Louis Pauwels - L'homme éternel

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Ce Manuel ne prétend pas du tout à la dignité scientifique. La sagesse, même planétaire, est de limiter sa patrie. Ma patrie est la poésie. Mais la poésie, comme d'ailleurs la science, puise partout son bien dans l'intention de produire un plus grand bien. La science fait de la vérité, ou tout au moins s'y emploie sincèrement. La poésie fait du merveilleux, ou tout au moins s'y emploie avec une égale sincérité. Et il y a peut-être quelque vérité dans le merveilleux. Maintenant, si l'on me dit, abusant de l'autorité scientifique, laquelle n'est point, que je sache, chargée de désespérer les hommes : « il n'y a aucune sorte de merveilleux à trouver en ce monde », je me refuserai obstinément à prêter l'oreille. Je continuerai, avec mes faibles moyens, et de toute ma passion, à le chercher. Et si je ne devais pas trouver du merveilleux en cette vie, je dirais en la quittant que mon âme était trop épaisse et mon esprit aveugle, non pas qu'il n'y avait rien à trouver.

L. P. – 1970.

I. DES DOUTES SUR L'ÉVOLUTION

Le thé avec Sir Julian. – La religion des grands-pères. – Un conflit passé à pertes et profits. – Les colères de Cuvier. – Les atouts du transformisme. – Quand Bergson invente l'« élan vital ». – Un mythe qui boit du petit-lait. – Le mariage de l'idée d'évolution et de l'idée de progrès. – Un « isme » à surveiller. – Les embarras de la biologie. – Où les auteurs ont un autre délire, mais modéré. – Ce très fuyant premier homme. – L'hypothèse d'une forme stable. – Une doctrine non reçue : l'humanisme.

Dans le hall d'entrée de l'Athenaeum Club fréquenté par des vieux messieurs qui honorent l'intelligence anglo-saxonne, il y a deux grands tableaux : le portrait de Darwin et celui de Thomas Henry Huxley, son ami, peintre, naturaliste, et philosophe de l'évolutionnisme.

Ce bel après-midi de juin 1963, dans la bibliothèque du club, je prenais le thé avec le petit-fils d'un des deux fondateurs de la religion. Car c'est bien d'une religion qu'il s'agit. Le petit-fils ne s'y trompait pas.

Je dis à Julian Huxley :

— Sir Julian, vous avez publié, en 1928, un ouvrage intitulé Religion sans révélation . L'idée a fait son chemin. En 1958, trente ans après, voilà ce livre largement répandu en édition populaire. Et, au congrès de Chicago, pour le centenaire de l'œuvre de Darwin, vous avez fait une déclaration retentissante. Vous avez dit : « La vision évolutionniste nous permet de distinguer les grandes lignes de la nouvelle religion qui, nous pouvons en être sûrs, naîtra pour répondre aux besoins de l'ère qui vient. » Sûrs ?

— Oui, me répondit Sir Julian. Le monde l'attend. L'humanité discerne, plus ou moins clairement, qu'il y a quelque chose comme une religion toute prête. Ou plutôt (si j'exclus Dieu, ou une finalité divine) un sentiment exaltant de relation au tout. Les sciences sont maintenant assez développées pour que leur convergence produise une nouvelle image de l'univers. Par cela, le processus d'évolution, en la personne de l'homme, commence à être conscient de lui-même.

— Une conscience quasi religieuse du processus évolutif, c'est cela ?

— Oh, beaucoup de mes amis font des objections contre ce terme de religion… Mais enfin… Vous savez, même les systèmes dits matérialistes comme le marxisme ont leurs aspects typiquement religieux…

Décidément, pensais-je en trempant ma madeleine dans le thé, les Français sont des anarchistes modérés et les Anglais des mystiques raisonnables. Voilà du Teilhard agnostique. Mais enfin, un vent de religiosité passe en ce moment sous le front des honorables vieux scientistes, de ce côté-ci de la Manche. Peut-être découvrent-ils, dans ces temps inquiets, avec leur solide et discret orgueil, que leurs grands-pères darwiniens ont, en effet, proposé au monde une nouvelle forme de religion.

