Pérez-Reverte, Arturo - Le capitaine Alatriste

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— Il faut bien gagner son pain, petit.

Puis il ceignit son épée – jamais, sauf à la guerre, il ne voulut la porter en baudrier comme les bravaches et fanfarons –, s’assura qu’elle sortait et rentrait facilement dans le fourreau, jeta sur ses épaules la cape que Don Francisco lui avait prêtée dans l’après-midi. Nous étions en mars et les nuits étaient fraîches. Mais la cape avait aussi une autre utilité : dans ce Madrid rempli de dangers, aux rues étroites et mal éclairées, une cape était fort pratique quand il fallait se battre à l’arme blanche. En travers de la poitrine ou enroulée sur le bras gauche, elle servait de bouclier pour parer les coups de l’adversaire. Jetée sur la lame de l’ennemi, elle pouvait le gêner le temps d’allonger une bonne botte. Tout bien considéré, se battre à la loyale quand on jouait sa peau pouvait peut-être contribuer au salut de l’âme dans la vie éternelle. Mais ici-bas, sur terre, c’était le plus sûr moyen de mourir comme un idiot, avec six bons pouces d’acier dans le foie. Et Diego Alatriste n’était nullement pressé.

La lanterne éclairait la petite porte d’une lumière laiteuse quand le capitaine frappa quatre coups, comme le lui avait indiqué Saldana. Puis il dégagea la poignée de son épée et glissa sa main gauche derrière son dos, près du pommeau de la biscayenne. Des pas se firent entendre derrière la porte qui s’ouvrit silencieusement. La silhouette d’un domestique apparut dans l’embrasure.

— Votre nom ?

— Alatriste.

Sans un mot de plus, le laquais prit une allée qui s’enfonçait entre les arbres d’un jardin, suivi d’Alatriste. La maison était ancienne et le capitaine eut l’impression qu’elle était abandonnée. Bien qu’il connût mal ce quartier de Madrid, proche du chemin de Fortaleza, il crut se souvenir des murs et du toit d’une demeure décrépite qu’il avait aperçue un jour en passant.

— Veuillez attendre qu’on vous appelle.

Le domestique venait de le faire entrer dans une petite pièce dépourvue de tout meuble où un candélabre posé à terre éclairait des tableaux anciens accrochés aux murs. Dans un coin de la pièce, un homme attendait lui aussi, habillé tout de noir, enveloppé dans une cape et coiffé d’un chapeau à large bord. Il ne fit aucun geste en voyant entrer le capitaine et quand le domestique – qui, à la lumière des bougies, se révéla être un homme d’âge moyen, sans livrée qui permît de l’identifier – se retira, il resta immobile, comme une statue noire, observant le nouveau venu. La seule chose vivante que l’on voyait entre sa cape et son chapeau était ses yeux, très noirs et brillants, que la lumière à ras du sol illuminait dans l’ombre, leur donnant une expression menaçante et fantomatique. D’un coup d’œil exercé, Diego Alatriste examina les bottes de cuir et la pointe de l’épée qui soulevait un peu la cape de l’inconnu. Son aplomb était celui d’un spadassin, ou d’un soldat. Ni l’un ni l’autre n’ouvrirent la bouche et ils restèrent là, immobiles et silencieux, de part et d’autre du candélabre qui les éclairait d’en bas, s’étudiant pour savoir s’ils avaient affaire à un ami ou à un ennemi, quoique dans la profession d’Alatriste, ils eussent parfaitement pu être les deux à la fois.

— Je ne veux pas de morts, dit le plus grand des hommes masqués.

Robuste, large d’épaules, il était resté seul couvert, coiffé d’un chapeau sans plumes ni rubans. Sous le masque qui dissimulait son visage sortait la pointe d’une barbe drue et noire. Ses vêtements sombres étaient de belle qualité, avec poignets et col en fine dentelle de Hollande et, sous la cape qu’il avait jetée sur ses épaules, on voyait briller une chaîne d’or et le pommeau doré d’une épée. Il parlait comme un homme habitué à commander et à être obéi sur-le-champ, ce que confirmait la déférence dont son compagnon faisait preuve à son endroit : un homme de taille moyenne au visage rond et aux cheveux clairsemés, vêtu d’une robe sombre qui cachait ses vêtements. Les deux hommes masqués avaient reçu Diego Alatriste et l’inconnu en noir après les avoir fait attendre une bonne demi-heure dans l’antichambre.

