Irène Némirovsky - Les Mouches D’automne

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Irène Némirovsky: Prix Renaudot 2004 pour Suite française.
A Chekhovian study of a Russian family's decline. Tatiana, an elderly servant, watches helplessly as the aristocratic Karines, who have had to flee Moscow after the Revolution, lose first their money, then their self-respect. With its cool, understated prose and sharp psychological accuracy, this is perfect for a train journey a reminder of what good writing can achieve in a very few words. -New York Times
***
Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses maîtres, les Karine, qu'elle a vu naître et grandir. Lorsque la révolution russe les chasse de leur domaine, elle les suite dans leur fuite, jusqu'à Odessa d'abord, puis jusqu'à Paris, dans ce petit appartement du quartier des Ternes, où les exilés tournent en rond comme les mouches d'automne…
Justesse et finesse de l'écriture caractérisent ce livre nostalgique. Irène Némirovsky est morte à Auschwitz en 1942. Son roman Suite française publié soixante ans après sa mort a obtenu le prix Renaudot en 2004.

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Tatiana Ivanovna secouait vaguement la tête, et la bonne recommençait à remuer ses casseroles.

André avait été envoyé en pension au bord de la mer, en Bretagne. Un peu plus tard, Cyrille partit. Il avait retrouvé sa compagne de cellule, l’actrice française, enfermée avec lui en prison, à Saint-Pétersbourg, en 1918. Elle était à présent richement entretenue. C’était une jolie fille généreuse, une blonde au beau corps lourd, folle de Cyrille… Cela simplifiait l’existence. Mais en rentrant chez lui, parfois, à l’aube, il lui arrivait de regarder la cour sous ses fenêtres, avec le désir d’être étendu sur ces pavés roses et d’en avoir fini, une fois pour toutes, avec l’amour, l’argent et leurs complications.

Puis, cela passait. Il achetait de beaux vêtements. Il buvait. À la fin de juin, il partit pour Deauville, avec sa maîtresse.

À Paris, quand la chaleur tombait, vers le soir, les Karine sortaient, allaient au Bois, au Pavillon Dauphine. Les parents restaient là, écoutant tristement le bruit des orchestres, se souvenant des Îles et des jardins de Moscou, tandis que Loulou, et d’autres jeunes filles, des jeunes gens, marchaient le long des allées obscures, récitant des vers, jouant le jeu amoureux.

Loulou avait vingt ans. Elle était moins belle qu’autrefois, maigre avec des mouvements brusques, comme ceux d’un garçon, une peau sombre, rude, brûlée par le vent de la longue traversée, une expression étrange, lasse et cruelle. Elle avait aimé sa vie ballottée, menacée, excitante. À présent, elle préférait à tout ces promenades au crépuscule de Paris, et les longues, silencieuses soirées dans les bistros, les petits zincs populeux, avec leur odeur de craie, d’alcool et le bruit des billards dans la pièce du fond… Vers minuit, ils rentraient chez l’un ou chez l’autre, et ils recommençaient à boire, à se caresser dans l’ombre. Les parents dormaient; ils entendaient vaguement le gramophone jouer jusqu’au jour. Ils ne voyaient rien, ou ne voulaient rien voir.

Une nuit, Tatiana Ivanovna sortit de sa chambre pour retirer du linge qui séchait dans le cabinet de toilette; la veille, elle l’avait oublié sur le chauffe-bains, et il fallait raccommoder une paire de bas pour Loulou. Elle travaillait souvent la nuit. Elle avait besoin de peu de sommeil, et, dès quatre, cinq heures, elle était debout, rôdant silencieusement dans les chambres; elle n’entrait jamais au salon.

Cette nuit-là, elle avait entendu des pas et des voix dans le vestibule; les enfants, depuis longtemps, étaient partis, sans doute… Elle vit de la lumière sous la porte du salon. «Ils ont oublié d’éteindre l’électricité, de nouveau», songea-t-elle. Elle ouvrit, et, alors seulement, elle entendit le gramophone, qui jouait, entouré d’un rempart de coussins; la musique basse, haletante, semblait passer à travers une épaisseur d’eau. La chambre était à demi obscure. Seule une lampe, voilée d’un chiffon rouge, éclairait le divan, où Loulou, étendue, paraissait dormir, la robe défaite sur la poitrine, serrant dans ses bras un garçon, à la pâle figure délicate, renversée en arrière. La vieille femme s’avança. Ils dormaient réellement, leurs lèvres encore jointes, leurs visages collés l’un à l’autre. Une odeur d’alcool et une fumée épaisse emplissaient la chambre; des verres, des bouteilles vides, des disques, des cendriers pleins, des coussins qui gardaient encore la forme des corps traînaient à terre. Loulou se réveilla, regarda fixement Tatiana Ivanovna, sourit; ses yeux dilatés, noircis par le vin et la fièvre, avaient une expression d’indifférence railleuse et d’extrême fatigue. Elle murmura doucement:

«Qu’est-ce que tu veux?»

