Paul Flat - Nos femmes de lettres

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Pour avoir longuement médité l'œuvre de ses devanciers, Mme de Noailles sait la place qu'y tient cette conception particulière de l'amour fondée sur le culte de la sensation exclusive, absorbante et asservissante. Comment ignorerait-elle qu'une telle conception fît le succès d'un d'Annunzio, condensant pour des effets identiques cette sécheresse d'âme et ce cruélisme donjuanesque qui circulent, comme des thèmes animateurs, à travers l'ensemble de ses romans? Les mauvaises langues pourront affirmer que, de tous les traits où s'accuse la plasticité de notre auteur, celui-là fut le plus spontané, et que Donna Marie, c'est le miroir fidèle où vient se réfléchir l'image de la romancière elle-même. Nous n'en voulons rien savoir, ou plutôt nous nous interdisons d'en rien rechercher. Mais quelle surprise tout d'abord, à laquelle il faudra bien nous accoutumer, de voir une femme, de riche et intense culture, faire tenir l'amour dans ce culte de la sensation exclusive, dans cette sorte de fatalité qui réduit tout au geste de l'instinct et n'hésite pas à généraliser avec cette rigueur. «Les femmes, toutes les femmes n'ont-elles point de tendres corps qui se penchent et avancent, tendues vers les mains des hommes? Les doigts se touchent, les genoux se touchent: tout un être attire l'autre être, et dans la saison chaude, les femmes tristes ou légères ne tombent-elles point, comme les fruits las sur la prairie?»

Il y a là, on le voit, plus qu'un cas individuel… une véritable profession de foi en amour. Telle Donna Marie qui, la première, glissa aux bras d'Antoine Arnault, excuse et doit excuser sa suivante Émilie de s'abandonner à ses étreintes. Sont-elles pas commandées toutes deux par la rigueur de l'instinct? Nous avons parlé du cruélisme d'annunzien: le voici qui se fait jour à travers les complications sentimentales dont il faut bien rehausser ces détentes instinctives. Quand la bacchante Émilie alterne, avec Donna Marie sa maîtresse, dans les bras d'Antoine Arnault, à l'heure de l'abandon, ses yeux «ont le luisant du scarabée», ses cils «le velu de la bête des champs»; elle a «la lueur de l'insecte que l'instinct enflamme et signale au mâle dans la sombre forêt». Sentez-vous pas la plume descriptive qui poursuit avec amour la réalisation voluptueuse et l'image qui donnera satisfaction à sa veine? On s'explique, sans plus abondants commentaires, que le poète, le romancier, le dramaturge Antoine Arnault se dégoûte assez vite de cette bacchante, qui se précipite au-devant de son désir, car les hommes les plus exigeants ont quelque répugnance à constater chez la femme des servitudes correspondantes. On conçoit qu'Antoine Arnault n'espère plus de plaisir, pas même de réelle distraction de sa Sultane-servante. Pourtant il la gardera, car… «Donna Marie le saura-t-elle? Donna Marie souffrira-t-elle?»… tel est le point important. C'est la seule complication sentimentale, le seul conflit à dégager de la situation: le raffinement dans l'amour qui torture, qui s'ingénie à torturer celle qu'il aime. Mme de Noailles développe une fois de plus un thème où s'exerça avec surabondance le cruélisme d'annunzien. En vérité, n'avais-je pas raison de l'écrire?.. si l'on écarte la préconception romantique d'Antoine Arnault et les traits essentiels du héros qui furent empruntés à Manfred, à René, c'est du Sperelli, c'est de l'Effrena de d'Annunzio qu'il tire cette sécheresse d'âme, ce cruélisme, ce culte de la sensation exclusive qui va jusqu'au sadisme imaginatif, aboutissement logique, il en faut convenir, puisque ces divers éléments composent l'unité d'une âme et sont entre eux dans un rapport nécessaire de cause à effet.

