Guy de Maupassant - Contes divers (1889)

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Il s’agitait sur son banc, la tête visiblement perdue et il marmotta dans les longs poils de sa moustache :

« C’est pas lui, c’est vous ! »

La vieille dame, qui avait une figure très douce, couronnée entre le front et la coiffure par une ligne neigeuse de cheveux frisés papillotés chaque jour avec soin et luisants comme des plumes de cygne, fit un mouvement dans sa voiture et contempla son domestique avec des yeux très surpris.

« Moi, mon pauvre Alexandre. Comment ça ? »

Il se mit à regarder en l’air, puis de côté, puis au loin, en tournant la tête, comme font les hommes timides forcés d’avouer des secrets honteux. Puis il déclara avec un courage de troupier à qui on ordonne d’aller au feu :

« C’est comme ça. La première fois que j’ai porté à Mademoiselle une lettre du lieutenant et que Mademoiselle m’a donné vingt sous en me faisant un sourire, ce fut décidé comme ça. »

Elle insistait, comprenant mal.

« Voyons, expliquez-vous. »

Alors il jeta avec l’épouvante d’un misérable qui avoue un crime et qui se perd :

« J’ai eu un sentiment pour Madame. Voilà ! »

Elle ne répondit rien, cessa de le regarder, baissa la tête et réfléchit. Elle était bonne, pleine de droiture, de douceur, de raison et de sensibilité.

Elle songea, en une seconde, à l’immense dévouement de ce pauvre être qui avait renoncé à tout pour vivre à côté d’elle, sans rien dire. Et elle eut envie de pleurer.

Puis, prenant une figure un peu grave, mais point fâchée :

« Rentrons », dit-elle.

Il se leva, passa derrière la chaise roulante, et se remit à la pousser.

Comme ils approchaient du village, ils aperçurent au milieu du chemin le capitaine Maramballe qui venait vers eux.

Dès qu’il les eut rejoints, il dit à sa femme avec le visible désir de se fâcher :

« Qu’est-ce que nous avons pour dîner ?

— Un petit poulet et des flageolets. »

Il s’emporta.

« Un poulet, encore du poulet, toujours du poulet, nom de dieu ! J’en ai assez, moi, de ton poulet. Tu n’as donc pas une idée dans la tête que tu me fais manger tous les jours la même chose ? »

Elle répondit, résignée :

« Mais, mon chéri, tu sais que le docteur te l’ordonne. C’est encore ce qu’il y a de meilleur pour ton estomac. Si tu n’avais pas l’estomac malade, je te ferais manger bien des choses que je n’ose pas te servir. »

Alors, il se planta, exaspéré, devant Alexandre.

« C’est la faute de cette brute-là si j’ai l’estomac malade. Voilà trente-cinq ans qu’il m’empoisonne avec sa saleté de cuisine. »

Mme Maramballe, brusquement, tourna la tête presque tout à fait pour apercevoir le vieux domestique. Leurs yeux alors se rencontrèrent et ils se dirent, dans ce seul regard : « Merci » l’un et l’autre.

2 septembre 1889

L’endormeuse

La Seine s’étalait devant ma maison, sans une ride, et vernie par le soleil du matin. C’était une belle, large, lente, longue coulée d’argent empourprée par places ; et de l’autre côté du fleuve, de grands arbres alignés étendaient sur toute la berge une immense muraille de verdure.

La sensation de la vie qui recommence chaque jour, de la vie fraîche, gaie, amoureuse, frémissait dans les feuilles, palpitait dans l’air, miroitait sur l’eau.

On me remit les journaux que le facteur venait d’apporter et je m’en allai sur la rive, à pas tranquilles, pour les lire.

Dans le premier que j’ouvris, j’aperçus ces mots : « Statistique des suicides » et j’appris que, cette année, plus de huit mille cinq cents êtres humains se sont tués.

Instantanément, je les vis ! Je vis ce massacre, hideux et volontaire des désespérés las de vivre. Je vis des gens qui saignaient, la mâchoire brisée, le crâne crevé, la poitrine trouée par une balle, agonisant lentement, seuls dans une petite chambre d’hôtel, et sans penser à leur blessure, pensant toujours à leur malheur.

J’en vis d’autres, la gorge ouverte ou le ventre fendu, tenant encore dans leur main le couteau de cuisine ou le rasoir.

