Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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«C'est inadmissible. On essaye d'améliorer nos relations avec la population locale et on tue leurs enfants. Il faudrait les juger». Je me montrai sceptique: «Cela va être difficile, Herr Standartenführer. Leur réaction a été malheureuse, mais compréhensible. En outre, ça fait des mois qu'on leur fait fusiller des enfants; il serait malaisé de les punir pour la même chose». – «Ce n'est pas la même chose! Les enfants que nous exécutons sont des condamnés! Ceux-là étaient des enfants innocents». -»Si vous me le permettez, Herr Standartenführer, la base sur laquelle les condamnations sont décidées rend une telle distinction assez arbitraire». Il ouvrit grands les yeux et ses narines frémirent de colère; puis il se ravisa et se calma d'un coup. «Changeons de sujet, Hauptsturmführer. Je voulais de toute façon discuter avec vous depuis plusieurs jours. Je crois que vous êtes très fatigué. Le Dr. Sperath pense que vous frisez l'épuisement nerveux». -»Excusez-moi, Herr Standartenführer, mais permettez-moi de nier cette opinion. Je me sens très bien». Il m'offrit une cigarette et en alluma une lui-même. «Hauptsturmführer, je suis médecin de formation. Moi aussi, je sais reconnaître certains symptômes. Vous êtes, comme on dit vulgairement, complètement cramé. Vous n'êtes pas le seul, d'ailleurs: presque tous les officiers du Kommando sont à bout. De toute façon, à cause de l'hiver nous connaissons déjà une forte baisse d'activité et pouvons nous permettre de fonctionner pendant un mois ou deux avec des effectifs réduits. Un certain nombre d'officiers vont être soit relevés, soit envoyés en permission médicale prolongée. Ceux qui ont de la famille rentreront en Allemagne. Les autres, comme vous, iront en Crimée, dans un des sanatoriums de la Wehrmacht. Il paraît que c'est très beau, là-bas. Vous pourrez même vous baigner, d'ici quelques semaines». Un petit sourire passa sur son visage étroit et il me tendit une enveloppe. «Voici vos autorisations de voyage et vos attestations. Tout est en ordre. Vous avez deux mois, après on verra. Reposez-vous bien». La décision de Weinmann avait provoqué en moi une poussée irraisonnée de haine et de ressentiment; mais en arrivant en Crimée, je compris tout de suite qu'il avait eu raison. Durant le long voyage en train, j'avais peu réfléchi, je laissais mes pensées divaguer sur les vastes étendues blanches. Je regrettais Hanika. La chambre vide, lorsque j'y étais retourné faire mon paquetage, m'avait serré le cœur; j'avais l'impression d'être recouvert de la tête aux pieds du sang de Hanika et je me changeai rageusement; tous mes uniformes me paraissaient d'une propreté douteuse, cela me mettait hors de moi. De nouveau, j'eus une crise de vomissement; mais pleurer, je n'y songeais même pas. Je partis dès que possible, par Dniepropetrovsk jusqu'à Simferopol. La plupart des hommes à bord du train étaient des convalescents ou des permissionnaires, qu'on envoyait se requinquer après les horreurs du front. Un médecin militaire m'expliqua que, rien qu'au mois de janvier, nous avions perdu l'équivalent de douze divisions à cause du gel et des maladies. Déjà, la température s'adoucissait un peu, et l'on se prenait à espérer que le plus dur était passé; mais c'avait été un des pires hivers de mémoire d'homme, et pas seulement en Russie, si froid que partout en Europe on brûlait les livres, les meubles et les pianos, même les plus anciens, comme de part et d'autre du continent brûlait tout ce qui avait fait la fierté de notre civilisation. Les Nègres dans leur jungle, me disais-je amèrement, s'ils sont au courant, doivent bien se marrer. Nos folles ambitions, pour le moment, n'apportaient pas le résultat escompté, et partout la souffrance croissait, s'étendait. Même le Reich n'était plus à l'abri: les Britanniques lançaient de grands raids aériens, surtout sur la Ruhr et le Rhin; les officiers qui avaient leurs familles dans ces régions en étaient très affectés. Rien que dans mon compartiment, un Hauptmann de l'artillerie, blessé à la jambe devant Izyoum, avait perdu ses deux enfants dans un bombardement à Wuppertal; on lui avait proposé de rentrer, mais il avait demandé à aller en Crimée, car il ne voulait pas voir sa femme. «Je ne pourrais pas», lâcha-t-il laconiquement avant de se renfermer dans son mutisme.

