Émile Zola - Thérèse Raquin
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Quand Laurent n’était pas là, pendant la matinée et l’après-midi, Thérèse allait de la salle à manger à la boutique, inquiète et troublée, ne sachant comment remplir le vide qui chaque jour se creusait davantage en elle. Elle était désœuvrée, lorsqu’elle ne pleurait pas aux pieds de Mme Raquin ou qu’elle n’était pas battue et injuriée par son mari. Dès qu’elle se trouvait seule dans la boutique, un accablement la prenait, elle regardait d’un air hébété les gens qui traversaient la galerie sale et noire, elle devenait triste à mourir au fond de ce caveau sombre, puant le cimetière. Elle finit par prier Suzanne de venir passer les journées entières avec elle, espérant que la présence de cette pauvre créature, douce et pâle, la calmerait.
Suzanne accepta son offre avec joie; elle l’aimait toujours d’une sorte d’amitié respectueuse; depuis longtemps elle avait le désir de venir travailler avec elle, pendant qu’Olivier était à son bureau. Elle apporta sa broderie et prit, derrière le comptoir, la place vide de Mme Raquin.
Thérèse, à partir de ce jour, délaissa un peu sa tante. Elle monta moins souvent pleurer sur ses genoux et baiser sa face morte. Elle avait une autre occupation. Elle écoutait avec des efforts d’intérêt les bavardages lents de Suzanne qui parlait de son ménage, des banalités de sa vie monotone. Cela la tirait d’elle-même. Elle se surprenait parfois à s’intéresser à des sottises, ce qui la faisait ensuite sourire amèrement.
Peu à peu, elle perdit toute la clientèle qui fréquentait la boutique. Depuis que sa tante était étendue en haut dans son fauteuil elle laissait le magasin se pourrir, elle abandonnait les marchandises à la poussière et à l’humidité. Des odeurs de moisi traînaient, des araignées descendaient du plafond, le parquet n’était presque jamais balayé. D’ailleurs, ce qui mit en fuite les clientes fut l’étrange façon dont Thérèse les recevait parfois. Lorsqu’elle était en haut, battue par Laurent ou secouée par une crise d’effroi, et que la sonnette de la porte du magasin tintait impérieusement, il lui fallait descendre, sans presque prendre le temps de renouer ses cheveux ni d’essuyer ses larmes; elle servait alors avec brusquerie la cliente qui l’attendait, elle s’épargnait même souvent la peine de la servir, en répondant, du haut de l’escalier de bois, qu’elle ne tenait plus ce dont on demandait. Ces façons peu engageantes n’étaient pas faites pour retenir les gens. Les petites ouvrières du quartier, habituées aux amabilités doucereuses de Mme Raquin, se retirèrent devant les rudesses et les regards fous de Thérèse. Quand cette dernière eut pris Suzanne avec elle, la défection fut complète: les deux jeunes femmes, pour ne plus être dérangées au milieu de leurs bavardages, s’arrangèrent de manière à congédier les dernières acheteuses qui se présentaient encore. Dès lors, le commerce de mercerie cessa de fournir un sou aux besoins du ménage; il fallut attaquer le capital des quarante et quelques mille francs.
Parfois, Thérèse sortait pendant des après-midi entières. Personne ne savait où elle allait. Elle avait sans doute pris Suzanne avec elle, non seulement pour lui tenir compagnie, mais aussi pour garder la boutique, pendant ses absences. Le soir, quand elle rentrait, éreintée, les paupières noires d’épuisement, elle retrouvait la petite femme d’Olivier, derrière le comptoir, affaissée, souriant d’un sourire vague, dans la même attitude où elle l’avait laissée cinq heures auparavant.
Cinq mois environ après son mariage, Thérèse eut une épouvante. Elle acquit la certitude qu’elle était enceinte. La pensée d’avoir un enfant de Laurent lui paraissait monstrueuse, sans qu’elle s’expliquât pourquoi. Elle avait vaguement peur d’accoucher d’un noyé. Il lui semblait sentir dans ses entrailles le froid d’un cadavre dissous et amolli. À tout prix, elle voulut débarrasser son sein de cet enfant qui la glaçait et qu’elle ne pouvait porter davantage. Elle ne dit rien à son mari, et, un jour, après l’avoir cruellement provoqué, comme il levait le pied contre elle, elle présenta le ventre. Elle se laissa frapper ainsi à en mourir. Le lendemain, elle faisait une fausse couche.