J’en vis d’autres, assis tantôt devant un verre où trempaient des allumettes, tantôt devant une petite bouteille qui portait une étiquette rouge.

Ils regardaient cela avec des yeux fixes, sans bouger ; puis ils buvaient, puis ils attendaient ; puis une grimace passait sur leurs joues, crispait leurs lèvres ; une épouvante égarait leurs yeux, car ils ne savaient pas qu’on souffrait tant avant la fin.

Ils se levaient, s’arrêtaient, tombaient et, les deux mains sur le ventre, ils sentaient leurs organes brûlés, leurs entrailles rongées par le feu du liquide, avant que leur pensée fût seulement obscurcie.

J’en vis d’autres pendus au clou du mur, à l’espagnolette de la fenêtre, au crochet du plafond, à la poutre du grenier, à la branche d’arbre, sous la pluie du soir. Et je devinais tout ce qu’ils avaient fait avant de rester là, la langue tirée, immobiles. Je devinais l’angoisse de leur cœur, leurs hésitations dernières, leurs mouvements pour attacher la corde, constater qu’elle tenait bien, se la passer au cou et se laisser tomber.

J’en vis d’autres couchés sur des lits misérables, des mères avec leurs petits enfants, des vieillards crevant la faim, des jeunes filles déchirées par des angoisses d’amour, tous rigides, étouffés, asphyxiés, tandis qu’au milieu de la chambre fumait encore le réchaud de charbon.

Et j’en aperçus qui se promenaient dans la nuit sur les ponts déserts. C’étaient les plus sinistres. L’eau coulait sous les arches avec un bruit mou. Ils ne la voyaient pas..., ils la devinaient en aspirant son odeur froide ! Ils en avaient envie et ils en avaient peur. Ils n’osaient point ! Pourtant, il le fallait. L’heure sonnait au loin à quelque clocher, et soudain, dans le large silence des ténèbres, passaient, vite étouffés, le claquement d’un corps tombant dans la rivière, quelques cris, un clapotement d’eau battue avec des mains. Ce n’était parfois aussi que le plouf de leur chute, quand ils s’étaient lié les bras ou attaché une pierre aux pieds.

Oh ! Les pauvres gens, les pauvres gens, les pauvres gens, comme j’ai senti leurs angoisses, comme je suis mort de leur mort ! J’ai passé par toutes leurs misères ; j’ai subi, en une heure, toutes leurs tortures. J’ai su tous les chagrins qui les ont conduits là ; car je sens l’infamie trompeuse de la vie, comme personne, plus que moi, ne l’a sentie.

Comme je les ai compris, ceux qui, faibles, harcelés par la malchance, ayant perdu les êtres aimés, réveillés du rêve d’une récompense tardive, de l’illusion d’une autre existence où Dieu serait juste enfin, après avoir été féroce, et désabusés des mirages du bonheur, en ont assez et veulent finir ce drame sans trêve ou cette honteuse comédie.

Le suicide ! Mais c’est là force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus, c’est le sublime courage des vaincus ! Oui, il y a au moins une porte à cette vie, nous pouvons toujours l’ouvrir et passer de l’autre côté. La nature a eu un mouvement de pitié ; elle ne nous a pas emprisonnés. Merci pour les désespérés !

Quant aux simples désabusés, qu’ils marchent devant eux l’âme libre et le cœur tranquille. Ils n’ont rien à craindre, puisqu’ils peuvent s’en aller ; puisque derrière eux est toujours cette porte que les dieux rêvés ne peuvent même fermer.

Je songeais à cette foule de morts volontaires : plus de huit mille cinq cents en une année. Et il me semblait qu’ils s’étaient réunis pour jeter au monde une prière, pour crier un vœu, pour demander quelque chose, réalisable plus tard, quand on comprendra mieux. Il me semblait que tous ces suppliciés, ces égorgés, ces empoisonnés, ces pendus, ces asphyxiés, ces noyés : s’en venaient, horde effroyable, comme des citoyens qui votent, dire à la société : « Accordez-nous au moins une mort douce ! Aidez-nous à mourir, vous qui ne nous avez pas aidés à vivre ! Voyez, nous sommes nombreux, nous avons le droit de parler, en ces jours de liberté, d’indépendance philosophique et de suffrage populaire. Faites à ceux qui renoncent à vivre l’aumône d’une mort qui ne soit point répugnante ni effroyable. »

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