Arthur Gobineau - Nouvelles Asiatiques

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– Monsieur, j'apprends à la minute qu'un officier aux dragons d'Iméréthie se trouve à Poti, allant rejoindre son corps à Bakou. Cet officier, c'est vous-même. Comme camarade je viens me mettre à votre disposition. Je fais la même route que vous. S'il vous plaît, nous voyagerons ensemble, et, pour commencer, je sollicite l'honneur de vous offrir un verre de champagne au Grand Hôtel de Colchide que vous apercevez là-bas. D'ailleurs, si je ne me trompe, l'heure du dîner n'est pas loin, j'ai invité quelques amis et vous ne me refuserez pas le plaisir de vous les présenter.

Tout cela fut dit de bonne grâce, avec cet air sémillant, dont les Russes ont hérité depuis que les Français, qui passent pour l'avoir inventé, l'ont perdu.

L'exilé espagnol accepta la main du nouveau venu, et lui répondit:

– Monsieur, je m'appelle Juan Moreno.

– Moi, monsieur, je m'appelle Assanoff, c'est-à-dire je m'appelle en réalité Mourad, fils de Hassan-Khan; je suis Russe, c'est-à-dire Tatare de la province de Shyrcoan et musulman, pour vous servir, c'est-à-dire à la façon dont aurait pu l'être M. de Voltaire, grand homme! et dont je lis avec plaisir les ouvrages, quand je n'ai pas sous la main ceux de M. Paul de Kock.

Là-dessus, Assanoff, passant son bras sous celui de Moreno, l'entraîna vers la place en face du fleuve, où s'apercevait d'assez loin une grande maison basse, longue baraque, au fronton de laquelle on lisait en lettres blanches sur une planche bleu de ciel: Grand Hôtel de Colchide, tenu par Jules Marron (aîné); le tout en français.

A leur entrée dans la salle de l'hôtel où le couvert était mis, les deux officiers trouvèrent leurs convives déjà réunis, buvant à petits coups de l'eau-de-vie de grains, et mangeant du caviar et du poisson sec, dans le but d'irriter leur appétit. De ces convives quelques-uns méritent tout au plus d'être mentionnés: deux commis français dont l'un venait au Caucase pour acheter de la graine de vers à soie, et l'autre pour se procurer des loupes d'arbres; un Hongrois, voyageur taciturne; un passementier saxon allant en Perse chercher fortune.

Ce ne sont là que des comparses étrangers à notre histoire. Nous nous attacherons davantage à ceux qui suivent. D'abord se présentait la maîtresse de la maison, Mme Marron (aîné), laquelle devait présider le festin.

C'était une bonne grosse personne; elle avait certainement franchi la quarantaine, mais nullement laissé de l'autre côté de cette frontière la prétention de séduire: du moins ses regards fort aiguisés l'affirmaient et tenaient le pied de guerre. Mme Marron (aîné), haute en couleurs, dépassant peut-être, dans l'envergure entière de sa personne, une mesure modeste de moyens de plaire, les développant, au contraire, avec une générosité prodigue, portait des boucles noires répandues en cascades le long de ses joues et ralliant sa ceinture d'un air fort agaçant. Cette dame avait une conversation vive, relevée d'expressions pittoresques et animée par l'accent marseillais. La maison était tenue au nom de Marron (aîné), comme on l'a appris déjà; mais ce que les confidents les plus intimes de Mme Marron (aîné) savaient sur le compte de cet époux, se bornait à dire qu'ils ne l'avaient jamais connu et n'en avaient entendu parler que par sa femme, qui, de temps en temps, de loin en loin, trahissait l'espoir de le voir enfin arriver. Fait plus certain, la belle maîtresse du Grand Hôtel de Colchide à Poti s'était fait longtemps remarquer à Tiflis, sous le nom de Léocadie; elle y avait été modiste, et l'armée du Caucase entière, infanterie, cavalerie, artillerie, génie et pontonniers (s'il y en a!), s'était inclinée sans résistance sous le pouvoir de ses perfections.

