Jonathan Littell - Les Bienveillantes

Здесь есть возможность читать онлайн «Jonathan Littell - Les Bienveillantes» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Историческая проза, Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Les Bienveillantes: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Les Bienveillantes»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Les Bienveillantes — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Les Bienveillantes», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

J'avais laissé mes fenêtres ouvertes et l'aube se déversa peu à peu dans l'appartement. Lentement, les oscillations de la fièvre me ramenaient vers la conscience de mon corps, des draps trempés qui l'enserraient. Un besoin violent acheva de me réveiller. Je ne sais pas trop comment, je réussis à me traîner jusqu'à la salle de bains, à me poser sur la cuvette pour me vider, une longue diarrhée qui semblait ne plus finir. Lorsqu'elle cessa enfin je m'essuyai tant bien que mal, pris le verre un peu sale où je gardais ma brosse à dents, et puisai à même le seau pour boire avec avidité cette mauvaise eau qui me paraissait celle de la source la plus pure; mais verser le reste du seau dans la cuvette pleine d'immondices (la chasse d'eau ne marchait plus depuis longtemps), je n'en eus pas la force. Je retournai m'enrouler dans les couvertures et grelottai violemment, longuement, accablé par l'effort. Plus tard j'entendis frapper à la porte: ce devait être Piontek, que d'habitude je retrouvais dans la rue, mais je n'avais plus la force de me lever. La fièvre allait et venait, tantôt sèche et presque douce, tantôt une fournaise déchaînée dans mon corps. Le téléphone sonna plusieurs fois, chaque sonnerie me vrillait le tympan comme un coup de couteau, mais je ne pouvais rien faire, ni répondre, ni le couper. La soif était revenue tout de suite et absorbait la majeure partie de mon attention, laquelle, maintenant presque détachée de tout, étudiait mes symptômes sans passion, comme de l'extérieur. Je savais que si je ne faisais rien, si personne ne venait, j'allais mourir ici, sur ce lit, au milieu de flaques d'excréments et d'urine, car, incapable de me relever, j'allais bientôt faire sous moi. Mais cette idée ne m'affligeait pas, ne m'inspirait aucune pitié ou peur, je n'éprouvais que du mépris envers ce que j'étais devenu et ne souhaitais ni que cela cesse, ni que cela continue. Au milieu des divagations de mon esprit malade, le jour éclairait maintenant l'appartement, la porte s'ouvrit et Piontek entra. Je le pris pour une nouvelle hallucination et ne fis que sourire niaisement lorsqu'il m'adressa la parole. Il s'approcha de mon lit, me toucha le front, prononça distinctement le mot «Merde», et appela Frau Zempke, qui avait dû lui ouvrir. «Allez chercher à boire», lui dit-il. Puis je l'entendis téléphoner. Il revint me voir: «Vous m'entendez, Herr Obersturmbannführer?» Je fis signe que oui. «J'ai appelé le bureau. Un médecin va venir. À moins que vous ne préfériez que je vous transporte à l'hôpital?» Je fis signe que non. Frau Zempke revint avec un pichet d'eau; Piontek en versa dans un verre, me souleva la tête, et me fit boire un peu. La moitié du verre coula sur ma poitrine et les draps. «Encore», fis-je. Je bus ainsi plusieurs verres, cela me ramenait à la vie. «Merci», dis-je. Frau Zempke fermait les fenêtres. «Laissez-les ouvertes», ordonnai-je. – «Vous voulez manger quelque chose?» demanda Piontek. – «Non», répondis-je et me laissai aller sur mon coussin trempé. Piontek ouvrit l'armoire, en tira des draps propres, et entreprit de refaire