Сигизмунд Кржижановский - Fantôme

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Certains objets, ayant eu vent de la chose, prirent leurs jambes à leur cou et, sans attendre confirmation ni explications, s’empressèrent de regagner leurs instants et limites d’origine ; une fois au chaud dans leurs limites tellement douillettes et tellement à eux, la joie d’être eux-mêmes l’emporta sur tout le reste. Selon la légende, l’âme du chargé de cours d’Iéna devança tout le monde. On le comprend : une chaire s’était libérée.

D’autres objets, échaudés, furent plus circonspects.

Attendez un peu, disaient-ils, d’où vient cette nouvelle et qui l’a apportée ? Là-bas, dans l’espace pur, il ne reste plus rien à part une couple de livres et le « moi » du Sage. On nous tend un piège. Mesdames les choses, abstenez-vous du temps et de l’espace. Patience.

Mais bientôt, tout fut dévoilé et expliqué, au grand plaisir de tous.

Voici ce qui s’était passé : après avoir décrit « Les Formes de la sensibilité » et décrypté un livre qui périt en défendant ses droits, notamment celui de rester incompris, bref, une fois son « je » dégagé des rêves et des mots, le Sage finit par se poser la question ; « Je est-il un jeu ? »

Pourtant, le « je » du philosophe ne manquait pas d’expérience : il connaissait le sort qui attendait la chose mise à la question.

Le « ? » avait à peine effleuré le « je » que celui-ci avait détalé à toutes jambes, pour parler vulgairement, fuyant sa patte crochue.

Et le Sage mourut.

Peu à peu, les événements, les choses retournèrent à leurs ornières, leurs orbites, leurs limites.

On raconte que les âmes limitées furent les premières à reprendre leurs esprits. Les autres suivirent.

À présent, comme vous pouvez aisément le constater en passant vos doigts sur les pages de ce livre ou sur votre propre personne, toutes les choses se tiennent de nouveau à leur place, solidement et élégamment.

Aujourd’hui, on peut en rire, bien sûr. Mais il y eut un moment où les esprits effrayés avaient cru qu’il n’y avait aucune différence entre cette terre bigarrée et immense (à première vue), sphérique bien qu’aplatie aux pôles, et le minuscule cristallin de l’œil humain, lui aussi sphérique.

Lentement, le temps souleva les lourdes paupières de l’œil qui cherchait à voir la vision même. Cette vision fut étrange et effrayante, mais elle ne dura pas. De nouveau, une paupière morte recouvrit l’œil vitreux. À l’heure où, Dieu merci, la terre et l’œil sont chacun de leur côté, aujourd’hui que le Sage et sa pensée ne sont plus que poussière, il n’y a plus péril en la demeure : il n’y aura plus de sages. Quant au livre laissé par celui qui n’est plus que poussière, je le répète : il ne présente presque aucun danger pour nous, car il est plus facile de feuilleter des strates géologiques que de soulever les pages alourdies par le sens d’un livre du Sage.

1919-1922

Le joueur pris au jeu

Selon le communiqué du Daily Telegraph, Mister Edward Pembroke (17)décéda dans la salle du Hastings Club le 13 octobre 19…, à cinq heures du soir, pendant la quatrième séance du Tournoi international d’échecs. Une des nécrologies, publiée par l’ Edinburgh Observer si je ne me trompe, présentait Mister Pembroke comme « une importante figure sociale, un homme énergique qui avait abandonné une belle carrière politique pour les échecs ». Le défunt, conclut l’ Observer, « avait troqué la grande arène de la lutte politique contre le carré de l’échiquier, préférant le jeu à l’action » (c’est moi qui souligne).

La mort survint instantanément. Le défunt avait cinquante-trois ans. Les médecins ne réussirent pas à déterminer la cause du décès.