– Je le sais bien, dit Assanoff à Moreno en lui racontant en gros ces circonstances, je le sais bien! Léocadie n'est ni jeune, ni très jolie; mais que voulez-vous faire à Poti? Le diable y est plus malin qu'ailleurs, et, songez donc! une Française, une Française à Poti! Comment voulez-vous qu'on résiste?

Il présenta ensuite son camarade à un homme fort grand de taille, vigoureux, blond, avec des yeux gris pâle, de grosses lèvres, un air de jovialité convaincue. C'était un Russe. Ce colosse souriait, portait un costume de voyage peu élégant, mais commode, et qui trahissait d'abord l'intention arrêtée d'éviter toute gène. Grégoire Ivanitch Vialgue était un propriétaire riche, une sorte de gentilhomme campagnard et, en même temps, un sectaire. Il appartenait à une de ces Églises réprouvées, mais toujours présentes dans le christianisme, à une de ces Églises, que les grandes communions extirpent de temps en temps par le fer et par la flamme, mais qui, pareilles aux traînées du chiendent, conservent quelque bouture inaperçue et reparaissent. C'était, en un mot, un Doukhoboretz ou «Ennemi de l'Esprit». Le gouvernement et le clergé russes se sont armés contre les religionnaires dont Vialgue faisait partie. Quand ils les découvrent dans les provinces intérieures de l'empire, ils ne les mettent pas à mort, ainsi qu'on le faisait au moyen âge, mais ils les saisissent et les déportent au Caucase.

Les Ennemis de l'Esprit sont d'opinion que la partie saine, bonne, innocente, inoffensive de l'homme, c'est la chair. La chair n'a d'elle-même aucun mauvais instinct, aucune tendance perverse. Se nourrir, se reproduire, se reposer, ce sont là ses fonctions: Dieu les lui a données et les lui rappelle sans cesse par les appétits. Tant qu'elle n'est pas corrompue, elle recherche purement et simplement les occasions de se satisfaire; ce qui est marcher dans les voies de la justice céleste; et plus elle se satisfait, plus elle abonde dans le sens de la sainteté. Ce qui la corrompt, c'est l'Esprit. L'Esprit est d'origine diabolique. Il est parfaitement inutile au développement et au maintien de l'Humanité. Lui seul invente des passions, de prétendus besoins, de prétendus devoirs qui, contrariant à tort et à travers la vocation de la chair, engendrent des maux sans fin. L'Esprit a introduit dans le monde le génie de la contradiction, de la controverse, de l'ambition et de la haine. C'est de l'Esprit que vient le meurtre; car la chair ne vit que pour se conserver et nullement nous détruire. L'Esprit est le père de la sottise, de l'hypocrisie, des exagérations dans tous les sens, et partant, des abus et des excès que l'on a coutume de reprocher à la chair, excellente personne, facile à entraîner à cause de son innocence même; et c'est pourquoi les hommes vraiment religieux et vraiment éclairés doivent défendre cette pauvre enfant en bannissant vivement les séductions de l'Esprit. Dès lors, plus de religion positive pour éviter de devenir intolérant et persécuteur; plus de mariage pour n'avoir plus d'adultère; plus de contrainte dans aucun goût pour supprimer radicalement les révoltes de la chair, et, enfin, l'abandon systématique de toute culture intellectuelle, occupation odieuse qui, n'aboutissant qu'au triomphe de la méchanceté, n'a opéré jusqu'ici qu'en faveur de la puissance du diable.

Les Ennemis de l'Esprit, bannissant tout résultat d'un effort de l'intelligence, n'estiment pas même l'industrie et opinent à la réduire aux fabrications les plus indispensables et aux procédés les plus simples. En revanche, ils estiment grandement la charrue et se montrent agriculteurs expérimentés et éleveurs de bétail admirables. Les fermes établies par eux dans le Caucase sont belles, bien tenues, prospères, et s'il n'était trop classique et trop fleuri de comparer les mœurs qui y régnent à celles qui fleurirent jadis dans l'intérieur des temples de la déesse syrienne, on peut cependant affirmer avec assez d'exactitude que le Doukhoboretz dépasse de bien loin, dans ses habitudes, les façons d'agir et de se régler des Mormons d'Amérique.

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