Guy de Maupassant - Pièces de théâtre
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JACQUES DE RANDOL
Oh ! prenez garde, vous êtes dans une de ces minutes d’exaltation où l’on commet d’irréparables folies.
MADAME DE SALLUS
J’aime mieux commettre une folie, et me perdre, puisqu’on appelle cela se perdre, que de m’exposer à cette lutte infâme de chaque jour dont je suis menacée.
JACQUES DE RANDOL
Madeleine, écoutez-moi. Vous êtes dans une situation terrible, ne vous jetez pas dans une situation désespérée. Soyez calme.
MADAME DE SALLUS
Et que me conseillez-vous ?...
JACQUES DE RANDOL
Je ne sais pas... nous allons voir. Mais je ne puis vous conseiller un scandale qui vous mettrait hors la loi du monde.
MADAME DE SALLUS
Ah ! oui, cette autre loi qui permet d’avoir des amants avec pudeur, sans blesser les bienséances !
JACQUES DE RANDOL
Il ne s’agit pas de cela, mais de ne point mettre les torts de votre côté, dans votre querelle avec votre mari. Êtes-vous décidée à le quitter ?
MADAME DE SALLUS
Oui.
JACQUES DE RANDOL
Bien décidée ?
MADAME DE SALLUS
Oui.
JACQUES DE RANDOL
Pour tout à fait ?
MADAME DE SALLUS
Pour tout à fait.
JACQUES DE RANDOL
Eh bien ! soyez rusée, adroite. Sauvegardez votre réputation, votre nom, ne faites ni bruit ni scandale, attendez une occasion...
MADAME DE SALLUS
Et soyez charmante quand il rentrera, prêtez-vous à ses fantaisies...
JACQUES DE RANDOL
Oh ! Madeleine. Je vous parle en ami...
MADAME DE SALLUS
En ami prudent...
JACQUES DE RANDOL
En ami qui vous aime trop pour vous conseiller une maladresse.
MADAME DE SALLUS
Et juste assez pour me conseiller une lâcheté.
JACQUES DE RANDOL
Moi, jamais ! Mon plus ardent désir est de vivre prés de vous. Obtenez votre divorce, et alors, si vous le voulez bien, je vous épouserai.
MADAME DE SALLUS
Oui, dans deux ans. Vous avez l’amour patient.
JACQUES DE RANDOL
Mais, si je vous enlève, il vous reprendra demain, chez moi, vous fera condamner à la prison, vous ! et rendra impossible que vous deveniez jamais ma femme.
MADAME DE SALLUS
Ne peut-on fuir ailleurs que chez vous ? et se cacher de telle sorte qu’il ne nous retrouve point ?
JACQUES DE RANDOL
Oui, on peut se cacher ; mais alors il faut vivre caché jusqu’à sa mort, sous un faux nom, à l’étranger, ou au fond d’un village. C’est le bagne de l’amour, cela ! Dans trois mois, vous me haïriez. Je ne vous laisserai pas commettre cette folie.
MADAME DE SALLUS
Je croyais que vous m’aimiez assez pour la faire avec moi. Je me suis trompée, adieu !
JACQUES DE RANDOL
Madeleine. Écoutez...
MADAME DE SALLUS
Jacques, il faut me prendre ou me perdre. Répondez.
JACQUES DE RANDOL
Madeleine, je vous en supplie.
MADAME DE SALLUS
Cela suffit... Adieu !
Elle se lève et va vers la porte.
JACQUES DE RANDOL
Je vous en supplie, écoutez-moi.
MADAME DE SALLUS
Non... non... non... Adieu !
II la prend par les bras, elle se débat exaspérée.
MADAME DE SALLUS
Laissez-moi ! Laissez-moi ! Voulez-vous me laisser partir, ou j’appelle.
JACQUES DE RANDOL
Appelez, mais écoutez-moi. Je ne veux pas que vous puissiez me reprocher un jour l’acte de démence que vous méditez. Je ne veux pas que vous me haïssiez ; que, liée à moi par cette fuite, vous portiez en vous le cuisant regret de ce que je vous aurai laissée faire...
MADAME DE SALLUS
Lâchez-moi... Vous me faites pitié... lâchez-moi !
JACQUES DE RANDOL
Vous le voulez ? Eh bien ! partons.
MADAME DE SALLUS
Oh ! non ! Plus maintenant. A présent, je vous connais. Il est trop tard. Lâchez-moi donc !
JACQUES DE RANDOL
J’ai fait ce que je devais faire. J’ai dit ce que je devais dire. Je ne suis plus responsable envers vous, vous n’aurez plus le droit de m’adresser de reproches. Partons.
MADAME DE SALLUS
Non. Trop tard. Je n’accepte pas les sacrifices.
JACQUES DE RANDOL
Il ne s’agit pas de sacrifice. Fuir avec vous est mon plus ardent désir.
