Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Tandis que lui ! Si vous saviez ? C'est vous qu'il possède ! Mais comme vous êtes autre dans son esprit, dans son amour. Comme il vous transforme, vous complète, vous défigure avec son art de poète. Ce ne sont pas vos lèvres qu'il baise ainsi, ce sont les lèvres rêvées ! Ce n'est pas au fond de vos yeux bleus ou noirs que se perd ainsi son regard exalté. C'est dans quelque chose d'inconnu et d'insaisissable ! Votre œil n'est que la vitre par laquelle il regarde le Paradis de l'Amour idéal. Il vous étreint, il râle, il semble fou, il délire devant votre corps ferme et blanc ; et il crie ces mots brûlants qui enflamment le sang dans les veines. Et cependant vous n'êtes pour lui qu'une forme quelconque qui lui permet de croire avoir un instant saisi son illusion chérie.

En voulez-vous des preuves ? Quel poète a jamais aimé ? Cherchons.

Est-ce Virgile ? Pour quel sexe alors étaient ses préférences ? On l'ignore !

Les Grecs méprisaient aussi l'amour des femmes qui ne répondaient point à leur idéal de beauté plastique !

Qui donc aima ? Le sombre Dante, le modèle des amants ? Béatrix avait douze ans quand il la vit et l'adora ! Il lui fallait une femme pour chanter ! Cette enfant suffit à son âme frémissante. Il l'aima dans la solitude et la fièvre du délire poétique, comme on aime l'inspiratrice. Il la connut à peine. Il n'avait pas besoin d'elle. Elle ne fut que la forme désirée, de loin, par son rêve !

Qui donc aima ? Pétrarque ! Laure ne lui appartint jamais. Il faut un marbre aux sculpteurs pour modeler une statue ; elle fut le marbre. Elle était bonne femme et bonne mère, entourée d'enfants, bourgeoise et placide. Que lui importait à lui ?

Qui donc aima, parmi les poètes ? Gœthe ? Il lui fallait cinq maîtresses sans qu'il en préférât aucune, afin de posséder en même temps toute la gamme des tendresses humaines, toutes les sortes d'inspirations nécessaires à son talent.

Il garnissait toujours le fond de son cœur d'une passion purement idéale pour une grande dame inaccessible, quelque chose d'élevé, de pur, occupant son cerveau d'artiste.

Il avait en même temps une liaison avec quelque femme du monde, intelligente et belle. Amour de l'âme et des sens, délicat et distingué, mélange de tendresse, de poésie et d'étreintes.

Il entretenait une fille, chair docile à sa fantaisie ; instrument servile de plaisir et de repos ; table toujours mise, bras toujours ouverts.

Mais il ne méprisait pas la bonne, la servante d'auberge aux bras bleus, aux mains rouges, aux cheveux gras, au linge dur et suspect. Car il faut aussi satisfaire les instincts grossiers.

Et il courait le soir, dans les ruelles, après les marchandes de spasmes.

Qui donc aima parmi les poètes ? Lamartine ?

Qu'est-ce qu'Elvire, sinon le nuage devenu femme ? Sinon cette forme flottante aux contours de corps humain qu'est toujours la femme des poètes !

Musset ? Las de chercher, sans la trouver, celle qu'appelaient son cœur et ses vers, il la poursuivit dans les logis publics, à travers les fumées de l'ivresse. Et il mourut, celui-là, de son rêve irréalisé !

Aucun n'aima ! Quelques-uns eurent pendant quelques heures l'illusion de l'amour, et c'est tout.

D'autres, désespérés de leurs efforts sans fin, s'écrient, comme Sully Prudhomme

« Les caresses ne sont que d'inquiets transports,
Infructueux essai du pauvre amour qui tente
L'impossible union des âmes par les corps. »

Car l'amour, le simple amour qui attache deux êtres l'un à l'autre est trop bourgeois, trop raisonnable, trop humainement commun, et trop bête en somme pour ces êtres privilégiés que sont les poètes. Il leur en faut plus. Ils ne sauraient se contenter du PEU qu'est l'amour.

Quand ils sont des buveurs d'illusions, ils croient aimer, comme Dante, et il leur suffit alors d'une image.

