Henri Barbusse - Le feu
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La journée s’avance. Un peu plus de lumière a filtré des brumes qui enveloppent la terre. Mais le temps est resté couvert, et voilà qu’il se résout en eau. La vapeur d’eau s’effiloche et descend. Il bruine. Le vent ramène sur nous son grand vide mouillé, avec une lenteur désespérante. Le brouillard et les gouttes empâtent et ternissent tout: jusqu’à l’andrinople tendue sur les joues de Lamuse, jusqu’à l’écorce d’orange dont Tulacque est caparaçonné, et l’eau éteint au fond de nous la joie dense dont le repas nous a remplis. L’espace s’est rapetissé. Sur la terre, champ de mort, se juxtapose étroitement le champ de tristesse du ciel.
On est là, implantés, oisifs. Ce sera dur, aujourd’hui, de venir à bout de la journée, de se débarrasser de l’après-midi. On grelotte, on est mal; on change de place sur place, comme un bétail parqué.
Cocon explique à son voisin la disposition et l’enchevêtrement de nos tranchées. Il a vu un plan directeur et il a fait des calculs. Il y a dans le secteur du régiment quinze lignes de tranchées françaises, les unes abandonnées, envahies par l’herbe et quasi nivelées, les autres entretenues à vif et hérissées d’hommes. Ces parallèles sont réunies par des boyaux innombrables qui tournent et font des crochets comme de vieilles rues. Le réseau est plus compact encore que nous le croyons, nous qui vivons dedans. Sur les vingt-cinq kilomètres de largeur qui forment le front de l’armée, il faut compter mille kilomètres de lignes creuses: tranchées, boyaux, sapes. Et l’armée française a dix armées. Il y a donc, du côté français, environ dix mille kilomètres de tranchées et autant du côté allemand… Et le front français n’est à peu près que la huitième partie du front de la guerre sur la surface du monde.
Ainsi parle Cocon, qui conclut en s’adressant à son voisin:
– Dans tout ça, tu vois ce qu’on est, nous autres…
Le pauvre Barque, – face anémique d’enfant des faubourgs que souligne un bouc de poils roux, et que ponctue, comme une apostrophe, sa mèche de cheveux, – baisse la tête:
– C’est vrai, quand on y pense, qu’un soldat – ou même plusieurs soldats – ce n’est rien, c’est moins que rien dans la multitude, et alors on se trouve tout perdu, noyé, comme quelques gouttes de sang qu’on est, parmi ce déluge d’hommes et de choses.
Barque soupire et se tait – et, à la faveur de l’arrêt de ce colloque, on entend résonner un morceau d’histoire racontée à demi-voix:
– Il était v’nu avec deux chevaux. Pssiii… un obus. I’ n’ lui reste plus qu’un chevau…
– On s’embête, dit Volpatte.
– On tient! ronchonne Barque.
– Faut bien, dit Paradis.
– Pourquoi? interroge Marthereau, sans conviction.
– Y a pas besoin d’raison, pis qu’il le faut.
– Y a pas d’raison, affirme Lamuse.
– Si, y en a, dit Cocon. C’est… Y en a plusieurs, plutôt…
– La ferme! C’est bien mieux qu’y en aye pas, pis qu’i’ faut t’nir.
– Tout d’même, fait sourdement Blaire, qui ne perd jamais une occasion de réciter cette phrase, tout d’même i’s veul’nt not’ peau!
– Au commencement, dit Tirette, j’pensais à un tas de choses, j’réfléchissais, j’calculais: maint’nant, j’pense plus.
– Moi non plus.
– Moi non plus.
– Moi, j’ai jamais essayé.
– T’es pas si bête que t’en as l’air, bec de puce, dit Mesnil André de sa voix aiguë et gouailleuse.
L’autre, obscurément flatté, complète son idée:
– D’abord, tu peux rien savoir de rien.
– On n’a besoin de savoir qu’une chose, et cette seule chose, c’est que les Boches sont chez nous, enracinés, et qu’il ne faut pas qu’ils passent et qu’il faut même qu’ils les mettent, un jour ou l’autre – le plus tôt possible, dit le caporal Bertrand.
