Guy de Maupassant - Contes divers (1889)

Здесь есть возможность читать онлайн «Guy de Maupassant - Contes divers (1889)» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Классическая проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Contes divers (1889): краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Contes divers (1889)»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Contes divers (1889) — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Contes divers (1889)», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать
* * *

Je me mis à rêvasser, laissant ma pensée vagabonder sur ce sujet en des songeries bizarres et mystérieuses.

Je me crus, à un moment, dans une belle ville. C’était Paris ; mais à quelle époque ? J’allais par les rues, regardant les maisons, les théâtres, les établissements publics, et voilà que, sur une place, j’aperçus un grand bâtiment, fort élégant, coquet et joli.

Je fus surpris, car on lisait sur la façade, en lettres d’or : « Œuvre de la mort volontaire. »

Oh ! Étrangeté des rêves éveillés où l’esprit s’envole dans un monde irréel et possible ! Rien n’y étonne ; rien n’y choque ; et la fantaisie débridée ne distingue plus le comique et le lugubre.

Je m’approchai de cet édifice où des valets en culotte courte étaient assis dans un vestibule, devant un vestiaire, comme à l’entrée d’un cercle.

J’entrai pour voir. Un d’eux, se levant, me dit :

— Monsieur désire ?

— Je désire savoir ce que c’est que cet endroit.

— Pas autre chose ?

— Mais non.

— Alors, Monsieur veut-il que je le conduise chez le secrétaire de l’œuvre ?

J’hésitais. J’interrogeai encore :

— Mais, cela ne le dérangera pas ?

— Oh non, Monsieur, il est ici pour recevoir les personnes qui désirent des renseignements.

— Allons, je vous suis.

Il me fit traverser des couloirs où quelques vieux messieurs causaient ; puis je fus introduit dans un beau cabinet, un peu sombre, tout meublé de bois noir. Un jeune homme, gras, ventru, écrivait une lettre en fumant un cigare dont le parfum me révéla la qualité supérieure.

Il se leva. Nous nous saluâmes, et quand le valet fut parti, il demanda :

— Que puis-je pour votre service ?

— Monsieur, lui répondis-je, pardonnez-moi mon indiscrétion. Je n’avais jamais vu cet établissement. Les quelques mots inscrits sur la façade m’ont fortement étonné ; et je désirerais savoir ce qu’on y fait.

Il sourit avant de répondre, puis, à mi-voix, avec un air de satisfaction :

— Mon Dieu, Monsieur, on tue proprement et doucement, je n’ose pas dire agréablement, les gens qui désirent mourir.

Je ne me sentis pas très ému, car cela me parut en somme naturel et juste. J’étais surtout étonné qu’on eût pu, sur cette planète à idées basses, utilitaires, humanitaires, égoïstes et coercitives de toute liberté réelle, oser une pareille entreprise, digne d’une humanité émancipée.

Je repris :

— Comment en êtes-vous arrivé là ?

Il répondit :

— Monsieur, le chiffre des suicides s’est tellement accru pendant les cinq années qui ont suivi l’Exposition universelle de 1889 que des mesures sont devenues urgentes. On se tuait dans les rues, dans les fêtes, dans les restaurants, au théâtre, dans les wagons, dans les réceptions du président de la République, partout. C’était non seulement un vilain spectacle pour ceux qui aiment bien vivre comme moi, mais aussi un mauvais exemple pour les enfants. Alors il a fallu centraliser les suicides.

— D’où venait cette recrudescence ?

— Je n’en sais rien. Au fond, je crois que le monde vieillit. On commence à y voir clair, et on en prend mal son parti. Il en est aujourd’hui de la destinée comme du gouvernement, on sait ce que c’est ; on constate qu’on est floué partout, et on s’en va. Quand on a reconnu que la providence ment, triche, vole, trompe les humains comme un simple député ses électeurs, on se fâche, et comme on ne peut en nommer une autre tous les trois mois, ainsi que nous faisons pour nos représentants concessionnaires, on quitte la place, qui est décidément mauvaise.

— Vraiment !

— Oh ! Moi, je ne me plains pas.

— Voulez-vous me dire comment fonctionne votre œuvre ?

— Très volontiers. Vous pourrez d’ailleurs en faire partie quand il vous plaira. C’est un cercle.

— Un cercle ! !...

