Émile Zola - La Terre

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Joseph-Casimir Fouan, vieilli, avait partagé ses vingt et un arpents, sept pour chacun, entre son aînée, Marianne, et ses deux fils, Louis et Michel; une fille cadette, Laure, élevée dans la couture, placée à Châteaudun, fut dédommagée en argent. Mais les mariages rompirent cette égalité. Tandis que Marianne Fouan, dite la Grande, épousait un voisin, Antoine Péchard, qui avait dix-huit arpents environ, Michel Fouan, dit Mouche, s'embarrassait d'une amoureuse, à laquelle son père ne devait laisser que deux arpents de vigne. De son côté, Louis Fouan, marié à Rose Maliverne, héritière de douze arpents, avait réuni de la sorte les neuf hectares et demi, qu'il allait, à son tour, diviser entre ses trois enfants.

Dans la famille, la Grande était respectée et crainte, non pour sa vieillesse, mais pour sa fortune. Encore très droite, très haute, maigre et dure, avec de gros os, elle avait la tête décharnée d'un oiseau de proie, sur un long cou flétri, couleur de sang. Le nez de la famille, chez elle, se recourbait en bec terrible; des yeux ronds et fixes, plus un cheveu, sous le foulard jaune qu'elle portait, et au contraire toutes ses dents, des mâchoires à vivre de cailloux. Elle marchait le bâton levé, ne sortait jamais sans sa canne d'épine, dont elle se servait uniquement pour taper sur les bêtes et le monde. Restée veuve de bonne heure avec une fille, elle l'avait chassée, parce que la gueuse s'était obstinée à épouser contre son gré un garçon pauvre, Vincent Bouteroue; et, même, maintenant que cette fille et son mari étaient morts de misère, en lui léguant une petite-fille et un petit-fils, Palmyre et Hilarion, âgés déjà, l'une de trente-deux ans, l'autre de vingt-quatre, elle n'avait pas pardonné, elle les laissait crever la faim, sans vouloir qu'on lui rappelât leur existence. Depuis la mort de son homme, elle dirigeait en personne la culture de ses terres, avait trois vaches, un cochon et un valet, qu'elle nourrissait à l'auge commune, obéie par tous dans un aplatissement de terreur.

Fouan, en la voyant sur sa porte, s'était approché, par égard. Elle était son aînée de dix ans, il avait pour sa dureté, son avarice, son entêtement à posséder et à vivre, la déférence et l'admiration du village tout entier.

– Justement, la Grande, je voulais t'annoncer la chose, dit-il. Je me suis décidé, je vais là-haut pour le partage.

Elle ne répondit pas, serra son bâton, qu'elle brandissait.

– L'autre soir, j'ai encore voulu te demander conseil; mais j'ai cogné, personne n'a répondu.

Alors, elle éclata de sa voix aigre.

– Imbécile!.. Je te l'ai donné, conseil! Faut être bête et lâche pour renoncer à son bien, tant qu'on est debout. On m'aurait saignée, moi, que j'aurais dit non sous le couteau… Voir aux autres ce qui est à soi, se mettre à la porte pour ces gueux d'enfants, ah! non, ah! non!

– Mais, objecta Fouan, quand on ne peut plus cultiver, quand la terre souffre…

– Eh bien, elle souffre! Plutôt que d'en lâcher un setier, j'irais tous les matins y regarder pousser les chardons!

Elle se redressait, de son air sauvage de vieux vautour déplumé. Puis, le tapant de sa canne sur l'épaule, comme pour mieux faire entrer en lui ses paroles:

– Écoute, retiens ça… Quand tu n'auras plus rien et qu'ils auront tout, tes enfants te pousseront au ruisseau, tu finiras avec une besace, ainsi qu'un va-nu-pieds… Et ne t'avise pas alors de frapper chez moi, car je t'ai assez prévenu, tant pis!.. Veux-tu savoir ce que je ferai, hein veux-tu?

Il attendait, sans révolte, avec sa soumission de cadet; et elle rentra, elle referma violemment la porte derrière elle, en criant:

– Je ferai ça… Crève dehors!

