Pérez-Reverte, Arturo - Le capitaine Alatriste
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— Une affaire, répéta le capitaine.
Ils étaient sortis dans la rue, au soleil, appuyés contre le mur, chacun avec son pichet de vin à la main, regardant passer les gens et les voitures dans la rue de Tolède. Saldana l’observa quelques instants en caressant sa barbe poivre et sel de vieux soldat, qu’il avait bien fournie pour cacher la balafre qui allait de sa bouche à son oreille droite.
— Tu es sorti de prison il y a quelques heures et tu n’as pas un sou en poche, dit-il. Avant deux jours, tu auras accepté n’importe quel travail minable, comme d’escorter un joli cœur qui a peur de se faire tuer au coin d’une rue par le frère de sa maîtresse, ou de retailler les oreilles de quelqu’un qui n’aura pas payé son créancier. Ou bien tu te mettras à faire le tour des bordels et des tripots pour voir ce que tu pourrais bien soutirer aux étrangers et aux curés qui viennent jouer le produit du tronc de sainte Euphrasie. Tôt ou tard, tu vas te fourrer dans une vilaine affaire : un mauvais coup d’épée, une bagarre, une dénonciation. Et tu ne seras pas plus avancé qu’avant – il prit une petite gorgée de vin, ses yeux mi-clos fixés sur le capitaine. Tu trouves que c’est une vie ?
Diego Alatriste haussa les épaules.
— As-tu mieux à me proposer ?
Il regardait dans les yeux son ancien camarade des campagnes de Flandre. Tout le monde n’a pas la chance d’être lieutenant d’alguazils, semblait-il dire.
Saldana se cura les dents avec un ongle, puis hocha deux fois la tête, de haut en bas. Tous deux savaient que les hasards de la vie auraient pu faire qu’il se trouvât exactement dans la même situation que le capitaine. Madrid regorgeait d’anciens soldats qui traînaient dans les rues et sur les places, la ceinture garnie de petits tubes de fer-blanc où ils gardaient précieusement leurs lettres de recommandation toutes froissées, leurs requêtes et leurs inutiles états de service dont tout le monde se moquait éperdument. Attendant un revirement de fortune qui ne venait jamais.
— Je suis venu te voir exprès, Diego. Quelqu’un a besoin de toi.
— De moi, ou de mon épée ?
Le capitaine tordit sa moustache, comme il avait coutume de le faire lorsqu’il voulait sourire. Saldana éclata de rire.
— Quelle question ! Il y a des femmes qui intéressent pour leurs charmes, des curés pour leurs absolutions, des vieux pour leur argent… Mais quand il s’agit de gens comme toi et moi, il n’y a que notre épée qui vaille quelque chose – il s’arrêta, regarda d’un côté puis de l’autre, but encore une gorgée de vin et baissa un peu la voix. Il s’agit de gens de qualité. Un coup facile, avec les risques habituels, mais sans plus… Et en échange, une bourse bien garnie.
Le capitaine observait son ami d’un œil intéressé. En cet instant, le mot « bourse » aurait suffi à le faire sortir du sommeil le plus profond ou de la plus atroce des soûleries.
— Que veux-tu dire par bien garnie ?
— Soixante écus. En doublons.
— Ce n’est pas mal – les pupilles des yeux clairs de Diego Alatriste se rétrécirent. Il faut tuer ?
Saldana fit un geste évasif en jetant un regard furtif vers la porte de la taverne.
— C’est possible, mais j’ignore les détails… Et je ne veux pas en savoir davantage, si tu vois ce que je veux dire. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’un guet-apens. Quelque chose de discret, la nuit. Ni vu ni connu.
— Seul ou avec quelqu’un ?
— Avec quelqu’un, je suppose. Il faudra expédier deux hommes dans l’autre monde. Ou peut-être seulement leur faire très peur. Ou les marquer au visage… Va donc savoir.
— Qui sont les pigeons ? Saldana secoua la tête, comme s’il en avait déjà trop dit.
— Chaque chose en son temps. Et puis, je ne suis qu’un messager.
