André Gide - André Gide - Oeuvres majeures

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André Gide est un des plus grands auteurs français et lauréat du prix Nobel de littérature. Cette collection comporte:
Romans et Nouvelles:
Les Cahiers d'André Walter
Le Voyage d'Urien
Paludes
Le Prométhée mal enchaîné
L'Immoraliste
Le Retour de l'enfant prodigue
La Porte étroite
Isabelle
Les Caves du Vatican
La Symphonie Pastorale
Les Faux-monnayeurs
L'École des femmes
Robert
Geneviève
Ouvres Poétiques et Lyriques:
Les Poésies d'André Walter
Les Nourritures terrestres
Les Nouvelles nourritures
Écrits de Voyage:
Amyntas
Voyage au Congo
Le Retour de Tchad
Retour de l'U. R. S. S.
Retouches â mon retour de l'U. R. S. S.
Essais Littéraires:
Prétextes; Réflexions sur quelques points de littérature et de morale
Nouveaux Prétextes
Le Journal des Faux-monnayeurs
Dostoïevski (Articles et Causeries)
Notes sur Chopin
Ouvres Autobiographiques:
Si le Grain ne Meurt
Journal 1939–1949

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J’oublie sous quel prétexte, me trouvant au Havre, par un acheminement naturel, je gagnai Fongueusemare. Je savais y trouver Alissa, mais craignais qu’elle n’y fût point seule. Je n’avais pas annoncé ma venue ; répugnant à l’idée de me présenter comme une visite ordinaire, j’avançais incertain : entrerais-je ? ou ne repartirais-je pas plutôt sans l’avoir vue, sans avoir cherché à la voir ?… Oui sans doute ; je me promènerais seulement dans l’avenue, m’assiérais sur le banc où peut-être elle venait s’asseoir encore… et je cherchais déjà quel signe je pourrais laisser après moi qui l’instruirait de mon passage, après que je serais reparti… Ainsi songeant, je marchais à pas lents et, depuis que j’avais résolu de ne pas la voir, la tristesse un peu âpre qui m’étreignait le cœur cédait à une mélancolie presque douce. J’avais atteint déjà l’avenue, et, par crainte d’être surpris, je marchais sur un des bas-côtés, longeant le talus qui limitait la cour de la ferme. Je connaissais un point du talus d’où le regard pouvait plonger dans le jardin ; là je montai ; un jardinier que je ne reconnus pas ratissait une allée et bientôt s’écarta de ma vue. Une barrière neuve fermait la cour. Le chien en m’entendant passer aboya. Plus loin, où l’avenue finissait, je tournai à droite, retrouvant le mur du jardin, et j’allais gagner cette partie de la hêtraie parallèle à l’avenue quittée lorsque, passant devant la petite porte du potager, l’idée brusque d’entrer par là dans le jardin me saisit.

La porte était close. Le verrou intérieur n’opposait toutefois qu’une résistance assez faible et que d’un coup d’épaule j’allais briser… À cet instant j’entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur.

Je ne pus voir qui sortait du jardin ; mais j’entendis, je sentis que c’était Alissa. Elle fit trois pas en avant, appela faiblement :

– Est-ce toi, Jérôme ?…

Mon cœur, qui battait violemment, s’arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pouvait sortir une parole, elle répéta plus fort :

– Jérôme ! Est-ce toi ?

À l’entendre ainsi m’appeler, l’émotion qui m’étreignit fut si vive qu’elle me fit tomber à genoux. Comme je ne répondais toujours pas, Alissa fit quelques pas en avant, tourna le mur et je la sentis soudain contre moi – contre moi qui cachais de mon bras mon visage, comme par peur de la voir aussitôt. Elle resta quelques instants penchée vers moi, tandis que je couvrais de baisers ses mains frêles.

– Pourquoi te cachais-tu ? me dit-elle, aussi simplement que si ces trois ans de séparation n’eussent duré que quelques jours.

– Comment as-tu compris que c’était moi ?

– Je t’attendais.

– Tu m’attendais ? dis-je, si surpris que je ne pouvais que répéter interrogativement ses paroles… Et comme je restais agenouillé :

– Allons jusqu’au banc, reprit-elle. – Oui, je savais que je devais encore une fois te revoir. Depuis trois jours, je reviens ici chaque soir et je t’appelle comme j’ai fait ce soir… Pourquoi ne répondais-tu pas ?

