Louis Pauwels - L'homme éternel
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Le transformisme, qui est, qu'on le veuille ou non, à la base de l'idée d'évolution, est abandonné en tant que mécanisme cohérent, enchaînement de causalités. Il y a une cause finale, qui produit des effets tout au long de l'histoire du vivant. C'est un déterminisme inversé et les phénomènes inexplicables de l'évolution sont expliqués par le seul fait qu'ils sont des ressacs du futur.
Et que la génétique porte au transformisme un coup mortel, cela n'entame pas l'idée d'évolution ascendante. C'est que cette idée est passée du niveau de l'explication scientifique au niveau du mythe nécessaire à une civilisation.
La théorie des chromosomes de Weismann, les lois de Mendel, n'ont rien laissé subsister des thèses sur les mutations venues au secours du transformisme. En affirmant que les caractères transmis sont invariables, et qu'il ne saurait y avoir transmission des caractères acquis puisque l'hérédité s'effectue, non d'organisme à organisme, mais de germe à germe stable, la génétique n'incline absolument pas vers l'évolutionnisme. Quand Lyssenko et les mitchouriniens de l'époque stalinienne prennent parti pour l'évolution contre la génétique, ils sont tout à fait conscients de la contradiction. Mais ils ont besoin d'assises « scientifiques » au mythe nécessaire. Ils envoient les généticiens au bagne, au nom de la vérité scientifique, la science n'étant pas seulement pour eux la vérité, mais la vérité plus l'espérance. L'espérance d'être cause, de pouvoir changer et améliorer la nature et l'homme, par un changement du milieu qui donne au transformisme la possibilité d'exercer ses vertus. C'était une cruauté inutile que d'envoyer les savants à la mort. Mais ces matérialistes ne faisaient pas assez confiance au mythe. Le silence n'eût pas même été nécessaire. Le mythe de l'évolution ascendante vit très bien et s'engraisse des démentis comme de petit-lait.
Les transformistes du début du XIXe estimaient tout à fait suffisant d'avoir substitué à l'arbitraire du créateur une hypothèse qui implique un déterminisme. Ils ne se prononçaient pas sur un sens quelconque de l'évolution. Des causes engendraient des effets, l'action du milieu et la sélection naturelle faisaient se modifier les espèces, les formes de la vie se déployaient de l'amibe à l'homme, obéissant à des nécessités implacables. Ils se gardaient de se prononcer sur une question qui leur eût, d'ailleurs, semblé dépourvue d'esprit scientifique : l'évolution a-t-elle un sens ? Le transformisme n'était ni pessimiste ni optimiste. Il se refusait à doter un phénomène naturel d'une intention et d'une direction. En ceci, il s'apparentait bien à l'esprit de l'époque qui tenait la balance assez maussadement entre l'espoir et le désespoir, avec une petite préférence pour la lucidité amère. Jules Verne était contemporain des philosophes qui prophétisaient l'Apocalypse. Et Baudelaire s'écriait : « Le monde va finir. » D'ailleurs, la physique de l'époque est noire. L'entropie généralisée condamne l'univers à l'extinction. Nietzsche voit dans le déterminisme qui préside à l'évolution des espèces, de quoi nourrir sa vision tragique. Il s'enchante sombrement des duretés implacables de la sélection naturelle, et que l'homme apparaisse sur un immense cimetière d'espèces englouties. Les biologistes qui « n'ont pas vu Dieu dans leur éprouvette », hausseraient les épaules, sous leur redingote noire, si l'on assignait aux phénomènes naturels un sens quelconque. Seuls les déterminismes physico-chimiques sont en jeu. Et les psychologues eux-mêmes les rejoignent : l'esprit et les vertus sont des produits, comme l'alcool et le sucre. Quant à l'homme, il descend du singe. Le verbe, à lui seul, exclut toute idée d'une quelconque ascension du vivant, d'une direction positive de l'« élan vital ». La Genèse nous faisait naître de la poussière et nous promettait d'y retourner. Le dogme nous disait balayure animée par Dieu. Nous ne sommes pas ce produit de la volonté du Seigneur, mais simplement un primate évolué par le jeu des causalités aveugles, jeté dans une nature sans but, qui d'ailleurs est condamnée à l'extinction par la thermodynamique.
