Leïla Slimani - Dans le jardin de l'ogre

Здесь есть возможность читать онлайн «Leïla Slimani - Dans le jardin de l'ogre» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 2014, ISBN: 2014, Издательство: Éditions Gallimard, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Dans le jardin de l'ogre: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Dans le jardin de l'ogre»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre. »
Leïla Slimani est née en 1981, elle vit à Paris.
est son premier roman.

Dans le jardin de l'ogre — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Dans le jardin de l'ogre», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

« Je t’ai trouvée si fragile, si timide et bien élevée…

— Un peu coincée, tu veux dire ?

— Oui, peut-être. »

Elle a passé ses lèvres sur sa langue, très vite, comme un petit lézard. Il en a été bouleversé. La salle de rédaction s’est vidée, et pendant que les autres rangeaient les gobelets et les mégots éparpillés, ils ont disparu dans la salle de réunion, à l’étage. Ils se sont jetés l’un sur l’autre. Adèle a déboutonné la chemise de Cyril qu’elle trouvait si beau quand il n’était que son patron et qu’il lui était, d’une certaine façon, interdit. Mais là, sur la table laquée noire, il s’est révélé bedonnant et maladroit. « J’ai trop bu », a-t-il dit pour s’excuser de bander mollement. Il s’est adossé à la table, a passé sa main dans les cheveux d’Adèle et a poussé sa tête entre ses cuisses. Son sexe au fond de la gorge, elle a réprimé son envie de vomir et de mordre.

Elle l’avait désiré pourtant. Elle se réveillait tôt chaque matin, pour se faire belle, pour choisir une nouvelle robe, dans l’espoir que Cyril la regarde et fasse même, dans ses bons jours, un discret compliment. Elle finissait ses articles en avance, proposait des reportages au bout du monde, arrivait dans son bureau avec des solutions et jamais des problèmes, tout cela dans l’unique but de lui plaire.

À quoi servait de travailler maintenant qu’elle l’avait eu ?

Ce soir, Adèle se tient à distance de Cyril. Elle se doute bien qu’il y pense mais leurs relations sont devenues très froides. Elle n’a pas supporté les textos idiots qu’il lui a envoyés les jours suivants. Elle a haussé les épaules quand il lui a proposé timidement d’aller, un soir, dîner au restaurant. « À quoi bon, je suis mariée et toi aussi. Nous ne ferions que nous faire souffrir, tu ne crois pas ? »

Ce soir Adèle n’a pas l’intention de se tromper de cible. Elle plaisante avec Bertrand, qui la soûle en lui détaillant pour la énième fois sa collection de mangas japonais. Il a les yeux rouges, il vient sans doute de fumer un joint et son haleine est encore plus sèche et acide que d’habitude. Adèle fait bonne figure. Elle feint de supporter la documentariste obèse qui ce soir se permet un sourire, elle dont la bouche n’exprime d’habitude que râles et soupirs. Adèle s’échauffe. Le champagne coule à flots grâce à un homme politique à qui Cyril a offert un portrait élogieux en Une du journal. Elle ne tient plus en place. Elle se sent belle et déteste l’idée que sa beauté soit inutile, que sa gaieté ne serve à rien.

« Vous n’allez pas rentrer ? On sort ! Allez… », supplie-t-elle Laurent, le regard brillant et si enthousiaste qu’il serait cruel de lui refuser quoi que ce soit.

« Les gars, ça vous dit ? » demande Laurent aux trois journalistes avec qui il discute.

Dans cette semi-pénombre, la fenêtre ouverte sur des nuages mauves, Adèle regarde l’homme nu. Le visage enfoncé dans l’oreiller, il dort d’un sommeil rassasié. Il pourrait aussi bien être mort, comme ces insectes que le coït tue.

Adèle sort du lit, les mains croisées sur ses seins nus. Elle relève le drap sur le corps endormi, qui se recroqueville pour mieux se réchauffer. Elle ne lui a pas demandé son âge. Sa peau lisse et grasse, la chambre de bonne où il l’a emmenée laissent supposer qu’il est plus jeune qu’il ne l’a prétendu. Il a des jambes courtes et des fesses de femme.

L’aube jette sa lumière froide sur la chambre en désordre. Adèle se rhabille. Elle n’aurait pas dû le suivre. À l’instant même où il l’a embrassée, collant ses lèvres molles contre les siennes, elle a su qu’elle s’était trompée. Il ne saurait pas la remplir. Elle aurait dû s’enfuir. Trouver une excuse pour ne pas monter dans cette mansarde. Dire : « On s’est déjà bien amusés, non ? » Elle aurait dû quitter le bar sans un mot, résister à ces mains qui l’enlaçaient, à ce regard vitreux, à cette haleine lourde.

