André Gide - André Gide - Oeuvres majeures

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André Gide est un des plus grands auteurs français et lauréat du prix Nobel de littérature. Cette collection comporte:
Romans et Nouvelles:
Les Cahiers d'André Walter
Le Voyage d'Urien
Paludes
Le Prométhée mal enchaîné
L'Immoraliste
Le Retour de l'enfant prodigue
La Porte étroite
Isabelle
Les Caves du Vatican
La Symphonie Pastorale
Les Faux-monnayeurs
L'École des femmes
Robert
Geneviève
Ouvres Poétiques et Lyriques:
Les Poésies d'André Walter
Les Nourritures terrestres
Les Nouvelles nourritures
Écrits de Voyage:
Amyntas
Voyage au Congo
Le Retour de Tchad
Retour de l'U. R. S. S.
Retouches â mon retour de l'U. R. S. S.
Essais Littéraires:
Prétextes; Réflexions sur quelques points de littérature et de morale
Nouveaux Prétextes
Le Journal des Faux-monnayeurs
Dostoïevski (Articles et Causeries)
Notes sur Chopin
Ouvres Autobiographiques:
Si le Grain ne Meurt
Journal 1939–1949

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– Oh ! ne regrettons pas le passé, murmura-t-elle. À présent j’ai tourné la page.

– Il est temps encore, Alissa.

– Non, mon ami, il n’est plus temps. Il n’a plus été temps du jour où, par amour, nous avons entrevu l’un pour l’autre mieux que l’amour. Grâce à toi, mon ami, mon rêve était monté si haut que tout contentement humain l’eût fait déchoir. J’ai souvent réfléchi à ce qu’eût été notre vie l’un avec l’autre ; dès qu’il n’eût plus été parfait, je n’aurais plus pu supporter… notre amour.

– Avais-tu réfléchi à ce que serait notre vie l’un sans l’autre ?

– Non ! jamais.

– À présent, tu le vois ! Depuis trois ans sans toi, j’erre péniblement…

Le soir tombait.

– J’ai froid, dit-elle en se levant et s’enveloppant de son châle trop étroitement pour que je pusse reprendre son bras. Tu te souviens de ce verset de l’Écriture, qui nous inquiétait et que nous craignions de ne pas bien comprendre : « Ils n’ont pas obtenu ce qui leur avait été promis, Dieu nous ayant réservés pour quelque chose de meilleur… »

– Crois-tu toujours à ces paroles ?

– Il le faut bien. Nous marchâmes quelques instants l’un près de l’autre, sans plus rien dire. Elle reprit :

– Imagines-tu cela, Jérôme : le meilleur ! Et brusquement les larmes jaillirent de ses yeux, tandis qu’elle répétait encore : le meilleur !

Nous étions de nouveau parvenus à la petite porte du potager par où, tout à l’heure, je l’avais vue sortir. Elle se retourna vers moi :

– Adieu ! fit-elle. Non, ne viens pas plus loin. Adieu, mon bien-aimé. C’est maintenant que va commencer… le meilleur.

Un instant elle me regarda, tout à la fois me retenant et m’écartant d’elle, les bras tendus et les mains sur mes épaules, les yeux emplis d’un indicible amour…

Dès que la porte fut refermée, dès que je l’eus entendue tirer le verrou derrière elle, je tombai contre cette porte, en proie au plus excessif désespoir et restai longtemps pleurant et sanglotant dans la nuit.

Mais la retenir, mais forcer la porte, mais pénétrer n’importe comment dans la maison, qui pourtant ne m’eût pas été fermée, non, encore aujourd’hui que je reviens en arrière pour revivre tout ce passé… non, cela ne m’était pas possible, et ne m’a point compris jusqu’alors celui qui ne me comprend pas à présent.

Une intolérable inquiétude me fit écrire à Juliette quelques jours plus tard. Je lui parlai de ma visite à Fongueusemare et lui dis combien m’alarmaient la pâleur et la maigreur d’Alissa ; je la suppliais d’y prendre garde et de me donner les nouvelles que je ne pouvais plus attendre d’Alissa elle-même.

