Guy de Maupassant - Contes divers (1882)
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Une fois même et pour rien il s’emporta jusqu’à perdre la raison. Il allait voir une malade. Or, dès qu’il eut pénétré dans la cour de la ferme, il aperçut un tas d’enfants, ceux de la maison et ceux des voisins, attroupés autour de la niche du chien. Ils regardaient curieusement quelque chose, immobiles, avec une attention concentrée et muette. Le prêtre s’approcha. C’était la chienne qui mettait bas. Devant sa niche, cinq petits grouillaient autour de la mère qui les léchait avec tendresse, et, au moment où le curé allongeait sa tête par-dessus celles des enfants, un sixième petit toutou parut. Tous les galopins alors, saisis de joie, se mirent à crier en battant des mains : « En v’là encore un, en v’là encore un ! »C’était un jeu pour eux, un jeu naturel où rien d’impur n’entrait ; ils contemplaient cette naissance comme ils auraient regardé tomber des pommes. Mais l’homme à la robe noire fut crispé d’indignation, et la tête perdue, levant son grand parapluie bleu, il se mit à battre les enfants. Ils s’enfuirent à toutes jambes. Alors lui, se trouvant seul en face de la chienne en gésine, frappa sur elle à tour de bras. Enchaînée elle ne pouvait s’enfuir, et comme elle se débattait en gémissant, il monta dessus, l’écrasant sous ses pieds, lui fit mettre au monde un dernier petit, et il l’acheva à coup de talon. Puis il laissa le corps saignant au milieu des nouveau-nés, piaulants et lourds, qui cherchaient déjà les mamelles.
Il faisait de longues courses, solitairement, à grands pas, avec un air sauvage.
Or, comme il revenait d’une promenade éloignée, un soir du mois de mai, et qu’il suivait la falaise en regagnant le village, un grain furieux l’assaillit. Aucune maison en vue, partout la côte nue que l’averse criblait de flèches d’eau.
La mer houleuse roulait ses écumes, et les gros nuages sombres accouraient de l’horizon avec des redoublements de pluie. Le vent sifflait, soufflait, couchait les jeunes récoltes, et secouait l’abbé ruisselant, collait à ses jambes la soutane traversée, emplissait de bruit ses oreilles et son cœur exalté de tumulte.
Il se découvrit, tendant son front à l’orage, et peu à peu il approchait de la descente sur le pays. Mais une telle rafale l’atteignit qu’il ne pouvait plus avancer, et soudain, il aperçut auprès d’un parc à moutons la hutte ambulante d’un berger.
C’était un abri, il y courut.
Les chiens fouettés par l’ouragan ne remuèrent pas à son approche ; et il parvint jusqu’à la cabane en bois, sorte de niche perchée sur des roues, que les gardiens des troupeaux traînent, pendant l’été, de pâturage en pâturage.
Au-dessus d’un escabeau, la porte basse était ouverte, laissant voir la paille du dedans.
Le prêtre allait entrer quand il aperçut dans l’ombre un couple amoureux qui s’étreignait. Alors, brusquement, il ferma l’auvent et l’accrocha ; puis, s’attelant aux brancards, courbant sa taille maigre, tirant comme un cheval, et haletant sous sa robe de drap trempée, il courut, entraînant vers la pente rapide, la pente mortelle, les jeunes gens surpris enlacés, qui heurtaient la cloison du poing, croyant sans doute à quelque farce d’un passant.
Lorsqu’il fut au haut de la descente, il lâcha la légère demeure, qui se mit à rouler sur la côte inclinée.
Elle précipitait sa course, emportée follement, allant toujours plus vite, sautant, trébuchant comme une bête, battant la terre de ses brancards.
Un vieux mendiant blotti dans un fossé la vit passer, d’un élan, sur sa tête et il entendit des cris affreux poussés dans le coffre de bois.
Tout à coup elle perdit une roue arrachée d’un choc, s’abattit sur le flanc, et se remit à dévaler comme une boule, comme une maison déracinée dégringolerait du sommet d’un mont, puis, arrivant au rebord du dernier ravin, elle bondit en décrivant une courbe et, tombant au fond, s’y creva comme un œuf.
