Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Fille de fille

(Fille de fille, 1883)

Mon cher ami, tu me demandes la chose la plus difficile qui soit : une préface.

Tu as eu beaucoup de succès avec ton premier roman : La Fange, donc tu n'as pas besoin d'être recommandé aux lecteurs ; et puis je ne possède ni les qualités ni l'autorité qu'il faut pour patronner qui que ce soit. Alors pourquoi une préface ? Généralement les gens qui écrivent, ces sortes d'avertissements sont des messieurs convaincus éprouvant le besoin de dire au public qu'il n'entend rien aux lettres, et qu'eux seuls ont le secret. On déclare avec violence que tel genre d'écrits, que telle école, que telle manière de voir sont méprisables, infâmes et imbéciles. Une préface en ce cas est une espèce de sermon en faveur d'une religion littéraire. Nous n'avons, ni l'un ni l'autre, aucune religion d'aucune sorte, n'est-ce pas ?

J'ai eu quelques croyances, ou, plutôt, quelques préférences : je n'en ai plus ; elles se sont envolées peu à peu. On a ou on n'a pas de talent. Voilà tout. Le talent seul existe. Quant au genre de talent, qu'importe. J'arrive à ne plus comprendre la classification qu'on établit entre les Réalistes, les Idéalistes, les Romantiques, les Matérialistes ou les Naturalistes. Ces discussions oiseuses sont la consolation des Pions.

Quand passe un Romantique qui s'appelle Victor Hugo, il faut saluer jusqu'à l'agenouillement. Quand il se nomme Eugène Manuel on peut rester couvert, par protestation. Car il ne doit point exister de questions d'école, mais une seule question de talent.

Paul et Virginie est un chef-d'œuvre. Et les romans à la pommade des soi-disant idéalistes qui font se pâmer les bourgeois sont des hontes pour une littérature.

Mais depuis quelques années les gens soi-disant honnêtes s'en prennent surtout à la littérature appelée pornographique. Nous n'avons plus le droit de parler franchement de l'accouplement des êtres, acte aussi utile à la race et aussi innocent en soi que celui de la nutrition, nous n'avons plus le droit de parler de la procréation, de l'enfantement, de toutes les fonctions dites génitales qui sont pourtant plus naturelles et plus simples que les fonctions dites cérébrales, sans exciter dans le public pudibond mais débauché un ouragan d'indignation.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que sévit dans les lettres cette pudeur d'autruches.

Voici quelques ans déjà qu'un magistrat mal nommé, M. Pinard, se fit l'avocat de la Morale menacée par un chef-d'œuvre.

Le dit M. Pinard (qui aurait pu, avant de plaider cette cause, demander au Conseil d'État l'autorisation de changer de nom comme le fit, dit-on, une famille de Bonnechose) attaqua et stigmatisa Madame Bovary qui le lui a, d'ailleurs, bien rendu.

La Morale littéraire ! Qu'est-ce que cela ? Je la cherche dans les Grands, dans nos Maîtres. Je n'en trouve point d'exemples dans Aristophane, dans Térence, dans Plaute, dans Apulée, dans Ovide, Virgile, Shakespeare, Rabelais, Boccace, La Fontaine, Saint-Amant, Voltaire, J.-J. Rousseau, Diderot, Mirabeau, Gantier, Musset, etc., etc.

Laissons les écrivains concevoir et exécuter suivant leurs tendances et leurs tempéraments, chastes ou sensuels, poétiques ou impurs, sans nous inquiéter des mœurs qui n'ont rien de commun avec les lettres.

Il se trouvera, je le sais, des malfaiteurs pour écrire, sans talent, des livres immondes. Mais le parti pris de saleté est-il plus haïssable que le parti pris de vertu stupide ? Ces écrits seront dangereux, dit-on ? Le sont-ils plus que le récit sentimental dévoré par la fillette exaltée, le soir, dans son lit, dans son lit qu'elle ouvrira le lendemain au commis d'en face idéalisé par son rêve, devenu un héros, un personnage de roman digne de l'Amour magnifique des livres honnêtes. Sois persuadé, mon cher Guérin, qu'on va classer Fille de Fille parmi les œuvres pornographiques. J'aime ce livre parce qu'il est vrai, et sans tendances. Tu racontes le vice, mais tu ne demandes pas le prix que feu Montyon, ce niais, a institué pompeusement pour récompenser des hypocrites jugés par des cafards.