Or, pour ceux qui connaissaient de près Mister Edward Pembroke tout s’explique très facilement : sa mort fut le dernier coup, un peu inattendu il est vrai, d’une partie commencée en fait non pas à quatre heures et demie de l’après-midi, en cette année 19…, comme l’annonçait le bulletin, mais bien plus tôt… D’ailleurs, comme les organes de sécurité l’avaient déjà noté, dans son jeu, le défunt avait toujours fait preuve d’originalité et manifesté un penchant pour le paradoxe. L’histoire de Mister Pembroke, selon le système de notation des échecs, pourrait se raconter comme suit (18) :

1. e2 – e4, e7 – e5

2. Cg1 – f3, Cb8 – c6

3. d2 – d4, e5 x d4

4. ?…

Mais si l’on utilise un système de transcription moins resserré, c’est-à-dire des « mots », elle se présente autrement :

1

e2 – e4, e7 – e5

Ils étaient vingt. Assis face à face à une table longue et étroite, les vingt réfléchissaient. Leurs semelles collées aux carrés clairs et foncés, foncés et clairs du parquet, leurs pupilles rivées aux cases claires et foncées, foncées et claires de l’échiquier étaient immobiles.

La table longue et étroite avec les joueurs et les minuscules pièces ciselées aux reflets brillants de vernis noir ou blanc s’insérait, comme dans un étui, dans une salle longue et étroite coupée d’étroites fenêtres rectangulaires.

De loin en loin, une manchette blanche se levait ici ou là au-dessus de la table, et une main avançait sans bruit une pièce en bois :

2

Cg1 – f3…

Assis à la longue table parmi les figures penchées sur des figures, Mister Pembroke qui jouait avec les noirs, n’était pas dans son assiette.

En faisant son ouverture, il jeta un coup d’œil au rectangle de verre transparent : un jardin transi formé d’un enchevêtrement de branches nues. On eût dit que quelqu’un avait déroulé et collé de l’autre côté de la vitre aux reflets mats le plan d’une immense ville fantastique : un véritable dédale de ruelles, rues, impasses, artères s’emmêlant et s’entrecroisant.

Il n’arrivait pas à jouer. Le pressentiment de quelque chose qui, depuis longtemps, demandait à être trouvé, d’une rencontre inéluctable et imminente avec un fantasme errant qui s’était peut-être égaré ici, parmi ces ruelles noires sur fond rouge de la ville inexistante créées par le jeu des branches derrière la fenêtre, troublait son esprit.

« C’est le soir qui tombe », pensa Mister Pembroke, et il tendit la main vers l’échiquier d’un geste familier :

… Cb8 – c6

Les ombres du soir – pour le moment – étaient occupées à autre chose : ni vues ni connues, elles entrèrent dans la salle sans bruit et commencèrent par effleurer les coins, les contours et les facettes de toutes les choses. Appuyant doucement leurs doigts gris à la partie saillante de l’appui de fenêtre, aux coins de la table et aux lignes sinueuses des figures humaines et des figures d’échecs, elles essayèrent de les faire vaciller. Mais les choses résistèrent resserrant facettes, lignes et angles. Les ombres grises tendirent alors leurs muscles, se densifièrent, leurs fins doigts cendrés agrippèrent contours et facettes, plus agressifs, plus préhensiles. Et les défenses cédèrent : effaçant lignes, saillies et surfaces, les pourtours frémirent, les angles se desserrèrent libérant les lignes : les choses se liquéfièrent et doucement se confondirent. Elles disparurent : comme dans la nuit des temps.

« Pourquoi n’allume-t-on pas la lumière ? » se demanda le joueur avec dépit.

3

d2 – d4…

répondirent les ombres en avançant un pion dans un frôlement à peine audible : deux petits reflets lumineux, un noir et un blanc, se rapprochèrent.

Et la pensée du joueur s’engouffra dans le dédale noir familier de la ville derrière la vitre, entraînée dans sa fuite zigzaguée, s’arrêtant aux croisements.

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