Jonathan Littell - Les Bienveillantes
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Je me couchai sur le lit, je touchai mes parties d'enfant si étranges sous mes doigts, je me retournai sur le ventre, caressai mes fesses, touchai doucement mon anus. Je mettais tous mes efforts à imaginer que ces fesses étaient celles de ma sœur, je les pétrissais, leur administrais des claques. Elle riait. Je continuais à la fesser, du plat de la main, ce derrière élastique claquait sous mes paumes, et elle, les seins, le visage couchés comme les miens sur le drap, était prise d'un fou rire incontrôlable. Lorsque je m'arrêtai, les fesses étaient rouges, je ne sais pas si les miennes l'étaient en vérité, car dans cette position je ne pouvais frapper fort, mais sur cette espèce de scène invisible dans ma tête elles l'étaient, je voyais la vulve rasée déborder entre elles, encore blanche et rose, et je lui tournais le corps, les fesses vers le grand miroir en pied et je lui disais: «Regarde», et elle, toujours riant, tournait la tête pour voir, et ce qu'elle voyait lui coupait le rire et la respiration, comme ça me les coupait à moi. Suspendu à ma pensée, flottant dans cet espace sombre et vide seulement habité par nos corps, je tendais lentement la main vers elle, l'index pointé, et je lui passais le doigt dans la fente qui s'entrouvrait comme une blessure mal cicatrisée. Alors je me glissais derrière elle et, plutôt que de rester à genoux, m'accroupissais de manière à voir entre mes jambes et qu'elle puisse voir aussi. Appuyé d'une main sur sa nuque dégagée – elle avait la tête posée sur le lit et regardait entre ses jambes – je prenais ma verge de l'autre main et la poussais entre les lèvres de son sexe; dans le miroir, en tournant la tête, je pouvais clairement voir ma verge entrer dans sa vulve enfantine, et, par-dessous, son visage renversé, gorgé de sang et hideux. «Arrête, arrête, gémissait-elle, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire», et alors je la poussais en avant afin que son corps soit de nouveau à plat sur le lit, écrasé par le mien, et je la prenais ainsi, mes deux mains sur sa longue nuque, elle haletait tandis que ma jouissance partait avec un râle. Puis je m'arrachais à elle et roulais sur le lit, et elle, elle pleurait comme une petite fille: «Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire», alors je me mettais aussi à pleurer et je lui touchais la joue: «Comment faut-il faire?», et elle se coulait sur moi, m'embrassait le visage, les yeux, les cheveux, «Ne pleure pas, ne pleure pas, je vais te montrer», elle se calmait, je me calmais aussi, elle était à cheval sur moi, son ventre et sa vulve lisse frottaient mon ventre, elle se redressait, s'accroupissait de manière à se retrouver assise sur mes reins, les genoux relevés et le sexe gonflé, comme une chose étrangère et décorative attachée à son corps, posé sur mon abdomen, elle se mettait à le frotter et il s'entrouvrait, il en coulait du sperme mêlé à ses propres sécrétions dont elle barbouillait mon ventre, face à moi, m'embrassant le ventre avec sa vulve comme avec une bouche, je me redressais, la prenais par la nuque et appuyé contre elle l'embrassais dans la bouche, ses fesses poussaient maintenant contre ma verge qui durcissait, elle me repoussait sur le dos et, une main appuyée sur ma poitrine, toujours accroupie, elle guidait ma verge de l'autre main et s'empalait dessus. «Comme ça, répétait-elle, comme ça». Elle bougeait d'avant en arrière, par saccades, les yeux fermés, moi, je regardais son corps, je cherchais son petit corps plat d'autrefois sous les seins et les rondeurs de ses hanches, hébété, comme assommé. L'orgasme sec et nerveux, presque sans sperme, me déchira comme un couteau à poisson, elle continuait à plonger sur moi, sa vulve comme une coquille ouverte, prolongée par la longue cicatrice droite qui lui découpait le ventre, et tout cela maintenant formait une seule longue fente, que mon sexe ouvrait jusqu'au nombril. Il neigeait dans la nuit, mais moi, j'errais toujours dans cet espace sans bornes où ma pensée régnait en maître, faisant et défaisant les formes avec une absolue liberté qui néanmoins ne cessait de venir se heurter aux limites des corps, le mien réel, matériel, et le sien figuré et donc inépuisable, en un va-et-vient erratique qui me laissait chaque fois plus vide, plus fébrile, plus désespéré. Assis nu sur le lit, exténué, je buvais de l'eau-de-vie et fumais et mon regard passait du dehors, de mes genoux rougis, mes