Le capitaine vida son pichet de vin, pensif. À l’époque, quinze doublons d’or, c’était plus de sept cents réaux, assez pour se remettre en selle, s’acheter du linge blanc, un costume, liquider ses dettes et mettre de l’ordre dans sa vie. Rendre un peu plus décent le misérable galetas que nous louions lui et moi à l’arrière de la taverne, à l’étage, dans une cour dont la porte donnait rue de l’Arquebuse. Manger chaud sans dépendre des cuisses généreuses de Caridad la Lebrijana.
— Et puis, ajouta Saldana qui semblait suivre le fil de ses pensées, ce travail te mettra en rapport avec des gens importants. Des gens qui pourraient t’assurer un avenir.
— Un avenir, répéta, comme un écho, le capitaine, absorbé dans ses pensées.
II
LES HOMMES MASQUÉS
Il n’y avait pas âme qui vive dans la rue obscure. Enveloppé dans une vieille cape que lui avait prêtée Don Francisco de Quevedo, Diego Alatriste s’arrêta le long du mur et jeta autour de lui un regard circonspect. Une lanterne, lui avait dit Saldana. De fait, une petite lanterne éclairait faiblement le renfoncement d’une porte basse derrière laquelle on devinait le toit sombre d’une maison, parmi des branches d’arbres. Il était près de minuit, l’heure fatale, quand les voisins crient gare dessous et lancent leurs immondices par les fenêtres, celle où les tueurs à gages et les coupe-jarrets attendent leurs victimes dans la noirceur des rues privées de tout éclairage. Mais ici, il n’y avait pas de voisins et il semblait ne jamais y en avoir eu. Le silence était total. Des voleurs et des assassins, Diego Alatriste savait se garder. Depuis bien des années, il avait appris un principe fondamental de la vie et de la survie : celui qui le veut peut être aussi dangereux que quiconque croise son chemin. Ou même plus. Pour ce soir, ses instructions étaient claires. De l’ancienne Porte de Santa Barbara, prendre la première rue à droite jusqu’à rencontrer un mur de briques et une lumière. Jusque-là, tout allait bien. Le capitaine se mit à étudier attentivement les lieux en évitant de regarder la lanterne pour ne pas être ébloui. Finalement, après avoir palpé le gilet de buffle qu’il avait enfilé sous sa chemise pour dévier les lames inopportunes, il enfonça son chapeau sur sa tête et s’avança lentement vers la petite porte. Je l’avais vu se vêtir une heure plus tôt chez nous, avec une minutie toute professionnelle :
— Je rentrerai tard, Iňigo. Ne m’attends pas pour te coucher.
Nous avions soupé d’une panade, d’une chopine de vin et de deux œufs durs. Puis, après s’être lavé le visage et les mains dans une cuvette, et tandis que je ravaudais de vieilles chausses à la lumière d’une chandelle de suif, Diego Alatriste s’était préparé, avec les précautions que réclamaient les circonstances. Non pas qu’il redoutât un coup fourré de Martin Saldana, mais un lieutenant d’alguazils peut lui aussi se faire berner, ou suborner. Même lorsqu’il s’agissait de vieux amis et de compagnons d’armes. Si tel avait été le cas, Alatriste ne lui en aurait d’ailleurs pas tenu excessivement rigueur. À l’époque, tout pouvait s’acheter à la cour de ce jeune roi aimable et coureur de jupons, pieux et désastreux pour la pauvre Espagne, que fut le bon Philippe IV ; tout, même les consciences. Les choses n’ont pas tellement changé depuis, soit dit en passant. Toujours est-il que le capitaine avait pris ses précautions avant d’aller à son rendez-vous. Je le vis accrocher sa dague biscayenne à son ceinturon, dans son dos, puis glisser dans sa botte droite le petit couteau de boucher qui lui avait si bien rendu service en prison. Pendant qu’il accomplissait ces gestes, j’avais observé à la dérobée son visage grave, absorbé, ses joues creusées par la lumière de la chandelle qui soulignait le féroce trait de sa moustache. Il ne semblait pas très fier de lui. Alors qu’il cherchait son épée, son regard croisa le mien. Mais ses yeux clairs s’écartèrent immédiatement, comme s’il craignait que je puisse y lire un secret inconvenant. Un instant plus tard, il me fixait de nouveau de son regard franc, un petit sourire aux lèvres.
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