Émile Zola - La Terre
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Fouan, lui aussi, avait regardé ses enfants, l'un après l'autre, avec le sourd malaise de ce qu'ils feraient de son bien. La paresse de l'ivrogne l'angoissait moins encore que la convoitise jouisseuse des deux autres. Il hocha sa tète tremblante: à quoi bon se manger le sang, puisqu'il le fallait!
– Maintenant que le partage est résolu, reprit le notaire, il s'agit de régler les conditions. Êtes-vous d'accord sur la rente à servir?
Du coup, tous redevinrent immobiles et muets. Les visages tannés avaient pris une expression rigide, la gravité impénétrable de diplomates abordant l'estimation d'un empire. Puis, ils se tâtèrent d'un coup d'oeil, mais personne encore ne parla. Ce fut le père qui, de nouveau, expliqua les choses.
– Non, monsieur Baillehache, nous n'en avons pas causé, nous avons attendu d'être tous ensemble, ici… Mais c'est bien simple, n'est-ce pas? J'ai dix-neuf setiers, ou neuf hectares et demi, comme on dit à cette heure. Alors, si je louais, ça ferait donc neuf cent cinquante francs, à cent francs l'hectare…
Buteau, le moins patient, sauta sur sa chaise.
– Comment! à cent francs l'hectare! est-ce que vous vous foutez de nous, papa?
Et une première discussion s'engagea sur les chiffres. Il y avait un setier de vigne: ça, oui, on l'aurait loué cinquante francs. Mais est-ce qu'on aurait jamais trouvé ce prix pour les douze setiers de terres de labour, et surtout pour les six setiers de prairies naturelles, ces prés du bord de l'Aigre, dont le foin ne valait rien? Les terres de labour elles-mêmes n'étaient guère bonnes, un bout principalement, celui qui longeait le plateau, car la couche arable s'amincissait à mesure qu'on approchait du vallon.
– Voyons, papa, dit Fanny d'un air de reproche, il ne faut pas nous fiche dedans.
– Ça vaut cent francs l'hectare, répétait le vieux avec obstination en se donnant des claques sur la cuisse. Demain, je louerai à cent francs, si je veux… Et qu'est-ce que ça vaut donc, pour vous autres? Dites un peu voir ce que ça vaut?
– Ça vaut soixante francs, dit Buteau.
Fouan, hors de lui, maintenait son prix, entrait dans un éloge outré de sa terre, une si bonne terre, qui donnait du blé toute seule, lorsque Delhomme, silencieux jusque-là, déclara avec son grand accent d'honnêteté:
– Ça vaut quatre-vingts francs, pas un sou de plus, pas un sou de moins.
Tout de suite, le vieux se calma.
– Bon! mettons quatre-vingts; je veux bien faire un sacrifice pour mes enfants.
Mais Rose, qui l'avait tiré par un coin de sa blouse, lâcha un seul mot, la révolte de sa ladrerie:
– Non, non!
Jésus-Christ s'était désintéressé. La terre ne lui tenait plus au coeur, depuis ses cinq ans d'Afrique. Il ne brûlait que d'un désir, avoir sa part, pour battre monnaie. Aussi continuait-il à se dandiner d'un air goguenard et supérieur.
– J'ai dit quatre-vingts, criait Fouan, c'est quatre-vingts! Je n'ai jamais eu qu'une parole: devant Dieu, je le jure! Neuf hectares et demi, voyons, ça fait sept cent soixante francs, en chiffres ronds huit cents… Eh bien! la pension sera de huit cents francs, c'est juste!
Violemment, Buteau éclata de rire, pendant que Fanny protestait d'un branle de la tête, comme stupéfiée. Et M. Baillehache, qui, depuis la discussion, regardait dans son jardin, les yeux vagues, revint à ses clients, sembla les écouter en se tirant les favoris de son geste maniaque, assoupi par la digestion du fin déjeuner qu'il avait fait.
Cette fois, pourtant, le vieux avait raison: c'était juste. Mais les enfants, échauffés, emportés par la passion de conclure le marché au plus bas prix possible, se montraient terribles, marchandaient, juraient, avec la mauvaise foi des paysans qui achètent un cochon.
– Huit cents francs! ricanait Buteau. C'est donc que vous allez vivre comme des bourgeois?.. Ah bien! huit cents francs, on mangerait quatre! dites tout de suite que c'est pour vous crever d'indigestion!