longues mains veinées, mon sexe recroquevillé au bas de mon ventre si légèrement bombé, à l'intérieur, où il se promenait sur son corps endormi, étalé sur le ventre, la tête tournée vers moi, les jambes allongées, comme une petite fille. J'écartais doucement ses cheveux et dégageais sa nuque, sa belle nuque puissante, et alors ma pensée revenait, comme dans l'après-midi, au cou étranglé de notre mère, celle qui nous avait portés ensemble dans son ventre, je caressais la nuque de ma sœur et tentais avec sérieux et application de m'imaginer tordant le cou de ma mère, mais c'était impossible, l'image ne venait pas, il n'y avait en moi aucune trace d'une telle image, elle refusait obstinément de se former dans le miroir que je contemplais au sein de moi-même, cette glace ne réfléchissait rien, restait vide, même lorsque je posais mes deux mains sous les cheveux de ma sœur et me disais: Oh mes mains sur la nuque de ma sœur. Oh mes mains sur le cou de ma mère. Non, rien, il n'y avait rien. Secoué de frissons, je me couchai en chien de fusil au bout du lit. Après un long moment j'ouvris les yeux. Elle reposait de tout son long, une main sur le ventre, les jambes écartées. Sa vulve se trouvait face à mon visage. Les lèvres intérieures dépassaient légèrement des chairs pâles et bombées. Ce sexe me regardait, m'épiait, comme une tête de Gorgone, comme un cyclope immobile dont l'œil unique ne cligne jamais. Petit à petit ce regard muet me pénétra jusqu'à la moelle. Mon souffle s'accéléra et je tendis la main pour le cacher: je ne le voyais plus, mais lui, il me voyait toujours et me dénudait (alors que j'étais déjà nu). Si seulement je pouvais encore bander, songeai-je, je pourrais me servir de ma pine comme d'un pieu durci au feu, et aveugler ce Polyphème qui me faisait Personne. Mais ma verge restait inerte, j'étais comme médusé. J'allongeai mon bras et enfonçai mon majeur tendu dans cet œil démesuré. Les hanches remuèrent légèrement, mais ce fut tout. Loin de l'avoir crevé, je l'avais au contraire écarquillé, libérant le regard de l'œil qui se cachait encore derrière. Alors j'eus une idée: je retirai mon doigt et, me tirant par les avant-bras, poussai mon front contre cette vulve, appuyant ma cicatrice contre le trou. Maintenant, c'était moi qui regardais à l'intérieur, fouillait les profondeurs de ce corps de mon troisième œil rayonnant, tandis que son œil unique à elle rayonnait sur moi et que nous nous aveuglions ainsi mutuellement: sans bouger, je jouis dans un immense éclaboussement de lumière blanche, tandis qu'elle criait: «Qu'est-ce que tu fais, qu'est-ce que tu fais?», et je riais à gorge déployée, le sperme jaillissait toujours à grands jets de ma verge, jubilant, je mordais sa vulve à pleines dents pour la gober, et mes yeux s'ouvraient enfin, s'éclairaient, et voyaient tout.
Au matin, un épais brouillard était venu tout recouvrir: de la chambre, je ne voyais ni l'allée de bouleaux, ni la forêt, ni même le bord de la terrasse. J'ouvris la fenêtre, j'entendais de nouveau les gouttes couler du toit, le cri creux d'un coucou, loin dans la forêt. Pieds nus, je descendis au rez-de-chaussée et sortis sur la terrasse. La neige sur les dalles était froide sous mes pieds, l'air frais hérissait ma peau, j'allai m'appuyer contre la rambarde de pierre. En me retournant, je ne voyais même plus la façade de la maison, le prolongement de la rambarde disparaissait dans la brume, j'avais l'impression de flotter, isolé de tout. Une forme dans la neige du jardin, peut-être celle que j'avais entraperçue la veille, attira mon attention. Je me penchai pour mieux la distinguer, le brouillard la voilait à moitié, cela me faisait de nouveau penser à un corps, mais plutôt à celui de la jeune pendue de Kharkov, couché dans la neige du jardin des Syndicats, le sein rongé par les chiens. Je frissonnais, la peau me picotait, le froid rendait mon épiderme extra-ordinairement sensible, mon sexe nu et rasé, l'air frais, le brouillard qui m'enveloppaient me donnaient un fabuleux sentiment de nudité, une nudité absolue, presque crue. La forme avait disparu, maintenant, ce devait être un repli de terrain, je l'oubliai et appuyai mon corps contre la rambarde, laissant mes doigts se promener sur ma peau. Lorsque ma main se mit à masser ma verge je m'en aperçus à peine, tellement cela altérait peu les sensations qui lentement me pelaient la chair, puis m'effeuillaient les muscles, puis m'ôtaient les os eux-mêmes pour laisser seulement quelque chose d'innommable qui, se réfléchissant, se