Je songeais à Haldane, un autre descendant d'une belle lignée d'intellectuels anglais. Lui aussi caressait des idées de religion sans révélation. Il m'avait écrit :

« Il faut envisager la possibilité que naisse une nouvelle religion dont le credo serait en accord avec la pensée moderne, ou plus précisément la pensée d'une génération précédente. Des traces d'un tel credo peuvent déjà être trouvées dans les paroles des spiritualistes éminents, dans le dogme économique du parti communiste et dans les écrits de ceux qui croient à l'évolution créatrice. »

Qui « croient »…

Je regardais Sir Julian. Il tournait tranquillement sa cuillère. Cet homme-là n'avait cessé d'accumuler les honneurs et les risques. Ce monument était posé sur une étroite frontière entre la généralisation idéaliste et la prudence académique, entre la mysticité de son frère Aldous et le déterminisme de son grand-père. Puis ma pensée allait à son turbulent confrère Haldane, qui avait choisi aussi une noble et inconfortable position. Il avait été communiste, et il achevait une brillante carrière non conforme en étudiant aux Indes la physiologie des yogis en extase. Sacrés grands Anglais !

Je suivais une chaîne de vieux messieurs. Je revoyais, dans son petit cabinet de Rome, le bon maître de la psychosynthèse, le professeur Assagioli. « Il y a un fait actuel très important et significatif, disait-il, c'est l'attente d'un grand renouvellement religieux… »

Toutes ces conversations se déroulaient avant que les capitales d'Europe voient surgir une jeunesse à la fois révolutionnaire et anti-progressiste, avide de sacré, mystique à l'état sauvage, avec sa musique de messe à l'envers et ses révoltes pareilles à des mimes liturgiques. Peut-être suis-je un peu médium. Ou, simplement, moins chargé d'ans que mes grands Anglais, étais-je plus réceptif au futur. Ce renouvellement religieux va se faire, pensais-je, c'est sûr. Mais le dogme évolutionniste, qui a servi de pont à deux ou trois générations pour traverser les temps d'éclipses de Dieu, ne va-t-il pas sauter ? Haldane et Huxley reculaient, saisis en travelling arrière dans leur émouvante attitude de papas penchés sur l'avenir. « Ceux qui croient à l'évolution créatrice ? » Hé ! c'était à regarder de plus près, avec des doutes sur le comment et le pourquoi. Ce dogme, je m'y étais attaché, en bon fils. Mais il allait peut-être fondre, se dissoudre, comme mon gâteau dans la tasse de thé.

Nos grands-pères avaient décrété la mort de Dieu. Mais la Trinité a tenu le coup. On a seulement changé les mots. Le Père est devenu l'Évolution ; le Fils, le Progrès ; le Saint-Esprit, l'Histoire.

Tuez le Père une bonne fois. C'est-à-dire, révoquez en doute l'Évolution. La notion de Progrès cesse d'être fondée ; elle perd sa valeur d'absolu ; elle se dépouille de sa nature quasi religieuse. Alors, par voie de conséquence, l'Histoire n'est plus nécessairement ascendante. La voilà sans messianisme, réduite à une pure chronique. C'est peut-être le vrai paysage, qui était caché derrière les tabous. Paysage froid ? Sans doute. Paysage pour adultes libres, sortis des tiédeurs matricielles.

Bien entendu, il faut traiter avec respect et précaution les partisans de l'évolution. Ils menèrent au siècle dernier un dur combat. « Dieu a créé tous les êtres vivants chacun dans son espèce », affirme la Genèse. La théologie traditionnelle s'accorde avec la vision platonicienne : la nature est l'incarnation des idéaux, et l'idée de cheval existait avant le cheval, dessinée de toute éternité dans les cieux spirituels. Elle s'accorde avec le fixisme du sens commun et du langage. Et il n'y a pas cent ans qu'un évêque anglican s'écriait : « Non ! pas d'Évolution ! Dieu a bien créé le monde en six jours, fossiles compris ! » Le « procès des singes » de Dayton, U.S.A., où des professeurs furent poursuivis pour avoir enseigné le transformisme, ne date que de 1926. Aujourd'hui, l'Église, non sans se garder des abandons teilhardiens à une « religion de l'évolution », assez proche, somme toute, de celle d'Huxley, a intégré les données fondamentales de l'anthropologie. Après une analyse néo-darwiniste de l'évolution anatomique de l'homme au cours des âges géologiques, on lit ce qui suit dans un dictionnaire de tendance chrétienne :

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