Ursula Le Guin - Le Dit d'Aka

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Le Dit d'Aka: краткое содержание, описание и аннотация

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Sutty, l’Indienne, a été envoyée par l’Ekumen, cette confédération galactique de peuples organisée par les Hainiens, sur une planète récemment contactée, l’Aka.
Aka connaît un équilibre fragile. L’arrivée des envoyés de l’Ekumen, la découverte du vol interstellaire et de l’existence d’une civilisation galactique ont tiré ce monde d’une culture statique depuis des millénaires. Une société furieusement scientiste a entrepris de rattraper ce qu’elle tient pour son retard et banni les usages du passé, allant jusqu’à détruire les anciens contes et livres.
Des livres et des contes qui contenaient dans ses infinies variations Le Dit d’Aka, le trésor des récits, des poèmes et des savoirs, qui constituait toute la sagesse ancienne.
Sutty vient de la Terre, un monde qui lui-même a connu une violente réaction fondamentaliste et antiscientifique dont il s’extrait à peine. Peut-être est-elle la mieux placée pour retrouver et sauver ce qui peut l’être de la vieille culture d’Aka…

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Le jour où ils avaient ouvert l’Enclave avait été baptisé la Fête de la Liberté : levée des restrictions concernant les Incroyants, liberté de communication, de lecture, de tenue féminine, de voyage, de culte, de non-culte, liberté de tout. Les habitants des Enclaves, sortis en masse des maisons et des boutiques, des écoles de formation, des lycées, s’étaient répandus dans les rues pluvieuses de Vancouver : ne sachant que faire au juste, eux qui avaient vécu si longtemps muets, discrets, prudents, humbles, tandis que les Pères prêchaient, édictaient, sermonnaient et que les Agents de la Foi confisquaient, censuraient, menaçaient, punissaient. C’étaient les Fidèles qui se rassemblaient en foules immenses, chantaient des chansons ou des louanges, festoyaient, marchaient pour ceci ou cela ; les Incroyants baissaient la tête et parlaient bas. Mais la pluie cessa, et les gens apportèrent des guitares, des sitars et des saxophones dans les rues et sur les places, et se mirent à jouer de la musique, à danser. Le soleil fit son apparition, doré sous de gros nuages bas, et ils continuèrent à danser. Sur McKenzie Square, une fille menait une ronde, longs cheveux noirs lustrés, peau ivoirine, sino-canadienne, une fille qui riait et criait, trop fort, mais Sutty se joignit tout de même à sa ronde : les danseurs s’amusaient follement et le jeune joueur de concertina jouait à merveille. Puis elle se retrouva face à la fille brune, au sortir d’une figure qu’elles venaient d’improviser, elles se prirent par la main, l’une rit, l’autre l’imita, et elles ne se lâchèrent plus la main de toute la nuit.

Du tremplin de ce souvenir, Sutty plongea droit dans le sommeil paisible dont elle faisait généralement l’expérience dans cette pièce calme, sous ce plafond haut.

Le lendemain, une longue randonnée vers l’amont du torrent, dont elle rentra tard, la laissa épuisée. Elle mangea en compagnie d’Iziézi, lut un peu et déroula sa literie.

Sitôt qu’elle éteignit la lumière et s’allongea, elle se retrouva à Vancouver, le lendemain de la Fête de la Liberté. Elles se promenaient toutes les deux dans le New Stanley Park qui dominait la ville. Il y avait encore quelques grands arbres là-haut, des survivants d’avant la Pollution. Pao les appelait des sapins – des sapins de Douglas – et des épicéas, et, d’après elle, les montagnes en étaient jadis recouvertes.

— Comme d’un manteau noir ! dit-elle de sa voix rauque, atone, et Sutty vit de vastes forêts noires, de lourds cheveux noirs lustrés.

— Tu as grandi ici ? demanda-t-elle, car elles avaient tout à apprendre l’une de l’autre.

Et Pao de répondre :

— Oui, et maintenant je veux partir.

— Partir ? Pour où ?

— Hain, Vé, Chiffewar, Werel, Yeowe-Werel, Géthen, Urras-Anarres et Ô !

— Ô, ô, ô ! s’écria Sutty qui riait et pleurait d’entendre sa propre litanie, son mantra personnel clamé par quelqu’un d’autre. Moi aussi ! Moi aussi, je vais partir, je vais partir !

— Tu es en Formation ?

— En troisième année.

— Je viens juste de commencer.

— Rattrape-moi ! dit Sutty.

