Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Une lassitude l’énerve, l’attente, l’éternelle attente de l’amour renaît en elle. Elle espère encore ! Quoi ? Elle a été élevée pour plaire, pour séduire. Elle a été instruite dans cette pensée que l’amour est son domaine, sa faculté la seule joie au monde. La nature l’a faite jolie, entraînable, changeante, pleine de désirs mobiles, de contradictions, d’irrésolutions. La nature et la société l’ont faite coquette, séduisante et fine.

Elle commence pourtant à se tenir des raisonnements d’un bon sens simple et net. – On ne vit pas deux fois. – La vie est courte. – Une femme, mariée à vingt ans, est mûre à trente et avancée à quarante ? – Or, si on ne fait rien, si on ne connaît rien, si on ne jouit de rien avant cette limite, ce sera fini pour toujours. Les joies conjugales sont épuisées. Elle en est fatiguée ! Alors, alors – un amant ?... Pourquoi pas ?

Elle cède enfin à l’invincible sollicitation de l’espérance d’amour. Elle aime ou croit aimer.

Que fait le mari ?

Trois cas se présentent.

Dans le premier, il ignore tout. Il ignore absolument malgré l’évidence. Tout le monde sait la chose, excepté lui. Et il rit sans cesse des maris trompés, il en plaisante avec grâce. Quoi qu’il arrive il ne saura jamais rien. C’est là un inconcevable mystère, un de ces secrets insondables où s’émousse toute pénétration. On pourrait appeler cet aveuglement heureux, inexplicable et constant, le bandeau des cocus ; et il y aurait là matière à une très intéressante étude psychologique et sociale que couronnerait un jour ou l’autre la benoîte Académie.

Rien de plus surprenant que cette tranquille ignorance du mari. On se dit à toute heure : « Mais il est impossible qu’il ne devine pas, qu’il ne voie pas, qu’il ne comprenne pas. » La femme fait à son amant des scènes de jalousie devant lui, donne ses rendez-vous, se risque à ces témérités qui ont un charme excitant pour elle. Elle lui met sous les yeux et sous le nez son... malheur, vingt fois par jour. Il ne voit rien ; il ne comprend rien.

D’où vient cela ? Sans doute d’une vanité naïve et colossale. Chacun ayant une tendance à se croire un être d’exception, il ne suppose pas qu’une chose pareille puisse lui arriver, à lui !

Et il devient admirablement ridicule, non par le fait lui-même, par sa situation de cocu, mais par son ignorance confiante et souriante, par son attitude satisfaite.

Dans le second cas, le mari feint de ne rien voir.

Il connaît la vie, celui-là, et veut rester tranquille. Son seul soin est d’empêcher les imprudences compromettantes de sa femme. Sait-il au juste qu’il est trompé ? Peut-être non ? Il veut ignorer. Il a des maîtresses ; il ne désire plus les plaisirs conjugaux qu’il a pratiqués exclusivement pendant quatre ou cinq ans ; il ne veut pas non plus être ridicule, et il veille... aux apparences. Tant qu’elle n’aura pas 1e mauvais goût de se compromettre, il ne saura rien, car il ne s’avoue pas à lui-même qu’il sait ; il préfère ignorer toujours, n’ayant que faire d’une certitude qui ne servirait qu’à troubler son existence.

C’est un sage. Le monde est pétri d’indulgence pour les liaisons nouées avec réserve et savoir-vivre. Il les accepte, les favorise, les consacre. Et on ne rit jamais de ce mari-là, qui a pour amis, l’un après l’autre, ceux de sa femme et qui vit avec eux dans une intimité cordiale et armée.

Dans le troisième cas, le mari casse les vitres. Celui-là n’est qu’un sot, à moins que des circonstances impérieuses ne l’aient forcé à un scandale.

Le mari qui brise les vitres n’est qu’un sot. Et pour beaucoup de raisons.

D’abord, quand on ne veut pas être cocu, il faut éviter les chances premières et rester garçon. Si je monte en ballon, je risque assurément mes membres, et l’aurais tort de m’indigner ensuite si je me suis cassé bras ou jambe à la descente. L’homme s’imagine que l’acte de mariage lui donne sur la femme qu’il épouse des droits absolus, sans limites et sans réserves.

