Guy de Maupassant - La main gauche (1889)

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La Main gauche est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant, paru en 1889 chez l'éditeur Paul Ollendorff.
La Main gauche est l'avant-dernier recueil de contes publié du vivant de Guy de Maupassant. Il reprend des nouvelles parues de mai 1887 à mars 1889, annoncé à la Bibliographie de France du 23 février 1889 sous le titre Les Maîtresses.

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— Et cela va durer tout le mois ?

Elle répondit avec conviction :

— Oui, tout le mois de Ramadan.

Je pris un air irrité et je lui dis :

— Eh bien, tu peux aller le passer dans ta famille, le Ramadan.

Elle saisit mes mains et les portant sur son cœur :

— Oh ! Je te prie, ne sois pas méchant, tu verras comme je serai gentille. Nous ferons Ramadan ensemble, veux-tu ? Je te soignerai, je te gâterai, mais ne sois pas méchant.

Je ne pus m’empêcher de sourire tant elle était drôle et désolée, et je l’envoyai coucher chez elle.

Une heure plus tard, comme j’allais me mettre au lit, deux petits coups furent frappés à ma porte, si légers que je les entendis à peine.

Je criai : « Entrez » et je vis apparaître Allouma portant devant elle un grand plateau chargé de friandises arabes, de croquettes sucrées, frites et sautées, de toute une pâtisserie bizarre de nomade.

Elle riait, montrant ses belles dents, et elle répéta :

— Nous allons faire Ramadan ensemble.

Vous savez que le jeûne, commencé à l’aurore et terminé au crépuscule, au moment où l’œil ne distingue plus un fil blanc d’un fil noir, est suivi chaque soir de petites fêtes intimes où on mange jusqu’au matin. Il en résulte que, pour les indigènes peu scrupuleux, le Ramadan consiste à faire du jour la nuit, et de la nuit le jour. Mais Allouma poussait plus loin la délicatesse de conscience. Elle installa son plateau entre nous deux, sur le divan, et prenant avec ses longs doigts minces une petite boulette poudrée, elle me la mit dans la bouche en murmurant :

— C’est bon, mange.

Je croquai le léger gâteau, qui était excellent en effet, et je lui demandai :

— C’est toi qui as fait ça ?

— Oui, c’est moi.

— Pour moi ?

— Oui, pour toi.

— Pour me faire supporter le Ramadan ?

— Oui, ne sois pas méchant ! Je t’en apporterai tous les jours.

Oh ! Le terrible mois que je passai là ! Un mois sucré, douceâtre, enrageant, un mois de gâteries et de tentations, de colères et d’efforts vains contre une invincible résistance.

Puis, quand arrivèrent les trois jours du Beïram, je les célébrai à ma façon et le Ramadan fut oublié.

L’été s’écoula, il fut très chaud. Vers les premiers jours de l’automne, Allouma me parut préoccupée, distraite, désintéressée de tout.

Or, un soir, comme je la faisais appeler, on ne la trouva point dans sa chambre. Je pensai qu’elle rôdait dans la maison et j’ordonnai qu’on la cherchât. Elle n’était pas rentrée ; j’ouvris la fenêtre et je criai :

— Mohammed.

La voix de l’homme couché sous sa tente répondit :

— Oui, moussié.

— Sais-tu où est Allouma ?

— Non, moussié – pas possible – Allouma perdu ?

Quelques secondes après, mon Arabe entrait chez moi, tellement ému qu’il ne maîtrisait point son trouble. Il demanda :

— Allouma perdu ?

— Mais oui, Allouma perdu.

— Pas possible ?

— Cherche, lui dis-je.

Il restait debout, songeant, cherchant, ne comprenant pas. Puis, il entra dans la chambre vide où les vêtements d’Allouma traînaient, dans un désordre oriental. Il regarda tout comme un policier, ou plutôt il flaira comme un chien, puis, incapable d’un long effort, il murmura avec résignation :

— Parti, il est parti !

Moi je craignais un accident, une chute, une entorse au fond d’un ravin, et je fis mettre sur pied tous les hommes du campement avec ordre de la chercher jusqu’à ce qu’on l’eût retrouvée.

