Émile Zola - Thérèse Raquin

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Le roman plus noir que noir, par excellence. Thérèse, mariée au souffreteux Camille, vit dans une sombre mercerie… Elle rencontre Laurent, devient sa maîtresse… La clandestinité pèse aux amants, qui vont envisager, puis accomplir, l'irréparable sur la personne du mari. Mais ce meutre de ne leur réussira pas, sera le début de leur fin…

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C’étaient de douces et calmes soirées. Dans le silence, dans l’ombre transparente et attiédie, s’élevaient des paroles amicales. On se serrait autour de la table; après le dessert, on causait des mille riens de la journée, des souvenirs de la veille et des espoirs du lendemain. Camille aimait Laurent, autant qu’il pouvait aimer, en égoïste satisfait, et Laurent semblait lui rendre une égale affection; il y avait entre eux un échange de phrases dévouées, de gestes serviables, de regards prévenants. Mme Raquin, le visage placide, mettait toute sa paix autour de ses enfants, dans l’air tranquille qu’ils respiraient. On eût dit une réunion de vieilles connaissances qui se connaissaient jusqu’au cœur et qui s’endormaient sur la foi de leur amitié.

Thérèse, immobile, paisible comme les autres, regardait ces joies bourgeoises, ces affaissements souriants. Et, au fond d’elle, il y avait des rires sauvages; tout son être raillait, tandis que son visage gardait une rigidité froide. Elle se disait, avec des raffinements de volupté, que quelques heures auparavant elle était dans la chambre voisine, demi-nue, échevelée, sur la poitrine de Laurent; elle se rappelait chaque détail de cette après-midi de passion folle, elle les étalait dans sa mémoire, elle opposait cette scène brûlante à la scène morte qu’elle avait sous les yeux. Ah! comme elle trompait ces bonnes gens, et comme elle était heureuse de les tromper avec une impudence si triomphante! Et c’était là, à deux pas, derrière cette mince cloison, qu’elle recevait un homme; c’était là qu’elle se vautrait dans les âpretés de l’adultère. Et son amant, à cette heure, devenait un inconnu pour elle, un camarade de son mari, une sorte d’imbécile et d’intrus dont elle ne devait pas se soucier. Cette comédie atroce, ces duperies de la vie, cette comparaison entre les baisers ardents du jour et l’indifférence jouée du soir, donnaient des ardeurs nouvelles au sang de la jeune femme.

Lorsque Mme Raquin et Camille descendaient, par hasard, Thérèse se levait d’un bond, collait silencieusement, avec une énergie brutale, ses lèvres sur les lèvres de son amant, et restait ainsi haletante, étouffante, jusqu’à ce qu’elle entendît crier le bois des marches de l’escalier. Alors, d’un mouvement leste, elle reprenait sa place, elle retrouvait sa grimace rechignée. Laurent d’une voix calme, continuait avec Camille la causerie interrompue. C’était comme un éclair de passion, rapide et aveuglant, dans un ciel mort.

Le jeudi, la soirée était un peu plus animée. Laurent, qui, ce jour là, s’ennuyait à mourir, se faisait pourtant un devoir de ne pas manquer une seule des réunions: il voulait, par mesure de prudence, être connu et estimé des amis de Camille. Il lui fallait écouter les radotages de Grivet et du vieux Michaud; Michaud racontait toujours les mêmes histoires de meurtres et de vol; Grivet parlait en même temps de ces employés, de ses chefs, de son administration. Le jeune homme se réfugiait auprès d’Olivier et de Suzanne, qui lui paraissaient d’une bêtise moins assommante. D’ailleurs, il se hâtait de réclamer le jeu de dominos.

C’était le jeudi soir que Thérèse fixait le jour et l’heure de leurs rendez-vous. Dans le trouble du départ, lorsque Mme Raquin et Camille accompagnaient les invités jusqu’à la porte du passage, la jeune femme s’approchait de Laurent, lui parlait tout bas, lui serrait la main. Parfois même, quand tout le monde avait le dos tourné, l’embrassait par une sorte de fanfaronnade.

Pendant huit mois, dura cette vie de secousses et d’apaisements. Les amants vivaient dans une béatitude complète; Thérèse ne s’ennuyait plus, ne désirait plus rien; Laurent, repu, choyé, engraissé encore avait la seule crainte de voir cesser cette belle existence.