le lit. Les draps secs étaient frais, mais trop rugueux pour ma peau devenue hypersensible, je ne pouvais trouver de position reposante. Un peu plus tard, un médecin S S arriva, un Hauptsturmführer que je ne connaissais pas. Il m'examina de la tête aux pieds, me palpa, m'ausculta – le métal froid du stéthoscope brûlait ma peau -, prit ma température, tapota ma poitrine. «Vous devriez être à l'hôpital», déclara-t-il enfin. – «Je ne veux pas», dis-je. Il fit la moue: «Vous avez quelqu'un qui peut s'occuper de vous? Je vais vous faire une piqûre, mais vous devrez prendre des cachets, boire du jus de fruits, du bouillon». Piontek alla discuter avec Frau Zempke, qui était redescendue, puis revint dire qu'elle pourrait s'occuper de ça. Le médecin m'expliqua ce que j'avais mais, soit que je ne comprisse rien à ses paroles, soit que j'oubliasse de suite, je ne retins rien de son diagnostic. Il me fit une piqûre, abominablement douloureuse. «Je reviendrai demain, dit-il. Si la fièvre n'a pas baissé, je vous ferai hospitaliser». – «Je ne veux pas être hospitalisé», marmonnai-je. – «Je vous assure que ça m'est égal», me dit-il sévèrement. Puis il me quitta. Piontek avait l'air gêné. «Bon, Herr Obersturmbannführer, je vais aller voir si je peux trouver des choses pour Frau Zempke». Je hochai la tête et il partit à son tour. Un peu plus tard, Frau Zempke apparut avec un bol de bouillon dont elle m'obligea à avaler quelques cuillerées. Le jus tiède débordait de ma bouche, coulait sur mon menton envahi par une barbe rêche, Frau Zempke m'essuyait patiemment et recommençait. Puis elle me fit boire de l'eau. Le médecin m'avait aidé à uriner, mais mes coliques me reprenaient; après mon séjour à Hohenlychen, j'avais perdu toute timidité à cet égard, je demandai en m'excusant à Frau Zempke de m'aider, et cette femme déjà âgée le fit sans dégoût, comme s'il se fût agi d'un petit enfant. Enfin elle me laissa et je flottai sur mon lit. Je me sentais léger maintenant, calme, la piqûre avait dû me soulager un peu, mais j'étais vide de toute énergie, vaincre le poids du drap pour lever mon bras aurait été au-delà de mes forces. Cela m'était indifférent, je me laissai aller, je sombrai tranquillement dans ma fièvre et la douce lumière d'été, le ciel bleu qui emplissait le cadre des fenêtres ouvertes, vide et serein. En pensée, je tirais autour de moi non seulement mes draps et mes couvertures mais l'appartement entier, je m'en enveloppai le corps, c'était chaud et rassurant, comme un utérus dont je n'aurais jamais voulu sortir, paradis sombre, muet, élastique, agité seulement par le rythme des battements de cœur et du sang qui coule, une immense symphonie organique, ce n'était pas Frau Zempke qu'il me fallait, mais un placenta, je baignais dans ma sueur comme dans un liquide amniotique, et j'aurais voulu que la naissance n'existe pas. L'épée de feu qui me chassa de cet éden, ce fut la voix de Thomas: «Eh bien! Tu n'as pas l'air en forme». Lui aussi me redressa, me fit boire un peu. «Tu devrais être à l'hôpital», dit-il comme les autres. – «Je ne veux pas aller à l'hôpital», répétai-je stupidement, obstinément. Il regarda autour de lui, sortit sur le balcon, revint. «Qu'est-ce que tu vas faire en cas d'alerte? Tu ne pourras jamais descendre à la cave». «Je m'en fous». – «Viens au moins chez moi, alors. Je suis à Wannsee, maintenant, tu seras tranquille. Ma gouvernante s'occupera de toi». – «Non». Il haussa les épaules: «Comme tu veux». Je souhaitais de nouveau pisser, je profitai de sa présence pour le mettre à contribution. Il voulait encore me parler, mais je ne répondais pas.