— Pas de morts et pas de sang, insista le plus fort des deux hommes. Ou alors, le moins possible.

L’homme à la tête ronde leva les deux mains. Diego Alatriste vit qu’il avait les ongles sales et que ses doigts étaient tachés d’encre, comme ceux de quelqu’un qui fait métier d’écrire. Mais il portait une grosse bague en or au petit doigt de la main gauche.

— Une légère piqûre, tout au plus, l’entendirent-ils suggérer d’une voix prudente. De quoi justifier l’affaire.

— Mais seulement au plus blond des deux, précisa l’autre.

— Naturellement, Excellence.

Alatriste et l’homme à la cape noire échangèrent un regard entendu, comme s’ils se consultaient sur la portée du mot « piqûre » et sur la possibilité, plutôt lointaine, de pouvoir distinguer un homme blond d’un autre au beau milieu d’une échauffourée, et en pleine nuit. Imaginez la scène : Auriez-vous, Monsieur, la bonté de vous mettre à la lumière et de vous décoiffer, merci, je vois que vous êtes le plus blond, permettez que je vous introduise six pouces d’acier de Tolède dans le ventre. Enfin. L’homme en noir s’était découvert en entrant, et Alatriste pouvait maintenant voir son visage à la lumière de la lanterne posée sur la table qui éclairait les quatre hommes et les murs d’une vieille bibliothèque poussiéreuse, où les souris devaient s’en donner à cœur joie : il était grand, maigre et silencieux. Sans doute dans la trentaine, le visage grêlé par la petite vérole. Sa moustache fine et bien taillée lui donnait un air singulier, étranger. Ses yeux et ses cheveux qui lui tombaient jusqu’aux épaules étaient noirs comme tous ses vêtements. Il portait à la ceinture une épée munie d’une énorme coquille ronde aux longs quillons d’acier que seul un bretteur consommé pouvait se permettre d’exposer aux railleries, sachant qu’il avait le courage et l’adresse nécessaires pour être à la hauteur de si formidable flamberge. Mais l’homme n’avait nullement l’air de quelqu’un qui aurait supporté qu’on se moquât de lui. Il était le portrait incarné du spadassin et de l’assassin.

— Il s’agit de deux gentilshommes étrangers, jeunes – continua l’homme masqué à la tête ronde. Ils voyagent incognito. Inutile donc de vous faire connaître leurs noms et leur condition véritables. Le plus âgé se fait appeler Thomas Smith et il n’a pas plus de trente ans. L’autre, John Smith, à peine vingt-trois ans. Ils entreront dans Madrid à cheval, seuls, dans la nuit de demain vendredi. Fatigués, je suppose, car ils voyagent depuis plusieurs jours. Nous ignorons par quelle porte ils passeront. Le plus sûr est donc de les attendre près de leur destination, la Maison aux sept cheminées… La connaissez-vous ?

Diego Alatriste et son compagnon firent un signe de tête. Tout le monde à Madrid connaissait l’hôtel du comte de Bristol, ambassadeur d’Angleterre.

— On devra croire – continua l’homme masqué – que les deux voyageurs se sont fait attaquer par de vulgaires coupe-jarrets. Il faudra donc dérober tout ce qu’ils portent sur eux. Il serait bon aussi que le plus blond et le plus arrogant des deux, le plus âgé, soit légèrement blessé. Une estafilade à une jambe ou à un bras, mais sans gravité. Quant au plus jeune, il suffira de l’effrayer et de le laisser aller – celui qui parlait se tourna légèrement vers son compagnon, comme s’il attendait son approbation. Il faudra aussi leur prendre tous les documents et lettres qu’ils pourraient avoir sur eux et nous les faire remettre sans faute.

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