Chapitre 9

Un après-midi, comme Laurent allait quitter son bureau pour courir auprès de Thérèse qui l’attendait, son chef le fit appeler et lui signifia qu’à l’avenir il lui défendait de s’absenter. Il avait abusé des congés; l’administration était décidée à le renvoyer, s’il sortait une seule fois.

Cloué sur sa chaise, il se désespéra jusqu’au soir. Il devait gagner son pain, il ne pouvait se faire mettre à la porte. Le soir, le visage courroucé de Thérèse fut une torture pour lui. Il ne savait comment expliquer son manque de parole à sa maîtresse. Pendant que Camille fermait la boutique, il s’approcha vivement de la jeune femme:

«Nous ne pouvons plus nous voir, lui dit-il à voix basse. Mon chef me refuse toute nouvelle permission de sortie.»

Camille rentrait. Laurent dut se retirer sans donner de plus amples explications, laissant Thérèse sous le coup de cette déclaration brutale. Exaspérée, ne voulant pas admettre qu’on pût troubler ses voluptés, elle passa une nuit d’insomnie à bâtir des plans de rendez-vous extravagants. Le jeudi qui suivit, elle causa une minute au plus avec Laurent. Leur anxiété était d’autant plus vive qu’ils ne savaient où se rencontrer pour se consulter et s’entendre. La jeune femme donna un nouveau rendez-vous à son amant, qui lui manqua de parole une seconde fois. Dès lors, elle n’eut plus qu’une idée fixe, le voir à tout prix.

Il y avait quinze jours que Laurent ne pouvait approcher de Thérèse. Alors il sentit combien cette femme lui était devenue nécessaire; l’habitude de la volupté lui avait créé des appétits nouveaux, d’une exigence aiguë. Il n’éprouvait plus aucun malaise dans les embrassements de sa maîtresse, il quêtait ces embrassements avec une obstination d’animal affamé. Une passion de sang avait couvé dans ses muscles; maintenant qu’on lui retirait son amante, cette passion éclatait avec une violence aveugle; il aimait à la rage. Tout semblait inconscient dans cette florissante nature de brute; il obéissait à des instincts, il se laissait conduire par les volontés de son organisme. Il aurait ri aux éclats, un an auparavant, si on lui avait dit qu’il serait l’esclave d’une femme, au point de compromettre ses tranquillités. Le sourd travail des désirs, s’était opéré en lui, à son insu, et avait fini par le jeter, pieds et poings liés, aux caresses fauves de Thérèse. À cette heure, il redoutait d’oublier la prudence, il n’osait venir, le soir, au passage du Pont-Neuf, craignant de commettre quelque folie. Il ne s’appartenait plus; sa maîtresse, avec ses souplesses de chatte, ses flexibilités nerveuses, s’était glissée peu à peu dans chacune des fibres de son corps. Il avait besoin de cette femme pour vivre comme on a besoin de boire et de manger.

Il aurait certainement fait une sottise, s’il n’avait reçu une lettre de Thérèse, qui lui recommandait de rester chez lui le lendemain. Son amante lui promettait de venir le trouver vers les huit heures du soir.

Au sortir du bureau, il se débarrassa de Camille, en disant qu’il était fatigué, qu’il allait se coucher tout de suite. Thérèse, après le dîner, joua également son rôle; elle parla d’une cliente qui avait déménagé sans la payer, elle fit la créancière intraitable, elle déclara quelle voulait aller réclamer son argent. La cliente demeurait aux Batignolles. Mme Raquin et Camille trouvèrent la course longue, la démarche hasardeuse; d’ailleurs, ils ne s’étonnèrent pas, ils laissèrent partir Thérèse en toute tranquillité.

La jeune femme courut au Port aux Vins, glissant sur les pavés qui étaient gras, heurtant les passants, ayant hâte d’arriver. Des moiteurs lui montaient au visage; ses mains brûlaient. On aurait dit une femme soûle. Elle gravit rapidement l’escalier de l’hôtel meublé. Au sixième étage, essoufflée, les yeux vagues, elle aperçut Laurent, penché sur la rampe, qui l’attendait.

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