Guillaume Apollinaire - L'hérésiarque et Cie
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- Название:L'hérésiarque et Cie
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–Cela vous intéresse-t-il? Voici ma bibliothèque; elle est édifiante.
Il sortit de sa poche deux livres fatigués, que je pris. Le titre du premier bouquin était: Catéchisme du diocèse d'Avignon ; celui du second: Les Vampires de la Hongrie , par Dom Calmet. Ce dernier titre m'effraya plus que n'avait pu le faire la déclaration criminelle du juif latin. Je compris qu'il ne se vantait point, et qu'érudit et sanguinaire, l'homme à qui j'avais affaire était un maniaque du meurtre. Je regardai rapidement autour de moi, en l'espoir de découvrir une arme pour me défendre au cas où Fernisoun ferait le forcené. Je vis sur une étagère, à portée de ma main, un petit revolver à parfumerie qui, détérioré et sans valeur, aurait dû être jeté depuis longtemps. Cet objet me sauva la vie en l'occurrence, car Fernisoun, profitant de ce que je détournais les yeux, avait tiré un couteau passé à sa ceinture, sous ses vêtements. Je laissai tomber les livres et saisis précipitamment la minuscule et illusoire arme à feu que je braquai sur le juif latin. Il pâlit et trembla de tous ses membres, implorant:
–Grâce, vous vous méprenez!
Je criai:
–Assassin! va perpétrer ailleurs des crimes que tu crois pardonnables! Mes principes ne me permettent point de te dénoncer, mais je souhaite que, dès ce soir, tes sauvageries trouvent un châtiment. Ta lâcheté, j'espère, limite le nombre de tes victimes, et ta loquacité te signalera à la police. Il y a des juges à Paris et, si tu reçois le Baptême, que ce soit avant de monter à l'échafaud!
Durant que je parlais, Fernisoun ramassa ses livres et, se relevant, me demanda fort civilement pardon pour m'avoir effrayé. Je lui ordonnai de m'abandonner son couteau qui était une lame catalane très dangereuse. Il obéit, puis sortit toujours menacé par le ridicule petit revolver à parfumerie que je n'avais pas lâché.
Le soir, par économie, je soupai chez moi, de charcuterie et du restant de pâté sur lequel Fernisoun s'était penché. Je n'avais aucune idée du danger que je courais. Mais je connus bientôt la noirceur d'âme du juif latin. Je fus pris de douleurs d'entrailles intolérables. Le pâté était empoisonné. Fernisoun l'avait arrosé ou saupoudré avec quelque drogue infecte qui m'aurait tué en peu d'heures, si je n'avais bu une burette d'huile, puis une fiole de glycérine. Je provoquai des vomissements salutaires. Je courus acheter du lait et, par bonheur, je m'en tirai sans médecin.
Les jours suivants, les journaux se trouvèrent remplis par les récits de crimes sensationnels commis sur des femmes dans tous les coins de Paris. L'une d'elles fut trouvée nue, tendue comme un drapeau flottant, et fichée sur un pieu planté au milieu du boulevard de Belleville. Des enfants, des vieillards furent égorgés. On remarquera qu'il ne s'agissait que d'êtres faibles. Des passants, hommes ou femmes, dans la foule qui se presse sur les boulevards à la tombée de la nuit, eurent la cuisse ou le bras entaillés par un rasoir qui, d'un seul coup, pénétrait les vêtements, puis la chair. Le rasoir taillait sans douleur et les malheureux ne tombaient, baignés dans leur sang, qu'au bout de quelques pas. Les assassins demeurèrent inconnus. On attribua les premiers crimes aux bandes d'Apaches et autres tatoués qui effrayent nos âmes meilleures, et désolent ceux qui croient à la perfectibilité humaine. Les autres forfaits furent mis sur le compte d'un de ces maniaques qui pullulent et qui ne ressortissent pas à la Cour d'assises, mais à la Salpêtrière. Je fus souvent tenté de dénoncer l'auteur de tous ces crimes. Car je me doutais bien que c'était le catéchumène Gabriel Fernisoun qui agissait en l'attente du baptême. L'égoïsme triompha. J'avais échappé au monstre, je le laissai agir sans le dénoncer.
… Au bout de quelques mois, je me trouvai avec une de ces bandes hétéroclites qui fréquentent les tavernes du quartier latin. Nous étions à la Lorraine , attablés devant des absinthes que nous troublions méthodiquement. Il y avait là, avec moi, un de ces petits journalistes qui écrivent de vagues chroniques en troisième page de canards mi-morts, donnent des échos aux grands quotidiens, et quémandent, dans les maisons de commerce, des commandes de publicité. Il y avait aussi, en casquette et manteau de peau de phoque, un de ces chauffeurs qui fréquentent tous les fabricants de l'avenue de la Grande-Armée, ont toujours quelque auto à vendre, étant sans cesse sur le point d'en acheter, connaissent à fond les autos de toutes marques, et vous tapent de cent sous à l'occasion. Il y avait un élève de l'École des Beaux-Arts et un fonctionnaire des Colonies récemment revenu de la Martinique. Il avait raconté pour la troisième fois l'éruption du Mont-Pelé. Le journaliste parlait de faire un poker. L'élève des Beaux-Arts bâilla en exprimant le désir de jouer avec le joker. Le chauffeur dit:
–Voilà Philippe!
