Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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Best arriva avec une demi-heure de retard, vêtu d'un extraordinaire uniforme noir à double rangée de boutons dorés et avec d'immenses revers croisés en velours blanc. Après un échange formel de saluts, il me serra vigoureusement la main en s'excusant pour son retard: «J'étais chez le Führer. Je n'ai pas eu le temps de me changer». Tandis que nous nous félicitions pour nos promotions respectives, un maître d'hôtel s'avança, salua Best, et nous mena à une alcôve réservée. Je commandai un second Martini et Best un verre de vin rouge. Puis il me questionna sur ma carrière en Russie: je répondis sans entrer dans les détails; de toute façon, Best savait mieux que quiconque ce qu'était un Einsatzgruppe. «Et maintenant?» Alors je lui exposai mon idée. Il m'écoutait patiemment, en hochant la tête; son haut front bombé, luisant sous les lustres, portait encore la marque rouge de sa casquette qu'il avait posée sur la banquette. «Oui, je me souviens, fit-il enfin. Vous commenciez à vous intéresser au droit international. Pourquoi n'avez-vous rien publié?» – «Je n'en ai jamais vraiment eu la possibilité. Au RSHA, après votre départ, on ne me confiait que des questions de droit constitutionnel et policier, et après, sur le terrain, c'était impossible. En revanche, j'ai acquis une bonne expérience pratique de nos méthodes d'occupation». – «Je ne suis pas sûr que l'Ukraine soit le meilleur exemple». – «Certainement pas, fis-je. Personne au RSHA ne comprend comment on laisse Koch se déchaîner comme ça. C'est une catastrophe». – «C'est un des dysfonctionnements du national-socialisme. Sur ce point-là, Staline est bien plus rigoureux que nous. Mais les hommes comme Koch, je l'espère, n'ont aucun avenir. Vous avez lu le Festgabe que nous avons fait éditer pour le quarantième anniversaire du Reichsführer?» Je secouai la tête: «Malheureusement non». – «Je vous en ferai parvenir un exemplaire. Ma contribution y développait une théorie du Grossraum fondée sur une base völkisch; votre ancien professeur Höhn a écrit un article sur le même sujet, ainsi que Stuckart, du ministère de l'Intérieur. Lemmel, vous vous souvenez de lui, a aussi publié sur ces concepts, mais ailleurs. Il s'agissait à la fois d'achever notre lecture critique de Carl Schmitt et en même temps de mettre en avant la S S comme force motrice pour la construction du Nouvel Ordre européen. Le Reichsführer, entouré d'hommes comme nous, aurait pu en être l'architecte principal. Mais il a laissé filer sa chance». – «Que s'est-il passé, alors?» – «C'est difficile à dire. Je ne sais pas si le Reichsführer était obnubilé par ses plans pour la reconstruction de l'Est allemand, ou s'il a été débordé par des tâches trop nombreuses. Certainement l'implication de la S S dans les processus d'aménagement démographique, à l'Est, a joué un rôle. C'est un peu pour cela que j'ai choisi de quitter le RSHA». Cette dernière assertion, je le savais, manquait de franchise. À l'époque où j'avais achevé ma thèse (elle portait sur la réconciliation du droit étatique positif avec la notion de Volksgemeinschaft) et entrais à plein temps au SD, pour l'aider à rédiger des opinions juridiques, Best commençait déjà à avoir des problèmes, notamment avec Schellenberg. Schellenberg, en privé et aussi par écrit, accusait Best d'être trop bureaucratique, trop coincé, un avocat académique, un coupeur de cheveux en quatre. Cela, d'après la rumeur, était aussi l'opinion de Heydrich; du moins Heydrich avait-il lâché la bride à Schellenberg. Best, de son côté, critiquait la «désofficialisation» de la police: concrètement, il soutenait que tous les employés du SD détachés à la SP, comme Thomas et moi-même, devaient être soumis aux règles et aux procédures ordinaires de l'administration d'État; les chefs de service devaient tous avoir une formation juridique. Mais Heydrich se moquait de ce jardin d'enfants pour contrôleurs