Fouan ne se fâchait pas encore. Il trouvait le marchandage naturel, il faisait simplement face à ce déchaînement prévu, allumé lui aussi, allant carrément jusqu'au bout de ses exigences.
– Et ce n'est pas tout, minute!.. Nous gardons jusqu'à notre mort la maison et le jardin, bien entendu… Puis, comme nous ne récolterons plus rien, que nous n'aurons plus les deux vaches, nous voulons par an une pièce de vin, cent fagots, et par semaine dix litres de lait, une douzaine d'oeufs et trois fromages.
– Oh! papa! gémit douloureusement Fanny atterrée, oh! papa!
Buteau, lui, ne discutait plus. Il s'était levé d'un bond, il marchait avec des gestes brusques; même il avait enfoncé sa casquette, pour partir. Jésus-Christ venait également de quitter sa chaise, inquiet à l'idée que toutes ces histoires pouvaient faire manquer le partage. Seul, Delhomme restait impassible, un doigt contre son nez, dans une attitude de profonde réflexion et de gros ennui.
Alors, M. Baillehache sentit la nécessité de hâter un peu les choses. Il secoua son assoupissement, et en fouillant ses favoris d'une main plus active:
– Vous savez, mes amis, que le vin, les fagots, ainsi que les fromages et les oeufs, sont dans les usages.
Mais il fut interrompu par une volée de phrases aigres.
– Des oeufs avec des poulets dedans, peut-être!
– Est-ce que nous buvons notre vin? nous le vendons!
– Ne rien foutre et se chauffer, c'est commode, lorsque vos enfants s'esquintent!
Le notaire, qui en avait entendu bien d'autres, continua avec flegme:
– Tout ça, ce n'est pas à dire… Saperlotte! Jésus-Christ, asseyez-vous donc! Vous bouchez le jour, c'est agaçant!.. Et voilà qui est entendu, n'est-ce pas, vous tous? Vous donnerez les redevances en nature, parce que vous vous feriez montrer au doigt… Il n'y a donc que le chiffre de la rente à débattre…
Delhomme, enfin, fit signe qu'il avait à parler. Chacun venait de reprendre sa place, il dit lentement, au milieu de l'attention générale:
– Pardon, ça semble juste, ce que demande le père. On pourrait lui servir huit cents francs, puisque c'est huit cents francs qu'il louerait son bien… Seulement, nous ne comptons pas ainsi, nous autres. Il ne nous loue pas la terre, il nous la donne, et le calcul est de savoir ce que lui et la mère ont besoin pour vivre… Oui, pas davantage, ce qu'ils ont besoin pour vivre.
– En effet, appuya le notaire, c'est ordinairement la base que l'on prend.
Et une autre querelle s'éternisa. La vie des deux vieux fut fouillée, étalée, discutée besoin par besoin. On pesa le pain, les légumes, la viande; on estima les vêtements, rognant sur la toile et sur la laine; on descendit même aux petites douceurs, au tabac à fumer du père, dont les deux sous quotidiens, après des récriminations interminables, furent fixés à un sou. Lorsqu'on ne travaillait plus, il fallait savoir se réduire. Est-ce que la mère, elle aussi, ne pouvait se passer de café noir? C'était comme leur chien, un vieux chien de douze ans qui mangeait gros, sans utilité: il y avait beau temps qu'on aurait dû lui allonger un coup de fusil. Quand le calcul se trouva terminé, on le recommença, on chercha ce qu'on allait supprimer encore, deux chemises, six mouchoirs par an, un centime sur ce qu'on avait mis par jour pour le sucre. Et, en taillant et retaillant, en épuisant les économies infimes, on arriva de la sorte à un chiffre de cinq cent cinquante et quelques francs, ce qui laissa les enfants agités, hors d'eux, car ils s'entêtaient à ne pas dépasser cinq cents francs tout ronds.
Cependant, Fanny se lassait. Elle n'était pas mauvaise fille, plus pitoyable que les hommes, n'ayant point encore le coeur et la peau durcis par la rude existence au grand air. Aussi parlait-elle d'en finir, résignée à des concessions. Jésus-Christ, de son côté, haussait les épaules, très large sur l'argent, envahi même d'un attendrissement d'ivrogne, prêt à offrir un appoint sur sa part, qu'il n'aurait, du reste, jamais payé.
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