Quand ils sont des chercheurs insatiables, comme Musset ; quand ils poursuivent jusqu'au bout leur rêve impossible, ils meurent désespérés sur le ventre d'une fille publique.

Quand ils sont clairvoyants et raisonnables, désabusés et désolés, ils s'écrient, comme Bouilhet :

« Qu'es-tu ? qu'es-tu ? Parle, ô monstre indomptable
Qui te débats, en mes flancs enfermé !
Une voix dit, une voix lamentable :
Je suis ton cœur, et je n'ai pas aimé ! »

Les masques

(Gil Blas, 5 juin 1883)

En lisant un roman nouveau, l'autre jour, je me posais cette question difficile à résoudre : « Jusqu'où va le droit du romancier de sauter par-dessus le fameux mur de la vie privée et de cueillir dans l'existence du voisin les détails souvent scabreux dont il a besoin pour ses romans. »

La loi, toujours si facile à tourner, défend la médisance et la punit. Mais du moment qu'on ne nomme personne, du moment qu'on désigne M. Bataille sous le transparent synonyme de M. Combat, la loi devient aveugle et laisse faire. L'homme désigné, s'il se reconnaît ou juge utile de se reconnaître, n'a que la ressource d'envoyer des témoins à l'écrivain. L'affaire se termine par une piqûre au bras, et le livre reste, devenu plus clair, plus dangereux, plus salissant pour les personnes racontées dedans.

D'un autre côté, les romanciers ne travaillant aujourd'hui que d'après nature, prenant tous leurs sujets, toutes leurs combinaisons, tous leurs menus détails dans la vie, ne peuvent que s'inspirer des faits dont ils sont témoins. Si le hasard les met en présence de quelque histoire fort ridicule, de quelque situation dramatique, ou même de quelqu'une de ces infamies que la loi ne peut atteindre, que l'opinion publique complaisante laisse passer, que tolère la morale hypocrite du monde, n'ont-ils pas le droit, presque le devoir, de s'en emparer, et n'est-ce pas tant pis pour ceux dont sont dévoilés ainsi les défauts grotesques, les vices ou les turpitudes. En général les romanciers défendent, non sans raison leur droit de se servir de tout spectacle humain qui leur passe sous les yeux.

Mais les gens du monde, menacés de voir ainsi déchirer les apparences dont ils se couvrent si facilement, crient à l'infamie et se révoltent même dès qu'ils retrouvent dans un livre ; sans désignation de personnes, une des choses un peu honteuses qu'on fait tous les jours mais qu'on n'avoue pas. Si on racontait, si on osait raconter tout ce qu'on sait, tout ce qu'on voit, tout ce qu'on découvre à chaque moment dans la vie de tous ceux qui nous entourent, de tous ceux qu'on dit, qu'on croit honnêtes, de tous ceux qui sont respectés, honorés et cités, si on osait raconter aussi tout ce qu'on fait soi-même, les vilaines duplicités d'âme qu'on ne s'avoue seulement pas, les secrets qu'on a vis-à-vis de sa propre honnêteté, si on analysait sincèrement nos pactisations, nos raisonnements hypocrites, nos douteuses résolutions, toute notre cuisine de conscience, ce serait un tel scandale que l'écrivain serait mis à l'index jusqu'à sa mort, peut-être même emprisonné pour outrage à la morale.

La hardiesse et la conscience littéraires ne vont pas jusque-là. On se borne généralement à s'emparer d'un fait connu, chuchoté sinon crié par la voix publique ; on l'arrange, on le pare, on l'accommode à sa façon et on le sert dans un livre à sensation.

L'homme de lettres a-t-il ou n'a-t-il pas le droit, le droit moral, de faire cela ?

Tout bien considéré, il n'y a là qu'une question de nuances et de délicatesse.

La vie humaine, toute la vie qui nous passe sous les yeux nous appartient comme romanciers, mais non comme moralistes, comme policiers. Je m'explique. J'entends par là qu'en aucun cas nous n'avons le droit de paraître désigner quelqu'un, même si nous prenons dans son existence un fait qui intéresse notre art. Toute personne doit être respectée de telle sorte qu'on ne puisse jamais dire : « Tiens, il a dépeint M. Un tel », même si on reconnaît un épisode de l'histoire de cet individu, si on dit : « Ce qu'il a raconté là est arrivé à M. Un tel. »

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