Arthur Gobineau - Nouvelles Asiatiques

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– Vous ne rencontrerez jamais un plus aimable homme que celui-là, dit Assanoff à son ami, en lui montrant l'adversaire du sens commun; un plus brave homme, plus gai, plus obligeant n'existe pas! J'ai été en cantonnement près de chez lui, dans le voisinage des montagnes; et combien je m'y suis amusé et à quel point il m'a été utile, c'est ce qu'il est impossible de vous raconter, vous ne me croiriez pas! Hé, Grégoire Ivanitch! vieux drôle! infernal coquin! viens que je t'embrasse: Pars-tu demain avec nous?

– Oui, monsieur le lieutenant, je l'espère; je ne crois pas avoir de raison pour ne pas partir demain avec vous. Mais aller jusqu'à Bakou, non! n'y comptez pas! je m'arrêterai à Shamakha.

– Vilain trou, n'est-ce pas? répliqua Assanoff, tandis que, ainsi que tous les convives, il se mettait à table et dépliait sa serviette.

– Vous ne savez ce dont vous parlez, répliqua le sectaire en enfournant dans sa bouche une énorme cuillerée de soupe, car Mme Marron (aîné) servait les convives à leur rang, et une petite servante abaze venait de remettre une assiette pleine à Grégoire Ivanitch.

Léocadie, qui connaissait le Caucase dans tous ses détails, crut devoir intervenir dans la conversation.

– Taisez-vous, s'écria-t-elle en jetant sur Grégoire Ivanitch un regard où se peignait une indignation profonde; je sais qui vous êtes et je sais aussi ce que vous voulez insinuer. Mais je ne souffrirai jamais qu'à ma table et dans la maison respectable de M. Marron (aîné) on tienne des propos qui feraient rougir des sapeurs!

Léocadie rougit fortement elle-même, pour prouver que sa modestie n'était nullement inférieure à celle des membres du corps militaire, dont elle venait de signaler la vertu.

– Allons, jalouse, allons, répliqua Assanoff en agitant la main d'un air conciliant; il paraît que votre expérience découvre des pièges là où ma candeur n'en soupçonne pas. Soyez donc tranquille! ma fidélité à mes serments est inébranlable! Explique-moi, Grégoire Ivanitch, ce que tu prétends me faire entendre, car je suis d'un naturel curieux!

– Il est bien connu, reprit alors le Doukhoboretz en se versant un énorme verre de vin de Kakhétie, que la ville de Shamakha est célèbre pour le choix délicat de ses plaisirs. Ce fut autrefois la résidence d'un prince tatare indépendant. On y entretenait une école de danseuses admirées de tous les pays et célèbres jusque dans les provinces persanes. Naturellement les peuples se rendaient en foule dans ce délicieux séjour, pour y jouir de la vue et de l'entretien de tant de belles personnes. Mais la Providence ne voulut pas laisser à jamais les Mahométans uniques possesseurs de ces trésors. Nos troupes impériales attaquèrent Shamakha, comme elles avaient fait des autres résidences des souverains du pays. La résistance des infidèles fut vive, et, au moment de succomber, la fureur les prit. Afin de ne pas voir les Russes heureux à leur tour, ils résolurent d'exécuter un massacre général de toutes les danseuses.

– Voilà une de ces infamies qui finiraient par me faire embrasser ta religion, si elles devaient se répéter souvent! interrompit Assanoff.

– Mais le massacre ne fut pas complet.

– Ah! tant mieux!

– Les régiments russes enlevèrent la place d'assaut, au moment où la tuerie commençait. C'était un spectacle affreux; la brèche béaute donnait passage à des flots de soldats; ceux-ci s'empressaient de faire main basse sur les défenseurs de la ville, enragés à ne pas reculer d'un pouce. A leur grand étonnement, nos hommes trouvaient çà et là des cadavres de jeunes filles richement parées de gazes rouges et bleues, pailletées d'or et d'argent, couvertes de joyaux et jetées sur le pavé, dans leur sang. En gagnant plus avant l'intérieur des rues, ils aperçurent des groupes nombreux de ces victimes encore vivantes; les Musulmans les poussaient à coups de sabre. Alors ils se jetèrent plus hardiment au milieu de la bagarre, et c'est ainsi que, lorsque toute résistance eut cessé, on se trouva avoir sauvé peut-être le quart des adorables personnes qui avaient porté jusqu'au ciel la gloire de Shamakha.