et Schellenberg lançait bordée sur bordée. Best, à ce sujet, m'avait un jour fait une remarque frappante: «Vous savez, malgré toute ma haine pour 1793, je me sens parfois proche de Saint-Just, qui disait: Je crains moins l'austérité ou le délire des uns que la souplesse des autres». Tout cela se passait au cours du dernier printemps avant la guerre; j'ai déjà parlé de ce qui s'ensuivit à l'automne, le départ de Best, mes propres soucis: mais je comprenais bien que Best préférait voir le côté positif de ces développements. «En France et maintenant au Danemark, disait-il, j'ai essayé de travailler sur les aspects pratiques de ces théories». – «Et comment cela se passe-t-il?» – «En France, l'idée d'une administration supervisée était bonne. Mais il y avait trop d'interférences de la Wehrmacht, qui poursuivait sa propre politique, et de Berlin, qui gâchait un peu les choses avec ces histoires d'otages. Et puis, bien sûr, le 11 novembre a mis fin à tout ça. C'était à mon avis une erreur grossière. Mais bon! J'ai par contre tout espoir de faire du Danemark un Protektorat modèle». – «On ne dit que du bien de votre travail». – «Oh, j'ai aussi mes critiques! Et puis, vous savez, je ne fais que commencer. Mais au-delà de ces enjeux précis, ce qui compte, c'est de s'atteler à développer une vision globale pour l'après-guerre. Pour le moment, toutes nos mesures sont ad hoc et incohérentes. Et le Führer émet des signaux contradictoires quant à ses intentions. Ainsi, c'est très difficile de faire des promesses concrètes».

– «Je vois tout à fait ce que vous voulez dire». Je lui parlai brièvement de Lippert, des espoirs qu'il avait soulevés lors de notre conversation à Maïkop. «Oui, c'est un bon exemple, fit Best. Mais voyez-vous, d'autres personnes promettent les mêmes choses aux Flamands. Et puis maintenant le Reichsführer, poussé par l'Obergruppenführer Berger, est en train de lancer sa propre politique, avec la création de légions Waffen-SS nationales, ce qui est incompatible ou en tout cas pas coordonné avec la politique de l'Auswärtiges Amt. Tout le problème est là: tant que le Führer n'intervient pas en personne, chacun mène sa politique personnelle. Il n'y a aucune vue d'ensemble et donc aucune politique réellement völkisch. Les vrais nationaux-socialistes sont incapables de faire leur travail, qui est d'orienter et de guider le Volk; à la place, ce sont les Parteigenossen, les hommes du Parti, qui se taillent des fiefs puis les gouvernent comme cela les amuse». – «Vous ne pensez pas que les membres du Parti soient d'authentiques nationaux-socialistes?» Best leva un doigt: «Attention. Ne confondez pas membre du Parti et homme du Parti. Tous les membres du Parti, comme vous et moi, ne sont pas forcément des "PG". Un national-socialiste doit croire à sa vision. Et forcément comme la vision est unique, tous les vrais nationaux-socialistes ne peuvent travailler que dans une seule direction, qui est celle du Volk. Mais croyez-vous que tous ces gens-là» -il fit un geste large en direction de la salle – «soient d'authentiques nationaux-socialistes? Un homme du Parti, c'est quelqu'un qui doit sa carrière au Parti, qui a une position à défendre au sein du Parti, et qui donc défend les intérêts du Parti dans les controverses avec les autres hiérarchies, quels que soient les intérêts réels du Volk. Le Parti, au départ, était conçu comme un mouvement, un agent de mobilisation du Volk; maintenant, c'est devenu une bureaucratie comme les autres. Pendant longtemps, certains d'entre nous espéraient que la S S pourrait prendre la relève. Et il n'est pas encore trop tard. Mais la S S aussi succombe à de dangereuses tentations». Nous bûmes un peu; je voulais revenir au sujet qui me préoccupait. «Que pensez-vous de mon idée? demandai-je enfin. Il me semble qu'avec mon passé, ma connaissance du pays et des divers courants d'idées français, c'est en France que je pourrais être le plus utile».

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