Fortuné du - Double-Blanc

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Alain n’en revenait pas d’entendre son jeune maître parler si courtoisement à la pauvre Zina. En Cornouailles, les seigneurs ne sont pas fiers, mais ils n’ont pas coutume de donner aux femmes de leurs paysans des poignées de main à l’anglaise. Et de cette démonstration affectueuse, le gars aux biques inféra que M. de Scaër, qui devait s’y connaître, voyait que Zina était d’une race supérieure à sa condition présente.

C’était à peu près ce que pensait Hervé, mais pour le moment il avait en tête d’autres soucis que celui de rechercher l’origine d’une enfant volée par des saltimbanques, et il se hâta de sortir avec Alain, non sans avoir dit encore quelques bonnes paroles à la jeune femme, clouée sur son fauteuil.

Le maître et le serviteur eurent tôt fait de descendre au rez-de-chaussée et là, Alain, après avoir poussé jusqu’au fond de l’allée noire, ouvrit, avec une clef qui grinça dans la serrure rouillée, la porte de la cour intérieure.

Hervé entra le premier et se mit à regarder curieusement les hauts bâtiments qui l’entouraient. Il n’y remarqua rien qu’il n’eût déjà vu de la fenêtre du logement occupé par Alain, mais il put constater que la cour avait été autrefois divisée en quatre compartiments, – un pour chaque corps de logis. On y voyait encore les trous creusés dans le pavage pour y planter les grilles de séparation.

Donc, primitivement, il y avait eu là quatre maisons distinctes qui n’en faisaient plus qu’une et qui devaient appartenir maintenant au même propriétaire.

Il y avait aussi quatre portes, en comptant celle qu’Alain venait d’ouvrir, quatre portes, dont trois paraissaient être condamnées depuis longtemps, car les araignées avaient fait leurs toiles dans les jointures.

Toutes les fenêtres étaient closes par des volets, excepté au rez-de-chaussée du bâtiment de gauche où existaient deux longues baies garnies de vitrages poudreux, par lesquelles prenait jour un local qui pouvait bien être un magasin.

C’était derrière ces vitrages qu’une nuit Alain avait cru apercevoir de la lumière. Il le dit à Hervé, qui s’écria:

– Tu as dû te tromper. Par où diable serait-on entré là-dedans?

– Probablement par la rue, répondit le gars aux biques. Il y a aussi des portes en dehors… c’est vrai qu’elles n’ont pas l’air de s’ouvrir souvent… vous verrez.

– Allons voir.

Ils sortirent de la cour. Alain donna un tour de clé et conduisit son maître dans la rue de la Huchette où, en ce moment, il ne passait personne; puis il le mena, en longeant la façade de la maison carrée, jusqu’à l’entrée d’une ruelle si étroite que trois hommes auraient eu de la peine à y passer de front.

– Rue du Chat-qui-Pêche, lut Hervé sur une plaque municipale. Drôle de nom et drôle de rue!… On dirait une entaille dans un bloc de pierre… et elle n’est pas beaucoup plus longue qu’elle n’est large.

Le quai Saint-Michel était au bout, à vingt pas, et, de l’autre côté de la Seine, se présentait en plein soleil une caserne récemment construite dans la Cité.

– Oh! les noms! grommela le gars aux biques; je ne sais pas où les Parisiens vont les chercher. Tenez, notre maître!… l’autre venelle, là-bas, juste sous la croisée de notre logement… ils l’ont appelée rue Zacharie… Et ils se moquent des saints de chez nous parce qu’ils ont des noms bretons… je vous demande un peu ce que c’est que ça: Zacharie!… C’est pas un chrétien, bien sûr.

Hervé ne répondit pas.

Alain venait, bien involontairement, de réveiller dans l’esprit de son maître un souvenir encore vague, – pas même un souvenir; une réminiscence, – et ce maître s’efforçait de se rappeler où il avait déjà vu ou entendu ce nom biblique.

