Émile Zola - Thérèse Raquin

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Le roman plus noir que noir, par excellence. Thérèse, mariée au souffreteux Camille, vit dans une sombre mercerie… Elle rencontre Laurent, devient sa maîtresse… La clandestinité pèse aux amants, qui vont envisager, puis accomplir, l'irréparable sur la personne du mari. Mais ce meutre de ne leur réussira pas, sera le début de leur fin…

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Lorsque Laurent entendit les pas lourds de la vieille mercière, montant l’escalier de bois, il se troubla, il chercha fiévreusement son gilet, son chapeau. Thérèse se mit à rire de la singulière mine qu’il faisait. Elle lui prit le bras avec force, le courba au pied du lit, dans un coin, et lui dit d’une voix basse et calme:

«Tiens-toi là… ne remue pas.»

Elle jeta sur lui les vêtements d’homme qui traînaient, et étendit sur le tout un jupon blanc qu’elle avait retiré. Elle fit ces choses avec des gestes lestes et précis, sans rien perdre de sa tranquillité. Puis elle se coucha, échevelée, demi-nue, encore rouge et frissonnante.

Mme Raquin ouvrit doucement la porte et s’approcha du lit en étouffant le bruit de ses pas. La jeune femme feignait de dormir. Laurent suait sous le jupon blanc.

«Thérèse, demanda la mercière avec sollicitude, es-tu malade, ma fille?»

Thérèse ouvrit les yeux, bâilla, se retourna et répondit d’une voix dolente qu’elle avait une migraine atroce. Elle supplia sa tante de la laisser dormir. La vieille dame s’en alla comme elle était venue, sans faire de bruit.

Les deux amants, riant en silence, s’embrassèrent avec une violence passionnée.

«Tu vois bien, dit Thérèse triomphante, que nous ne craignons rien ici… Tous ces gens-là sont aveugles: ils n’aiment pas.»

Un autre jour, la jeune femme eut une idée bizarre. Parfois, elle était comme folle, elle délirait.

Le chat tigré, François, était assis sur son derrière, au beau milieu de la chambre. Grave, immobile, il regardait de ses yeux ronds les deux amants. Il semblait les examiner avec soin, sans cligner les paupières, perdu dans une sorte d’extase diabolique.

«Regarde donc François, dit Thérèse à Laurent. On dirait qu’il va ce soir tout conter à Camille… Dis, ce serait drôle, s’il se mettait à parler dans la boutique, un de ces jours; il sait de belles histoires sur notre compte…»

Cette idée, que François pourrait parler, amusa singulièrement la jeune femme. Laurent regarda les grands yeux verts du chat, et sentit un frisson lui courir sur la peau.

«Voici comment il ferait, reprit Thérèse. Il se mettrait debout, et, me montrant d’une patte, te montrant de l’autre, il s’écrierait: “Monsieur et Madame s’embrassent très fort dans la chambre; ils ne se sont pas méfiés de moi, mais comme leurs amours criminelles me dégoûtent, je vous prie de les faire mettre en prison tous les deux; ils ne troubleront plus ma sieste.”»

Thérèse plaisantait comme un enfant, elle mimait le chat, elle allongeait les mains en façon de griffes, elle donnait à ses épaules des ondulations félines. François, gardant une immobilité de pierre, la contemplait toujours; ses yeux seuls paraissaient vivants; et il y avait, dans les coins de sa gueule, deux plis profonds qui faisaient éclater de rire cette tête d’animal empaillé.

Laurent se sentait froid aux os. Il trouva ridicule la plaisanterie de Thérèse. Il se leva et mit le chat à la porte. En réalité, il avait peur. Sa maîtresse ne le possédait pas encore entièrement; il restait au fond de lui un peu de ce malaise qu’il avait éprouvé sous les premiers baisers de la jeune femme.

Chapitre 8

Le soir, dans la boutique, Laurent était parfaitement heureux. D’ordinaire, il revenait du bureau avec Camille. Mme Raquin s’était prise pour lui d’une amitié maternelle; elle le savait gêné, mangeant mal, couchant dans un grenier, et lui avait dit une fois pour toutes que son couvert serait toujours mis à leur table. Elle aimait ce garçon de cette tendresse bavarde que les vieilles femmes ont pour les gens qui viennent de leur pays, apportant avec eux des souvenirs du passé.