Fouan, un instant, resta immobile devant celle porte close. Puis, il eut un geste de décision résignée, il gravit le sentier qui menait à la place de l'Église. Là, justement, se trouvait l'antique maison patrimoniale des Fouan, que son frère Michel, dit Mouche, avait eue jadis dans le partage; tandis que la maison habitée par lui, en bas, sur la route, venait de sa femme Rose. Mouche, veuf depuis longtemps, vivait seul avec ses deux filles, Lise et Françoise, dans une aigreur de malchanceux, encore humilié de son mariage pauvre, accusant son frère et sa soeur, après quarante ans, de l'avoir volé, lors du tirage des lots; et il racontait sans fin l'histoire, le lot le plus mauvais qu'on lui avait laissé au fond du chapeau, ce qui semblait être devenu vrai à la longue, car il se montrait si raisonneur et si mou au travail, que sa part, entre ses mains, avait perdu de moitié. L'homme fait la terre, comme on dit en Beauce.

Ce matin-là, Mouche était également sur sa porte, en train de guetter, lorsque, son frère déboucha, au coin de la place. Ce partage le passionnait, en remuant ses vieilles rancunes, bien qu'il n'eût rien à en attendre. Mais, pour affecter une indifférence complète, lui aussi tourna le dos et ferma la porte, à la volée.

Tout de suite, Fouan avait aperçu Delhomme et Jésus-Christ, qui attendaient, à vingt mètres l'un de l'autre. Il aborda le premier, le second s'approcha. Tous trois, sans se parler, se mirent à fouiller des yeux le sentier qui longeait le bord du plateau.

– Le v'là, dit enfin Jésus-Christ.

C'était Grosbois, l'arpenteur juré, un paysan de Magnolles, petit village voisin. Sa science de l'écriture et de la lecture l'avait perdu. Appelé d'Orgères à Beaugency pour l'arpentage des terres, il laissait sa femme conduire son propre bien, prenant dans ses continuelles courses de telles habitudes d'ivrognerie, qu'il ne dessoûlait plus. Très gros, très gaillard pour ses cinquante ans, il avait une large face rouge, toute fleurie de bourgeons violâtres; et, malgré l'heure matinale, il était, ce jour-là, abominablement gris, d'une noce faite la veille chez des vignerons de Montigny, à la suite d'un partage entre héritiers. Mais cela n'importait pas, plus il était ivre, et plus il voyait clair: jamais une erreur de mesure, jamais une addition fausse! On l'écoutait et on l'honorait, car il avait une réputation de grande malignité.

– Hein? nous y sommes, dit-il. Allons-y!

Un gamin de douze ans, sale et dépenaillé, le suivait, portant la chaîne sous un bras, le pied et les jalons sur une épaule, et balançant, de la main restée libre, l'équerre, dans un vieil étui de carton crevé.

Tous se mirent en marche, sans attendre Buteau, qu'ils venaient de reconnaître, debout et immobile devant une pièce, la plus grande de l'héritage, au lieu dit des Cornailles. Cette pièce, de deux hectares environ, était justement voisine du champ où la Coliche avait traîné Françoise, quelques jours auparavant. Et, Buteau, trouvant inutile d'aller plus loin, s'était arrêté là, absorbé. Quand les autres arrivèrent, ils le virent qui se baissait, qui prenait dans sa main une poignée de terre, puis qui la laissait couler lentement, comme pour la peser et la flairer.

– Voilà, reprit Grosbois, en sortant de sa poche un carnet graisseux, j'ai levé déjà un petit plan exact de chaque parcelle, ainsi que vous me l'aviez demandé, père Fouan. A cette heure, il s'agit de diviser le tout en trois lots; et ça, mes enfants, nous allons le faire ensemble… Hein? dites-moi un peu comment vous entendez la chose.

Le jour avait grandi, un vent glacé poussait dans le ciel pâle des vols continus de gros nuages; et la Beauce, flagellée, s'étendait, d'une tristesse morne. Aucun d'eux, du reste, ne semblait sentir ce souffle du large, gonflant les blouses, menaçant d'emporter les chapeaux. Les cinq, endimanchés pour la gravité de la circonstance, ne parlaient plus. Au bord de ce champ, au milieu de l'étendue sans bornes, ils avaient la face rêveuse et figée, la songerie des matelots, qui vivent seuls, par les grands espaces. Cette Beauce plate, fertile, d'une culture aisée, mais demandant un effort continu, a fait le Beauceron froid et réfléchi, n'ayant d'autre passion que la terre.

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