Si, par extraordinaire, les découvertes de la génétique moderne avaient été faites avant l'avènement de la civilisation industrielle, ce sont les partisans du fixisme qui l'eussent emporté. Ces découvertes eussent, comme le dit très justement Emmanuel Berl, « ravi les philosophes les plus obsédés par l'éternel, les plus indifférents à la durée ». Il n'eût été question ni d'« élan vital » ni, à plus forte raison, d'« évolution créatrice ». Des principes d'immutabilité majestueuse de la nature l'eussent emporté, et toute notre vision du vivant, de l'histoire de l'homme et de ses sociétés, de notre propre civilisation, en eût été modifiée.
Mais, entre-temps, l'idée d'évolution s'était mariée avec l'idée de progrès. Avec la civilisation industrielle et ses premiers et spectaculaires bienfaits, l'idée que l'âge d'or était derrière nous venait de décéder. La machine à vapeur et l'électricité déplaçaient le paradis de l'arrière à l'avant. On allait « remporter la victoire sur la nature », changer les choses et, par voie de conséquence, changer l'homme. Le transformisme reprenait du poil de la bête ; l'industrie qui transforme le milieu transformera l'humanité. Et la « marche en avant » est « irréversible ». On « n'arrête pas le progrès », l'humanité peut espérer et découvrir un sens à l'histoire. Hegel constitue la métaphysique du progrès et Marx son anthropologie. L'élan faustien qui se déploie à l'usine et au laboratoire rejoint l'« élan vital » mythique, et c'est ce dernier mythe qui va donner un caractère d'absolu à un fait de civilisation très limité dans le temps.
Que le milieu détermine la transformation, et que la fonction crée l'organe, c'est ce fond de lamarckisme que l'on va retrouver dans le « socialisme scientifique ». Et lorsque Marx déclare que l'humanité fait ses découvertes au moment où elle en a besoin, c'est encore Lamarck qui parle dans sa belle barbe. Les implacables lois de l'» évolution économique » sont encore du transformisme et le principe de lutte de classes est cousin de la sélection naturelle.
L'idée d'évolution créatrice, qui est une invention de l'esprit chargée de rendre compte d'une histoire générale du vivant dont on ne peut expliquer le mécanisme, va servir à justifier pleinement les sacrifices qu'exige la civilisation industrielle naissante au nom du progrès. Le progrès est-il une notion relative ? Non ! non ! C'est une notion absolue. Le progrès est dans la nature de l'évolution . Il participe de la lame de fond qui soulève le vivant au cours des temps. Il est le corrélat de l'évolution. « Au mariage de l'évolution et du progrès, dit Berl, l'évolution (c'est-à-dire l'idée d'évolution créatrice, qui était beaucoup plus mythique que scientifique) gagne une dignité politique, et le progrès (qui n'était qu'un constat assez douteux et saisi dans une étroite fourchette du temps) gagne une dignité scientifique. »
Mais, dès lors que le progrès revêt cette dignité et monte sur le trône du roi du monde, il convient que tout le passé soit rejeté dans une nuit de longs efforts maladroits et balbutiants. Le progrès est l'héritier rayonnant de toute l'évolution, le produit étincelant, définitif, de trois milliards d'années de vie qui s'efforçaient vers cette entité magnifique. Il éclaire le monde. Le monde était obscur avant lui. À vrai dire, l'homme ignorait le jour. C'est bien ce que signifie le terme de « siècle des lumières ». C'est le siècle qui vit naître l'idée de progrès. Les temps sont venus, pour nous autres fils du temps. Nous émergeons enfin, et nous prenons à notre propre compte la suite de l'évolution, nous autres qui étions liés par une lente maturation de la matière, par une avance timide dans la suffocation et la terreur, soumise à la morsure des malaises chimiques, au Grouin qui végétait dans les eaux embourbées du Dévonien.
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