Le jeune homme usait largement de l’hospitalité. Avant de rentrer, au sortir du bureau, il faisait avec Camille un bout de promenade sur les quais; tous deux trouvaient leur compte à cette intimité; ils s’ennuyaient moins, ils flânaient en causant. Puis ils se décidaient à venir manger la soupe de Mme Raquin. Laurent ouvrait en maître la porte de la boutique; il s’asseyait à califourchon sur les chaises, fumant et crachant, comme s’il était chez lui.

La présence de Thérèse ne l’embarrassait nullement. Il traitait la jeune femme avec une rondeur amicale, il plaisantait, lui adressait des galanteries banales, sans qu’un pli de sa face bougeât. Camille riait, et, comme sa femme ne répondait à son ami que par des monosyllabes, il croyait fermement qu’ils se détestaient tous deux. Un jour même il fit des reproches à Thérèse sur ce qu’il appelait sa froideur pour Laurent.

Laurent avait deviné juste: il était devenu l’amant de la femme, l’ami du mari, l’enfant gâté de la mère. Jamais il n’avait vécu dans un pareil assouvissement de ses appétits. Il s’endormait au fond des jouissances infinies que lui donnait la famille Raquin. D’ailleurs, sa position dans cette famille lui paraissait toute naturelle. Il tutoyait Camille sans colère, sans remords. Il ne surveillait même pas ses gestes ni ses paroles, tant il était certain de sa prudence, de son calme; l’égoïsme avec lequel il goûtait ses félicités le protégeait contre toute faute. Dans la boutique, sa maîtresse devenait une femme comme une autre, qu’il ne fallait point embrasser et qui n’existait pas pour lui. S’il ne l’embrassait pas devant tous, c’est qu’il craignait de ne pouvoir revenir. Cette seule conséquence l’arrêtait. Autrement, il se serait parfaitement moqué de la douleur de Camille et de sa mère. Il n’avait point conscience de ce que la découverte de sa liaison pourrait amener. Il croyait agir simplement, comme tout le monde aurait agi à sa place, en homme pauvre et affamé. De là ses tranquillités béates, ses audaces prudentes, ses attitudes désintéressées et goguenardes.

Thérèse, plus nerveuse, plus frémissante que lui, était obligée de jouer un rôle. Elle le jouait à la perfection, grâce à l’hypocrisie savante que lui avait donnée son éducation. Pendant près de quinze ans, elle avait menti, étouffant ses fièvres, mettant une volonté implacable à paraître morne et endormie. Il lui coûtait peu de poser sur sa chair ce masque de morte qui glaçait son visage. Quand Laurent entrait, il la trouvait grave, rechignée, le nez plus long, les lèvres plus minces. Elle était laide, revêche, inabordable. D’ailleurs, elle n’exagérait pas ses effets, elle jouait son ancien personnage, sans éveiller l’attention par une brusquerie plus grande. Pour elle, elle trouvait une volupté amère à tromper Camille et Mme Raquin; elle n’était pas comme Laurent, affaissée dans le contentement épais de ses désirs, inconsciente du devoir; elle savait qu’elle faisait le mal, et il lui prenait des envies féroces de se lever de table et d’embrasser Laurent à pleine bouche, pour montrer à son mari et à sa tante qu’elle n’était pas une bête et qu’elle avait un amant.

Par moments, des joies chaudes lui montaient à la tête; toute bonne comédienne qu’elle fut, elle ne pouvait alors se retenir de chanter, quand son amant n’était pas là et qu’elle ne craignait point de se trahir. Ces gaietés soudaines charmaient Mme Raquin qui accusait sa nièce de trop de gravité. La jeune femme acheta des pots de fleurs et en garnit la fenêtre de sa chambre; puis elle fit coller du papier neuf dans cette pièce, elle voulut un tapis, des rideaux, des meubles de palissandre. Tout ce luxe était pour Laurent.

La nature et les circonstances semblaient avoir fait cette femme pour cet homme, et les avoir poussés l’un vers l’autre. À eux deux, la femme, nerveuse et hypocrite, l’homme, sanguin et vivant en brute, ils faisaient un couple puissamment lié. Ils se complétaient, se protégeaient mutuellement. Le soir, à table, dans les clartés pâles de la lampe, on sentait la force de leur union, à voir le visage épais et souriant de Laurent, en face du masque muet et impénétrable de Thérèse.

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