De son côté, Laurent menait une existence affreuse. Les journées lui semblaient d’une longueur insupportable; chacune d’elles ramenait les mêmes angoisses, les mêmes ennuis lourds, qui l’accablaient à heures fixes avec une monotonie et une régularité écrasantes. Il se traînait dans sa vie, épouvanté chaque soir par le souvenir de la journée et par l’attente du lendemain. Il savait que, désormais, tous ses jours se ressembleraient, que tous lui apporteraient d’égales souffrances. Et il voyait les semaines, les mois, les années qui l’attendaient, sombres et implacables, venant à la file, tombant sur lui et l’étouffant peu à peu. Lorsque l’avenir est sans espoir, le présent prend une amertume ignoble. Laurent n’avait plus de révolte, il s’avachissait, il s’abandonnait au néant qui s’emparait déjà de son être. L’oisiveté le tuait. Dès le matin, il sortait, ne sachant où aller, écœuré à la pensée de faire ce qu’il avait fait la veille, et forcé malgré lui de le faire de nouveau. Il se rendait à son atelier, par habitude, par manie. Cette pièce, aux murs gris, d’où l’on ne voyait qu’un carré désert de ciel, l’emplissait d’une tristesse morne. Il se vautrait sur son divan, les bras pendants, la pensée alourdie. D’ailleurs, il n’osait plus toucher à un pinceau. Il avait fait de nouvelles tentatives, et toujours la face de Camille s’était mise à ricaner sur la toile. Pour ne pas glisser à la folie, il finit par jeter sa boîte à couleurs dans un coin, par s’imposer la paresse la plus absolue. Cette paresse forcée lui était d’une lourdeur incroyable.
L’après-midi, il se questionnait avec angoisse pour savoir ce qu’il ferait. Il restait pendant une demi-heure, sur le trottoir de la rue Mazarine, à se consulter, à hésiter sur les distractions qu’il pourrait prendre. Il repoussait l’idée de remonter à son atelier, il se décidait toujours à descendre la rue Guénégaud, puis à marcher le long des quais. Et, jusqu’au soir, il allait devant lui, hébété, pris de frissons brusques, lorsqu’il regardait la Seine. Qu’il fût dans son atelier ou dans les rues, son accablement était le même. Le lendemain, il recommençait, il passait la matinée sur son divan, il se traînait l’après-midi le long des quais. Cela durait depuis des mois, et cela pouvait durer pendant des années.
Parfois Laurent songeait qu’il avait tué Camille pour ne rien faire ensuite, et il était tout étonné, maintenant qu’il ne faisait rien, d’endurer de telles souffrances. Il aurait voulu se forcer au bonheur. Il se prouvait qu’il avait tort de souffrir, qu’il venait d’atteindre la suprême félicité, qui consiste à se croiser les bras, et qu’il était un imbécile de ne pas goûter en paix cette félicité. Mais ses raisonnements tombaient devant les faits. Il était obligé de s’avouer au fond de lui que son oisiveté rendait ses angoisses plus cruelles en lui laissant toutes les heures de sa vie pour songer à ses désespoirs et en approfondir l’âpreté incurable. La paresse, cette existence de brute qu’il avait rêvée, était son châtiment. Par moments, il souhaitait avec ardeur une occupation qui le tirât de ses pensées. Puis il se laissait aller, il retombait sous le poids de la fatalité sourde qui lui liait les membres pour l’écraser plus sûrement.
À la vérité, il ne goûtait quelque soulagement que lorsqu’il battait Thérèse, le soir. Cela le faisait sortir de sa douleur engourdie.
Sa souffrance la plus aiguë, souffrance physique et morale, lui venait de la morsure que Camille lui avait faite au cou. À certains moments, il s’imagina que cette cicatrice lui couvrait tout le corps. S’il venait à oublier le passé, une piqûre ardente, qu’il croyait ressentir, rappelait le meurtre à sa chair et à son esprit. Il ne pouvait se mettre devant un miroir, sans voir s’accomplir le phénomène qu’il avait si souvent remarqué et qui l’épouvantait toujours: sous l’émotion qu’il éprouvait, le sang montait à son cou, empourprait la plaie, qui se mettait à lui ronger la peau. Cette sorte de blessure vivant sur lui, se réveillant, rougissant et le mordant au moindre trouble, l’effrayait et le torturait. Il finissait par croire que les dents du noyé avaient enfoncé là une bête qui le dévorait. Le morceau de son cou où se trouvait la cicatrice ne lui semblait plus appartenir à son corps; c’était comme de la chair étrangère qu’on aurait collée en cet endroit, comme une viande empoisonnée qui pourrissait ses propres muscles. Il portait ainsi partout avec lui le souvenir vivant et dévorant de son crime. Thérèse, quand il la battait, cherchait à l’égratigner à cette place; elle y entrait parfois ses ongles et le faisait hurler de douleur. D’ordinaire, elle feignait de sangloter, dès qu’elle voyait la morsure, afin de la rendre plus insupportable à Laurent. Toute la vengeance qu’elle tirait de ses brutalités était de le martyriser à l’aide de cette morsure.
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