– Si tu n’étais pas venue me surprendre, je repartais sans t’avoir vue, dis-je, me raidissant contre l’émotion qui d’abord m’avait trouvé défaillant. – Simplement, passant au Havre, j’allais me promener dans l’avenue, tourner à l’entour du jardin, me reposer quelques instants sur ce banc de la marnière où je pensais que tu venais encore t’asseoir, puis…

– Vois ce que depuis trois soirs j’y viens lire, dit-elle en m’interrompant, et elle me tendit un paquet de lettres ; je reconnus celles que je lui écrivais d’Italie. À ce moment je levai les yeux vers elle. Elle était extraordinairement changée ; sa maigreur, sa pâleur me serrèrent le cœur affreusement. S’appuyant et pesant à mon bras, elle se pressait contre moi comme si elle eût eu peur ou froid. Elle était encore en grand deuil, et sans doute la dentelle noire qu’elle avait mise en guise de coiffure et qui lui encadrait le visage ajoutait à sa pâleur. Elle souriait, mais semblait défaillir. Je m’inquiétai de savoir si elle était seule en ce moment à Fongueusemare. Non ; Robert y vivait avec elle ; Juliette, Édouard et leurs trois enfants étaient venus passer près d’eux le mois d’août… Nous étions parvenus au banc ; nous nous assîmes, et la conversation quelques instants encore traîna le long d’informations banales. Elle s’enquit de mon travail. Je répondis de mauvaise grâce. J’aurais voulu qu’elle sentît que mon travail ne m’intéressait plus. J’aurais voulu la décevoir, comme elle aussi m’avait déçu. Je ne sais si j’y parvins, mais elle n’en laissa rien paraître. Pour moi, plein à la fois de ressentiment et d’amour, je m’efforçais de lui parler de la manière la plus sèche et m’en voulais de l’émotion qui parfois faisait trembler ma voix.

Le soleil déclinant, que cachait depuis quelques instants un nuage, reparut au ras de l’horizon, presque en face de nous, envahissant d’un luxe frémissant les champs vides et comblant d’une profusion subite l’étroit vallon qui s’ouvrait à nos pieds ; puis, disparut. Je demeurais ébloui, sans rien dire ; je sentais m’envelopper encore, et pénétrer cette sorte d’extase dorée où mon ressentiment s’évaporait et je n’entendais plus en moi que l’amour. Alissa, qui restait penchée, appuyée contre moi, se redressa ; elle sortit de son corsage un menu paquet enveloppé de papier fin, fit mine de me le tendre, s’arrêta, semblant indécise, et comme je la regardais, surpris :

– Écoute, Jérôme, c’est ma croix d’améthyste que j’ai là ; depuis trois soirs je l’apporte parce que je voulais depuis longtemps te la donner.

– Que veux-tu que j’en fasse ? fis-je assez brusquement.

– Que tu la gardes en souvenir de moi, pour ta fille.

– Quelle fille ? m’écriai-je en regardant Alissa sans la comprendre.

– Écoute-moi bien calmement, je t’en prie ; non, ne me regarde pas ainsi ; ne me regarde pas ; déjà j’ai beaucoup de mal à te parler ; mais ceci, je veux absolument te le dire. Écoute, Jérôme, un jour, tu te marieras ?… Non, ne me réponds pas ; ne m’interromps pas, je t’en supplie. Je voudrais tout simplement que tu te souviennes que je t’aurai beaucoup aimé et… depuis longtemps déjà… depuis trois ans… j’ai pensé que cette petite croix que tu aimais, une fille de toi la porterait un jour, en souvenir de moi, oh ! sans savoir de qui… et peut-être pourrais-tu aussi lui donner… mon nom…

Elle s’arrêta, la voix étranglée ; je m’écriai presque hostilement :

– Pourquoi ne pas la lui donner toi-même ?

Elle essaya de parler encore. Ses lèvres tremblaient comme celles d’un enfant qui sanglote ; elle ne pleurait pas toutefois ; l’extraordinaire éclat de son regard inondait son visage d’une surhumaine, d’une angélique beauté.

– Alissa ! qui donc épouserais-je ? Tu sais pourtant que je ne puis aimer que toi… et tout à coup, la serrant éperdument, presque brutalement dans mes bras, j’écrasai de baisers ses lèvres. Un instant comme abandonnée je la tins à demi renversée contre moi ; je vis son regard se voiler ; puis ses paupières se fermèrent, et d’une voix dont rien n’égalera pour moi la justesse et la mélodie :

– Aie pitié de nous, mon ami ! Ah ! n’abîme pas notre amour.

Peut-être dit-elle encore : N’agis pas lâchement ! ou peut-être me le dis-je moi-même, je ne sais plus, mais soudain, me jetant à genoux devant elle et l’enveloppant pieusement de mes bras :

– Si tu m’aimais ainsi, pourquoi m’as-tu toujours repoussé ? Vois ! j’attendais d’abord le mariage de Juliette ; j’ai compris que tu attendisses aussi son bonheur ; elle est heureuse ; c’est toi-même qui me l’as dit. J’ai cru longtemps que tu voulais continuer à vivre près de ton père ; mais à présent nous voici tous deux seuls.

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