— Oui, Monsieur, fondé par les hommes les plus éminents du pays, par les plus grands esprits et les plus claires intelligences.

Il ajouta, en riant de tout son cœur :

— Et je vous jure qu’on s’y plaît beaucoup.

— Ici ?

— Oui, ici.

— Vous m’étonnez.

— Mon Dieu ! On s’y plaît parce que les membres du cercle n’ont pas cette peur de la mort qui est la grande gâcheuse des joies sur la terre.

— Mais alors, pourquoi sont-ils membres de ce cercle, s’ils ne se tuent pas

— On peut être membre du cercle sans se mettre pour cela dans l’obligation de se tuer.

— Mais alors ?

— Je m’explique. Devant le nombre démesurément croissant des suicides, devant les spectacles hideux qu’ils nous donnaient, s’est formée une société de pure bienfaisance, protectrice des désespérés, qui a mis à leur disposition une mort calme et insensible, sinon imprévue.

— Qui donc a pu autoriser une pareille œuvre ?

— Le général Boulanger, pendant son court passage au pouvoir. Il ne savait rien refuser. Il n’a fait que cela de bon, d’ailleurs. Donc, une société s’est formée d’hommes clairvoyants, désabusés, sceptiques, qui ont voulu élever en plein Paris une sorte de temple du mépris de la mort. Elle fut d’abord, cette maison, un endroit redouté, dont personne n’approchait. Alors, les fondateurs, qui s’y réunissaient, y ont donné une grande soirée d’inauguration avec Mmes Sarah Bernhardt, Judic, Théo, Granier et vingt autres, MM. de Reszké, Coquelin, Mounet-Sully, Paulus, etc. ; puis des concerts, des comédies de Dumas, de Meilhac, d’Halévy, de Sardou. Nous n’avons qu’un four, une pièce de M. Becque qui a semblé triste, mais qui a eu ensuite un très grand succès à la Comédie-Française. Enfin tout Paris est venu. L’affaire était lancée.

— Au milieu des fêtes ! Quelle macabre plaisanterie !

— Pas du tout. Il ne faut pas que la mort soit triste, il faut qu’elle soit indifférente. Nous avons égayé la mort, nous l’avons fleurie, nous l’avons parfumée, nous l’avons faite facile. On apprend à secourir par l’exemple ; on peut voir, ça n’est rien.

— Je comprends fort bien qu’on soit venu pour les fêtes ; mais est-on venu pour... Elle ?

— Pas tout de suite, on se méfiait.

— Et plus tard ?

— On est venu.

— Beaucoup

— En masse. Nous en avons plus de quarante par jour. On ne trouve presque plus de noyés dans la Seine.

— Qui est-ce qui a commencé ?

— Un membre du cercle.

— Un dévoué ?

— Je ne crois pas. Un embêté, un décavé, qui avait eu des différences énormes au baccarat, pendant trois mois.

— Vraiment ?

— Le second a été un Anglais, un excentrique. Alors, nous avons fait de la réclame dans les journaux, nous avons raconté notre procédé, nous avons inventé des morts capables d’attirer. Mais le grand mouvement a été donné par les pauvres gens.

— Comment procédez-vous ?

— Voulez-vous visiter ? Je vous expliquerai en même temps.

— Certainement.

Il prit son chapeau, ouvrit la porte, me fit passer puis entrer dans la salle de jeu où des hommes jouaient comme on joue dans tous les tripots. Il traversait ensuite divers salons. On y causait vivement, gaiement. J’avais rarement vu un cercle aussi vivant, aussi animé, aussi rieur.

Comme je m’en étonnais :

— Oh ! reprit le secrétaire, l’œuvre a une vogue inouïe. Tout le monde chic de l’univers entier en fait partie pour avoir l’air de mépriser la mort. Puis, une fois qu’ils sont ici, ils se croient obligés d’être gais afin de ne pas paraître effrayés. Alors, on plaisante, on rit, on blague, on a de l’esprit et on apprend à en avoir. C’est certainement aujourd’hui l’endroit le mieux fréquenté et le plus amusant de Paris. Les femmes mêmes s’occupent en ce moment de créer une annexe pour elles.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Contes divers (1889)»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Contes divers (1889)» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Contes divers (1889)»

Обсуждение, отзывы о книге «Contes divers (1889)» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x