Guy de Maupassant - Contes divers (1885)

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Et il s’assit, accablé, en face de lui-même, en face de sa lamentable image, en murmurant : « Fini Lormerin ! »

27 juillet 1885

Mes vingt-cinq jours

Je venais de prendre possession de ma chambre d’hôtel, case étroite, entre deux cloisons de papier qui laissent passer tous les bruits des voisins ; et je commençais à ranger dans l’armoire à glace mes vêtements et mon linge quand j’ouvris le tiroir qui se trouve au milieu de ce meuble. J’aperçus aussitôt un cahier de papier roulé. L’ayant déplié, je l’ouvris et je lus ce titre :

Mes vingt-cinq jours.

C’était le journal d’un baigneur, du dernier occupant de ma cabine, oublié là à l’heure du départ.

Ces notes peuvent être de quelque intérêt pour les gens sages et bien portants qui ne quittent jamais leur demeure. C’est pour eux que je les transcris ici sans en changer une lettre.

« Châtel-Guyon, 15 juillet.

Au premier coup d’œil, il n’est pas gai, ce pays. Donc, je vais y passer vingt-cinq jours pour soigner mon foie, mon estomac et maigrir un peu. Les vingt-cinq jours d’un baigneur ressemblent beaucoup aux vingt-huit jours d’un réserviste ; ils ne sont faits que de corvées, de dures corvées. Aujourd’hui, rien encore, je me suis installé, j’ai fait connaissance avec les lieux et avec le médecin. Châtel-Guyon se compose d’un ruisseau où coule de l’eau jaune, entre plusieurs mamelons, où sont plantés un casino, des maisons et des croix de pierre.

Au bord du ruisseau, au fond du vallon, on voit un bâtiment carré entouré d’un petit jardin ; c’est l’établissement de bains. Des gens tristes errent autour de cette bâtisse : les malades. Un grand silence règne dans les allées ombragées d’arbres, car ce n’est pas ici une station de plaisir, mais une vraie station de santé ; on s’y soigne avec conviction ; et on y guérit, paraît-il.

Des gens compétents affirment même que les sources minérales y font de vrais miracles. Cependant aucun ex voto n’est suspendu autour du bureau du caissier.

De temps en temps, un monsieur ou une dame s’approche d’un kiosque, coiffé d’ardoises, qui abrite une femme de mine souriante et douce, et une source qui bouillonne dans une vasque de ciment, Pas un mot n’est échangé entre le malade et la gardienne de l’eau guérisseuse. Celle-ci tend à l’arrivant un petit verre où tremblotent des bulles d’air dans le liquide transparent. L’autre boit et s’éloigne d’un pas grave, pour reprendre sous les arbres sa promenade interrompue.

Aucun bruit dans ce petit parc, aucun souffle d’air dans les feuilles, aucune voix ne passe dans ce silence. On devrait écrire à l’entrée du pays : “Ici on ne rit plus, on se soigne.”

Les gens qui causent ressemblent à des muets qui ouvriraient la bouche pour simuler des sons, tant ils ont peur de laisser s’échapper leur voix.

Dans l’hôtel, même silence. C’est un grand hôtel où l’on dîne avec gravité entre gens comme il faut qui n’ont rien à se dire. Leurs manières révèlent le savoir-vivre, et leurs visages reflètent la conviction d’une supériorité dont il serait peut-être difficile à quelques-uns de donner des preuves effectives.

A deux heures, je fais l’ascension du Casino, petite cabane de bois perchée sur un monticule où l’on grimpe par des sentiers de chèvre. Mais la vue, de là-haut, est admirable. Châtel-Guyon se trouve placé dans un vallon très étroit, juste entre la plaine et la montagne. J’aperçois donc à gauche les premières grandes vagues des monts auvergnats couverts de bois, et montrant, par places, de grandes taches grises, leurs durs ossements de laves, car nous sommes au pied des anciens volcans. A droite, par l’étroite échancrure du vallon, je découvre une plaine infinie comme la mer, noyée dans une brume bleuâtre qui laisse seulement deviner les villages, les villes, les champs jaunes de blé mûr et les carrés verts des prairies ombragés de pommiers. C’est la Limagne, immense et plate, toujours enveloppée dans un léger voile de vapeurs.