donnait du plaisir comme à une chose identique mais légèrement décalée, non pas opposée mais confondue en ses oppositions. La jouissance me projeta en arrière comme une décharge et m'envoya sur les dalles couvertes de neige de la terrasse où je restai dans l'hébétude, tremblant de tous mes membres. Je croyais apercevoir une forme rôder dans le brouillard près de moi, une forme féminine, j'entendais des hurlements, ils me semblaient lointains mais ce devaient être les miens, et en même temps je savais que tout cela se passait en silence, et que pas un son ne venait de ma bouche troubler ce matin si gris. La forme se détacha du brouillard et vint se coucher sur moi. Le froid de la neige me mordait les os. «C'est nous, glissai-je en murmurant dans le labyrinthe de sa petite oreille ronde. C'est nous». Mais la forme restait muette et je savais que c'était toujours moi, seulement moi. Je me relevai et rentrai dans la maison, je grelottais, je me roulai sur les tapis pour me sécher, respirant lourdement. Puis je descendis à la cave. Je tirai des bouteilles au hasard et soufflai dessus pour lire les étiquettes, les grands nuages de poussière me faisaient éternuer. L'odeur froide et humide de cette cave pénétrait mes narines, la plante de mes pieds jouissait du sentiment froid, humide, presque glissant, du sol de terre battue. Je m'arrêtai à une bouteille et l'ouvris avec un tire-bouchon suspendu à une ficelle, je bus au goulot, le vin coulait de mes lèvres sur mon menton et ma poitrine, je bandais de nouveau, la forme se tenait maintenant derrière les étagères et oscillait doucement, je lui offris du vin mais elle ne bougea pas, alors je me couchai sur la terre battue et elle vint s'accroupir sur moi, je continuai à boire à la bouteille tandis qu'elle se servait de moi, je lui crachai un jet de vin mais elle n'y prit garde, elle continuait son va-et-vient saccadé. Chaque fois, maintenant, ma jouissance se faisait plus acre, plus rêche, plus acidulée, les poils minuscules qui réapparaissaient irritaient mes chairs et ma verge, et lorsque tout de suite après elle détumesçait, elle laissait saillir les grosses veines vertes sous la peau rouge et fripée, le réseau des veinules violettes. Et pourtant je n'avais plus de cesse, je courais pesamment à travers la grande maison, dans les chambres, les salles de bains, m'excitant par tous les moyens mais sans jouir, car je ne le pouvais plus. Je jouais à me cacher, sachant qu'il n'y avait personne pour me trouver, je ne savais plus trop ce que je faisais, je suivais les impulsions de mon corps abasourdi, mon esprit restait clair et transparent mais mon corps, lui, se réfugiait dans son opacité et sa faiblesse, plus je le travaillais, moins il me servait de passage et plus il se muait en obstacle, je le maudissais et aussi rusais avec cet épaississement, l'agaçant et l'excitant jusqu'à la démence, mais d'une excitation froide, presque désexualisée. Je commettais toutes sortes d'obscénités infantiles: dans une chambre de bonne, je me mettais à genoux sur le lit étroit et me fichais une bougie dans l'anus, je l'allumais tant bien que mal et la manœuvrais, faisant tomber de grosses gouttes de cire chaude sur mes fesses et l'arrière de mes testicules, je braillais, la tête écrasée contre le châlit en fer; après, je chiais accroupi sur les toilettes turques dans l'obscur réduit des domestiques; je ne m'essuyais pas, mais me branlais debout dans l'escalier de service, frottant contre la rambarde mes fesses merdeuses dont l'odeur m'assaillait le nez et me démontait la tête; et en jouissant je manquais basculer dans les escaliers, je me rattrapai de justesse en riant et regardai les traces de merde sur le bois, que j'essuyai soigneusement avec une petite nappe en dentelle prise dans la chambre d'amis. Je grinçais des dents, je pouvais à peine supporter de me toucher, je riais comme un fou, enfin je m'endormis étendu sur le plancher du couloir. Au réveil j'étais affamé, je dévorai tout ce que je pus trouver et bus une autre bouteille de vin. Dehors le brouillard voilait tout, il devait encore faire jour mais il était impossible de deviner l'heure. J'ouvris le grenier: il était sombre, poussiéreux, empli d'une odeur musquée, mes pieds laissaient de grandes traces dans la poussière. J'avais pris des ceintures en cuir que je passai sur une poutre, et j'entrepris de montrer à la forme, qui m'avait discrètement suivi, comment je me pendais dans la forêt quand j'étais petit. La pression sur mon cou me faisait de