Enfin il partit. Un peu plus tard, Frau Zempke revint s'affairer autour de moi: je me laissai faire avec une morne indifférence. Le soir, Hélène apparut dans ma chambre. Elle portait une petite valise qu'elle posa près de la porte; puis, lentement, elle tira l'épingle de son chapeau et secoua ses épais cheveux blonds, légèrement ondulés, sans me quitter des yeux. «Qu'est-ce que vous foutez ici?» demandai-je grossièrement. – «Thomas m'a prévenue. Je suis venue m'occuper de vous». «Je ne veux pas qu'on s'occupe de moi, dis-je avec hargne. Frau Zempke me suffit». – «Frau Zempke a une famille et ne peut pas être ici tout le temps. Je vais rester avec vous jusqu'à ce que vous alliez mieux». Je la fixai d'un air mauvais: «Allez-vous-en!» Elle vint s'asseoir auprès du lit et me prit la main; je voulais la retirer, mais n'en avais pas la force. «Vous êtes brûlant». Elle se releva, ôta sa veste, l'accrocha au dos d'une chaise, puis elle alla mouiller une serviette et revint me la poser sur le front. Je la laissai faire en silence. «De toute façon, dit-elle, je n'ai plus grand-chose à faire au travail. Je peux prendre le temps. Il faut que quelqu'un reste avec vous». Je ne disais rien. Le jour baissait. Elle me fit boire, essaya de me donner un peu de bouillon froid, puis elle s'assit près de la fenêtre et ouvrit un livre. Le ciel d'été pâlissait, c'était le soir. Je la regardai: elle était comme une étrangère. Depuis mon départ pour la Hongrie, plus de trois mois auparavant, je n'avais eu aucun contact avec elle, je ne lui avais pas écrit une lettre, et il me semblait l'avoir presque oubliée. J'examinai son profil doux et sérieux et me dis qu'il était beau; mais cette beauté n'avait pour moi ni sens, ni utilité. Je tournai les yeux au plafond et me laissai aller quelque temps, j'étais bien fatigué. Enfin, une heure plus tard peut-être, je dis sans la regarder: «Allez me chercher Frau Zempke,» – «Pour quoi faire?» demanda-t-elle en refermant son livre. – «J'ai besoin de quelque chose», dis-je. – «De quoi? Je suis là pour vous aider». Je la regardai: la tranquillité de ses yeux bruns m'énervait comme une offense. «J'ai besoin de chier», dis-je brutalement. Mais la provoquer semblait impossible: «Expliquez-moi ce qu'il faut faire, dit-elle calmement. Je vous aiderai». Je le lui expliquai, sans mots grossiers mais sans euphémismes, et elle fit ce qu'il fallait faire. Je me dis amèrement que c'était la première fois qu'elle me voyait nu, je n'avais pas de pyjama, et qu'elle n'avait jamais dû imaginer qu'elle me verrait nu dans ces conditions. Je n'en avais pas honte, mais j'étais dégoûté de moi-même et ce dégoût s'étendait à elle, à sa patience et à sa douceur. Je voulais l'offenser, me masturber devant elle, lui demander des faveurs obscènes, mais c'était seulement une idée, j'aurais été incapable de bander, incapable de faire un geste demandant un peu de force. De toute façon la fièvre montait de nouveau, je recommençais à trembler, à suer. «Vous avez froid, dit-elle lorsqu'elle eut fini de me nettoyer. Attendez». Elle quitta l'appartement et revint au bout de quelques minutes avec une couverture qu'elle étendit sur moi. Je m'étais roulé en boule, je claquais des dents, j'avais l'impression que mes os s'entrechoquaient comme une poignée d'osselets. La nuit ne venait toujours pas, l'interminable journée d'été se prolongeait, cela m'affolait, mais en même temps je savais que la nuit ne m'apporterait aucun répit, aucun apaisement. De nouveau, avec une grande douceur, elle m'obligea à boire. Mais cette douceur me mettait hors de moi: que me voulait donc cette fille? À quoi songeait-elle, avec sa gentillesse et sa bonté? Espérait-elle ainsi me convaincre de quelque chose? Elle me traitait comme si j'étais son frère, son amant ou son mari. Mais elle n'était ni ma sœur, ni ma femme. Je tremblais, les vagues de la fièvre me secouaient, et elle, elle m'essuyait le front. Quand sa main approchait de ma bouche, je ne savais si je devais la mordre ou l'embrasser. Puis tout se brouilla pour de bon. Des images me venaient, je ne saurais dire si c'étaient des rêves ou des pensées, c'étaient les mêmes que celles qui m'avaient tant préoccupé les premiers mois de l'année, je me voyais vivant avec cette femme, réglant ainsi ma vie, je quittais la S S et toutes les horreurs qui m'environnaient depuis tant d'années, mes