Moins d’un mois après, je reçus la lettre que voici :

Mon cher Jérôme,

Je viens t’annoncer une bien triste nouvelle : notre pauvre Alissa n’est plus… Hélas ! les craintes qu’exprimait ta lettre n’étaient que trop fondées. Depuis quelques mois, sans être précisément malade, elle dépérissait ; pourtant, cédant à mes supplications, elle avait consenti à voir le docteur A…, du Havre, qui m’avait écrit qu’elle n’avait rien de grave. Mais trois jours après la visite que tu lui as faite, elle a brusquement quitté Fongueusemare. C’est par une lettre de Robert que j’ai appris son départ ; elle m’écrit si rarement que, sans lui, j’aurais tout ignoré de sa fuite, car je ne me serais pas vite alarmée de son silence. J’ai fait de vifs reproches à Robert de l’avoir ainsi laissée partir, de ne pas l’avoir accompagnée à Paris. Croirais-tu que, depuis ce moment, nous sommes restés dans l’ignorance de son adresse. Tu juges de mon angoisse ; impossible de la voir, impossible même de lui écrire. Robert a bien été à Paris quelques jours plus tard, mais n’a rien pu découvrir. Il est si indolent que nous avons douté de son zèle. Il fallait aviser la police ; nous ne pouvions rester dans cette cruelle incertitude. Édouard est parti, a si bien fait qu’enfin il a découvert la petite maison de santé où Alissa s’était réfugiée. Hélas ! trop tard. Je recevais en même temps une lettre du directeur de la maison m’annonçant sa mort, et une dépêche d’Édouard qui n’a même pas pu la revoir. Le dernier jour elle avait écrit notre adresse sur une enveloppe afin que nous fussions prévenus, et, dans une autre enveloppe, mis le double d’une lettre qu’elle avait envoyée à notre notaire du Havre, et qui contenait ses dernières volontés. Je crois qu’un passage de cette lettre te concerne ; je te le ferai connaître prochainement. Édouard et Robert ont pu assister à l’inhumation qui a eu lieu avant-hier. Ils n’étaient pas seuls à suivre la bière. Quelques malades de la maison de santé avaient tenu à assister à la cérémonie et à accompagner le corps au cimetière. Pour moi, qui attends mon cinquième enfant d’un jour à l’autre, je n’ai malheureusement pas pu me déplacer.

Mon cher Jérôme, je sais le profond chagrin que te causera ce deuil, et je t’écris le cœur navré. J’ai dû m’aliter depuis deux jours et j’écris difficilement, mais ne voulais laisser personne d’autre, pas même Édouard ou Robert, te parler de celle que nous avons été sans doute tous deux seuls à connaître. Maintenant que me voici une presque vieille mère de famille et que beaucoup de cendres ont recouvert le brûlant passé, je puis souhaiter te revoir. Si quelque jour tes occupations ou ton agrément t’appelaient vers Nîmes, viens jusqu’à Aigues-Vives. Édouard serait heureux de te connaître et tous deux nous pourrions parler d’Alissa. Adieu, mon cher Jérôme. Je t’embrasse bien tristement.

Quelques jours après, j’appris qu’Alissa laissait Fongueusemare à son frère, mais demandait que tous les objets de sa chambre et quelques meubles qu’elle indiquait fussent envoyés à Juliette. Je devais recevoir prochainement des papiers qu’elle avait mis sous pli cacheté à mon nom. J’appris encore qu’elle avait demandé qu’on lui mît au cou la petite croix d’améthyste que j’avais refusée à ma dernière visite, et je sus par Édouard que cela avait été fait.

Le pli cacheté que le notaire me renvoya contenait le journal d’Alissa. J’en transcris ici nombre de pages. – Je les transcris sans commentaires. Vous imaginerez suffisamment les réflexions que je fis en les lisant et le bouleversement de mon cœur que je ne pourrais que trop imparfaitement indiquer.

JOURNAL D’ALISSA

Table des matières

Aigues-Vives.

Avant-hier, départ du Havre ; hier, arrivée à Nîmes ; mon premier voyage ! N’ayant aucun souci du ménage ni de la cuisine, dans le léger désœuvrement qui s’ensuit, ce 23 mai 188., jour anniversaire de mes vingt-cinq ans, je commence un journal – sans grand amusement, un peu pour me tenir compagnie ; car, pour la première fois de ma vie peut-être, je me sens seule – sur une terre différente, étrangère presque, et avec qui je n’ai pas encore lié connaissance. Ce qu’elle a à me dire est sans doute pareil à ce que me racontait la Normandie, et que j’écoute infatigablement à Fongueusemare – car Dieu n’est différent de soi nulle part – mais elle parle, cette terre méridionale, une langue que je n’ai pas encore apprise et que j’écoute avec étonnement.

24 mai.

Juliette sommeille sur une chaise longue près de moi – dans la galerie ouverte qui fait le charme de cette maison à l’italienne, de plain-pied avec la cour sablée qui continue le jardin… Juliette, sans quitter sa chaise longue, peut voir la pelouse se vallonner jusqu’à la pièce d’eau où s’ébat un peuple de canards bariolés et où naviguent deux cygnes. Un ruisseau que ne tarit, dit-on, aucun été l’alimente, puis fuit à travers le jardin qui devient bosquet toujours plus sauvage, resserré de plus en plus entre la garrigue sèche et les vignobles, et bientôt complètement étranglé.

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