son homme, Lévesque, ne devait revenir de la mer qu’à la nuit tombante.

Son mari s’appelait Lévesque ; elle, on la nommait Martin, et on les avait baptisés les Martin-Lévesque. Voici pourquoi : elle avait épousé en premières noces un matelot du nom de Martin, qui allait tous les étés à Terre-Neuve, à la pêche de la morue.

Après deux années de mariage, elle avait de lui une petite fille et elle était encore grosse de six mois quand le bâtiment qui portait son mari, les Deux-Sœurs, un trois-mâts-barque de Dieppe, disparut.

On n’en eut jamais aucune nouvelle ; aucun des marins qui le montaient ne revint ; on le considéra donc comme perdu corps et biens.

La Martin attendit son homme pendant dix ans, élevant à grand-peine ses deux enfants ; puis, comme elle était vaillante et bonne femme, un pêcheur du pays, Lévesque, veuf avec un garçon, la demanda en mariage. Elle l’épousa et eut encore de lui deux enfants en trois ans.

Ils vivaient péniblement, laborieusement. Le pain était cher et la viande presque inconnue dans la demeure. On s’endettait parfois chez le boulanger, en hiver, pendant les mois de bourrasques. Les petits se portaient bien, cependant. On disait :

— C’est des braves gens, les Martin-Lévesque. La Martin est dure à la peine, et Lévesque n’a pas son pareil pour la pêche.

La fillette assise à la barrière reprit :

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