nouveau bander, cela m'affolait, pour éviter d'étouffer je devais me dresser sur la pointe des pieds. Je me branlai ainsi très rapidement, en ne frottant que le gland enduit de salive, jusqu'à ce que le sperme jaillisse à travers le grenier, quelques gouttes seulement mais projetées avec une force inouïe, je me laissai aller de tout mon poids à la jouissance, si la forme ne m'avait pas soutenu je me serais pendu pour de bon. Enfin je me décrochai et m'affalai dans la poussière. La forme, à quatre pattes, flairait mon membre flasque comme un petit animal avide, levait la jambe pour m'exposer sa vulve, mais évitait mes mains lorsque je les approchais. Je ne bandais pas assez rapidement pour elle et elle m'étrangla avec une des ceintures; lorsque ma verge fut enfin dressée, elle me libéra le cou, me lia les pieds et se ficha sur moi. «À toi, dit-elle. Serre-moi le cou». Je pris son cou dans mes mains et appuyai des deux pouces tandis qu'elle relevait ses jambes et, les pieds posés au sol, allait et venait sur ma verge endolorie. Sa respiration fusait entre ses lèvres en un sifflement aigu, j'appuyai encore, son visage gonflait, prenait une teinte cramoisie, affreuse à voir, son corps restait blanc mais son visage était rouge comme de la viande crue, sa langue dépassait entre ses dents, elle ne pouvait même pas râler, et quand elle jouit, m'enfonçant les ongles dans les poignets, elle se vida sous elle, et je me mis à hurler, à beugler et à frapper ma tête contre le plancher, j'étais au-delà de toute retenue, je frappais ma tête et sanglotais, non par horreur, parce que cette forme femelle qui ne voulait jamais rester celle de ma sœur avait pissé sur moi, ce n'était pas ça, en la voyant jouir et pisser étranglée je voyais les pendues de Kharkov qui en étouffant se vidaient au-dessus des passants, j'avais vu cette fille que nous avions pendue un jour d'hiver dans le parc derrière la statue de Chevtchenko, une fille jeune et saine et resplendissante de vie, avait-elle joui lorsque nous l'avions pendue et qu'elle faisait dans sa culotte, lorsqu'elle se débattait et gigotait, étranglée, jouissait-elle, avait-elle même jamais joui, elle était très jeune, avait-elle connu cela avant que nous la pendions, de quel droit l'avions-nous pendue, comment pouvait-on pendre cette fille, et je sanglotais sans fin, ravagé par son souvenir, ma Notre-Dame-des-Neiges, ce n'était pas des remords, je n'avais pas de remords, je ne me sentais pas coupable, je ne pensais pas que les choses auraient pu ou dû être autrement, seulement je comprenais ce que cela voulait dire de pendre une fille, nous l'avions pendue comme un boucher égorge un bœuf, sans passion, parce qu'il fallait le faire, parce qu'elle avait fait une bêtise et devait le payer de sa vie, c'était la règle du jeu, de notre jeu, mais celle que nous avions pendue n'était pas un porc ou un bœuf qu'on tue sans y penser parce qu'on veut manger sa chair, c'était une jeune fille qui avait été une petite fille peut-être heureuse et qui entrait alors dans la vie, une vie pleine d'assassins qu'elle n'avait pas su éviter, une fille comme ma sœur en quelque sorte, la sœur de quelqu'un, peut-être, comme moi aussi j'étais le frère de quelqu'un, et une telle cruauté n'avait pas de nom, quelle que soit sa nécessité objective elle ruinait tout, si l'on pouvait faire ça, pendre une jeune fille comme ça, alors on pouvait tout faire, il n'y avait plus aucune assurance, ma sœur pouvait un jour pisser gaiement dans un W-C et le lendemain se vider en étouffant au bout d'une corde, cela ne rimait absolument à rien, et voilà pourquoi je pleurais, je ne comprenais plus rien et je voulais être seul pour ne plus rien comprendre. Je me réveillai dans le lit d'Una. J'étais toujours nu mais mon corps était propre et mes jambes libres. Comment étais-je arrivé là? Je n'en avais aucun souvenir. Le poêle s'était éteint et j'avais froid. Je prononçai doucement, idiotement, le nom de ma sœur: «Una, Una». Le silence me glaça et me fit trembler, mais peut-être était-ce le froid. Je me levai: dehors, il faisait jour, le ciel était nuageux mais il y avait une belle lumière, le brouillard s'était dissipé et je regardai la forêt, les arbres aux branches encore chargées de neige. Quelques vers absurdes me vinrent à l'esprit, une vieille chanson de Guillaume IX, ce duc un peu follet d'Aquitaine: Ferai un vers de rien du tout Ni de moi, ni des autres gens, Ni de l'amour ni la jeunesse Ni de rien autre.
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