Philippe, étudiant douteux mais chic, très beau garçon, arrivait avec la grande Nella. Celle-ci était une assez belle brune. Son corset descendant très bas, selon la mode, la faisait paraître stéatopyge, mais la proéminence était illusoire; ceux qui connaissaient Nella intimement lui déniaient la callipygie. Philippe nous serra la main, se défit de son chapeau et de son raglan, arrangea sa coiffure, sa cravate, et s'assit en face de Nella, à la table voisine. Il commanda un chambéry-fraisette pour soi et un quinquina pour Nella. Puis, se tournant vers nous, il déclara:
–J'en ai une bonne! Nella veut se faire religieuse.
Le chauffeur cria:
–Il n'y a plus de congrégations.
Le journaliste dit qu'il fallait une forte dot. Nella affirma:
–Je veux me faire Petite Sœur des Pauvres.
Nous rîmes bruyamment, puis demandâmes en chœur:
–Et pourquoi?
Philippe ricana:
–C'est une histoire à dormir debout. Voyons, raconte ça, Nella.
–La barbe! dit Nella.
Mais, sur nos instances, elle se décida:
–Voilà! J'avais eu affaire, rue de la Pépinière, près de la place Saint-Augustin, et je revenais par le boulevard Malesherbes en l'intention de prendre l'omnibus à la Madeleine. Tout à coup, au coin de la rue des Mathurins, un homme se dressa devant moi en criant: «Madame ou mademoiselle, je suis juif. Je vais mourir, baptisez-moi!» J'avais peur, il était près de minuit. Je voulus courir, mais le monsieur, qui haletait, s'accrocha à mon bras en me suppliant: «Je suis un grand criminel! Mon dernier crime, le plus exécrable, est que je viens de m'empoisonner. Tout à l'heure, j'ai pensé qu'après tout il se pourrait que je mourusse sans baptême, et j'ai voulu finir par un suicide qui me laisserait encore le temps de me faire baptiser. Je me repens, madame, et je vous supplie. Il y a de l'eau dans le ruisseau, au bord du trottoir. Vous n'avez qu'à m'en verser sur la tête, en disant: Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Pressez-vous, le poison fait son œuvre et je me sens mourir.» Des passants s'étant arrêtés, nous regardaient curieusement. Le monsieur sentait les forces lui manquer, il se coucha sur le trottoir. J'eus pitié de ce moribond qui m'implorait. Avec ma main, je puisai de l'eau qui stagnait dans le ruisseau et je baptisai ce juif comme il m'avait demandé, tandis qu'il criait douloureusement: « Mea culpa! mea culpa !» À ce moment, des agents survinrent. Le nouveau baptisé délirait: «Je suis chrétien!… Oh! que je souffre… À boire… Le ciel s'ouvre…» Et il mourut en se convulsant, pendant que les agents l'emportaient. Je dus les suivre au poste. Cette affaire m'a occasionné quelques démarches chez le commissaire de police. On en a un peu parlé dans les journaux, mais d'autres événements plus importants prennent en ce moment l'attention du public et je n'ai pas eu la réclame qu'un moment j'avais espérée. Le juif s'appelait Gabriel Fernisoun. On trouva sur lui un testament par lequel il laissait sa fortune à l'archevêque de Paris, à charge pour lui de l'employer à hâter la conversion des juifs, fait qui doit se produire peu avant la fin du monde. En attendant, il m'a convertie, moi. Je n'aurai plus de repos avant de m'être faite Petite Sœur des Pauvres et cela ne tardera pas. Figurez-vous que tous ceux qui ont approché le cadavre de Fernisoun, ont été étonnés de la bonne odeur qu'il exhalait. Le commissaire m'a dit que les médecins peuvent expliquer ce fait qui se produit quelquefois. Pour moi, je trouve cela miraculeux. De plus, des deux agents qui portèrent le cadavre au poste, l'un avait ri, pensant avoir affaire à un ivrogne. Il mourut d'une rupture d'anévrisme, le lendemain. Le second avait essuyé avec son mouchoir la bave qui vint aux lèvres de l'agonisant, puis il lui avait fermé les yeux. Il vient de faire un héritage qui le fait riche pour le reste de sa vie. Je tiens ces faits de ce dernier agent que je revis chez le commissaire de police.
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