Guy de Maupassant - Contes divers (1889)

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Contes divers (1889): краткое содержание, описание и аннотация

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— Et malgré cela, vous avez beaucoup de suicides dans la maison ?

— Comme je vous l’ai dit, environ quarante ou cinquante par jour. Les gens du monde sont rares ; mais les pauvres diables abondent. La classe moyenne aussi donne beaucoup.

— Et comment... fait-on ?

— On asphyxie,... très doucement.

— Par quel procédé ?

— Un gaz de notre invention. Nous avons un brevet. De l’autre côté de l’édifice, il y a les portes du public. Trois petites portes donnant sur de petites rues. Quand un homme ou une femme se présente, on commence à l’interroger ; puis on lui offre un secours, de l’aide, des protections. Si le client accepte, on fait une enquête et souvent nous en avons sauvé.

— Où trouvez-vous l’argent ?

— Nous en avons beaucoup. La cotisation des membres est fort élevée. Puis il est de bon ton de donner à l’œuvre. Les noms de tous les donateurs sont imprimés dans Le Figaro. Or tout suicide d’homme riche coûte mille francs. Et ils meurent à la pose. Ceux des pauvres sont gratuits.

— Comment reconnaissez-vous les pauvres ?

— Oh-oh ! Monsieur, on les devine ! Et puis ils doivent apporter un certificat d’indigents du commissaire de police de leur quartier. Si vous saviez comme c’est sinistre, leur entrée ! J’ai visité une fois seulement cette partie de notre établissement, je n’y retournerai jamais. Comme local, c’est aussi bien qu’ici, presque aussi riche et confortable ; mais eux..... Eux ! ! Si vous les voyiez arriver, les vieux en guenilles qui viennent mourir ; des gens qui crèvent de misère depuis des mois, nourris au coin des bornes comme les chiens des rues ; des femmes en haillons, décharnées, qui sont malades, paralysées, incapables de trouver leur vie et qui nous disent, après avoir raconté leur cas : « Vous voyez bien que ça ne peut pas continuer, puisque je ne peux plus rien faire et rien gagner, moi. » J’en ai vu venir une de quatre-vingt-sept ans, qui avait perdu tous ses enfants et petits-enfants, et qui depuis six semaines, couchait dehors. J’en ai été malade d’émotion. Puis, nous avons tant de cas différents, sans compter les gens qui ne disent rien et qui demandent simplement : « Où est-ce ? » Ceux-là, on les fait entrer, et c’est fini tout de suite.

Je répétai, le cœur crispé :

— Et... où est-ce ?

— Ici.

Il ouvrit une porte en ajoutant :

— Entrez, c’est la partie spécialement réservée aux membres du cercle, et celle qui fonctionne le moins. Nous n’y avons eu encore que onze anéantissements.

— Ah ! Vous appelez cela un... anéantissement.

— Oui, Monsieur. Entrez donc.

J’hésitais. Enfin j’entrai. C’était une délicieuse galerie, une sorte de serre, que des vitraux d’un bleu pâle d’un rose tendre, d’un vert léger, entouraient poétiquement de paysages de tapisseries. Il y avait dans ce joli salon des divans, de superbes palmiers, des fleurs, des roses surtout, embaumantes, des livres sur des tables, la Revue des Deux Mondes, des cigares en des boîtes de la régie, et, ce qui me surprit, des pastilles de Vichy dans une bonbonnière.

Comme je m’en étonnais :

— Oh ! On vient souvent causer ici, dit mon guide.

Il reprit :

— Les salles du public sont pareilles, mais plus simplement meublées. Je demandai :

— Comment fait-on ?

Il désigna du doigt une chaise longue, couverte de crêpe de Chine crémeux, à broderies blanches, sous un grand arbuste inconnu, au pied duquel s’arrondissait, une plate-bande de réséda.

Le secrétaire ajouta d’une voix plus basse :

— On change à volonté la fleur et le parfum, car notre gaz, tout à fait imperceptible, donne à la mort l’odeur de la fleur qu’on aima. On le volatilise avec des essences. Voulez-vous que je vous le fasse aspirer une seconde ?

— Merci, lui dis-je vivement, pas encore...

Il se mit à rire.

— Oh ! Monsieur, il n’y a aucun danger. Je l’ai moi-même constaté plusieurs fois.