On les ramassa l’un et l’autre, les amoureux, broyés, pilés, tous les membres rompus, mais étreints, toujours, les bras liés aux cous dans l’épouvante comme pour le plaisir.
Le curé refusa l’entrée de l’église à leurs cadavres et sa bénédiction à leurs cercueils.
Et le dimanche, au prône, il parla avec emportement du septième commandement de Dieu, menaçant les amoureux d’un bras vengeur et mystérieux, et citant l’exemple terrible des deux malheureux tués dans leur péché.
Comme il sortait de l’église, deux gendarmes l’arrêtèrent.
Un douanier gîté dans un trou de garde avait vu. Il fut condamné aux travaux forcés.
Et le paysan dont je tiens cette histoire ajouta gravement : « Je l’ai connu, moi, monsieur. C’était un rude homme tout de même, mais il n’aimait pas la bagatelle. »
9 mars 1882
Vieux objets
« MA CHERE COLETTE,
Je ne sais si tu te rappelles un vers de M. Sainte-Beuve que nous avons lu ensemble et qui est resté enfoncé dans ma tête ; car il me dit bien des choses, à moi, ce vers ; et il a bien souvent rassuré mon pauvre cœur, depuis quelque temps surtout. Le voici :
Naître, vivre et mourir dans la même maison !
J’y suis maintenant toute seule, dans cette maison où je suis née, où j’ai vécu, et où j’espère mourir. Ce n’est pas gai tous les jours, mais c’est doux ; car je suis là enveloppée de souvenirs.
Mon fils Henry est avocat : il vient me voir deux mois par an. Jeanne habite avec son mari à l’autre bout de la France, et c’est moi qui vais la voir, chaque automne. Je suis donc ici, seule, toute seule, mais entourée d’objets familiers qui sans cesse me parlent des miens, et des morts, et des vivants éloignés.
Je ne lis plus beaucoup, je suis vieille ; mais je songe sans fin, ou plutôt je rêve. Oh ! Je ne rêve point à ma façon d’autrefois. Tu te rappelles nos folles imaginations, les aventures que nous combinions dans nos cervelles de vingt ans et tous les horizons de bonheurs entrevus !
Rien de cela ne s’est réalisé : ou plutôt c’est autre chose qui a eu lieu, moins charmant, moins poétique, mais suffisant pour ceux qui savent prendre bravement leur parti de la vie.
Sais-tu pourquoi nous sommes malheureuses si souvent, nous autres femmes ? C’est qu’on nous apprend dans la jeunesse à trop croire au bonheur ! Nous ne sommes jamais élevées avec l’idée de combattre, de lutter, de souffrir. Et, au premier choc, notre cœur se brise. Nous attendons, l’âme ouverte, des cascades d’événements heureux ; il n’en arrive que d’à moitié bons ; et nous sanglotons tout de suite. Le bonheur, le vrai bonheur de nos rêves, j’ai appris à le connaître. Il ne consiste point dans la venue d’une grande félicité, car elles sont bien rares et bien courtes, les grandes félicités, mais il réside simplement dans l’attente infinie d’une suite d’allégresses qui n’arrivent jamais. Le bonheur, c’est l’attente heureuse ; c’est l’horizon d’espérances ; c’est donc l’illusion sans fin. Oui, ma chère, il n’y a de bon que les illusions ; et toute vieille que je suis, je m’en fais encore et chaque jour, seulement elles ont changé d’objet, mes désirs n’étant plus les mêmes. Je te disais donc que je passe à rêver le plus clair de mon temps. Que ferais-je d’autre ? J’ai pour cela deux manières. Je te les donne ; elles te serviront peut-être.
Oh ! La première est bien simple ; elle consiste à m’asseoir devant mon feu, dans un bas fauteuil doux à mes vieux os, et à m’en retourner vers les choses laissées en arrière.
Comme c’est court, une vie ! Surtout celles qui se passent tout entières au même endroit :
Naître, vivre et mourir dans la même maison !
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