Comment s'étonner, après tout, de cette prédominance, de cet exclusivisme de la sensation, devenue à tel point absorbante qu'elle constitue le fond, l'âme même des personnages de Mme de Noailles? Que dis-je! Loin de nous en montrer surpris, nous allons en dégager des conséquences favorables à l'auteur: nous y trouverons sa réelle originalité. Si pleins d'artifice qu'ils apparaissent, ces personnages d'Antoine Arnault, de Donna Marie, d'Émilie, et dans leur conception et dans le choix des épisodes par où ils se manifestent, si marqués que nous les ayons vus de Romantisme voulu, nous allons pouvoir toucher du doigt le lien ombilical qui les rattache à Mme de Noailles. Dès l'instant que l'on écarte l'hypothèse du devoir d'élève ou du pastiche prémédité, il faut toujours chercher un élément de sincérité dans cette ouverture sur l'âme humaine qu'est une page littéraire… Sincérité , c'est-à-dire aveu, confession, manifestation du trait individuel qui échappe à la conscience. Car, ne l'oublions pas, la sincérité est d'autant plus réelle qu'elle est plus inconsciente; on pourrait même soutenir qu'il n'y a de vraie sincérité que celle qui est parfaitement inconsciente de sa valeur, et je note, comme tout à fait digne qu'on s'y arrête pour la méditer, à notre époque de repliement et d'examen perpétuel, cette observation de Carlyle: «Toujours la caractéristique d'une bonne réalisation est une certaine spontanéité. Les gens bien portants ne connaissent pas leur santé, mais seulement les malades. De sorte que le vieux précepte du critique, si dur qu'il parût à son ambitieux disciple, pourrait contenir une vérité des plus fondamentales, applicable à nous tous et dans beaucoup de choses autres que la littérature: «Toutes les fois que vous avez écrit quelque phrase qui paraît particulièrement excellente, prenez garde de l'effacer.»

Avec Thomas Carlyle, nous croyons à la valeur de cette spontanéité, jour ouvert sur une âme mise à nu. Eh bien, une sincérité, une spontanéité de cet ordre, nous allons les trouver, et ne ferons nulle difficulté de les reconnaître chez celle que l'on pouvait croire tout uniment composée d'artifice littéraire. Qu'on n'aille pas les chercher dans ses romans, où l'obligation de créer des personnages crée la nécessité correspondante d'ordonner des séries de sensations en leur imprimant l'unité – non point dans ses romans, mais dans ses poèmes, et parmi ceux-ci, dans ceux qui sont le plus proches de la sensation initiale. Le voici donc ce lien, qui rattache l'enfant à la mère. Attitude des personnages, style de l'auteur, et ce qu'il y a de tendu en lui, c'est bien influence romantique. Mais cette prédominance en eux de la sensation, pourquoi la chercher ailleurs qu'en Mme de Noailles, quand nous la voyons absorbante au point où nous la montrent certains de ses poèmes?

Comment s'opère chez elle le contact avec la Nature? Quelles réactions détermine la sensation initiale? Lorsque nous nous trouvons en face d'un spectacle qui, pour une raison quelconque, suscite notre attention, le détail des objets qui le composent se fond presque toujours en une harmonieuse unité. Chez Mme de Noailles au contraire, les objets se présentent successivement avec tout le cortège des images qui peuvent impressionner la vue, l'ouïe, l'odorat. Je ne sais rien de plus curieux que cette pièce: le Verger , où vous suivrez leur succession:

Dans le jardin sucré d'œillets et d'aromates,
Lorsque l'aube a mouillé le serpolet touffu,
Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
Chancellent, de rosée et de sève pourvus…

L'air chaud sera laiteux , sur toute la verdure,
Sur l'effort généreux et prudent des semis,
Sur la salade vive et le buis des bordures,
Sur la cosse qui gonfle et qui s'ouvre à demi.

Des brugnons roussiront, sur leurs feuilles, collées
Au mur où le soleil s'écrase chaudement;
La lumière emplira les étroites allées,
Sur qui l'ombre des fleurs est comme un vêtement.

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