MADAME DE SALLUS, stupéfaite
Vous êtes fou !
JACQUES DE RANDOL
Pourquoi, fou ? N’est-ce pas naturel, puisque je vous aime ?
MADAME DE SALLUS
Expliquez-vous.
JACQUES DE RANDOL
Que voulez-vous que j’explique ? Je vous aime, je n’ai pas autre chose à dire. Partons.
MADAME DE SALLUS
Vous étiez tout à l’heure trop circonspect pour devenir tout à coup si hardi.
JACQUES DE RANDOL
Vous ne me comprenez pas. Écoutez-moi. Quand j’ai senti que je vous aimais, j’ai pris vis-à-vis de moi et vis-à-vis de vous un engagement sacré. L’homme qui devient l’amant d’une femme comme vous, mariée et délaissée, esclave de fait et moralement libre, crée entre elle et lui un lien que seule elle peut dénouer. Cette femme risque tout. Et c’est justement parce qu’elle le sait, parce qu’elle donne tout, son cœur, son corps, son âme, son honneur, sa vie, parce qu’elle a prévu toutes les misères, tous les dangers, toutes les catastrophes, parce qu’elle ose un acte hardi, un acte intrépide, parce qu’elle est préparée, décidée à tout braver : son mari qui peut la tuer et le monde qui peut la rejeter, c’est pour cela qu’elle est belle dans son infidélité conjugale ; c’est pour cela que son amant, en la prenant, doit avoir aussi tout prévu, et la préférer à tout, quoi qu’il arrive. Je n’ai plus rien à dire. J’ai parlé d’abord en homme sage qui devait vous prévenir, il ne reste plus en moi qu’un homme, celui qui vous aime. Ordonnez.
MADAME DE SALLUS
C’est bien dit. Mais est-ce vrai ?
JACQUES DE RANDOL
C’est vrai !
MADAME DE SALLUS
Vous désirez partir avec moi ?
JACQUES DE RANDOL
Oui.
MADAME DE SALLUS
Du fond du cœur ?
JACQUES DE RANDOL
Du fond du cœur.
MADAME DE SALLUS
Aujourd’hui ?
JACQUES DE RANDOL
Quand vous voudrez.
MADAME DE SALLUS
Il est sept heures trois quarts. Mon mari va rentrer. Nous dînons à huit. Je serai libre à neuf heures et demie ou dix heures.
JACQUES DE RANDOL
Où faut-il vous attendre ?
MADAME DE SALLUS
Au bout de la rue, dans un coupé. (On entend le timbre.) Le voilà. C’est la dernière fois... heureusement.
LES MEMES ; M. DE SALLUS
M. DE SALLUS, à Jacques de Randol qui s’est levé pour partir
Eh bien ! quoi ? Vous vous en allez encore ? Il suffit donc que je me montre pour vous faire fuir ?
JACQUES DE RANDOL
Non, mon cher Sallus, vous ne me faites pas fuir, mais je partais.
M. DE SALLUS
C’est justement ce que je dis. Vous partez toujours au moment précis où j’arrive. Je comprends que le mari ait moins de séduction que la femme. Laissez-lui croire, au moins, qu’il ne vous déplaît pas trop.
Il rit.
JACQUES DE RANDOL
Vous me plaisez beaucoup, au contraire, et si vous aviez la bonne habitude d’entrer chez vous sans sonner, vous ne me trouveriez jamais prêt à partir quand vous entrez.
M. DE SALLUS
Pourtant... il est assez naturel de sonner aux portes.
JACQUES DE RANDOL
Oui, mais un coup de sonnette me fait toujours me lever, et, rentrant chez vous, vous pourriez vous dispenser de vous annoncer comme les autres.
M. DE SALLUS
Je ne comprends pas très bien.
JACQUES DE RANDOL
C’est fort simple. Quand, je vais chez les gens qui me plaisent comme Mme de Sallus, ou comme vous, je ne tiens nullement à me rencontrer chez eux avec le tout-Paris qui passe ses après-midi à semer des fleurs d’esprit de salon en salon. Je connais ces fleurs et ces semences. Il suffit de l’entrée d’une de ces dames ou d’un de ces hommes pour me gâter tout le plaisir que j’ai eu en trouvant seule la femme que j’étais venu voir. Or, quand je me suis laissé pincer sur mon siège, je suis perdu ; je ne sais plus m’en aller, je me laisse prendre dans l’engrenage de la conversation courante ; et comme j’en connais toutes les demandes et toutes les réponses, mieux que celles du catéchisme, je ne peux plus m’arrêter : il faut que j’aille jusqu’au bout, jusqu’à la dernière considération sur la pièce, ou le livre, ou le divorce, ou le mariage, ou la mort du jour. Vous comprenez alors pourquoi je me lève brusquement à toutes les menaces de la sonnette ?
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