– Si ton histoire n'avait pas fini à peu près heureusement, s'écria Assanoff, je n'aurais pas pu continuer mon dîner. Mais de la façon dont tu t'y es pris je crois que j'irai jusqu'au dessert. Madame, seriez-vous assez bonne pour me faire donner du champagne?

Le mouvement qui suivit cette demande interrompit un moment l'entretien; mais quand on eut porté la santé du nouvel officier arrivé au Caucase, ce que Mme Marron (aîné) proposa d'une manière toute aimable et d'une façon qui eût pu troubler le joyeux ingénieur, s'il eût possédé un naturel capable de s'arrêter à de pareilles vétilles, un des convives renoua le fil de l'entretien:

– Je suis allé, dit-il, il y a quelques mois jusqu'à Shamakha, et l'on m'y a raconté que la danseuse la plus estimée était une certaine Omm-Djéhâne. Elle faisait tourner toutes les têtes.

– Omm-Djéhâne, répondit brusquement l'Ennemi de l'Esprit, est une pitoyable fillette, pleine de caprices et de sottise! Elle danse mal, et, si on parle d'elle, c'est uniquement à cause de son humeur insociable, et de ses bizarreries méchantes. D'ailleurs, elle n'est aucunement jolie, il s'en faut de tout!

– Il paraît, notre ami, s'écria Assanoff, que nous n'avons pas eu à nous louer de cette jeune personne?

– Dans le sens où vous paraissez l'entendre, reprit le premier interlocuteur, Omm-Djéhâne n'est pas, en effet, fort digne d'attention. Je me suis rencontré avec un officier d'infanterie en retraite qui la connaît depuis son enfance. Cette belle est originaire d'une tribu lesghy aujourd'hui détruite, et vous savez que ses compatriotes n'ont pas une grande réputation de douceur. Recueillie par des soldats, quand elle avait trois ou quatre ans, au milieu des ruines d'un village montagnard qui brûlait et sur le corps de sa mère, tombée morte par-dessus un officier poignardé par la dame, la femme d'un général la réclama et prétendit la faire élever à l'européenne. On la soigna très fort, on l'habilla bien et absolument comme les deux filles de la maison. On lui donna l'institutrice chargée d'instruire ces demoiselles, et elle apprit vite, et mieux qu'elles le russe, l'allemand et le français. Mais un de ses jeux favoris était de plonger les jeunes chats dans l'eau bouillante. Elle avait dix ans quand elle faillit étrangler, au détour d'un escalier, sa gouvernante, la digne Mlle Martinet, qui l'avait appelée petite sotte huit jours auparavant, et elle lui mit un magnifique tour de cheveux châtains hors d'état de servir jamais. A six mois de là, elle fit mieux. Elle se rappela ou plutôt elle n'avait jamais oublié qu'un an auparavant la plus jeune fille de sa bienfaitrice l'avait poussée en jouant; elle était tombée et il en était résulté une bosse au front. Elle crut devoir aviser à effacer cet outrage, et d'un coup de canif bien appliqué, atteignit et fendit la joue de sa petite compagne, heureusement, car elle avait dessein de l'éborgner. La générale eut assez de ce dernier trait, et, renvoyant la jeune rebelle de son cœur et de sa maison, elle la confia à une femme musulmane, avec une petite somme.

Arrivée à l'âge de quatorze ans, Omm-Djéhâne s'enfuit de Derbend, où résidait sa nouvelle mère adoptive. On n'a pas su ce qu'elle était devenue pendant deux ans. Aujourd'hui, la voilà une des danseuses de la troupe, instruite, conduite et gouvernée par Mme Forough-el-Husnêt, autrement dit les Splendeurs de la Beauté. D'ailleurs Grégoire Ivanitch a raison. Beaucoup de gens ont cherché à séduire Omm-Djéhâne, mais personne n'y a réussi.

Assanoff trouva ce récit tellement merveilleux, qu'il voulut faire partager son enthousiasme à Moreno. Mais ce fut peine perdue. L'Espagnol ne prit aucun intérêt à ce qu'il appela les équipées d'une fille de rien. Le trouvant donc silencieux, l'ingénieur le jugea maussade et cessa de s'occuper de lui, à mesure que sa propre imagination allumait dans le vin de Champagne un surcroit d'ardeur.

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