De toutes les facultés de l’esprit, la mémoire est la plus singulière et aussi la plus complexe. Elle manque absolument à certains hommes, tandis qu’elle surabonde chez d’autres. Elle varie avec l’âge et les circonstances de la vie. Enfin, elle dépend surtout des impressions extérieures, – celles qu’on perçoit par les sens, – et elle fonctionne mécaniquement.

La partie du cerveau qui en est le siège est comme un réservoir où s’emmagasinent les souvenirs. Ils dorment pêle-mêle jusqu’au moment où quelque choc en fait remonter un à la surface. Et ce choc est presque toujours produit par un objet ou par un son, par la vue ou par l’ouïe.

Ainsi, lorsqu’on retrouve tout à coup un mot oublié, c’est tantôt parce qu’on l’a déjà entendu prononcer, tantôt parce que l’assemblage des lettres qui le composent a déjà passé sous les yeux de celui qui le revoit.

Et plus cet assemblage est bizarre, plus on le retient facilement.

Le grand romancier Balzac prétendait que chaque nom avait une physionomie particulière et il n’avait pas tort.

Alain venait de citer successivement la rue de la Huchette, le quai Saint-Michel et même la rue du Chat-qui-Pêche, sans que Scaër prit garde à ces appellations dont l’une cependant, – la dernière, – était toute nouvelle pour lui. Pourquoi donc Scaër se préoccupait-il de la rue Zacharie, moins étrangement nommée que la ruelle voisine?

Évidemment, parce que la configuration du mot l’avait déjà frappé dans une autre occasion.

De la place où il s’était arrêté, il apercevait ce mot inscrit en lettres blanches sur une plaque bleue, ou du moins il en apercevait la première syllabe, car l’angle de la maison où logeait Alain lui cachait le reste de l’inscription.

Et, sans qu’il s’expliquât pourquoi, c’était cette première syllabe qui lui rappelait confusément un souvenir que son esprit en travail cherchait à préciser.

C’était comme dans les histoires de revenants: un brouillard, une vapeur, aux contours indécis, qui se condense peu à peu et qui finit par prendre la forme d’un fantôme.

Hervé n’en était qu’au brouillard.

Alain, ne sachant que penser de la profonde méditation où son maître restait plongé, craignait de l’avoir offensé et n’osait plus ouvrir la bouche.

Hervé jugea que la mémoire ne lui reviendrait pas complètement, tant que le gars aux biques serait là.

Pour fixer un souvenir qui vous fuit, il faut être seul.

– Va retrouver ta chère malade, lui dit-il, et prends ceci, en attendant que tu déménages.

Il avait tiré de son portefeuille un billet de cent francs qu’il mit dans la main d’Alain et il reprit:

– Ne me remercie pas et remonte chez toi bien vite.

Alain obéit. Au ton de son maître, il avait compris que ce n’était pas le moment de lui rendre grâces, et il disparut dans l’allée, sans dire un seul mot.

Scaër, après l’avoir escorté jusqu’à la porte, continua de cheminer vers le boulevard Saint-Michel, les yeux toujours fixés sur la plaque municipale qui portait ce nom de Zacharie dont la première syllabe avait un certain air cabalistique. Il la regardait à peu près comme le roi Balthazar dut regarder les mots: «Mané-Thécel-Pharès» qui troublèrent si désagréablement son festin.

Et il était tellement absorbé par cette contemplation, – hypnotisé, diraient les gens qui n’aiment pas à parler comme tout le monde, – qu’il avait oublié de rengainer le portefeuille où il venait de puiser.

En le mettant dans la poche de sa redingote, ses doigts touchèrent un objet qu’il y avait laissé et qui tenait peu de place: le carnet, le fameux carnet volé qu’il portait toujours sur lui, depuis l’avant-veille.

Il n’en fallut pas davantage pour que les réminiscences qui hantaient sa cervelle prissent subitement un corps.

Il se rappela tout à coup que c’était sur un des feuillets de ce carnet qu’il avait vu la syllabe, l’énigmatique syllabe dont il devinait le sens, depuis que, pour compléter le mot, il n’avait qu’à regarder la muraille.

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