propres travers tombaient de moi comme la peau d'un serpent lors de la mue, mes hantises se dissolvaient comme un nuage d'été, je rejoignais le fleuve commun. Mais ces pensées, loin de m'apaiser, me révoltaient: Eh quoi! égorger mes rêves pour enfoncer ma verge dans son vagin blond, embrasser son ventre qui gonflerait en portant de beaux enfants sains? Je revoyais les jeunes femmes enceintes, assises sur leurs valises dans la gadoue de Kachau ou de Munkacs, je songeais à leurs sexes discrètement nichés entre leurs jambes, sous leurs ventres arrondis, ces sexes et ces ventres de femmes qu'elles porteraient au gaz comme une médaille d'honneur. C'est toujours dans le ventre des femmes qu'il y a les enfants, c'est ça qui est si terrible. Pourquoi cet atroce privilège? Pourquoi les relations entre les hommes et les femmes doivent-elles toujours se résumer, en fin de compte, à l'imprégnation? Un sac à semence, une couveuse, une vache à lait, la voilà, la femme dans le sacrement du mariage. Si peu attrayantes que fussent mes mœurs, elles restaient au moins pures d'une telle corruption. Paradoxe peut-être, je le vois maintenant en l'écrivant, mais qui à ce moment-là, dans les vastes spirales que décrivait mon esprit surchauffé, me semblait parfaitement logique et cohérent. J'avais envie de me lever, de secouer Hélène pour lui expliquer tout cela, mais peut-être ai-je aussi rêvé cette envie, car j'aurais été bien incapable d'esquisser un geste. Avec le matin, la fièvre baissait un peu. Je ne sais pas où dormait Hélène, sans doute sur le divan, mais je sais qu'elle venait me voir toutes les heures, m'essuyer le visage et me faire boire un peu. Avec le mal toute énergie s'était retirée de mon corps, je gisais les membres brisés et sans force, oh beau souvenir d'école. Mes pensées affolées s'étaient enfin dissipées, ne laissant derrière elles qu'une amertume profonde, une acre envie de mourir vite pour y mettre fin. Au début de la matinée, Piontek arriva avec une pleine corbeille d'oranges, trésor inouï dans l'Allemagne de cette époque. «C'est Herr Mandelbrod qui les a envoyées au bureau», expliqua-t-il. Hélène en prit deux et descendit chez Frau Zempke pour les presser; puis, aidée par Piontek, elle me redressa sur des coussins et me fit boire à petites gorgées; cela laissait un goût étrange, presque métallique dans ma bouche. Piontek eut avec elle un bref conciliabule que je n'entendis pas, puis il partit. Frau Zempke monta, elle avait lavé et fait sécher mes draps de la veille elle aida Hélène à changer mon lit, de nouveau trempé par les suées de la nuit. «C'est très bien que vous suiez, dit-elle, ça chasse la fièvre». Ça m'était égal, je voulais seulement me reposer, mais je n'avais pas un moment de paix, le Hauptsturmführer de la veille revenait et m'examinait avec un air maussade: «Vous ne voulez toujours pas aller à l'hôpital?» – «Non, non, non». Il passa au salon pour discuter avec Hélène, puis se montra de nouveau: «Votre fièvre a un peu baissé, me dit-il. J'ai dit à votre amie de prendre régulièrement votre température: si vous redépassez 41 °, il faudra vous envoyer à l'hôpital. C'est compris?» Il me fit une piqûre dans la fesse, aussi pénible que celle de la veille. «J'en laisse une autre ici, votre amie vous la fera ce soir, ça réduira la fièvre durant la nuit. Essayez de manger un peu». Après son départ, Hélène m'amena du bouillon: elle prit un morceau de pain, l'emietta, le trempa dans le liquide, essaya de me le faire avaler, mais je secouai la tête, c'était impossible. Je réussis néanmoins à boire un peu de bouillon. Comme après la première piqûre, j'avais la tête plus claire, mais j'étais drainé, vidé. Je ne résistai même pas quand Hélène me lava patiemment le corps avec une éponge et de l'eau tiède, puis m'habilla d'un pyjama emprunté à Herr Zempke. Ce n'est que lorsqu'elle me borda et voulut s'asseoir pour lire que j'explosai. «Pourquoi faites-vous tout ça? lui lançai-je méchamment. Que me voulez-vous?» Elle referma son livre et fixa sur moi ses grands yeux calmes:

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Les Bienveillantes»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Les Bienveillantes» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Les Bienveillantes»

Обсуждение, отзывы о книге «Les Bienveillantes» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.