– Oui, oui, faut qu’ils en jouent un air: y a pas d’erreur; autrement, quoi? C’est pas la peine de se fatiguer le ciboulot à penser à aut’ chose. Seul’ment, c’est long.
– Ah! bougre de bagasse! exclame Fouillade, eunn peu!
– Moi, dit Barque, je ne rouspète plus. Au commencement, je rouspétais contre tout le monde, contre ceux de l’arrière, contre les civils, contre l’habitant, contre les embusqués. Oui, j’rouspétais, mais c’était au commencement de la guerre, j’étais jeune. Maint’nant, j’prends mieux les choses.
– Y a qu’une façon de les prendre: comme elles viennent!
– Pardi! Autrement, tu deviendrais fou. On est déjà assez dingo comme ça, pas, Firmin?
Volpatte fait oui de la tête, profondément convaincu, crache, puis, contemple son crachat d’un œil fixe et absorbé.
– Tu parles, appuie Barque.
– Ici, faut pas chercher loin devant toi. Faut vivre au jour le jour, heure par heure, même si tu peux.
– Pour sûr, face de noix. Faut faire ce qu’on nous dit de faire en attendant qu’on nous dise de nous en aller.
– Et voilà, bâille Mesnil Joseph.
Les faces cuites, tannées, incrustées de poussière, opinent, se taisent. Evidemment, c’est là l’idée de ces hommes qui ont, il y a un an et demi, quitté tous les coins du pays pour se masser sur la frontière: Renoncement à comprendre, et renoncement à être soi-même; espérance de ne pas mourir et lutte pour vivre le mieux possible.
– Faut faire ce qu’on doit, oui, mais faut s’démerder, dit Barque, qui, lentement, de long en large, triture la boue.
– Il l’faut, souligne Tulacque. Si tu t’démerdes pas, on l’fera pas pour toi, t’en fais pas!
– I’ n’est pas encore fondu, c’ui qui s’occupera de l’autre.
– Chacun pour soi, à la guerre!
– Videmment, videmment.
Un silence. Puis, du fond de leur dénuement, ces hommes évoquent des images savoureuses.
– Tout ça, reprend Barque, ça n’vaut pas la bonne vie qu’on a eue, un temps, à Soissons.
– Ah! foutre!
Un reflet de paradis perdu illumine les yeux et, semble-t-il, les trognes, déjà attisées par le froid.
– Tu parles d’un louba, soupire Tirloir, qui s’arrête, pensivement, de se gratter, et regarde au loin, à travers la terre de la tranchée.
– Ah! nom de Dieu, toute cette ville quasi évacuée et qui, en somme, était à nous! Les maisons, avec les lits…
– Les armoires!
– Les caves!
Lamuse en a les yeux mouillés, la face en bouquet, et le cœur gros.
– Vous y êtes restés longtemps? demande Cadilhac, qui est venu depuis, avec le renfort des Auvergnats.
– Plusieurs mois…
La conversation, presque éteinte, se ranime en flammes vives, à l’évocation de l’époque d’abondance.
– On voyait, dit Paradis, comme dans un rêve, des poilus s’couler à l’long et à derrière les piaules, en rentrant au cantonnement, avec des poules autour du cylindre et, sous chaque abatis, un lapin emprunté à un bonhomme ou à une bonne femme qu’on n’avait pas vu, et qu’on n’reverra pas.
Et on pense au goût lointain du poulet et du lapin.
– Y avait des choses qu’on payait. L’pognon, i’dansait aussi, va. On était encore aux as, en c’temps-là.
– C’est des cent mille francs qui ont roulé dans les boutiques.
– Des millions, oui. C’était toute la journée un gaspillage dont t’as pas une idée d’ssus, une espèce de fête surnaturelle.
– Crois-moi ou crois-moi pas, dit Blaire à Cadilhac, mais au milieu de tout ça, comme ici et comme partout où c’qu’on passe, ce qu’on avait le moins, c’était le feu. Il fallait courir après, l’trouver, l’gagner, quoi. Ah! mon vieux, c’qu’on a couru après le feu!..
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