On la chercha toute la nuit, on la chercha le lendemain, on la chercha toute la semaine. Aucune trace ne fut découverte pouvant mettre sur la piste. Moi je souffrais ; elle me manquait ; ma maison semblait vide et mon existence déserte. Puis des idées inquiétantes me passaient par l’esprit. Je craignais qu’on l’eût enlevée, ou assassinée peut-être. Mais comme j’essayais toujours d’interroger Mohammed et de lui communiquer mes appréhensions, il répondait sans varier :

— Non, parti.

Puis il ajoutait le mot arabe « r’ézale » qui veut dire « gazelle », comme pour exprimer qu’elle courait vite et qu’elle était loin.

Trois semaines se passèrent et je n’espérais plus revoir jamais ma maîtresse arabe, quand un matin, Mohammed, les traits éclairés par la joie, entra chez moi et me dit :

— Moussié, Allouma il est revenu.

Je sautai du lit et je demandai :

— Où est-elle ?

— N’ose pas venir ! Là-bas, sous l’arbre ! Et de son bras tendu, il me montrait par la fenêtre une tache blanchâtre au pied d’un olivier.

Je me levai et je sortis. Comme j’approchais de ce paquet de linge qui semblait jeté contre le tronc tordu, je reconnus les grands yeux sombres, les étoiles tatouées, la figure longue et régulière de la fille sauvage qui m’avait séduit. À mesure que j’avançais une colère me soulevait, une envie de frapper, de la faire souffrir, de me venger.

Je criai de loin :

— D’où viens-tu ?

— Elle ne répondit pas et demeurait immobile, inerte, comme si elle ne vivait plus qu’à peine, résignée à mes violences, prête aux coups.

J’étais maintenant debout tout près d’elle, contemplant avec stupeur les haillons qui la couvraient, ces loques de soie et de laine, grises de poussière, déchiquetées, sordides.

Je répétai, la main levée comme sur un chien :

— D’où viens-tu ?

Elle murmura :

— De là-bas !

— D’où ?

— De la tribu !

— De quelle tribu ?

— De la mienne.

— Pourquoi es-tu partie ?

Voyant que je ne la battais point, elle s’enhardit un peu, et, à voix basse :

— Il fallait… il fallait… je ne pouvais plus vivre dans la maison.

Je vis des larmes dans ses yeux, et tout de suite, je fus attendri comme une bête. Je me penchai vers elle, et j’aperçus, en me retournant pour m’asseoir, Mohammed qui nous épiait, de loin.

Je repris, très doucement :

— Voyons, dis-moi pourquoi tu es partie.

Alors elle me conta que depuis longtemps déjà elle éprouvait en son cœur de nomade, l’irrésistible envie de retourner sous les tentes, de coucher, de courir, de se rouler sur le sable, d’errer, avec les troupeaux, de plaine en plaine, de ne plus sentir sur sa tête, entre les étoiles jaunes du ciel et les étoiles bleues de sa face, autre chose que le mince rideau de toile usée et recousue à travers lequel on aperçoit des grains de feu quand on se réveille dans la nuit.

Elle me fit comprendre cela en termes naïfs et puissants, si justes, que je sentis bien qu’elle ne mentait pas, que j’eus pitié d’elle, et que je lui demandai :

— Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu désirais t’en aller pendant quelque temps ?

— Parce que tu n’aurais pas voulu…

— Tu m’aurais promis de revenir et j’aurais consenti.

— Tu n’aurais pas cru.

Voyant que je n’étais pas fâché, elle riait, et elle ajouta :

— Tu vois, c’est fini, je suis retournée chez moi et me voici. Il me fallait seulement quelques jours de là-bas. J’ai assez maintenant, c’est fini, c’est passé, c’est guéri. Je suis revenue, je n’ai plus mal. Je suis très contente. Tu n’es pas méchant.

— Viens à la maison, lui dis-je.

Elle se leva. Je pris sa main, sa main fine aux doigts minces ; et triomphante en ses loques, sous la sonnerie de ses anneaux, de ses bracelets, de ses colliers et de ses plaques, elle marcha gravement vers ma demeure, où nous attendait Mohammed.

Avant d’entrer, je repris :

— Allouma, toutes les fois que tu voudras retourner chez toi, tu me préviendras et je te le permettrai.

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