Elle a manqué de courage.

Ils ont monté l’escalier en titubant. À chaque marche, la magie se diluait, l’ivresse joyeuse faisait place à la nausée. Il a commencé à se déshabiller. Elle sentait son cœur se serrer, seule face à la banalité d’une fermeture Éclair, au prosaïsme d’une paire de chaussettes, aux gestes maladroits d’un jeune ivrogne. Elle aurait voulu dire : « Arrête, ne parle plus, je n’ai plus envie de rien. » Mais elle ne pouvait plus reculer.

Couchée sous son torse lisse, elle n’a rien eu d’autre à faire qu’à aller vite, simuler, en rajouter dans les cris pour qu’il se satisfasse, qu’il se taise, en finir. A-t-il seulement remarqué qu’elle fermait les yeux ? Elle fermait les yeux avec rage, comme si le voir la dégoûtait, comme si elle pensait déjà aux prochains hommes, les vrais, les bons, ceux d’ailleurs, ceux qui auraient enfin prise sur son corps.

Elle tire doucement la porte de l’appartement. Dans la cour de l’immeuble, elle allume une cigarette. Encore trois bouffées et elle appellera son mari.

« Je ne te réveille pas ? »

Elle dit qu’elle a dormi chez son amie Lauren, qui habite à deux pas du journal. Elle prend des nouvelles de son fils. « Oui, la soirée s’est bien passée », conclut-elle. Face au miroir piqué du hall d’immeuble, elle lisse ses traits et se regarde mentir.

Dans la rue vide, elle entend ses propres pas. Elle pousse un cri quand un homme la bouscule en courant pour attraper le bus qui s’apprête à freiner. Elle rentre en marchant, pour faire passer le temps, pour être sûre de se réfugier dans un appartement vide, où personne ne la questionnera. Elle écoute de la musique et se fond dans un Paris gelé.

Richard a débarrassé le petit déjeuner. Les tasses sales reposent dans l’évier, une tartine est restée collée sur une assiette. Adèle s’assoit sur le canapé en cuir. Elle n’enlève pas son manteau, serre son sac contre son ventre. Elle ne bouge plus. La journée ne commencera que quand elle aura pris sa douche. Quand elle aura lavé sa chemise qui sent le tabac froid. Quand elle cachera ses cernes sous son maquillage. Pour l’instant, elle repose dans sa crasse, suspendue entre deux mondes, maîtresse du temps présent. Le danger est passé. Il n’y a plus rien à craindre.

Adèle arrive au journal, les traits tirés, la bouche sèche. Elle n’a rien mangé depuis la veille. Il faut qu’elle avale quelque chose pour éponger sa peine et sa nausée. Elle a acheté un pain au chocolat sec et froid, dans la pire boulangerie du quartier. Elle croque une bouchée mais elle a du mal à mâcher. Elle voudrait se rouler en boule dans les toilettes et dormir. Elle a sommeil et elle a honte.

« Alors, Adèle ? Pas trop fatiguée ? »

Bertrand se penche au-dessus de son bureau et lui lance un regard complice auquel elle ne réagit pas. Elle jette le pain au chocolat dans la corbeille. Elle a soif.

« Tu étais en grande forme hier soir. Pas trop mal à la tête ?

— Ça va, merci. Il me faut juste un café.

— Quand tu as un coup dans le nez, on a du mal à te reconnaître. On te voit comme ça, petite princesse pincée, avec sa petite vie bien rangée. Tu es une sacrée fêtarde, en fait.

— Arrête.

— Tu nous as bien fait marrer. Et quelle danseuse !

— Bon, Bertrand, il faut que je me mette au boulot.

— Moi aussi, j’ai une tonne de choses à faire. Je n’ai presque pas dormi. Je suis vanné.

— Bon courage, alors.

— Je ne t’ai pas vue partir hier soir. Le petit jeune, tu l’as ramené ? Tu as noté son prénom ou c’était juste comme ça ?

— Et toi, tu les notes les prénoms des putes que tu montes dans ta chambre quand tu es en mission à Kinshasa ?

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Dans le jardin de l'ogre»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Dans le jardin de l'ogre» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Dans le jardin de l'ogre»

Обсуждение, отзывы о книге «Dans le jardin de l'ogre» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x