Ses longs cheveux dénoués pendaient sur le tapis; elle fit un mouvement pour relever la tête, gémit; la main du garçon était crispée dans les mèches défaites. Elle les arracha brusquement, s’assit.

«Qu’est-ce qu’il y a?» répéta-t-elle avec impatience.

Tatiana Ivanovna regardait le garçon. Elle le connaissait bien; elle l’avait souvent vu chez les Karine, enfant; il s’appelait le prince Georges Andronikof, elle se souvenait de ses longues boucles blondes, de ses cols de dentelle. «Jette-moi ça dehors, tout de suite, tu entends?» dit-elle tout à coup, serrant les dents, sa vieille figure tremblante et blême.

Loulou haussa les épaules.

«Ça va, tais-toi… il part tout de suite…

– Lulitchka, murmura la vieille femme.

– Oui, oui, tais-toi, pour l’amour de Dieu…»

Elle arrêta le gramophone, alluma une cigarette, la jeta presque aussitôt, commanda brièvement:

«Aide-moi.»

Silencieusement, elles mirent de l’ordre dans la pièce, ramassèrent les bouts de cigarettes, les verres vides; Loulou ouvrit les volets, aspira avidement la bouffée de fraîcheur qui montait des caves.

«Quelle chaleur, hein?»

La vieille femme ne répondait rien, détournait les yeux avec une sorte de pudeur sauvage.

Loulou s’assit sur le rebord de la fenêtre, se mit à se balancer doucement en chantonnant. Elle semblait dégrisée, malade; ses joues pâles apparaissaient par plaques livides, sous la poudre que les baisers avaient effacée; les larges yeux cernés regardaient droit devant eux, profonds et vides.

«Qu’est-ce que tu as donc, Niania? C’est toutes les nuits la même chose, dit-elle enfin, de sa voix calme, enrouée par le vin et la fumée. Et à Odessa, mon Dieu?… Sur le bateau?… Tu n’avais jamais rien remarqué?

– Quelle honte, murmura la vieille femme avec une expression de dégoût et de souffrance. Quelle honte!… tes parents qui dorment à côté…

– Eh bien? Ah çà, mais tu es folle, Niania? Nous ne faisons rien de mal. On boit un peu, on s’embrasse, quel mal y a-t-il? Tu crois que les parents ne faisaient pas la même chose quand ils étaient jeunes?

– Non, ma fille.

– Ah, tu crois ça, toi?

– Moi aussi, j’ai été jeune, Lulitchka. Il y a longtemps de cela, mais je me rappelle encore le jeune sang brûlant dans les veines. Crois-tu que cela s’oublie? Et je me souviens de tes tantes, quand elles avaient vingt ans, comme toi. C’était à Karinovka, et le printemps… Ah, quel temps nous avions cette année-là… Tous les jours des promenades en forêt, et sur la pièce d’eau… Et le soir, des bals chez les voisins ou chez nous… Chacune avait son amoureux, et, bien des fois, ils partaient tous, au clair de la lune, en troïka… Ta grand’mère défunte disait: «De notre temps…» Mais quoi? Elles savaient bien qu’il y avait des choses permises, et d’autres défendues… Le matin, parfois, elles venaient dans ma chambre me raconter ce que l’un avait dit, et l’autre… Un jour, ainsi, elles se sont fiancées, elles se sont mariées, et elles ont vécu, avec leur part de misères et leur part de bonheur, honnêtement, jusqu’au jour où Dieu les a reprises… Elles sont mortes jeunes, tu le sais, l’une en couches, et l’autre, cinq ans plus tard d’une mauvaise fièvre… Eh, oui, je me souviens… Nous avions les plus beaux chevaux de la région, et ils s’en allaient en cavalcade, parfois, ton papa qui était un jeune garçon alors, et ses amis, et tes tantes, avec d’autres jeunes filles, dans la forêt, avec les laquais qui portaient les torches devant eux…

– Oui, dit amèrement Loulou, en montrant le triste petit salon sombre et la vodka grossière, au fond du verre qu’elle tournait machinalement entre ses doigts; évidemment, le décor a changé…

– Ce n’est pas seulement cela qui a changé», grommela la vieille femme. Elle regarda tristement Loulou.

«Ma fille, pardonne-moi… tu n’as pas besoin d’avoir honte, je t’ai vue naître… Tu n’as pas commis le péché, au moins?… Tu es encore une jeune fille?

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