Tu n'idéalises pas. Tu dis les choses telles qu'elles sont. J'en prends un exemple qui m'a ravi et par sa forme très littéraire et par la justesse surprenante de l'image. Parlant de la poitrine d'une fille flétrie, tu dis que son corset la contenait comme une carafe contient de l'eau. Voilà quelque chose de vu, de juste, de parfait ! Tu m'as donné dans les mains la sensation singulière de cette chair liquide et coulante. J'en sais qui auraient parlé du marbre, j'en sais d'autres qui auraient parlé des roses, d'autres encore qui, forçant l'image horrible, auraient parlé de vessies vidées. Ceux-ci comme ceux-là nous auraient trompés, comme on trompe en littérature. Mais quoi de plus drôle et de plus vrai que cette comparaison d'une carafe et d'un corset donnant à ce qu'ils enferment la forme immobile qu'ils ont.

Plus que les grands effets, j'aime ces petits détails précis révélant l'observateur, l'homme qui a vécu et retenu.

Je ne veux point faire ici l'analyse de ton livre, pas plus que je ne veux écrire une préface. Tu as désiré me donner un témoignage d'amitié vive en me demandant quelques lignes en tête de ton roman. Je t'en remercie de tout mon cœur. Cette lettre est bien peu de choses, et bien courte pour être imprimée. Fais-en ce que tu voudras.

Je te serre cordialement les mains.

Celles qui osent !

(Celles qui osent !, 1883)

Celles qui osent ! Le titre et le volume ont de l'audace, mon cher ami. Je t'ai lu, avant tout le monde, avec ce plaisir que j'ai toujours à te lire. J'aime ton art subtil, coloré, odorant, complexe, qui multiplie les sensations et fait vibrer dans les profondeurs intimes de la pensée un tas de petites cordes dont on ignorait presque l'existence en soi. De tous tes volumes, celui-là est peut-être celui où l'on trouve, où l'on savoure le plus complètement tes rares et délicates qualités d'écrivain. Les choses que tu dis là-dedans m'ont fait faire des séries de réflexions et je veux, à propos de rien, comme à propos du livre entier, causer d'amour avec toi, puisqu'il s'agit d'amour et d'amour hardi dans Celles qui osent.

Tu as développé souvent, au sujet de l'amour sentimental, qui n'est, en réalité, que l'hypocrisie de l'accouplement, des théories qui me choquent par leur raffinement même. Je trouve dans ton dernier volume beaucoup de choses qui me plaisent par leur sincérité. Ce qui n'empêche que jamais nous ne nous entendrons sur l'amour.

Que cette occupation agréable tienne une grande place dans la vie des femmes, je le comprends, elles n'ont rien à faire. Je m'étonne que, dans la vie d'un homme, elle puisse être autre chose qu'un passe-temps facile à varier, comme une bonne table ou ce qu'on appelle les sports. Quant à la fidélité, à la constance, quelle folie ! Jamais on ne me fera comprendre que deux femmes ne valent pas mieux qu'une, trois mieux que deux, et dix mieux que trois. Qu'on revienne à l'une plus souvent qu'aux autres, c'est naturel, comme il est naturel de manger souvent un plat qu'on aime. Mais n'en garder qu'une, toujours, me semblerait aussi surprenant et illogique que si un amateur d'huîtres ne mangeait plus que des huîtres, à tous les repas, toute l'année.

La fidélité et la constance me paraissent enlever à l'amour un charme qui est dans la fantaisie et l'imprévu.

Le cœur féminin, par exemple, diffère beaucoup du nôtre, et je comprends les raisons qu'ont les femmes d'être plus persévérantes que nous dans leurs tendresses.

Nous autres, nous adorons la femme, et quand nous en choisissons une passagèrement, c'est un hommage rendu à leur race entière. On peut idolâtrer les brunes parce qu'elles sont brunes, et aussi les blondes parce qu'elles sont blondes, l'une pour ses yeux aigus qui vont au cœur, l'autre pour sa voix qui fait vibrer nos nerfs ; celle-ci pour sa lèvre rouge, celle-là pour la cambrure de sa taille ; mais comme nous ne pouvons cueillir, hélas, toutes ces fleurs en même temps, la nature a mis en nous l'amour, la toquade, le caprice fou, qui nous les fait désirer à tour de rôle, augmentant ainsi la valeur de chacune à l'heure de l'affolement.

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