J’eus peur de lui paraître lâche. Je repris :

— Je veux bien.

— Étendez-vous sur l’Endormeuse.

Un peu inquiet, je m’assis sur la chaise basse en crêpe de Chine, puis je m’allongeai, et presque aussitôt je fus enveloppé par une odeur délicieuse de réséda. J’ouvris la bouche pour la mieux boire, car mon âme déjà s’était engourdie, oubliait, savourait, dans le premier trouble de l’asphyxie, l’ensorcelante ivresse d’un opium enchanteur et foudroyant.

Je fus secoué par le bras.

— Oh-oh ! Monsieur, disait en riant le secrétaire, il me semble que vous vous y laissez prendre.

Mais une voix, une vraie voix, et non plus celle des songeries, me saluait avec un timbre paysan :

— Bonjour, m’sieur. Ça va-t-il ?

Mon rêve s’envola. Je vis la Seine claire sous le soleil, et, arrivant par un sentier, le garde champêtre du pays, qui touchait de sa main droite son képi noir galonné d’argent. Je répondis :

— Bonjour, Marinel. Où allez-vous donc ?

— Je vais constater un noyé qu’on a repêché près des Morillons. Encore un qui s’a jeté dans le bouillon. Même qu’il avait retiré sa culotte pour s’attacher les jambes avec.

16 septembre 1889

Le colporteur

Combien de courts souvenirs, de petites choses, de rencontres, d’humbles drames aperçus, devinés, soupçonnés sont, pour notre esprit jeune et ignorant encore, des espèces de fils qui le conduisent peu à peu vers la connaissance de la désolante vérité.

A tout instant, quand je retourne en arrière pendant les longues songeries vagabondes qui me distraient sur les routes où je flâne, au hasard, l’âme envolée, je retrouve tout à coup de petits faits anciens, gais ou sinistres qui partent devant ma rêverie comme devant mes pas les oiseaux des buissons.

J’errais cet été sur un chemin savoyard qui domine la rive droite du lac du Bourget, et le regard flottant sur cette masse d’eau miroitante et bleue d’un bleu unique, pâle, enduit de lueurs glissantes par le soleil, déclinant, je sentais en mon cœur remuer cette tendresse que j’ai depuis l’enfance pour la surface des lacs, des fleuves et de la mer. Sur l’autre bord de la vaste plaine liquide, si étendue qu’on n’en voyait point les bouts, l’un se perdant vers le Rhône et l’autre vers le Bourget, s’élevait la haute montagne dentelée comme une crête jusqu’à la dernière cime de la Dent-du-Chat. Des deux côtés de la route, des vignes courant d’arbre en arbre étouffaient sous leurs feuilles les branches frêles de leurs soutiens et elles se développaient en guirlandes à travers les champs, en guirlande vertes, jaunes et rouges, festonnant d’un tronc à l’autre et tachées de grappes de raisin noir.

La route était déserte, blanche et poudreuse. Tout à coup un homme sortit du bosquet de grands arbres qui enferme le village de Saint-Innocent, et pliant sous un fardeau, il venait vers moi appuyé sur une canne.

Quand il fut plus près je reconnus que c’était un colporteur, un de ces marchands ambulants qui vendent par les campagnes, de porte en porte, de petits objets à bon marché et voilà que surgit dans ma pensée un très ancien souvenir, presque rien, celui d’une rencontre faite une nuit entre Argenteuil et Paris, alors que j’avais vingt-cinq ans.

Tout le bonheur de ma vie, à cette époque, consistait à canoter. J’avais une chambre chez un gargotier d’Argenteuil et, chaque soir, je prenais le train des bureaucrates, ce long train, lent, qui va, déposant, de gare en gare, une foule d’hommes à petits paquets, bedonnants et lourds, car ils ne marchent guère, et mal culottés, car la chaise administrative déforme les pantalons. Ce train, où je croyais retrouver une odeur de bureau, de cartons verts et de papiers classés, me déposait à Argenteuil. Ma yole m’attendait, toute prête à courir sur l’eau. Et j’allais dîner à grands coups d’aviron, soit à Bezons, soit à Chatou, soit à Épinay, soit à Saint-Ouen. Puis je rentrais, je remisais mon bateau et je repartais pour Paris à pied, quand j’avais la lune sur la tête.

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