Le médecin militaire, un Viennois un peu rondouillard, presque chauve et nommé Hohenegg, se révéla un fort agréable compagnon de voyage. C'était un professeur, titulaire d'une importante chaire à Vienne, qui remplissait les fonctions d'anatomo-pathologiste en chef de la 6e armée. Même lorsqu'il avançait les opinions les plus sérieuses, sa voix douce, presque grasse, semblait trahir une pointe d'ironie. La médecine lui avait donné des vues philosophiques: nous en discutâmes assez longuement tandis que le train traversait la steppe au-delà de Zaporogue, aussi vide de toute vie que la haute mer. «L'avantage de l'anatomo-pathologie, m'expliquait-il, c'est qu'à force d'ouvrir des cadavres de tous les âges et de tous les sexes, on a l'impression que la mort perd de son épouvante, se réduit à un phénomène physique aussi ordinaire et banal que les fonctions naturelles du corps. J'en arrive très calmement à m'imaginer moi-même sur une table de dissection, sous les mains de mon successeur, qui ferait une légère moue en observant l'état de mon foie». – «Ah, mais c'est que vous avez la chance de les recevoir déjà morts. C'est tout autre chose lorsque, comme il arrive souvent ic i, surtout quand on travaille au SD, on assiste au pas au-delà lui-même». – «Voire qu'on y contribue». – «Précisément. Quelle que soit son attitude ou son idéologie, le spectateur ne peut jamais pleinement saisir l'expérience du trépassé». Hohenegg réfléchit: «Je vois ce que vous voulez dire. Mais ce fossé n'existe que pour celui qui regarde. Car lui seul peut en discerner les deux côtés. Le mourant, lui, ne fait que subir quelque chose de confus, plus ou moins bref, plus ou moins brutal, mais qui de toute façon échappera toujours à sa conscience. Connaissez-vous Bossuet?» – «En français, même», répondis-je en souriant dans cette langue. -

«Excellent. Je constate que votre éducation a été un peu plus large que celle du juriste moyen». Il déclama les périodes en un français assez épais, haché: «Ce dernier moment, qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre lui-même, avec tout le reste, dans ce grand gouffre du néant. Il n'y aura plus sur la terre aucun vestige de ce que nous sommes: la chair changera de nature; le corps prendra un autre nom; même celui de cadavre ne demeurera pas longtemps. "Il deviendra, dit Tertullien, un je-ne-sais-quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue."«- «Cela, dis-je, est très bien pour le mort, je l'ai souvent pensé. Le problème n'en est un que pour les vivants». – «Jusqu'à leur propre mort», rétorqua-t-il en clignant de l'œil. Je ris doucement et lui aussi; les autres passagers du compartiment, qui discutaient saucisses ou femelles, nous contemplaient avec surprise. À Simferopol, terminus du train, on nous chargea dans des camions ou des ambulances pour nous convoyer à Yalta. Hohenegg, venu rendre visite aux médecins de l'AOK 11, restait à Simferopol; je me séparai de lui avec regret Le convoi prenait une route de montagne, à l'est, par Alouchta, car Bakhtchi-Saraï se trouvait toujours dans la zone des opérations du siège de Sébastopol. On me casa dans un sanatorium à l'ouest de Yalta, au-dessus de la route de Livadia, le dos aux abruptes montagnes enneigées qui surplombent la ville, un ancien palais princier converti en Kurort pour ouvriers soviétiques, un peu endommagé par les combats, mais rapidement rafistolé et repeint. Je disposais d'une agréable petite chambre au second étage, avec salle de bains et petit balcon: le mobilier laissait un peu à désirer, mais à mes pieds, au-delà des cyprès, s'étalait la mer Noire, lisse, grise, calme. Je ne me lassais pas de la regarder. S'il faisait encore un peu froid, l'air était bien plus doux qu'en Ukraine, et je pouvais sortir fumer à la balustrade; sinon, couché sur le divan face à la porte-fenêtre, je coulais de longues heures tranquilles à lire. Je ne manquais pas de lecture: j'avais mes propres volumes et en outre le sanatorium disposait d'une bibliothèque, composée surtout d'ouvrages abandonnés par les patients précédents, fort éclectique et comportant même, à côté de l'illisible Mythe du XXe siècle, des traductions allemandes de Tchékhov que je découvris avec un grand plaisir. Je n'avais aucune obligation médicale. À mon arrivée un médecin m'avait examiné et fait décrire mes symptômes. «Ce n'est rien, conclut-il après avoir lu la note du Dr. Sperath. Fatigue nerveuse. Repos, bains, pas d'excitation, le moins d'alcool possible, et gare aux Ukrainiennes. Ça passera tout seul. Bon séjour».

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