Certes, le mariage lui confère le droit d’exercer contre sa compagne ses privilèges organiques de mâle. Mais vraiment est-il sensé, est-il humain, est-il logique qu’une pauvre fille ignorante de tout, ignorante des sentiments et des actes de l’amour, ignorante de la vie et des événements, soit liée, corps et âme, jusqu’à sa mort, au particulier qui a conclu avec les parents la transaction commerciale qu’on appelle un mariage ?

Cette enfant peut être enchaînée à quinze ans par un traité dont elle ne devra plus s’affranchir tandis qu’il lui faudra attendre qu’elle ait les vingt-cinq ans exigés pour exister légalement et jouir des droits que confère la majorité. Jusque-là, elle ne peut s’engager à rien, elle ne peut ni jouir de sa fortune, ni emprunter de l’argent, ni vendre son bien, mais elle peut se vendre elle-même, vendre toute sa part de bonheur, d’espoirs, de plaisirs, de rêves, sans même savoir à qui, ni pourquoi, ni ce qu’on fera d’elle, ni à quoi elle s’engage, ni à quoi elle renonce.

Et la loi, la loi stupide qui permet et ordonne cela, qui sanctionne et noue ce lien révoltant, ne reconnaît pas les vœux éternels des religieux, n’admet pas qu’un homme libre, majeur, ayant vécu, sacrifie d’une façon définitive sa vie au service d’une idée qu’il croit sacrée.

L’usage, plus doux, reconnaît cette injustice, et il admet, sans le proclamer toutefois, que la femme peut se donner à un autre que l’époux.

Mais si l’époux est d’une nature brutale et jalouse, il va veiller, rôder, prêt à tuer la femme et l’amant.

Qu’y gagnera-t-il ? Du ridicule !

Si la femme ne songe point à le tromper, il lui donnera ce désir. Si elle y songe, il n’empêchera rien.

Quels que soient ses précautions, ses ruses, ses méfiances, ses artifices, il ne fera qu’exaspérer l’audace et l’astuce féminines.

J’admets qu’il réussisse à empêcher pendant longtemps le fait brutal de la possession physique. Qu’importe, si sa femme appartient en pensée à un autre !

Il est le gardien violent de la chasteté du corps. Mais peut-il être celui de la chasteté de l’âme ! Garde-chiourme de la fidélité, il veille, harcelé par la peur du baiser donné derrière son dos. Qu’est le baiser d’une minute auprès de l’abandon du cœur, auprès du désir sans fin, auprès de la caresse des yeux, auprès de tous les riens invisibles par lesquels une femme se livre tout entière à celui qu’elle a choisi ! Il la suit, grotesque et sournois, sans comprendre qu’elle n’est plus à lui, que chacun de ses soupçons éveille chez elle un désir nouveau, que chacune de ses obsessions fait naître en elle un élan d’amour vers celui qu’elle veut.

Il semble dire : « Ma femme est à moi. Vous ne l’aurez pas ! »

– Est-elle à lui vraiment si elle ne lui appartient qu’avec dégoût dans une étreinte qui révolte son cœur ? Est-elle à lui si elle a envie de s’enfuir quand il approche, de le souffleter quand il l’embrasse ? Est-elle à lui si elle le hait, si elle subit sa caresse comme elle boirait, par force, un répugnant breuvage ?

Elles sont nombreuses celles que violente ainsi un époux détesté ! Que ne le trompent-elles avec lui-même ?

Car rien n’est vrai que l’illusion et que le rêve ! Quand il ouvre, le soir, la porte conjugale, l’homme qui a le droit d’entrer, qu’elles ferment les yeux et qu’elles songent à l’autre ! Quand il approche, qu’elles se disent : « C’est lui ! C’est lui ! » Et qu’elles le voient, l’autre, avec ses traits, son regard, sa bouche qu’elles désirent, et ses mains caressantes. Qu’elles ouvrent les bras pour lui seul ; qu’elles reçoivent ses baisers des lèvres de leur mari ! Sauront-elles en réalité lequel des deux les possède si elles aiment assez celui qu’elles appellent pour se croire à lui dans cette hallucination d’amour ?

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