Et Pao y était presque arrivée. Elle avait concentré trois années d’études en deux. Sutty avait obtenu son diplôme à la fin de la première et obtenu un poste de maître-assistante pour la seconde : elle enseignait la grammaire structurale et le hainien à des débutants. Après son départ pour l’École à Valparaiso, elles ne resteraient séparées que pendant huit mois ; et comme elle retournerait en avion à Vancouver pour les vacances de décembre, la séparation ne durerait en fait que deux fois quatre mois, puis elles seraient ensemble, tout au long de leur scolarité à l’École ékuménique, et tout au long de leur vie, sur tous les Mondes connus.

— On fera l’amour dans mille ans sur un monde dont personne ne sait encore le nom ! disait Pao.

Et elle poussait des gloussements adorables. Son rire prenait sa source tout au fond de ce qu’elle appelait son tan-tien-bidon, jusqu’à la secouer de hoquets. Elle adorait rire, elle aimait raconter des blagues et en entendre. Parfois, elle riait tout haut dans son sommeil. Sutty l’entendait, la sentait rire près d’elle dans l’obscurité, et le lendemain matin Pao lui expliquait qu’elle avait fait des rêves trop drôles, et elle les lui racontait, et elle en riait de plus belle sans parvenir à aller jusqu’au bout de son récit. Elles habitaient le logement qu’elles avaient trouvé et dans lequel elles avaient emménagé deux semaines après la Fête de la Liberté, un sous-sol malpropre qu’elles adoraient, Souché Street – Sushi Street, car il y avait trois restaurants japonais dans cette rue. Elles avaient deux pièces à leur disposition : celle où les futons prenaient toute la place, et l’autre, avec l’évier, la cuisinière et un piano droit, privé de quatre touches, fourni avec l’appartement parce qu’il était trop abîmé pour qu’on le répare et trop coûteux à déplacer. Pao jouait des valses trouées comme des passoires pendant que Sutty préparait du bhaigan tamatar. Sutty récitait les poèmes d’Esnanaridaratha de Darranda et fauchait des amandes dans un bol tandis que Pao faisait frire du riz. Une souris mit bas dans le placard à provisions. De longues discussions s’ensuivirent sur le sort à réserver aux souriceaux. Des critiques xénophobes furent échangées : sur la nature impitoyable des Chinois qui considéraient les animaux comme des êtres inintelligents, et sur la perversité des Indiens qui nourrissaient les vaches sacrées et laissaient des enfants mourir de faim.

— Pas question de vivre avec des souris ! cria Pao.

— Pas question de vivre avec une meurtrière ! rétorqua Sutty sur le même ton.

Les petites souris, une fois adolescentes, se mirent à explorer l’appartement. Sutty acheta une ratière d’occasion. En utilisant du tofu comme appât, elles les capturèrent une par une pour les relâcher dans le New Stanley Park. La mère fut la dernière à se laisser prendre au piège et, lorsqu’elles la relâchèrent, ce fut en chantant :

Dieu te bénisse, toi qui chéris
L’enfant de ton précieux mari.
Reste fidèle, et pour toujours,
Au long d’une vie remplie d’amour.

Pao avait presque toujours un hymne uniste en réserve.

Sutty attrapa la grippe, une maladie dont beaucoup de souches étaient fatales. Elle se rappela la peur qu’elle avait éprouvée quand, debout dans le tram, elle sentait son mal de tête empirer, puis lorsqu’elle était rentrée et qu’elle avait vu le visage de Pao flou. Celle-ci s’occupa d’elle nuit et jour ; quand la fièvre tomba, elle lui fit boire des tisanes chinoises qui avaient un goût de pisse et de moisissure. Sutty resta affaiblie pendant des jours, allongée sur les futons, à fixer le plafond défraîchi ; affaiblie, hébétée, tranquille, elle revint à la vie.

Mais la petite Tata retourna au village, du fait de cette épidémie. La première fois que Sutty revint chez elle, il lui fut étrange d’y séjourner en compagnie de Père et Mère sans Tata. Elle ne cessait de tourner la tête, en s’attendant à la voir debout dans l’embrasure de la porte ou assise au milieu de la pièce voisine dans son cocon de couvertures rapiécées. Mère lui donna les bracelets de Tata, les six ordinaires en cuivre pour la vie de tous les jours et les deux en or pour les grandes occasions, cercles minuscules dans lesquels jamais ses mains ne passeraient. Elle les donna à Lakshmi, dont le bébé pourrait les porter quand elle serait plus grande.

— Les biens matériels auxquels tu t’attaches t’accablent de leur poids. Ce qui a de la valeur, garde-le plutôt dans ta tête, lui disait un oncle Hurree converti à ce qu’il avait dû mettre en pratique.

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