Romain Rolland - Jean-Christophe Tome V
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La maison d’édition se trouvait dans le quartier de la Madeleine. Christophe monta à un salon du premier étage, et demanda Sylvain Kohn. Un employé à livrée lui répondit «qu’il ne connaissait pas». Christophe, étonné, crut qu’il prononçait mal, et il répéta la question; mais l’employé, après avoir écouté attentivement, affirma qu’il n’y avait personne de ce nom dans la maison. Tout décontenancé, Christophe s’excusait, et il allait sortir, quand au fond d’un corridor une porte s’ouvrit; et il vit Kohn lui-même, qui reconduisait une dame. Sous le coup de l’affront qu’il venait de subir de Diener, il était disposé à croire en ce moment que tout le monde se moquait de lui. Sa première pensée fut donc que Kohn l’avait vu venir, et qu’il avait donné l’ordre au garçon de dire qu’il n’était pas là. Une telle impudence le suffoqua. Il partait, indigné, lorsqu’il s’entendit appeler. Kohn de ses yeux perçants, l’avait reconnu de loin; et il courait à lui, le sourire aux lèvres, les mains tendues, avec toutes les marques d’une joie exagérée.
Sylvain Kohn était petit, trapu, la face entièrement rasée, à l’américaine, le teint trop rouge, les cheveux trop noirs, une figure large et massive, aux traits gras, les yeux petits, plissés, fureteurs, la bouche un peu de travers, un sourire lourd et malin. Il était mis avec une élégance, qui cherchait à dissimuler les défectuosités de sa taille, ses épaules hautes et la largeur de ses hanches. C’était là l’unique chose qui chagrinât son amour propre; il eût accepté de bon cœur quelques coups de pied au derrière pour avoir deux ou trois pouces de plus et la taille mieux prise. Pour le reste, il était fort satisfait de lui; il se croyait irrésistible. Le plus fort est qu’il l’était. Ce petit juif allemand, ce lourdaud, s’était fait le chroniqueur et l’arbitre des élégances parisiennes. Il écrivait de fades courriers mondains, d’un raffinement compliqué. Il était le champion du beau style français, de l’élégance française, de la galanterie française, de l’esprit français, – Régence, talon rouge, Lauzun. On se moquait de lui; mais cela ne l’empêchait point de réussir. Ceux qui disent que le ridicule tue à Paris ne connaissent point Paris: bien loin d’en mourir, il y a des gens qui en vivent; à Paris, le ridicule mène à tout, même à la gloire, même aux bonnes fortunes. Sylvain Kohn n’en était plus à compter les déclarations que lui valaient, chaque jour, ses marivaudages francfortois.
Il parlait avec un accent lourd et une voix de tête.
– Ah! voilà une surprise! criait-il gaiement, en secouant la main de Christophe dans ses mains boudinées aux doigts courts, qui semblaient tassés dans une peau trop étroite. Il ne pouvait se décider à lâcher Christophe. On eût dit qu’il retrouvait son meilleur ami. Christophe interloqué, se demandait si Kohn se moquait de lui. Mais Kohn ne se moquait pas. Ou bien, s’il se moquait, ce n’était pas plus qu’à l’ordinaire. Kohn n’avait pas de rancune: il était trop intelligent pour cela. Il y avait beau temps qu’il avait oublié les mauvais traitements de Christophe; et, s’il s’en était souvenu, il ne s’en fût guère soucié. Il était ravi de cette occasion de se faire voir à un ancien camarade, dans l’importance de ses fonctions nouvelles et l’élégance de ses manières parisiennes. Il ne mentait pas, en disant sa surprise: la dernière chose du monde à laquelle il se fût attendu était bien une visite de Christophe; et s’il était trop avisé pour ne pas savoir d’avance qu’elle avait un but intéressé, il était des mieux disposés à l’accueillir, par ce seul fait qu’elle était un hommage rendu à son pouvoir.
– Et vous venez du pays? Comment va la maman? demandait-il avec une familiarité qui, en un autre jour, eût choqué Christophe, mais qui lui faisait du bien, maintenant, dans cette ville étrangère.
– Mais comment se fait-il, demanda Christophe, encore un peu soupçonneux, qu’on m’ait répondu tout à l’heure que Monsieur Kohn n’était pas là?