Le soir est venu. Et maintenant, après avoir dîné solitaire, j’écris ces lignes auprès de ma fenêtre ouverte. J’entends là-bas, en face, le petit orchestre du Casino qui joue des airs, comme un oiseau fou qui chanterait, tout seul, dans le désert.

Un chien aboie de temps en temps. Ce grand calme fait du bien. Bonsoir.

16 juillet. – Rien. J’ai pris un bain, plus une douche. J’ai bu trois verres d’eau et j’ai marché dans les allées du parc, un quart d’heure entre chaque verre, plus une demi-heure après le dernier. J’ai commencé mes vingt-cinq jours.

17 juillet. – Remarqué deux jolies femmes mystérieuses qui prennent leurs bains et leurs repas après tout le monde.

18 juillet. – Rien.

19 juillet. – Revu les deux jolies femmes. Elles ont du chic et un petit air je ne sais quoi qui me plaît beaucoup.

20 juillet. – Longue promenade dans un charmant vallon boisé jusqu’à l’Ermitage de Sans-Souci. Ce pays est délicieux, bien que triste, mais si calme, si doux, si vert. On rencontre par les chemins de montagne les voitures étroites chargées de foin que deux vaches traînent d’un pas lent, ou retiennent dans les descentes, avec un grand effort de leurs têtes liées ensemble. Un homme coiffé d’un grand chapeau noir les dirige avec une mince baguette en les touchant au flanc ou sur le front ; et souvent d’un simple geste, d’un geste énergique et grave, il les arrête brusquement quand la charge trop lourde précipite leur marche dans les descentes trop dures.

L’air est bon à boire dans ces vallons. Et s’il fait très chaud, la poussière porte une légère et vague odeur de vanille et d’étable ; car tant de vaches passent sur ces routes qu’elles y laissent partout un peu d’elles. Et cette odeur est un parfum, alors qu’elle serait une puanteur, venue d’autres animaux.

21 juillet. – Excursion au vallon d’Enval. C’est une gorge étroite enfermée en des rochers superbes au pied même de la montagne. Un ruisseau coule au milieu des rocs amoncelés.

Comme j’arrivais au fond de ce ravin, j’entendis des voix de femmes, et j’aperçus bientôt les deux dames mystérieuses de mon hôtel, qui causaient assises sur une pierre.

L’occasion me parut bonne et je me présentai sans hésitation. Mes ouvertures furent reçues sans embarras. Nous avons fait route ensemble pour revenir. Et nous avons parlé de Paris ; elles connaissent, paraît-il, beaucoup de gens que je connais aussi. Qui est-ce ?

Je les reverrai demain. Rien de plus amusant que ces rencontres-là.

22 juillet. – Journée passée presque entière avec les deux inconnues. Elles sont, ma foi, fort jolies, l’une brune et l’autre blonde. Elles se disent veuves. Hum ?...

Je leur ai proposé de les conduire à Royat demain, et elles ont accepté.

Châtel-Guyon est moins triste que je n’avais pensé en arrivant.

23 juillet. – Journée passée à Royat. Royat est un pâté d’hôtels au fond d’une vallée, à la porte de Clermont-Ferrand. Beaucoup de monde. Grand parc plein de mouvement. Superbe vue du Puy-de-Dôme aperçu au bout d’une perspective de vallons.

On s’occupe beaucoup de mes compagnes, ce qui me flatte. L’homme qui escorte une jolie femme se croit toujours coiffé d’une auréole ; à plus forte raison celui qui passe entre deux jolies femmes. Rien ne plaît autant que de dîner dans un restaurant bien fréquenté, avec une amie que tout le monde regarde ; et rien d’ailleurs n’est plus propre à poser un homme dans l’estime de ses voisins.

Aller au Bois, traîné par une rosse, ou sortir sur le boulevard, escorté par un laideron, sont les deux accidents les plus humiliants qui puissent frapper un cœur délicat, préoccupé de l’opinion des autres. De tous les luxes, la femme est le plus rare et le plus distingué, elle est celui qui coûte le plus cher, et qu’on nous envie le plus ; elle est donc aussi celui que nous devons aimer le mieux à étaler sous les yeux jaloux du public.

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