– Monsieur Kohn n’est pas là, dit Sylvain Kohn, en riant. Je ne me nomme plus Kohn. Je m’appelle Hamilton.
Il s’interrompit.
– Pardon! fit-il.
Il alla serrer la main à une dame qui passait, et grimaça des sourires. Puis il revint. Il expliqua que c’était une femme de lettres, célèbre par des romans d’une volupté brûlante. La moderne Sapho avait une décoration violette à son corsage, des formes plantureuses, et des cheveux blond ardent sur une figure réjouie et plâtrée; elle disait des choses prétentieuses d’une voix mâle, qui avait un accent franc-comtois.
Kohn se remit à questionner Christophe. Il s’informait de tous les gens du pays, demandait ce qu’était devenu celui-ci celui-là, mettant une coquetterie à montrer qu’il se souvenait de tous. Christophe avait oublié son antipathie; il répondait, avec une cordialité reconnaissante, donnant une foule de détails, qui étaient absolument indifférents à Kohn, et qu’il interrompit de nouveau.
– Pardon, fit-il encore.
Et il alla saluer une autre visiteuse.
– Ah! ça, demanda Christophe, il n’y a donc que les femmes qui écrivent en France?
Kohn se mit à rire, et dit avec fatuité:
– La France est femme, mon cher. Si vous voulez arriver, faites-en votre profit.
Christophe n’écouta point l’explication, et continua les siennes. Kohn, pour y mettre fin, demanda:
– Mais comment diable, êtes-vous ici?
Voilà! pensa Christophe. Il ne savait rien. C’est pourquoi il était si aimable. Tout va changer, quand il saura.
Il mit un point d’honneur à conter tout ce qui pouvait le compromettre: la rixe avec les soldats, les poursuites contre lui, sa fuite du pays.
Kohn se tordit de rire:
– Bravo! criait-il, bravo! Ah! la bonne histoire!
Il lui serra la main chaleureusement. Il était enchanté de tout pied de nez à l’autorité; et celui-ci l’amusait d’autant plus qu’il connaissait les héros de l’histoire: le côté comique lui en apparaissait.
– Écoutez, continua-t-il. Il est midi passé. Faites-moi le plaisir… Déjeunez avec moi.
Christophe accepta avec reconnaissance. Il pensait:
– C’est un brave homme, décidément. Je me suis trompé.
Ils sortirent ensemble. Chemin faisant, Christophe hasarda sa requête:
– Vous voyez maintenant quelle est ma situation. Je suis venu ici chercher du travail, des leçons de musique, en attendant que je me sois fait connaître. Pourriez-vous me recommander?
– Comment donc! fit Kohn. À qui vous voudrez. Je connais tout le monde ici. Tout à votre service.
Il était heureux de faire montre de son crédit.
Christophe se confondait en remerciements. Il se sentait le cœur déchargé d’un grand poids.
À table, il dévora, de l’appétit d’un homme qui ne s’était pas repu depuis deux jours. Il s’était noué sa serviette autour du cou, et mangeait avec son couteau. Kohn-Hamilton était horriblement choqué par sa voracité et ses manières paysannes. Il ne fut pas moins blessé du peu d’attention que son convive prêtait à ses vantardises. Il voulait l’éblouir par le récit de ses belles relations et de ses bonnes fortunes; mais c’était peine perdue; Christophe n’écoutait pas, il interrompait sans façons. Sa langue se déliait; il devenait familier. Il avait le cœur gonflé de gratitude et il assommait Kohn, en lui confiant naïvement ses projets d’avenir. Surtout, il l’exaspérait par son insistance à lui prendre la main par-dessus la table et à la presser avec effusion. Et il mit le comble à son irritation, en voulant à la fin trinquer, à la mode allemande, et boire, avec des paroles sentimentales, à ceux qui étaient là-bas et au Vater Rhein . Kohn vit, avec épouvante, le moment où il allait chanter. Les voisins de table les regardaient ironiquement. Kohn prétexta des occupations urgentes, et se leva. Christophe s’accrochait à lui; il voulait savoir quand il pourrait avoir une recommandation, se présenter chez quelqu’un, commencer ses leçons.
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